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Jacques SAURY

dimanche 13 janvier 2008


Mais, c’est qu’il ne m’amuse pas du tout, Boutin, à me demander une tribune libre pas polémique. A quelques semaines du scrutin municipal, comment puis-je faire ? Qui cela intéressera-t-il ? Et sur la culture, quel cadeau ! Je commence par lire mes devanciers, évidemment. L’état des lieux de Monsieur Saubot est parfaitement clair, je l’agrée. Je ne me prononce pas sur la perspective 2030, je n’ai pas la compétence requise. « (...) l’accès à la culture est un des chemins qui permettent de réduire les inégalités sociales » écrit ensuite Madame Lignières-Cassou. Là, tout est dit. Ou presque...

Mais pas tout
Je hais la culture, je hais le mot lui-même. A force d’être gavé de sens il a perdu toute saveur, le concept s’est vidé. Oublions un moment son acception, selon Valéry, de civilisation opposée à l’idée de Nature, pour ne nous attacher qu’à ce qui fait de l’Être animé un Homme, le savoir conceptuel, la connaissance qui permettent le jugement autonome, le sens critique, la pensée propre. A force de surévaluer la première, on a oublié la deuxième. Pourtant l’enjeu est ici : la culture, non comme savoir encyclopédique, stérile érudition ou plaisir qu’elle procure mais comme pleinement constitutive de l’Être pensant.

Les idéologies extrémistes ont cela de commun avec l’extrémisme mercantile sans idéologie, que la pensée propre est leur pire ennemi. Le révolutionnaire, l’adepte, le consommateur doivent se conformer aux règles prescrites sans esprit critique, sans se poser aucune question, sans poser aucune question et sans risquer, pis que tout, de contaminer ses voisins par ses questionnements. C’est ainsi que la culture est proscrite et, lui étant intimement lié, l’enseignement. Les Lumières sont loin. La pensée a besoin du langage pour se formuler, s’organiser et in fine, s’exprimer. Un langage pauvre, reposant sur un nombre restreint de mots, sans capacité à conceptualiser est la garantie d’une pensée sans consistance, sans distanciation, d’une reproduction fidèle du vu et entendu et de la pensée unique. L’œuvre littéraire est autant un plaisir qu’une nécessité de se confronter à la vision du monde d’un autre Être pensant. Elle permet d’acquérir la richesse du verbe qui en donne l’amour, la passion puis l’absolue nécessité de continuer à l’enrichir encore. A enrichir encore et toujours la connaissance qui amène à la reconnaissance de ses propres faiblesses, de ses lacunes, de ses ignorances plus grandes encore. C’est, et heureusement, sans fin. Le mouvement aurait une fin si répondre au « Connais-toi toi-même » par « je me connais » n’était la pire preuve de l’ignorance.

L’œuvre d’art seule
L’art est pilier de la pensée et du savoir. Je tords le cou à cette idée inepte selon laquelle la musique serait un langage universel. L’art n’est pas une langue, un moyen, un véhicule. L’œuvre d’art est l’aboutissement du processus de la pensée, qui amène l’artiste à s’exprimer par le langage approprié qu’est le vocabulaire de son art (la couleur, la forme, la note) dans la syntaxe de son art (la composition, l’organisation, l’harmonie) qui, eux, sont techniques constitutives du langage, véhicules de la pensée artistique. L’œuvre est la merveilleuse ou tragique vision du monde que nous livre un homme, Homme dans le monde, nous amenant ainsi à être nous-mêmes pleinement Homme dans le monde. La langue de Corneille n’est pas celle de Racine parce que leur vision du monde n’est pas la même ; Rubens ne peint pas comme Titien parce que leur vision du monde n’est pas la même ; Beethoven ne compose pas comme Bach parce que leur vision du monde n’est pas la même ; Michel-Ange ne sculpte pas comme Rodin parce que leur vision du monde n’est pas la même ; les vers d’Apollinaire ne sont pas ceux de Hugo parce que leur vision du monde n’est pas la même ! L’œuvre n’est pas narration, elle est le sublime accomplissement de la pensée humaine. Qu’on ne me parle ici ni de culture de vieux, ni de culture de bourges : à 20 ans le révulsé Rimbaud avait tout écrit !

