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Danièle Iriart : Son Intervention au Conseil Municipal du 10 Juillet

mercredi 11 juillet 2007



L’intervention de Danièle Iriart au Conseil Municipal du 10 juillet 2007

Délibération N° 18 : Organisation d’une manifestation théâtrale à Pau en juin 2008

"Cette délibération qui vient brutalement après une campagne de presse de Marc Belit visant à forcer la main au Conseil Municipal sans le moindre débat, nécessite que l’on se penche et qu’on analyse sérieusement ce qui nous est présenté.
L’avertissement est banal, il vous met en garde contre le danger encouru. Il ornait toute les gardes barrières de France, il y a 50 ans : "Attention un train peut en cacher un autre". Cet avertissement aujourd’hui désuet pour nos gardes barrières automatiques est pourtant bien adapté à la délibération actuelle. Un train peut en cacher un autre, oui chers collègues c’est exactement la situation que nous avons à examiner.
Ariane Mnouchkine à Pau, le projet est séduisant, car la qualité de ce qu’elle propose est incontestablement d’un très haut niveau. Sa dernière création, celle qui nous est proposée, "les Éphémères" est un très grand spectacle qui au travers de 29 saynètes nous fait revivre, pendant 7 heures, une série de tranches de vie qui nous ont toutes effleurées, approchées ou touchées directement à un moment. Ce n’est donc pas la qualité du spectacle, ni la venue d’Ariane Mnouchkine qui nous pose problème, mais ce qui se dessine derrière.

