Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?

lundi 6 février 2012 par Jean Lafitte


Depuis le 13 janvier, la presse nous a livré plusieurs épisodes d’un nouveau feuilleton, sur la mise en place d’une classe bilingue en occitan dans une école primaire d’Orthez. Je n’en rappellerai que l’essentiel : ayant appris ce projet, les parents d’élèves de l’école concernée, mais aussi de Mourenx et Artix, ont manifesté leur opposition, préférant que l’on « rende les postes d’enseignants supprimés ».
 
Bien qu’il s’agisse d’une école publique, la fédération des écoles privées Calandretas du département et celle d’Aquitaine sont venues au secours du projet avec l’argument mille fois répété « Il est prouvé que le bilinguisme précoce est une chance pour l’enfant. Le béarnais comme deuxième langue donne un accès à une culture vivante et d’ouverture. » (journal du 19) ; mais le lendemain, le directeur de la Calandreta d’Orthez y voyait une concurrence locale et estimait qu’on aurait pu situer cette classe un peu plus loin...

C’était ensuite l’intervention de M. David Grosclaude, directeur de l’hebdomadaire occitan La Setmana, et président de l’Institut d’études occitanes (I.E.O.) de Toulouse avant que le scrutin de liste proportionnel de 2010 ne fasse de lui un conseiller régional, délégué aux langues et aux cultures régionales ; il a « confirm[é] que le projet répondait à une volonté politique » (journal des 21 et 22).

Enfin, les enseignants se sont à leur tour opposés au projet (journal du 27).

Lundi dernier 30 janvier, Sud-Ouest y est allé d’un article bien documenté et équilibré de M. Bruno Béziat sur l’enseignement scolaire des langues régionales, qui s’achevait en évoquant notamment cette affaire d’Orthez.

http://www.sudouest.fr/2012/01/30/les-langues-regionales-au-tableau-619165-4329.php

Si le nombre d’élèves apprenant une langue régionales a doublé en 10 ans, « le bilan de l’apprentissage des langues régionales est bien plus mitigé que ces quelques chiffres encourageants. La première difficulté porte sur l’enseignant. La plupart du temps, il est difficile de trouver des professeurs qualifiés. [...] le deuxième obstacle qui se dresse sur la route de l’apprentissage de l’occitan : le décalage entre la langue écrite, codifiée après-guerre, et la langue parlée, mais dont les formes sont variées : le gascon n’est pas le languedocien, et le patois des villages de Dordogne n’a qu’un rapport lointain avec le béarnais. Des jeunes ont parfois du mal à échanger avec leurs grands-parents. Autrement dit, apprendre l’occitan a-t-il un sens si l’on ne peut pas le parler dans la vie courante ? »

Le lien vers l’article permettra au lecteur de lire les arguments des « pro ».

La photo qui illustre cet article, non datée mais localisée à l’école Guynemer de Pau, montre une classe de dictée où l’on devine tout au plus 8 élèves, dont un tout petit, et un tableau de premier plan où le maître a écrit le corrigé de la dictée ; sur 3 lignes et 17 mots, j’ai compté 3 accents manquants et une grosse faute d’orthographe (saveva) qui même corrigée en sabèva est une forme de l’Est gascon, alors que du Sud de la Gironde au Béarn et au Sud-Ouest de la Bigorre, la forme est sabè ; cela confirme la difficulté pour trouver des maîtres compétents.

J’ai pourtant cru à cet enseignement et financé de mes deniers, pendant de nombreuses années, une Calandreta à laquelle se dévouent des amis. Mais j’ai finalement pensé que c’était une impasse, faute de langue vivante autour. L’absence totale de béarnais dans les messages de Bonne année publiés dans la presse de début janvier n’a fait que me confirmer dans cette appréciation ; au demeurant, aucune des réactions à mon article sur Alternatives Paloises du lundi 9 janvier n’a contesté ce triste constat.