Et le 16 mars, alors ?
Vous me voyez venir ! Art, culture, enseignement... médiathèque, conservatoire, parkings, école des Beaux-Arts, musées, écoles, salles de spectacles, routes d’accès, orchestre etc. pour tous, pour chacun, pour la Communauté sociale, pour la Cité. Du sommet de l’Etat au citoyen électeur en passant par le Maire-adjoint chargé de l’économie ou des infrastructures, l’idée même de Démocratie tient ici ses fondements .

Tout commence par un décisif et redoutable choc, un terrible chamboulement, une phénoménale tempête sous un crâne, le thème initial de quatre notes du premier mouvement de la Symphonie en mi mineur de Brahms. Je ne savais pas ce que c’était. Entendues, réentendues, écoutées, réécoutées, ressassées pendant des semaines jusqu’à ce que le vinyle devînt dentelle, ces quelques notes ont définitivement bouleversé ma vie, je n’avais pas sept ans. L’art m’a enlevé : c’est ainsi que je suis devenu un Homme libre.


Jacques SAURY

Né en 1958, Diplômé de l’Institut de Musicologie de Strasbourg, Licencié ès Lettres et Licencié ès Droit-Administation publique, Jacques Saury fut Délégué départemental de la Musique et de la Danse et Directeur de l’ADAMPA de 1985 à 2003. En 1999-2001 il travaille également à l’organisation du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Francophonie de Beyrouth. Il est un fervent ami du Liban dont il est fin connaisseur et passionné du Moyen-Orient. Il est impliqué depuis plus de 20 ans dans la vie publique et associative paloise.
Il a cessé ses activités professionnelles en 2006 pour invalidité et s’engage de plus en plus auprès de l’Association des Paralysés de France. Il est à l’occasion critique de concerts et de festivals pour Sud-Ouest, de disques pour des publications spécialisées, et écrit aussi dans d’autres domaines que l’art ou la culture.



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Votre commentaire



> Jacques SAURY
1 février 2008, par AML  

Tout simplement, M E R C I ! Monsieur SAURY pour ce bel exercice de pensée et d’écriture !

Que n’avons-nous, plus souvent, la chance "d’approcher" de tels H O M M E S ?

Où sont-ils ????

AML

> Jacques SAURY
21 janvier 2008, par salamandre  

Une tribune libre passionnante, un joli coup de pied dans la fourmilière des besogneux de la pensée unique. Le résultat et là, vu l’avalanche des commentaires. Je suggère à Alternatives paloises d’ouvrir une rubrique de "chasse à la pensée unique et au politiquement correct". Vous l’avez lancée sur le thème de la culture, on pourrait continuer avec celui de l’écologie. Jacques Saury, vous écrivez bien et vous nous faites grand bien en ces temps préélectoraux où les empoignades ne s’annoncent pas comme des modèles de raffinement verbal.

  • > Jacques SAURY
    21 janvier 2008, par Junius  

    "Jacques Saury, vous écrivez bien..."

    "raffinement verbal", style d’écrivain, il est vrai. Vous écrivez bien parce que vous pensez bien, ou inversement...

    Comme disait Victor : "Les vrais grands écrivains sont ceux dont la pensée occupe tous les recoins de leur style."

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par FD  
    Jacques Saury

    plus difficile à lire que les articles les plus difficiles.

    Pourquoi faut-il parler de culture de cette manière opaque ? qu’apporte cet obscurantisme intellectuel ?

    Monsieur Saury a pourtant une expérience qui devrait lui permettre de passer des messages clairs et de ce fait intéressants.

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par CV  
    Incitation à une réflexion profonde et nécessaire, certes, mais obscurantisme intellectuel ?... opacité ?... Relisez donc !

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par CV  
    "Je hais la culture..." A première lecture, c’est le choc !... Puis on lit et relit votre développement, et on se rend compte combien vous avez raison, et combien vos considérations sur l’art ont de sens et sont justes. La culture est à la fois un tavail et un résultat. Mais dans les deux cas, elle est indissociable de l’intelligence, de la sensibilité, de l’essence même de l’Homme. Où est l’opacité ?...