L’historique d’abord :
Automne 2005, M. Labarrère réuni une commission de réflexion, composée d’élus et de professionnels, sur la suite à donner au Festival de Théâtre de Roger Hanin qui venait de s’arrêter quelques mois plutôt.
Marc Belit fait parti de cette Commission et se déclare partisan d’un nouveau festival sur Pau. Sa proposition qu’il remet dans un mémoire est de "3 jours de Pau" axés sur le théâtre et les arts plastiques. Il propose qu’elle se déroule dans différents lieux de la ville et surtout "qu’elle s’appuie sur les ressources locales en partenaires, afin que ceux ci puissent jouer le rôle de relais actifs voire d’acteur du projet". M. Labarrère le charge de réunir et d’animer une commission pour poursuivre la réflexion et faire des propositions. Prudemment, M. Labarrère évite de s’engager davantage sur un festival, remettant à plus tard cette décision. Toutefois il se déclare partisan, dans l’immédiat de renforcer certains secteurs culturels, notamment celui du théâtre et l’Eté à Pau qu’il considère comme une forme de festival populaire.
De commission il n’y en aura point. Marc Belit et Michel Ste Cluque s’enfermeront dans un tête à tête d’où il sortira la proposition actuelle, c’est à dire une coquille vide, au bout de deux ans de travail nous dit-on, à l’opposé de ce qui avait été discuté le 28 octobre 2005.
Au travers de cette affaire, le comportement des deux protagonistes mérite que l’on s’arrête dessus.
D’abord celui du responsable de la Commission Culturelle de la ville. Fermé, sûr de lui, irrespectueux, n’écoutant personne, refusant toute discussion en commission, il prend les décisions avant les réunions, les communique sans discussions possibles, sans avis, personne à ses yeux n’a de compétence, ni les élus ni les professionnels et il doit tout assurer, tout décider. Là où la fonction nécessiterait un "agitateur culturel" c’est d’un "autiste culturel" dont nous avons hérité. La vie culturelle paloise s’en ressent : étouffée, ayant du mal à survivre, privée de moyens pour se développer et même tout simplement de soutien, il n’a de contact avec la commission que pour lui faire-part d’un tour de vis donné à leurs projets.
C’est dans une atmosphère délétère que fonctionne cette commission dont le bilan est la disparition des ATP et donc de la diffusion du théâtre sur Pau, l’implosion actuelle du Méliès en passant par le silence affligeant sur l’affaire du FIPAU et l’asphyxie progressive de la Scène Conventionnée Espaces Pluriels avec laquelle il a beaucoup de compte à régler. Il n’est donc pas étonnant que les discussions avec Marc Belit se soient passées en tête-à-tête, sans associer personne à la réflexion. La présentation en catastrophe et sous la pression de Marc Belit du projet d’Ariane Mnouchkine nous a été faite à la Commission culturelle le 3 juillet. Contrairement à ce qui a été dit, du débat au sein de cette instance, il ne s’est pas dégagé un accord, car aucun vote n’a été fait par crainte de voir le projet rejeté tant une opposition très claire s’était déclarée ce jour-là.
De son côté Marc Belit, bien connu sur le plan culturel régionalement a su développer depuis 25 ans le concept du Parvis, faisant de cette scène Nationale, un lieu de spectacle à la programmation très diversifiée. Une réussite dû à ses qualités réelles, mais aussi aux financements importants dont il a pu disposer. L’envers du décor est que Marc Belit est lui aussi un homme solitaire, qui a peu à peu asphyxié le mouvement culturel tarbais, ne laissant de place à personne, sauf pour celui de la musique amplifiée, avec la Gespe, pour lequel il a moins de sensibilité sans doute . Le résultat c’est qu’après avoir annexé le Théâtre des Nouveautés, il a réduit à zéro la politique culturelle de la ville, la sienne suffisant. Il faut noter que le Parvis n’est ouvert, comme lieu de diffusion à aucun acteur culturel local démontrant par-là même le visage éradiqueur d’un homme par ailleurs très brillant.
Marc Belit ne s’est jamais caché qu’après avoir digéré Tarbes il voulait s’établir à Pau. Considérant la création d’un Zénith comme un frein à ses projets, il s’y était fortement opposé au travers d’un "cheval de Troie" au sein du Conseil Municipal, dont M. Labarrère avait préféré se séparer car la collusion amicale était vraiment trop forte. Aujourd’hui nous retrouvons le même homme à la tête de Parvis 64, l’association Belit chargée de gérer la venue d’Ariane Mnouchkine...
Sur la base d’un schéma de développement identique à Tarbes il a fixé sa première cible sur la Scène Conventionnée Espaces Pluriels dont il voudrait bien prendre en main les destinés. L’étouffement actuel dans lequel on enferme progressivement cette structure n’est pas innocent, il est le résultat objectif d’un règlement de compte palois et d’une ambition hégémonique extérieure.
Derrière la venue d’Ariane Mnouchkine c’est cela qui se dessine et les associations paloises l’ont bien compris et sont unanimement remontées contre le projet et ce qu’il engage. J’avoue M. le Maire que je ne comprends pas comment vous avez pu vous engager dans cette galère, vous mettant à dos toutes ces associations, toutes ces personnes, pour un projet dont vous n’êtes même pas porteur, d’autant que cette nouvelle bombe à retardement risque de vous éclater dans les mains en mars 2008.
Faire miroiter aujourd’hui la venue d’Ariane Mnouchkine comme un événement exceptionnel qu’il faut absolument saisir sans hésiter et de suite, sans même réfléchir aux choix qui sont posés et aux conséquences que cela pourraient impliquer est un piège dans lequel vous ne devez pas tomber mes chers collègues . C’est une pression inadmissible
Marc Belit est coutumier du fait, il y a quelques années il clamait qu’il se faisait fort, grâce à ses relations, de faire venir sur Pau le Royal de Luxe. Il est déjà venu deux fois depuis, à l’initiative de la Scène Conventionnée, des ACP et de la Ville.
Aujourd’hui ne vous laissez donc pas bluffer par ce que l’on vous présente comme une chance inespérée à saisir sans hésiter et surtout sans réfléchir.
Après son passage à Avignon cet été, Ariane Mnouchkine entamera une tournée qui la portera au Brésil, en Argentine et à Taiwan. Comme tous les grands spectacles, « les Ephémères » seront ensuite présentés en France en 2008 au cours d’une tournée que les scènes conventionnées de Valence, Clermont Ferrant et Lyon ont déjà retenue, dans le cadre de diffusion classique sur un ou deux jours avec les deux volets du spectacle d’une durée totale de 7 h 30.
Ce qui presse en réalité aujourd’hui, c’est que Marc Belit en proposant 3 semaines à Pau fige la tournée sur une longue période et Ariane Mnouchkine exige un engagement rapide et ferme, à défaut de quoi elle répondra favorablement aux différentes dates qui lui sont proposées.
Le projet exceptionnel que Marc Belit nous propose aujourd’hui, avec ses 12 représentations sur trois semaines à Pau, ses rencontres avec les lycéens de la région, n’est en réalité qu’un "copié-collé" de ce qui s’est réalisé en mai 2007 sur une création du Théâtre de Cornouaille, Scène Conventionnée de Quimper qui a créé cet événement. Copié-collé exactement à l’identique, sauf au niveau du prix des places nettement moins cher dans la réalisation bretonne, et de la date puisqu’à Pau nous avons choisi la période ou beaucoup de jeunes préparent leurs examens et seront donc exclus du projet.
Ne vous laissez donc pas abuser, mes chers collègues ne vous laissez pas bluffer par ce qui est proposé. Si la volonté des élus est d’accueillir des évènements de ce type sur Pau, les structures associatives paloises sont à mêmes de le faire autour de la Scène Conventionnée avec le soutien et l’implication de la Commission Culturelle et du service culturel sans avoir à passer par une structure créée de toute pièce pour l’occasion dont le nom "Parvis 64" est déjà synonyme de ce que l’on nous promet derrière.
Les forces existent localement, les structures seraient prêtes à s’engager dans ce sens si les moyens que l’on est prêt à ouvrir à Marc Belit leur sont donnés. Faire venir des troupes de théâtre comme Ariane Mnouchkine, des compagnies de danse prestigieuses ou des évènements comme la compagnie Equestre Zingaro est possible s’il s’agit là d’une volonté politique, mais pour cela appuyons-nous sur ce qui existe sur Pau.
Avec les mêmes budgets une troupe de théâtre pourrait être crée, assurant tout au long de l ‘année la création, mais aussi la sensibilisation, la formation et l’éducation au théâtre de tous les publics.
Mais peut être qu’il faudrait aussi s’interroger sur l’absence de théâtre sur Pau depuis maintenant 6 ans. Même si aujourd’hui la Scène Conventionnée programme avec de faibles moyens du Théâtre de grande qualité, c’est tout un secteur de programmation de troupes prestigieuses, de théâtre à texte, de théâtre de boulevard qui ont disparus, avec la fin des ATP et des Karsenty. Actuellement les palois sont obligés d’aller à Biarritz, Tarbes et Dax pour voir ce type de spectacle. C’est aussi un manque de soutien évident aux compagnies théâtrales qui survivent à Pau, sans aucune reconnaissance de la part des élus. Les créateurs sont abandonnés à Pau. C’est donc très certainement une opportunité qui nous est ouverte au travers de ce débat de réexaminer cette situation.
C’est pourquoi, je vous invite à voter très clairement contre la proposition qui nous est faite et à avoir en septembre un débat en Conseil Municipal sur la nécessité de remettre à plat tout ce secteur et d’accueillir en 2008 ce projet d’Ariane Mnouchkine dans le cadre classique de sa tournée autour d’intervenants locaux , comme le font les autres villes et pour un coût bien moindre que ce qui nous est proposé aujourd’hui. Nous pouvons nous dispenser de créer une structure incontrôlable, une nouvelle usine à gaz pour accueillir ce superbe projet."