Mais je crains que les ardents défenseurs de cet enseignement bilingue poursuivent d’autres buts que le maintien de la langue et de la culture d’un pays qui, parfois même, n’est pas celui de leurs pères :

- d’abord, pourquoi s’obstiner à appeler « occitan » ce qui n’est le plus souvent que du béarnais relativement bon, mais écrit à l’occitane ? les fédérations de Calandretas l’ont bien appelé béarnais, mais « occitan » crée une confusion particulièrement préjudiciable à la cause qu’ils défendent ; or « gascon » était déjà le nom que Froissart donnait à la langue de Fébus à Orthez en 1388, et les États de Béarn l’ont appelée « béarnais » dès 1533... De plus, depuis 1877, tous les linguistes chevronnés qui ont étudié le gascon l’ont considéré explicitement comme une langue distincte de l’ensemble d’oc connu d’abord comme « provençal », puis d’« occitan » ; je tiens un recueil de citations à la disposition de qui me les demandera ;

- n’est-ce pas parce qu’ils visent à inventer une « Occitanie » qui n’a jamais existé que dans les aspirations des occitanistes, depuis la fin du XIXe s. ? sur ce point aussi, je tiens une chronologie d’attestations que j’enverrai sur simple demande. Plus généralement, l’enseignement de l’« occitan » ne poursuit-il pas d’autres buts que la transmission de l’héritage linguistique et culturel ? Voici trois citations qui donnent à penser :

- de M. Serge Javaloyès, alors président de la fédération des Calandretas et aujourd’hui directeur de l’Institut occitan de Billères (ou InOc Aquitaine) et personnalité nommée au Conseil économique et social régional devient, finalement, un mouvement urbain, en raison notamment de sa compétence en occitan : « En 1993, [...] Calandretamouvement du changement social. » (« Calandreta qu’a vint ans, e doman ? », Per noste - Païs gascons n° 192, mai/juin 1999, p. 15) ;

- de Chantal Dompmartin-Normand, dans un travail universitaire basé sur une enquête relative à la Calandreta de la Còsta pavada de Toulouse (« Collégiens issus de Calandreta : quelles représentations de l’occitan ? », Langage et société n° 101, sept. 2002) :
« Certains parents sont même quelquefois irrités de l’emphase avec laquelle les enfants valorisent l’occitan. [...]
« 10. Parent 1 - Ha ! Elle m’énerve des fois quand elle la ramène avec son occitan et quand elle veut pas croire ce que je lui dis à propos du français ou de n’importe quoi d’autre d’ailleurs ! [rires]
«  11. Parent 2 (de calandron de 6 ans) - Oui, quelquefois, on a l’impression qu’ils sont un peu endoctrinés ! [rires] ».

- de Mme Renée Mourgues interviewant Mme Chantal Tuheil, de Monein, professeur d’occitan à la Calandreta de Pau (l’Éclair du 18 février 2008) : « ...la Moneinchonne exècre “ceux qui s’enferment dans un béarnisme qui n’est autre que le refus de l’autre, du progrès et de la modernité.” [...] La propre fille de Chantal Mai (Marie), quinze ans, s’est modelée dans le moule de la calandreta et poursuit son cursus à option. »

No comment...

- par Jean Lafitte
3 Février 2012

Crédit photo : Clipart de Word

Documents liés
 
PDF - 292.6 ko
 

[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
7 février 2012, par AK Pô  

Et pourquoi pas une classe bilingue français-langue des signes ? Pour tout ce que les gens ont à se dire, ce serait parfait, et partout ! Puis espéranto- langues de chat en approche du goût des mots et expressions ( au CM2, à cause de l’utilisation de matériel chaud brûlant). Enfin, au stade universitaire, une spécialisation Chauvain- Vin chaud, en partenariat avec les éditions Babel, et ce sera dans la poche !

 smiley

> Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
6 février 2012, par Adelina_bearnesa  

Une fois de plus Monsieur Lafitte écrit sans s’être réellement documenté. Et oui, quelques corrections sont à apporter à votre prose :

-  tout d’abord les parents de Mourenx et Artix ne se sont pas exprimés contre cette classe mais ont exprimé leur mécontentement suite à la fermeture de postes n’incriminant en rien la création de cette classe bilingue (je le sais MOI j’étais présente !). En outre la position de la FCPE a été exprimée clairement dans un communiqué de presse et ils sont plutôt très favorables aux cursus bilingues !

-  Monsieur Grosclaude n’est plus le président de l’IEO, rendons sa fonction à Monsieur Pierre Bréchet, ni celui de l’IEO de Toulouse puisque le président est une présidente : Béline Latrubesse.

-  "le décalage entre la langue écrite et la langue parlée",je pense que les jeunes de nos jours ont, quelle que soit la langue qu’ils utilisent, de la difficulté parfois à se faire comprendre de leurs grands-parents. Si je commence à parler clé USB, réseaux sociaux ou encore sms avec ma grand-mère, je pense qu’elle me regardera avec des yeux ronds. Et oui c’est comme ça les sociétés évoluent donc les langues qu’elles emploient aussi !