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par Jerlau.  

    Je hais également le mot "culture" dans la bouche des hommes (et femmes ) politiques. Surtout pour dire qu’elle va réduire les inéglités sociales.

    Toujours chez les politiques, les prémisses de la "culture béton" ou de la "cervelle lessive".

    Monsieur Saury vous opposez en quelque sorte "culture" et "jugement autonome" et je crois que c’est bien vrai.

    C’est bien cela le pire. On a quasiment tous oublié le jugement autonome, penser par soi-même. La culture c’est bien souvent ramener la pensé à une référence. Lorsque le monde change vite, c’est en fait prendre un risque énorme.

    La culture, auparavant, n’était qu’un simple moyen de "titiller" son esprit à des logiques, des savoirs différents, des points de vue différents pour mieux raffermir la qualité de son propre esprit.

    Aujourd’hui c’est devenu un moyen de propagation de la pensée unique en quelque sorte.

    D’où cette morosité dans les idées et cet anéantissement de l’esprit.

    Je crois que je hais aussi la culture pour cette simple raison.

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par Autochtone palois  

    Aïe ! Du "je hais le mot culture" de J.Saury, Jerlau en arrive à écrire "je crois que je hais aussi la culture"... On appelle ça une dérive sémantique, non ? De plus ça me rappelle un certain discours de la kultur nazi.

    Monsieur Saury tente de nous démontrer que ce qui est important c’est l’art, pas le mot "culture". Oui, bien sûr. Mais rappelons que l’art, il le dit lui-même, n’est que le résultat d’un processus. Hé bien oui, c’est tout simplement l’aboutissement d’une démarche... culturelle.

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par Jcqs Saury  

    Autochtone : "l’art, (...) est tout simplement l’aboutissement d’une démarche... culturelle."

    Voilà LA question que je me pose depuis déjà un bon bout de temps. Après en avoir été persuadé, je n’en suis plus sûr du tout, je doute et continue à y réfléchir.

    Vous mettez pile le doigt là où ça me fait mal... Bien vu !

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par Autochtone palois  
    J.S., je suis assez fier d’avoir mis le doigt là où ça fait mal ! Et qu’est-ce que j’ai gagné ? Une entrée gratuite au Pavillon des Arts ? au Musée ? au Château de Pau ?

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par JS  
    au château de Pau... Pour toute la famille, cousins compris smiley

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par pehache  
    Je ne sais plus qui a dit que la culture c’était de l’art (ou de la création) sous cellophane smiley

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par Tsih  

    Jerlau a écrit : "Monsieur Saury vous opposez en quelque sorte "culture" et "jugement autonome" et je crois que c’est bien vrai."

    Je pense que vous vous trompez... Monsieur Saury ne peut opposer culture et pensée et ce n’est pas ce que j’ai lu. La culture, le savoir forment la pensée autonome, au contraire.

    D’ailleurs, vous le dites ensuite et fort justement :

    " La culture, auparavant, n’était qu’un simple moyen de "titiller" son esprit à des logiques, des savoirs différents, des points de vue différents pour mieux raffermir la qualité de son propre esprit."

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par Jerlau  

    Tsih,

    Je suis d’accord, j’utilisais le mot opposé dans le sens où qd la tête se remplit de culture, elle se vide de jugement personnel, pas toujours !

    Ce qu’on peut illustrer en disant qu’on charge plus vite un camion vide qu’un camion plein. Pour déménager, y compris de la cervelle, il faut mieux qu’il y ait beaucoup de vide.

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008  
    je suis franchement rassuré de votre analyse ! indigeste à lire.

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par TD ou Oleg V  

    Parce que Jacques Saury sait ce que cultureS veut dire ?

    Incapable de faire pousser quoique ce soit dans un potager ou un jardin...

    A part peut être un don pour embellir les orchidées....

  • > Jacques SAURY
    14 janvier 2008, par JS  
    j’admets smiley

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    15 janvier 2008, par Jerlau  

    Remercions JS, il a ouvert le débat ! Haissons la culture ! Pourquoi ? C’est un terrible obstacle au progrès !

    En effet la culture c’est la porte ouverte sur l’idolatrie du passé et cela fige l’esprit et nous empêche de voir les chemins des vrais progrès.

