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De l’avenir du théâtre à Pau

mardi 29 janvier 2008


Le CGR souhaite délocaliser les salles du St Louis vers le centre commercial Quartier Libre, pour y créer un nouveau complexe qui correspond mieux à l’usage commercial.


C’est une opportunité pour la ville. En effet la municipalité pourrait reprendre les salles du St Louis pour y transférer le Méliès et y créer un auditorium pour la musique de chambre par exemple.

Opération à tiroirs, car les locaux du Méliès ainsi libérés permettraient d’héberger un théâtre résolument tourné vers le répertoire (de Sophocle à
Koltès) où des compagnies paloises sous contrat d’objectifs diffuseraient un programme hebdomadaire à l’usage de tout public, et notamment des scolaires un après-midi par semaine, où l’on pourrait également faire des soirées poétiques (dans la petite salle), etc. etc., et aussi y accueillir d’autres spectacles venus d’autres horizons.

Ce lieu pourrait également servir de salle de répétitions pour nos compagnies. En effet, à Pau la moindre association sportive dispose de locaux (gymnases, stade, complexe de pelote, etc.), alors que la majorité de nos compagnies de théâtre ou de danse ne disposent guère de salle de répétition ni d’entrepôt pour y stocké décemment leurs décors et costumes, ni même de siège social.

Nous pourrions même y ouvrir un conservatoire d’art dramatique dont les
professeurs seraient les artistes des compagnies locales. Le Théâtre Saragosse pourrait être lui consacré exclusivement à la Danse et surtout accessible aux compagnies chorégraphiques paloises, ce qui n’est guère le cas sous l’actuelle direction.

Enfin, la scène conventionnée : il faut accentuer son audience. Pour ce faire trois objectifs à courts et moyens termes :
- recruter à sa tête une personnalité incontestée, un vrai créateur, comme
dans les autres grandes villes, chefs-lieux de la Décentralisation ;
- obtenir le label « Scène nationale » ;
- créer une salle modulable (de 6 à 800 places) au c˛ur de la ville, place de Verdun par exemple.

Si nous voulons un théâtre de qualité, il faut investir dans la confiance. Celle qui est refusée depuis 30 ans par l’actuelle majorité aux artistes et créateurs palois.

On a privilégié les spectacles extérieurs (ATP, festival Hanin, FIPAU, avatar Mnouchkine), c’est ce que j’appelle « la culture transgénique » celle qui profitent aux industriels du milieu et nuit à la création locale, comme à Tarbes (certes le Parvis propose des spectacles de haute volée, mais il a eu aussi pour « vertu » de détruire le tissu culturel local et d’anéantir toute initiative artistique indépendante.)

A Pau, c’est un peu différend, il est vrai. André Labarrère a soutenu les associations, trop d’associations et trop mal, technique du saupoudrage. Cela faisait plaisir à leurs membres ˆ et au passage lui assurait une clientèle captive -, mais n’a pas permis aux artistes professionnels de qualité se s’exprimer. Ceux-ci sont partis ou se sont contentés des miettes accordées, faisant en parallèle un petit boulot pour survivre.

Je ne dis pas qu’il faut se replier sur soi. Au contraire, je crois aux vertus de l’échange comme enrichissement mutuel. Mais cet échange doit être équitable et durable.

Investissons enfin dans les artistes palois pour qu’ils créent ˆ ce dont ils sont capables, ils le prouvent sans cesse depuis 15 ans malgré le peu de moyens dont ils disposent ˆ des spectacles de qualité. Alors nous serons heureux d’échanger nos spectacles avec ceux du Théâtre de Strasbourg, de la Comédie de Saint-Etienne, du Théâtre du Soleil, voire de grandes compagnies internationales (pourquoi ne pas envisager par exemple la renaissance du Festival de Pau, sous cet angle des Tréteaux de l’Europe ?). Ainsi les palois seront fiers de leurs artistes et ceux-ci pourront enfin vivre de leur art.


- par Christian LEMARCIS


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Votre commentaire



> De l’avenir du théâtre à Pau
20 mars 2008, par fernand lassalle  
théâtre palois

Tout à fait d’accord : il y a de vrais créateurs de théâtre à pau . Les meilleurs spectacles que j’ai vus cette année , c’est ici ! Cravate Club par le Gaucher fut à l’Art Scène un moment inoubliable. "Au fond c’est pas si grave" par Un deux trois soleil idem.