-  La photo qui illustre l’article, maintenant : je pense qu’il n’y a que vous qui n’avez pas compris que la phrase a été écrite par un enfant et non par le professeur. Et puis, c’est vrai qu’avec votre graphie c’est plus facile, il n’y a pas de règles... alors les accents... ;)

-  Vous avez plusieurs attestations à nous fournir et bien moi je vous conseille un petit tour sur le net la prochaine fois pour mieux documenter vos écrits. Ils seront ainsi peut-être plus justes !

-  Envoyer son enfant dans un cursus bilingues français/occitan ce n’est pas s’enfermer dans un béarnisme (que vous connaissez bien par ailleurs puisque vous le pratiquez !), c’est l’ouvrir à deux cultures, lui montrer que le français et la culture française ne sont pas les seules qui existent. Que la différence ne doit pas faire peur et que l’on a toujours à apprendre des autres.

Je terminerai en disant que non tous les parents d’Orthez ne sont pas contre cette classe malgré ce que la presse s’acharne à vouloir nous faire croire. J’en suis la preuve vivante et mon fils y a été le premier inscrit ! Avis à ceux qui souhaiteraient entendre le point des vues de parents favorables aux cursus bilingues.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Daniel Sango  

    Ci après extrait de La République :

    "Sujet qui suscite la polémique depuis deux semaines. Jusqu’alors silencieux, l’ensemble du corps enseignant s’est déclaré défavorable au projet. Une position claire qui vient conforter le combat de la centaine de parents d’élèves.

    D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que les instituteurs de la Chaussée-de-Dax s’élèvent ainsi contre cette idée de cursus bilingue occitan. En 2008 déjà, alors qu’ils avaient été concertés, ils en avaient refusé la mise en place.

    Autour de la table hier soir, l’inspecteur de l’Éducation nationale Gilles Coignus, et son homologue Daniel Bordenave en charge du bilinguisme, non loin des élues Ginette Castera et Fabienne Pit, se sont retrouvés face aux parents délégués et les deux directeurs, maternelle et élémentaire. Au cours du débat « animé », il a été précisé que la convention liant Région, Département et collectivités locales (mairie et CCCO), s’appliquera « d’autorité » si les 15 inscriptions requises (il y en a 7 pour l’heure) sont enregistrées. « Personne ne pourra s’y opposer, même avec 100 parents contre en face » a relaté le délégué Bruno Pouyanne. Les parents estiment que la décision pourrait tomber en mars."

    La démocratie et le bon sens gagneront, il faut l’espérer !

    Je prend le pari que la majorité des parents d’élèves seraient favorable au bilinguisme Français Anglais...

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Jean Lafitte  

    M. Sango met ses espoirs dans la démocratie. Il a raison, et M. Pouyanne qu’il cite d’après le journal du 27 janvier n’a pas mesuré la portée des lois qui la régissent.

    Je serais en effet très étonné que la convention à laquelle il se réfère ait pu légalement déroger à deux textes de loi qui sont bien au-dessus d’elle dans notre état de droit :

    -   d’une part, l’article L401-1 du code de l’éducation qui prévoit pour chaque école primaire un « projet d’école » adopté pour 3 à 5 ans et à l’élaboration duquel ont participé les parents d’élèves ; je doute qu’une telle classe puisse être créée si elle n’a pas été prévue par le projet en vigueur ;

    -  d’autre part, l’article L2121-30 du code des collectivités territoriales qui donne au seul conseil municipal la compétence pour créer et situer les classes élémentaires et maternelles ; et comme aucune collectivité territoriale ne peut exercer la tutelle d’une autre (art. 72, alinéa 5 de la Constitution), il est seul maitre à bord.

    C’est cela la démocratie, c’est cela les "libertés locales".

    Et tous les sociolinguistes qui ont étudié les politiques menées dans le monde en faveur des langues menacées n’ont pu que constater leur échec quand les populations les avaient délaissées.

    Ce qui ne m’empêche pas d’enseigner de mon mieux la langue gasconne et béarnaise de mes ancêtres à ceux qui se présentent au cours que je donne bénévolement pour la 23ème année, d’où qu’ils viennent. Les non-gascons ne sont pas les moins assidus !