    Un exemple frappant ? Notre Monde change. Quels sont les peuples qui s’en sortent le mieux ? Chine, Inde, Japon,... Ce ne sont pas aujourd’hui des peuples réputés pour une culture étendue à tout le monde. Et pourtant ils sont en train de "bouffer" le reste du monde. Sans culture, avec un terrible handicap au départ, ils réussissent à réduire les inégalités. Alors faut-il construire des Médiathèques pour réduire les inégalités ? Il faudrait peut-être les détruire ?

    Prenons l’Afrique. Nous avons propagé une forte culture parmi les élites de l’Afrique. Pour quels résultats ? Les Chinois sont en train de reprendre le problème à la base.

    Nous-mêmes nous baignons dans la culture, dans des bouillons de culture. N’est-on pas complètement bouilli ?

    En fait la culture sans architecture de raisonnement brouille l’esprit. Les ideologies étaient une architecture. Mais elles ont mauvaise presse maintenant. Le Savoir a remplacé l’Ideologie. Du coup on a droit à un Pot au Feu de Savoir. L’Esprit est alors ouvert sans défense à tous les courants d’airs et de savoir. A Pau on a eu ainsi le FiPau : Le Mondial à Pau. Cela n’a pas choqué les esprits au point de s’y opposer complètement.

    Le PBC ? On lance l’idée "La Fibre va apporter le travail, on est sauvé ". C’est passé comme une lettre à la poste.

    La Médiathèque ? "La culture fait disparaitre les inégalités sociales" . Encore une lettre à la Poste ?

    Et si la culture ce n’était que l’opium du peuple ?

    Ne faut-il pas vider le "camion" pour aller plus vite ?

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    15 janvier 2008, par Marc Maupomé  
    La faute en particulier à la philo plus qu’à la culture en général. La philosophie, telle qu’elle est enseignée en Terminale, me paraît délétère. Ces questions / dissertations nébuleuses, il me semble, ont pour effet de déconnecter beaucoup de jeunes des réalités économiques. Cet intellectualisme me paraît dangereux.

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    15 janvier 2008, par Jerlau  

    C’est intéresant votre remarque sur la philo. Mais peut-on enseigner la philo ? En fait, je crois que non. On ne peut qu’apprendre à la pratiquer. La philo est principalement un questionnement. On y répond alors avec un esprit formé par quelques savoirs.

    On peut donc poser des questions nébuleuses et à priori sans sens et ce n’est pas cela qu’on peut critiquer à mon avis. C’est en fait au questionné de répondre de façon plus ou moins sensé. Je crois que c’est cela qu’on a perdu dans la bagarre. On ne sait plus architecturer une réponse. Il y a ainsi un manque de référentiels d’architecture de pensée.

    Auparavant c’était l’idéologie au sens de Destutt de Tracy ui nous y aidait. Les idées, les faits, les combiner pour au travers d’un raisonnement pour arriver à une conclusion.

    Je crois qu’on a perdu la pratique de l’idéologie et la chûte des idéologies il y a 20 ans nous a ramnés au Pot au Feu du raisonnement.

    Les cellules communistes de quartier (j’ai pratiqué un peu à Paris celles des années 60) étaient extraordinaires sur ce plan là. C’était orienté évidemment mais il y avait une formation extraordinaire au raisonnement. Georges Marchais y avait ainsi appris à démontrer que moins il y a de communistes, plus cela va mal, ce qui est encore aujourd’hui une constatation qui ne peut-être contredite !

    Aujourd’hui la remarque "c’est de l’idéologie" est péjorative. Ce qui est en fait la négation de la pensée. C’est ainsi qu’on arrive à l’intellectualisme non structuré qui produit de la bouillie de chat.

    Cela était frappant à titre d’exemple dans les prémisses à Pau, du PBC, rédigées par un laboratoire CNRS de la fac de Pau. C’était un texte d’anthropologue pour expliquer tout l’intérêt à appliquer ce genre de techniques par rapport à l’intelligence des territoires et par rapport à l’étude des réactions des individus à ces nouvelles techniques.

    On était à cent lieues d’un raisonnement sur des réalités, et on a tout brouillé.