- par Daniele Iriart


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Votre commentaire



> Danièle Iriart : Son Intervention au Conseil Municipal du 10 Juillet
11 juillet 2007, par Max  

Alors Autochtone, pourquoi MLC a-t-elle voté pour ? DI serait-elle folle ? Mystificatrice ? Pire, menteuse ?

  • > Danièle Iriart : Son Intervention au Conseil Municipal du 10 Juillet
    11 juillet 2007, par Autochtone palois  

    Max(= Jaurès ?), je découvre les arguments de DI.

    Je ne connais des arguments de MLC que ceux donnés dans S-O :

    "qu’il faut saisir l’opportunité culturelle, en y mettant des réserves : avoir un budget transparent et ouvrir davantage la porte aux compagnies théatrales locales d’ici l’automne."

    Donc il semble que tout ne soit pas figé... l’article de S-O. se termine par :

    "Le débat n’est pas clos. Puisque rendez-vous a été pris à l’automne."
    MLC aurait-elle dû s’abstenir ? Max, rendez-vous à l’automne sur ce sujet !

  • > Danièle Iriart : Son Intervention au Conseil Municipal du 10 Juillet
    12 juillet 2007, par Max  

    Cher AP, une petite précision. Comme dirait Bernard, Max, c’est moi. Jaurès, c’est lui. Nous avons écrit à la même heure. Pure coïncidence. Jaurès, beaucoup trop philosophe pour moi. Je préfère les hommes d’actions.

    En ce qui concerne MLC, vous êtes compréhensif. Permettez-moi de l’être beaucoup moins. Dire "oui, mais" à une enveloppe conséquente (85% du FiPAU) alors qu’il n’y a aucune certitude, aucun contrôle et aucun contre-pouvoir sur la gestion future du dossier, m’apparait particulièrement risqué pour les citoyens palois. J’aurais préféré qu’elle dise "non, mais". De toute façon, les amis de YU au conseil sont suffisamment nombreux pour faire passer la décision. Ils auraient eu à l’assumer seuls en mars prochain.

    Si cette respectable initiative se solde par un échec (et nous en sommes les spécialistes à Pau), elle en aura été la caution. Si c’est un succès, seul YU en tirera les bénéfices. Gros challenge !

  • > Danièle Iriart : Son Intervention au Conseil Municipal du 10 Juillet
    16 juillet 2007, par Francine Dehail  
    Merci beaucoup, Danièle Iriart d’insister sur le côté "promotionnel" de l’affaire à saisir. Il ne s’agit pas d’une voiture pour la mairie ou de 12 ordinateurs à un prix compétitif ; non, il s’agit d’obtenir à prix d’or la présence du Théatre du Soleil à Pau en 2008. Je suis d’autant plus sensible à cette façon de présenter ce projet que j’ai travaillé longtemps dans la Publicité. Dans les budgets importants que nous traitions pour des marques d’envergure nationale, nous gardions toujours une part pour la "promo" afin d’avoir des places intéressantes sur les linéaires des Distributeurs. Je m’égare ... nous étions bien dans le domaine de la Culture et du Théatre.

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