    Ça, c’est du concret, pas les sentiments que me prêtent les fantasmes de mes contradicteurs.

    Quant à ceux qui veulent à tout prix écarter les noms de gascon et de béarnais qui ont 700 et 500 ans d’usage pour les remplacer par le tout dernier venu "occitan", je leur demande de dire pourquoi. Car du Limousin Chabaneau en 1877 à l’Auvergnat J.-P. Chambon en 2002 et 2005, tous les linguistes qui ont étudié le gascon le séparent du reste du domaine d’oc.

    Je rappelle à cette occasion que l’« objet officiel » de l’Ostau bearnés est « défendre et promouvoir la langue et la culture béarnaises ». Pas question d’« occitan » !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par pehache  

    En outre la position de la FCPE a été exprimée clairement dans un communiqué de presse et ils sont plutôt très favorables aux cursus bilingues !

    Et pourquoi devraient-ils être en occitan, ces cursus ?

    Envoyer son enfant dans un cursus bilingues français/occitan ce n’est pas s’enfermer dans un béarnisme (que vous connaissez bien par ailleurs puisque vous le pratiquez !), c’est l’ouvrir à deux cultures, lui montrer que le français et la culture française ne sont pas les seules qui existent.

    Même question : en quoi d’autres langues que l’occitan, enseignées en classes bilingues, n’auraient pas les même vertues ?

    Je terminerai en disant que non tous les parents d’Orthez ne sont pas contre cette classe malgré ce que la presse s’acharne à vouloir nous faire croire. J’en suis la preuve vivante et mon fils y a été le premier inscrit ! Avis à ceux qui souhaiteraient entendre le point des vues de parents favorables aux cursus bilingues.

    D’après les articles de presse, les parents qui protestent ne sont pas opposés au bilinguisme, ils sont opposés à ce qu’on leur impose l’occitan comme unique possibilité de bilinguisme, ce qui n’est pas la même chose.

    Si on prend n’importe école publique aujourd’hui et qu’on demande aux parents quelle langue ils voudraient pour leurs enfants en cas de classe bilingue, il est assez évident que l’occitan sera très loin d’être le premier choix.

    Les occitanistes réussissent bien leur lobbying auprès des élus locaux et de l’EN. Heureusement les parents ne voient pas les choses de la même manière.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Adelina_bearnesa  

    je vous présente mes excuses, j’aurais dû préciser que la FCPE s’est exprimée sur les cursus bilingues français/langue régionale donc ici occitan.

    Ensuite je ne prendrai pas la peine de vous faire une plus longue réponse expliquant pourquoi il est plus utile de faire du bilinguisme français/langue régionale plutôt que français/anglais puisque vous ayant lu à maintes reprises sur d’autres forums,je sais que de toute façon je ne pourrais vous convaincre vu que c’est l’occitan, les occitanistes et tous les méchants indépendantistes que nous sommes censés être qui vous dérangent !

    Mais je suis ravie que votre esprit de contradiction vous est mené jusqu’à répondre à ma modeste contribution qui n’avait pour but ici que de remettre certaines choses à leurs places !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par pehache  

    je vous présente mes excuses, j’aurais dû préciser que la FCPE s’est exprimée sur les cursus bilingues français/langue régionale donc ici occitan.

    Je suis moi-même adhérent à la FCPE, un peu actif par le passé, et je peux vous dire que la position "officielle" de la FCPE sur le sujet est loin de faire l’unanimité en interne.

    Ensuite je ne prendrai pas la peine de vous faire une plus longue réponse expliquant pourquoi il est plus utile de faire du bilinguisme français/langue régionale plutôt que français/anglais...

    Pourtant cela serait fort intéressant, car tout l’enjeu est là.

    Mais je pense que vous auriez bien du mal à justifier cela, donc autant vous abstenir en effet.

    ...je sais que de toute façon je ne pourrais vous convaincre vu que c’est l’occitan, les occitanistes et tous les méchants indépendantistes que nous sommes censés être qui vous dérangent !

    Les occitanistes me dérangent en effet quand ils nourrissent un projet politique dont la langue n’est que le paravent, mais ce n’est pas le sujet.