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    20 mars 2008, par D’Alembert  

    Et quand bien même ce ne serait pas "les meilleurs spectacles", ce que l’on ne peut exiger de compagnies qui vivent comme elles peuvent, en semi-pro, intermittence etc. on peut quand même avoir un théâtre de qualité où l’on se fera plaisir, où dans l’obscurité d’une dalle, un magique rayon de soleil viendra illuminer un moment de vie. Sans que ce rayon soit celui du théâtre du Soleil... smiley

    Cela dit, attention : Pau ne peut avoir un grand nombre de troupes.... L’argent public est trop rare et de toute manière vivre des subventions n’est pas sain. Quant à l’argent privé, celui du public qui vient payer sa place, n’en parlons même pas !

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    30 janvier 2008, par Jacques Saury  

    Ah, ici encore je vais me démarquer. Les complexes cinéma sont des catastrophes pour l’animation des centres-ville ! Pour les commerces, le soir, les mercredis après-midi etc. Après nous irons nous plaindre de centres-villes morts, de commerces qui ferment etc.

    Commençons d’abord par ne pas laisser partir les pôles d’animation. Ce n’est pas une "opportunité", c’est une sale occasion qu’il faut à tout prix éviter.

    Si les élus laissent ainsi les grands groupes dépouiller, dépecer les centres-ville, alors... C’est pourtant là qu’ils (les élus) doivent agir car ils détiennent les leviers pour ce faire ! Labarrère a été VOLONTAIREMENT nuisible dans ce domaine.  smiley

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    30 janvier 2008, par Jerlau  

    Jacques Saury,

    Vous avez raison, il faudrait réussir à garder des acivités dans les centre villes.

    Mais les élus ne sont pas idiots. S’ils le font, expédier les activités, près des grandes surfaces, c’est qu’ils y voient des intérêts, personnels ou autres. "je vais au cinéma et je fais les courses".

    C’est tout le drame de notre réglementation favorisant les grands groupes (personnellement je ne travaille que pour les grands groupes !). On favorise la fluidité du dialogue entre grands groupes et politiques. Que peut le boutiquier du centre ville dans ce concert ? Pas grand chose. Le boutiquier se raccroche à la Chambre de Commerce ou au Medef local qui n’ont pas vraiment pour vocation de défendre le petit épicier de service.

    Les petits commerçants de centre ville devraient réfléchir à des organisations fluidifiant leurs dialogues avec les élus locaux. Mais il faudrait déjà aplanir toutes les petites subtilités des différences entre situations personnelles. Difficile. Et c’est la source de leur malheur et du notre.

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    29 janvier 2008, par nicolas  

    Vous écrivez au sujet de la scène conventionnée "recruter à sa tête une personnalité incontestée, un vrai créateur, comme dans les autres grandes villes... ".

    Tout d’abord je souhaite saluer le travail de Michel Vincenot depuis des années avec le théâtre saragosse.

    Qu’entendez-vous par une personnalité incontestée ? Une star sur le retour ? Voulons-nous d’une culture insipide qui contente tout le monde ? La contestation n’est-elle pas le coeur de la culture ?(sauf en chine et en corée du nord bien entendu). Il faut de la culture pour tous les publics, pour tous les goûts. Il faut de la diversité ! Il faut de l’audace ! Fayçal Karoui était inconnu du grand public en arrivant à Pau. Labarrère a eu le courage de parier sur lui.

    A titre personnel, le théâtre m’ennuie, je préfère le cinéma, la musique, la danse et la littérature.

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    1 février 2008, par CV  
    Tu confonds l’administrateur culturel avec le créateur. A part des trous dans le budget, Vincenot ne crée pas. Karoui avait déjà fait ses preuves, avant de venir à Pau, même si le "Grand Public Paloi"s ne le connaissait pas. En 5 ans, Karoui est devenu une figure à Pau. depuis 25 ans Vincenot est un obscur besogneux du Centre Rencontre et Recherche de l’Eglise Réformée.

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    1 février 2008, par michèle  
    Il y a pourtant une belle programmation culturelle au théâtre Saragosse et le label scène conventionnée impose un cahier des charges artistique et budgétaire très strict.

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    1 février 2008, par Mireille  

    Oui, Michèle, il y a incontestablement une bonne programmation au Saragosse. C’est d’ailleurs le moindre, puis qu’ils perçoivent 240.000 euros de subvention de la ville (1) . Mais elle est insuffisante. Si ce théâtre accueillait également des compagnies paloises, il y aurait une animation permanente de ce quartier. J’y habite depuis 15 ans et je suis consternée de constater l’anémie de ce lieu. Par ailleurs, il n’y a aucune création. C’est la volonté de son directeur qui se barricade derrière ses privilèges. Par ailleurs, cette programmation est élitaire et la fréquentation s’en ressent (on remplit la salle avec des invitations : rien que dans le dernier numéro de Factotum, il y avait 20 places gratuites distribuées !)