    C’est le danger de cet intellectualisme non structuré.

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    15 janvier 2008, par pehache  

    "Ces questions / dissertations nébuleuses, il me semble, ont pour effet de déconnecter beaucoup de jeunes des réalités économiques. Cet intellectualisme me paraît dangereux.

    Je lis, et je me demande si j’ai bien lu... je relis, mais oui c’est bien ça qui est écrit smiley

    J’en reste sans voix...

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    15 janvier 2008  

    pehache,

    il y a une part de provoc. voyez plutôt la réponse intéressante de jerlau, argumentez. allez, la philo, telle qu’elle est enseignée en Terminale, d’un autre côté, donne beaucoup de repères indispensables dans l’histoire de la pensée . mais la forme abstraite qu’elle emploie pour répondre à tous les questionnements, peut il me semble, poser des problèmes.

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    15 janvier 2008, par pehache  

    Marc, je suis habitué à la provoc’ de Jerlau, moins à celle des autres smiley

    Mais ce n’est pas tant le commentaire sur la philo qui m’a choqué. Il se peut que son enseignement ne soit pas approprié, je n’en sais pas grand-chose car je n’en garde qu’un souvenir distrait.

    Par contre deux autres points m’ont accroché :

    "Cet intellectualisme me paraît dangereux." : l’anti-intellectualisme est une constante de tous les régimes "douteux".

    "...ont pour effet de déconnecter beaucoup de jeunes des réalités économiques". L’école -hors enseignement professionnel du moins- n’a pas pour objet de "connecter les jeunes aux réalités économiques". Elle n’a certes pas non plus pour objet de les en déconnecter. Mais elle n’a pas tout simplement pas à s’en occuper. Ce n’est pas après le mot "économique" que j’en ai, c’est après le mot "réalités".

    Pour provoquer un peu moi aussi, je dis que l’école n’a pas à se préoccuper des "réalités" et qu’elle n’a pas à donner dans l’utilitarisme. Elle est là pour instruire, pour transmettre des connaissances, quelles que soient les "réalités" qui l’entourent. Encore une fois je ne parle pas de l’enseignement professionnel.

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    15 janvier 2008  
    "Cet intellectualisme me paraît dangereux." je voulais parler de la déconnexion que ce mode de pensée très abstrait génère à mon avis. Suis absolument d’accord avec vous, comme tout le monde, sans doute que « l’anti-intellectualisme est une constante de tous les régimes "douteux". »

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    15 janvier 2008, par Symposium  

    Culture ? Boite à Pandores !

    hum

    Culture ? Boite DE Pandores !  smiley

    Jerlau, Marc, vous me choquez terriblement. Suis pas sur de comprendre de quoi vous parlez.

    Pour la philo, faudrait commencer par l’enseigner en primaire. Oui, se poser des questions sur ce qui paraît évident à tout le monde, je trouve ça interessant pour le genre humain. M’est avis que si certains de mes copains avaient seulement commencé à écouter nos cours, ils sauraient utiliser leur esprit critique si cher à Jerlau. Voir même constructif, si cher à Pehache.

    Pour la culture, il me paraît essentiel d’en avoir un fond. Et là, je rebondi sur des questions que je me suis posé à propos de la laïcité. Faut-il supprimer tout apprentissage des données religieuses dans un état laïque, qui pourtant est emprunt de valeurs imposées par des siècles de théologie et de pratiques mystiques ? Qui donne non pas un sens, mais une cause à nos relations sociales ?

    J’adore la Culture dans ce qu’elle permet de se définir soit même dans un groupe humain et donne les outils et les indices nécessaires à comprendre l’enseignement de ses pères (et non de ces paires) pour les dépasser.

    Par contre, j’ai un défaut, je n’arrive pas à dissocier l’art de l’esthétique.

    Bon voilà mon avis et mon annalyse du texte de M. Saury. Et je viens de vous faire une belle demonstration du plus parfait intellectualisme : je donne mon avis sur quelque chose que je n’ai pas lu smiley smiley smiley smiley

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    16 janvier 2008, par Jerlau  

    Symposium,

    Je crois qu’on est tous sur la même longueur d’onde. Mais comme toujours c’est un problème de définition des mots. Chacun a la sienne. C’est un constat, pas une critique.