    Je me fiche que les occitanistes veuillent apprendre l’occitan dans des instituts ou écoles privés si ça leur chante. Et même, je n’ai rien contre le fait que l’occitan soit proposé comme une option au collège et au lycée au même titre que les autres langues. Mais que le bilinguisme occitan soit imposé à l’école primaire publique, ça non ! Et je suis content (sans être surpris) de voir la réaction des parents concernés à ce sujet.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Adelina_bearnesa  

    Nous n’y sommes pour rien si la position "officielle" de la FCPE ne satisfait pas tout le monde. Mais bon, si elle est "officielle" c’est qu’il doit bien y avoir une majorité de personnes qui y sont favorables sinon c’est une dictature !

    Je suis heureuse de l’intérêt que vous portez à l’éventuel argumentaire que je pourrais vous faire. Cependant d’autres avant moi l’ont fait sur d’autres forums et face à des gens qui ont déjà une opinion toute faite cela n’a rien amené au débat malheureusement puisque ils ne veulent rien entendre ou plutôt lire ! Excusez-moi mais je ne vois pas ce que j’aurais du mal à justifier. Dites-moi vous en quoi l’apprentissage de l’occitan à l’école pénalisera-t-il nos chères têtes blondes ?

    Je terminerai ainsi je pense entrer dans la case de ce que vous appelez "occitanistes" puisque je suis pour la transmission de cette langue et de cette culture. En revanche, je n’ai derrière aucune visée politique, je ne veux pas d’un état occitan indépendant. Je suis simplement sensible à la préservation de ce patrimoine qui nous a été légué et je trouve dommage puisque l’on nous en donne l’occasion de ne pas en faire profiter nos enfants. Que ce soit pour l’occitan, le basque ou le breton !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Adelina_bearnesa  
    Une dernière chose, pardon ! Si je me suis exprimée ici c’est juste parce que je trouve déplorable que Monsieur Lafitte utilise cette polémique pour servir sa cause anti-occitan ! Cela prouve juste une fois de plus qu’il n’a guère de réels arguments à faire valoir et que tout est toujours bon pour dénigrer l’occitan et ceux qui oeuvrent à le transmettre. Si il n’y avait que des gens qui pensent comme lui la langue serait déjà morte !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    7 février 2012, par pehache  

    Mais bon, si elle est "officielle" c’est qu’il doit bien y avoir une majorité de personnes qui y sont favorables...

    La FCPE sur ce sujet fait de la démagogie facile, en croyant à tort que ça va lui ramener des adhérents ou des votants. Si des épisodes genre Orthez se multiplient, j’ai bon espoir que tout cela soit reconsidéré.

    Je suis heureuse de l’intérêt que vous portez à l’éventuel argumentaire que je pourrais vous faire. Cependant d’autres avant moi l’ont fait sur d’autres forums...

    Vous êtes bien intervenue ici alors que d’autres l’ont fait avant vous sur d’autres forums !

    Alors pourquoi est-ce préférable de faire un bilinguisme franco/occitan plutôt que franco/anglais, franco/espagnol, franco/arabe... ?

    Dites-moi vous en quoi l’apprentissage de l’occitan à l’école pénalisera-t-il nos chères têtes blondes ?

    Cela pénaliserait ceux qui auraient voulu faire un autre choix que l’occitan, tout simplement. Pourquoi seuls les occitanistes auraient droit au traitement de faveur du bilinguisme à l’école publique ?

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    7 février 2012, par Adelina_bearnesa  

    Vous êtes bien intervenue ici alors que d’autres l’ont fait avant vous sur d’autres forums !

    J’ai expliqué les raisons de mon intervention dans le commentaire juste au dessus du vôtre !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    7 février 2012, par pehache  

    Mais on ne sait toujours pas pourquoi il serait préférable de faire du bilinguisme français/langue régionale plutôt que français/anglais, français/espagnol, français/arabe...

    On supposera donc que vous ne savez pas non plus.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    9 février 2012, par Adelina_bearnesa  

    On supposera donc que vous ne savez pas non plus.

    On y est c’est plus fort que vous comme partout où vous passez, vous ne pouvez vous empêcher d’être mauvais, médisant et suffisant. On dit généralement que "certains aiment s’écouter parler" vous devez sans doute aimer "vous lire" ! En tout cas votre vie doit être bien triste quand on voit le plaisir que vous prenez à fureter sur tous les forums comme un rat en cage qui n’a d’autres moyens d’expressions. Il en ressort juste que vous semblez être une personne très aigrie...