    (1) Chiffre annoncé par MLC à son atelier de la cité, soirée Culture, le 24 janvier. Cher Vincenot ! Au passage l’OPPA percevrait 700.000 euros pour 1.300 abonnés, soit plus de 500 euros par abonné dont on n’est même pas sûr qu’ils soient tous palois ! Cher Orchestre ! Cher Faycal !

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    1 février 2008, par CV  
    et la salle Saragosse contient à peine 250 places. Alors, dire que "on a fait salle comble" au festival de danse.............. smiley

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    1 février 2008, par Jacques saury  

    L’arithmétique exacte n’est pas un bon critère. Meme si en effet, 250 places, c’est... just just smiley

    Sinon, allons voir ce que nous coûte la scolarité d’un jeune, du Primaire à son BEP, CAP ou Bac. Donc on supprime l’école. C’est ce que prône Thomas Bernhard dans un de ces récits, "L’Origine"... smiley

    L’investissement dans l’intelligence coûte cher. Mais le retour sur investissement est tellement important, primordial, indispensable !

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    2 février 2008, par molière  

    240.000 euros c’est rien à côté des 600.000 qu’on s’apprêtait à dépenser pour faire venir Mnouchkine à Pau ! combien coutait la festival de Roger Hanin pour une semaine de théâtre élitiste et ennuyeux ? combien de palois ont envie d’aller au théâtre et pour voir quoi ?

    (p)osons les vraies questions.

     smiley

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    3 février 2008, par Ravaillac  

    Mireille

    En effet les chiffres sont exacts, mais un peu mélangés toutefois : La subvention de l’Orchestre de Pau est de 730 000 € en 2007, mais elle concerne 900 abonnés. En 2008, elle n’est pas connue, le budget n’étant pas voté, mais elle avoisinera 1100000 € compte tenu qu’il y a désormais 1300 abonnés en raison de la 3ème séance. Montant de subvention à découvrir après les élections.

    Concernant la scène conventionnée il faut multiplier le chiffre par 2 : il s’agit d’un acompte de 50% qui a été voté en janvier au conseil municipal. La scéne conventionnée reçoit environ 500000 € de la ville.

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    29 janvier 2008, par Molière  

    Je crois qu’une fois de plus tu as tout compris de travers. Le CGR ne souhaite pas se délocaliser à Quartier libre, mais un concurrent veut s’installer à l’ouest de Pau. Cela ne veut pas dire que le CGR centre se libèrera une fois l’opération faite (si cela se réalise). J’ai bien peur que la réalité ne colle pas avec la machine à rèves....

    > De l’avenir du théâtre à Pau
    29 janvier 2008, par marcmo  

    Il faut un cinéma correct en centre ville. Au CGR St Louis, les sièges sont très inconfortables, les écrans trop petits, l’état général de propreté laisse à désirer... Il y a beaucoup de choses à refaire. Y transférer le Méliès, pourquoi pas. Les scolaires pourraient y visionner des grands classiques de l’histoire du cinéma le mercredi après-midi par exemple.

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    29 janvier 2008, par La Castafiore  

    Si l’on veut du bon théâtre à Pau cela passera par une bonne diffusion comme c’est le cas au Parvis ou bien en faisant venir une troupe de bon niveau en résidence. Ce qui n’est peut être pas dans les moyens de la ville actuellement.

    Car je regrette d’avoir à te le dire, mais localement, la création théâtrale demeure limitée, pour ne pas dire limite. Il ne suffit pas de vivre du théâtre et d’en conclure que l’on est un professionnel et donc que l’on produit un théâtre de qualité professionnelle. Le raccourcit est un peu trop rapide.

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    30 janvier 2008, par Symposium  

    remplacer le cinéma Saint Luis par une salle de théatre ? ... C’est quoi le truc rococo au rez-de-chaussé de la mairie ? Le Théatre Monte Charge est-il en banlieue ?

    Je ne suis pas sur qu’il soit judicieux de supprimer "la culture de masse" du centre ville. Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il est à refaire, mais pas à supprimer !

    En plus y’a Quick just à coté !!! Ca parle aux jeunes ça ! Si seulement on retirait cette interdiction stupide de faire de la planche à roulette sur la place Clémenceau... le centre ville redeviendrait vivant...

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    30 janvier 2008, par Symposium  

    La question est : peut-on ouvrir un Quick à coté d’un théatre ? smiley

    ...

    ou peut-être un théatre à coté d’un Quick ? smiley

  • > De l’avenir du théâtre à Pau
    30 janvier 2008  
    A la place du CGR je verrais bien une banque, la société générale (par hasard), sinon il manque un Mc Do en centre ville. Je préfèrerais une grande boite de nuit en plein centre ville, c’est bon ca pour l’animation smiley

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