    Culture, Philo, Savoir, Raisonnement, ce sont des domaines voisins, qui se recouvrent en partie, d’où des incompréhensions.

    Pour ma part, j’aurai tendance à avoir l’approche suivante de ces différents mots :

    SAVOIR : Un savoir c’est statique. Vous acquerez ce savoir, vous l’emmagasinez, mais c’est comme un cube à 6 faces, vous le lancez, il va pas très loin, à la différence d’une boule

    CULTURE : C’est le lien entre différents SAVOIRS. L’esprit se crée des petites cases avec des liens entre elles. Un nouveau savoir trouve sa place. C’est comme un immeuble à géométrie variable. Au fil de la vie on construit son propre immeuble dans sa petite cervelle. On prend l’ascenseur, on va à la cave, ...

    RAISONNEMENT C’est le début du déménagement. D’où il l’expression "déménager de la cervelle" ou autre. Le raisonnement c’est le moyen de sortir de sa cervelle pour affronter une situation nouvelle, se confronter aux autres, à un problème. C’est la circulation dans les rues, dans les airs, quand on cherche une destination.

    La Philo En fait c’est le choix de la destination qui est posée. Où aller ? Vers où ? C’est le questionnement non pas par rapport à un besoin précis de voyage, mais par rapport à des principes de voyages. La Philo nous dira qu’on ira vers le sud et le raisonnement nous arrêtera à Bedous !

    Par exemple, Symposium, si on prend ton problème d’art et d’esthétique. tu as une case ART dans ta CULTURE, mais tu n’as pas le raisonnement esthètique, car tu n’as pas intégré ses règles de circulation dans la cervelle. D’ailleurs on dit "il n’a pas la dimension esthétique" ou autre.

    Dans cette construction, on peut dire :

    que le SAVOIR tout seul isole. L’histoire fournmille d’érudits isolés

    que la Culture sans Raisonnement est stérile. C’est comme un paysan qui sémerait sans s’occuper de la suite. C’est cette culture qu’on peut hair. C’est certainement le sens que donne Marc et j’en suis pas loin. Saury n’en est peut-être pas très loin.

    que le Raisonnement sans Philo tue l’efficacité du raisonnement. Un exemple de base à Pau : ce sont les décisions concernant la circulation dans le centre-ville. Un plan général, avec des principes, cela aurait été de la Philo. Dans la vie de tous les jours la philo apporte des principes de base plus ou moins raisonnés. D’ailleurs c’est bien le manque de philo qui a tué tous les pouvoirs centraux très forts par manque de principes de base.

    On peut passer au crible de cette construction intellectuelle tous les errements politiques, à Pau ou ailleurs. C’est assez intéressant.

    Amusez vous sur quelques exemples. C’est assez instructif.

  • > La culture pilosée déclare François Vainqueur !
    16 janvier 2008, par Jerlau  

    Je crois que ce qui n’est pas piple n’intéresse pas, alors on va piloser (piloser est mieux quie pipoliser) cette histoire de culture.

    On rappelle les 4 dimensions qui font partie de la cervelle telles qu’ exposées dans le post précédent :

    Le Savoir : C’est le Garde Manger

    La Culture : C’est la Digestion

    Le Raisonnement : la Force d’intervention

    La Philo : c’est la Stratégie, la force pourquoi faire, ou l’appliquer, comment l’orienter ?

    Alors jugeons nos candidant puisqu’on juge les ministres :

    Yves : Un bon garde-manger un peu rustique, une digestion difficile, une force d’empoigne malgré les défauts de digestion, et aucune question sur la direction à suivre, pas d’état d’ame

    Sur une échelle de 1 A 5, on noterait :

    Garde-Manger : 3

    Digestion : 2

    Force d’intervention ; 5

    Stratégie : 1

    Appliquons la même chose à François

    Frnançois : Un très bon garde-manger de haut niveau, une digestion de bon niveau mais absorbante car il y en a trop , une force trop absorbée par la digestion, et une inertie liée à la question de savoir, s’il faut manger, digérer, ou ruminer