    Bref vous voulez une réponse je vais vous la donner puisque je ne vous permettrai pas d’insinuer que je suis ignorante. Je n’ai pas fait l’ENA ou HEC mais je pense avoir un mibnimum de jugeotte et ne pas m’exprimer pour ne rien dire.

    Alors pourquoi un bilinguisme français/occitan (cad ici français/béarnais) et non pas anglais, espagnols, chinois ou arabe :

    -  en Béarn, qu’on le veuille ou non, la langue est présente partout : noms de lieux, de rues, de familles... à moins que vous souhaitiez que dorénavant les Laborde : Thefarm, les Maysounabe : Newhouse ou les Loutau : Thehostel, et j’en passe... Sachez par ailleurs qu’à Orthez les rues du centre ville ont toutes une signalétique bilingue français/occitan !

    -  ensuite même si on ne la parle pas ou ne la comprend pas, elle s’entend dans notre accent quand nous parlons français (cf la prononcitaion BaYrou et non Bérou comme à Paris, ou encore pour le village de Baigts de Béarn à côté d’Orthez que nous ne prononçons pas "Bèg" comme les gens qui ne sont pas du coin). Et oui tout ça nous vient du béarnais ! de là découle qu’un enfant né ici même si c’est parents ne parlent que français a déjà toutes ces sonorités dans l’oreille. Nous naissons tous avec une oreille universelle qui se ferme petit à petit uniquement sur les sons qu’elle entend régulièrement.

    -  la langue béarnaise est riche de diphtongues, triphtongues.... c’est une langue très accentuée, ou les "h" sont aspirés (comme en anglais). Nombre de ses sonorités se retrouvent dans les langues étrangères (espagnol, italien, portugais, allemand et même anglais) ce qui en facilitera l’apprentissage plus tard quand les langues étrangères sont inscrites au programme scolaire.

    -  ensuite, c’est une langue où l’on prononce presque toutes les lettres surtout en fin de mot. Quand un mot est féminin ou pluriel cela s’entend quand on le prononce contrairement au français. Exemple : "Les pommes je les ai mangées" donne "Las pomas que las èi minjadas" (tout ce qui est en gras se prononce) . Lors d’une dictée en français, pas facile pour tous de se rappeler que le participe passé employé avec l’auxilliaire avoir ne s’accorde pas avec le sujet mais s’accorde avec le COD si celui-ci est placé avant. Si l’enfant traduit la phrase en béarnais, il saura de suite qu’il faut un "s" à "pomme" et que "mangé" se termine par "ées" ! Voyons traduisons la en anglais "the apples, i have eaten them" "eaten" reste écrit pareil que ce soit masculin, féminin ou pluriel !

    -  je vous passe le chapître sur la notion d’abstraction qui arrive très tôt chez les enfants bilingues (ce qui aide après pour les maths aussi) ainsi que l’ouverture aux autres et à la différence qui je vous l’accorde sur ce point bien entendu est commun quelque soit la deuxième langue !

    Satisfait ? Ou faut-il que je continue ? Mais bon comme vous dîtes si bien sans doute ne sais-je pas non plus ! Je ne doute pas que vous chercherez à nouveau la petite bête donc à très vite !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    9 février 2012, par Maximo  

    Allo ????? Il n’y a pas une charte, ici ? Il n’y a pas des gens qui censurent parfois un peu vite ?

    Et pourquoi d’autres fois si lentement ??? Cela dépendrait donc de qui est la cible de l’attaque ? Aurait-on ses préférences ?

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    9 février 2012, par Maximo  

    Alors pourquoi un bilinguisme français/occitan (cad ici français/béarnais) et non pas anglais, espagnols, chinois ou arabe :
    -  en Béarn, qu’on le veuille ou non, la langue est présente partout

     smiley smiley smiley pas en Angleterre, ni en Espagne, ni en Chine, ni en Egypte... smiley

    Je dis rien sur le sujet, hein ? J’y connais trop rien en langues (quoique...) mais je ne peux m’empêcher de relever les constatations audacieuses smiley

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    9 février 2012, par mael  

    Le fait est que les parents d’élèves de cette école souhaiteraient que la classe bilingue ne soit pas Français/occitan mais Français/Anglais.

    En tout cas votre vie doit être bien triste quand on voit le plaisir que vous prenez à fureter sur tous les forums comme un rat en cage qui n’a d’autres moyens d’expressions.

    Pour le savoir, il faut fureter, non ? Votre vie est elle triste pour autant ?

    En tout cas, bravo, belle agressivité.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    9 février 2012, par Adelina_bearnesa  

    On dirait que l’agressivité des autres est le seul argument que vous avez à nous présenter Maël. Quant à la phrase que vous citez elle s’adresse directement à Pehache et à nul autre. J’emploie le même ton que celui que lui emploie sur les divers forums où il participe. (cf celui de la république sur lequel il intervient régulièrement et souvent agressivement). Désolée mais quand on me gifle je ne tends pas l’autre joue.

    Vous interprétez mon propos en intervenant dans une discussion que j’ai avec Pehache sans en avoir tous les tenants et aboutissants . et si mon commentaire était si agressif je pense qu’un modérateur serait intervenu. Enfin voyez comme fautes d’arguments vous arrivez à orienter le débat sur un autre sujet. Merci et veuillez excuser très cher mon impertinence !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par mael  

    Quant à la phrase que vous citez elle s’adresse directement à Pehache et à nul autre.

    Et bien c’est maladroit, parce que moi aussi je « furète » sur des forums et je trouve que votre raccourci sur le « fureter - vie triste » est un peu suffisant, un peu mauvais et un peu mesquin...un problème de pertinence ?

    Vous interprétez mon propos en intervenant dans une discussion que j’ai avec Pehache sans en avoir tous les tenants et aboutissants.

    Bein, vous êtes dans une discussion ouverte à tous, sur un forum...un problème de pertinence ?

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    9 février 2012, par Adelina_bearnesa  
    Je dis qu’en Béarn on retrouve la langue partout. je n’ai jamais eu la prétention de dire qu’elle était parlée sur tous les continents. c’est vous qui interprétez mon propos. relisez donc la phrase

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par Maximo  
    je n’ai jamais eu la prétention de dire qu’elle était parlée sur tous les continents
    Je n’ai pas dit ça non plus. J’ai relevé le truisme idiot : la langue est présente partout en béarn... réfléchissez avant de le redire en gras smiley

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par pehache  

    C’est marrant ce mépris pour les forums, et cette conception que si on s’exprime sur les forums c’est qu’on est aigri... En fait vous n’aimez pas la contradiction.

    Pour le reste, voyons voir :

    en Béarn, qu’on le veuille ou non, la langue est présente partout : noms de lieux, de rues, de familles...

    Donc l’argument de l’exposition naturelle à la langue. Il est réel mais faiblard : dire qu’on est baigné dans l’occitan parce que certains noms sont d’origine béarnaise, c’est un peu exagéré. Et je vous fais par ailleurs remarquer que :
    -  la toponymie locale est loin d’être exclusivement de langue béarnaise : quelqu’un m’a expliqué que pratiquement tous les noms en -os (Gelos, Bizanos,...) très courants dans le coin, sont de racines pré-latines (vasconnes ou appelez ça comme vous voulez). Et ce ne sont pas des cas isolés. Il faudrait donc apprendre le basque, en fait ?
    -  dans le monde d’aujourd’hui, n’importe quel jeune est 10 fois plus exposé à de l’anglais qu’à du béarnais. Souvent sans s’en rendre compte. Allez voir les ados qui dévorent les séries américaines en VO, par exemple. Quant mes enfants vont sur mon ordinateur ils ont affaire à de l’anglais partout (logiciels pas ou seulement partiellement traduits, etc...)
    -  Dans les familles immigrées "récentes", l’exposition à la langue familiale est incomparablement plus forte que l’exposition au Béarnais

    Sachez par ailleurs qu’à Orthez les rues du centre ville ont toutes une signalétique bilingue français/occitan !

    Ah... Il faut donc apprendre la langue parce qu’il y a des panneaux bilingues... Eh bien il n’y a qu’à supprimer les panneaux bilingues, comme ça plus besoin d’apprendre la langue.

    ensuite même si on ne la parle pas ou ne la comprend pas, elle s’entend dans notre accent quand nous parlons français

    Toutes les régions ont un accent propre, qui n’est pas forcément lié à une langue différente.

    la langue béarnaise est riche de diphtongues, triphtongues.... Nombre de ses sonorités se retrouvent dans les langues étrangères ... ce qui en facilitera l’apprentissage plus tard

    Ah, l’argument tarte à la crême "il faut apprendre la langue A parce que ça facilitera l’apprentissage de la langue B plus tard". Euh, dans ce cas autant apprendre la langue B tout de suite, non ?

    ensuite, c’est une langue où l’on prononce presque toutes les lettres surtout en fin de mot.