    Sur une échelle de 1 A 5, on noterait :

    Garde-Manger : 5

    Digestion : 4

    Force d’intervention ; 1

    Stratégie : 1

    Appliquons la même chose à Martine

    Martine : Un bon garde-manger de niveau intéressant un peu mono-aliment, une bonne digestion de bon niveau, un manque de force d’intervention, et un peu d’inertie entrainant un manque de stratégie ; penser, agir,réunir, ou désunir, la quadrature du politique

    Sur une échelle de 1 A 5, on noterait :

    Garde-Manger : 3

    Digestion : 3

    Force d’intervention ; 2

    Stratégie : 1

    Pondérons les 4 critères

    Garde-Manger : 5 (important pour tenir la distence)

    Digestion : 5 (il faut pas dormir après le repas de midi)

    Force : 2 (il faut en avoir), mais trop il y a risques de conflit

    Stratégie : Savoir où on va. 8

    On sale, On poivre et on a

    Yves à 2,15 Francois à 2,65 Martine à 2,1

    François est déclaré gagnant. On vote plus. On note et la machine dit qui a gagné. C’est pas beau le progrès.

    Mais j’ai peut-être fait une erreur. J’espère que Péhache recomptera.

  • > La culture pilosée déclare François Vainqueur !
    16 janvier 2008, par Autochtone palois  
    C’est du Jerlau de haut de gamme ! smiley

  • > La culture pilosée déclare François Vainqueur !
    17 janvier 2008, par Jerlau  
    Mais, Autochtone, on est déjà dans l’ultra-son. On ne peut développer l’Homme que par les oreilles. Ne dit-on pas "envoyer la musique" !

  • > La culture pilosée déclare François Vainqueur !
    17 janvier 2008, par CV  

    Bravo, belle manière de revenir au sujet initial ! Quel couple de duettisters vous faites, tous les duex !! on sent que c’est bien rodé.

     smiley "couple de duettistes"... c’est bête ... tant pis, je laisse.

    Quant au système de notation, il est contestable mais génial et hyper pratique.

  • > La culture pilosée déclare François Vainqueur !
    17 janvier 2008, par Autochtone palois  
    CV, vouliez-vous dire "duelliste" ? c’eût été plus à propos et sans redondance. smiley

  • > La culture pilosée déclare François Vainqueur !
    22 janvier 2008, par Junius  

    Eh bien le terme "couple de duettistes" choisi par CV ne me semble ni bête, ni redondant :

    (adaptation en contrepoint de définitions du petit Robert...) Couple de duettistes : "ensemble de deux forces parallèles, égales entre elles, de sens contraire et qui jouent chacune une partie dans un duo"...

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    6 février 2008, par D’Alembert  

    " Et je viens de vous faire une belle demonstration du plus parfait intellectualisme : je donne mon avis sur quelque chose que je n’ai pas lu smiley smiley smiley smiley

    J’y crois pas... JS dit ça, en gros :

    " la Culture dans ce qu’elle permet de se définir soit même dans un groupe humain et donne les outils et les indices nécessaires à comprendre l’enseignement de ses pères (et non de ces paires) pour les dépasser."-" je n’arrive pas à dissocier l’art de l’esthétique."

    C’est vous qui le dites... smiley sauf peut-être pour les paires de nos pères, nos pairs.

    Culture ? Boite DE Pandores ? Hum... Hum...  smiley

  • > Jacques SAURY : Culture ? Boite à Pandores !
    6 février 2008, par D’Alembert  

    Symposium,

    " Et je viens de vous faire une belle demonstration du plus parfait intellectualisme : je donne mon avis sur quelque chose que je n’ai pas lu smiley smiley smiley smiley

    J’y crois pas... JS dit ça, en gros :

    " la Culture dans ce qu’elle permet de se définir soit même dans un groupe humain et donne les outils et les indices nécessaires à comprendre l’enseignement de ses pères (et non de ces paires) pour les dépasser."-" je n’arrive pas à dissocier l’art de l’esthétique."

    C’est vous qui le dites... smiley sauf peut-être pour les paires de nos pères, nos pairs.

    Culture ? Boite DE Pandores ? Hum... Hum...  smiley

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