    Caractéristique partagée avec plein d’autres langues, dont l’italien, l’espagnol, le latin...

    ors d’une dictée en français, pas facile pour tous de se rappeler que le participe passé employé avec l’auxilliaire avoir ne s’accorde pas avec le sujet mais s’accorde avec le COD si celui-ci est placé avant. Si l’enfant traduit la phrase en béarnais, il saura de suite qu’il faut un "s" à "pomme" et que "mangé" se termine par "ées" !

    Plutôt qu’apprendre le béarnais pour ça, je peux vous donner une recette infaillible pour savoir si on accorde ou pas : on remplace mentalement le participe passé en question par un autre participe où la forme féminine s’entend (pris/prise par exemple). Ca marche, vous savez ?

    Voyons traduisons la en anglais "the apples, i have eaten them" "eaten" reste écrit pareil que ce soit masculin, féminin ou pluriel !

    Oui, et ?

    Si on apprend des langues étrangères, c’est *aussi* pour découvrir des choses différentes : les déclinaisons latines ou allemandes qui n’existent pas en français, l’apparente pauvreté de la conjugaison anglaise (qui oblige à exprimer les nuances par d’autres moyens), des structures de phrases différentes (l’ordre des mots renversé en allemand), etc...

    Ce sont les différences qui ouvrent l’esprit (puisque vous en parlez plus loin). Apprendre une langue qui ressemble trop à la nôtre, quel ennui...

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par Daniel Sango  

    Je suis très étonné que vous ne vous rendiez pas compte du caractère anecdotique, et seulement anecdotique de la connaissance de l’Occitan par rapport à l’anglais.

    Il faudra demander dans 20 ans à vos enfants ce qu’ils font de leurs connaissances en occitan, alors qu’ils auraient pu être bilingues français anglais.

    Mais il est vrai que chacun fait ce qu’il veut.

    Ce qui est regrettable, c’est que l’Etat finance des formations de ce type alors qu’il n’offre pas la possibilité à tous les enfants d’intégrer eux aussi une classe bilingue français anglais.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par claudiqus  

    Allons, allons, Daniel, il faut admettre que l’Occitan est plus poétique que l’Anglais !

    Sans doute que la langue de bois y parait moins rêche ... smiley

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par L’ OURS du Bois  
    c’est pour qui ça ????? smiley smiley smiley smiley

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par claudiqus  
    Hé hé l’Ours ! même sous la torture, je ne cafterais pas .. smiley

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par Daniel Sango  

    Je suis très étonné que vous ne vous rendiez pas compte du caractère anecdotique, et seulement anecdotique de la connaissance de l’Occitan par rapport à l’anglais.

    Il faudra demander dans 20 ans à vos enfants ce qu’ils font de leurs connaissances en occitan, alors qu’ils auraient pu être bilingues français anglais.

    Mais il est vrai que chacun fait ce qu’il veut.

    Ce qui est regrettable, c’est que l’Etat finance des formations de ce type alors qu’il n’offre pas la possibilité à tous les enfants d’intégrer eux aussi une classe bilingue français anglais

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par Maximo  

    on va être cynique un peu : on est bien content que l’Etat finance ce genre de classe qui confinera les enfants de béarnais en Béarn. Il y aura ainsi davantage de place pour les miens qui tentent de se faire une (autre) place au soleil...

    Après tout, on ne va pas être plus royaliste que le roi, hein !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par Jean Lafitte  

    Je viens de relire le long message de Mme « Adelina Bearnesa » d’hier 9 février ; elle argumente en faveur du « bilinguisme français/occitan (cad ici français/béarnais) », avec un « cad » (c’est-à-dire) qui déjà pose question ; et j’ai l’impression qu’elle reprend à son compte un argumentaire déjà rencontré, ce qui me laisse penser que le tout n’est pas de son cru.

    Voici ce que j’en pense :

    1/ A.B. « en Béarn, qu’on le veuille ou non, la langue est présente partout : noms de lieux, de rues, de familles... à moins que vous souhaitiez que dorénavant les Laborde : Thefarm, les Maysounabe : Newhouse ou les Loutau : Thehostel, et j’en passe... Sachez par ailleurs qu’à Orthez les rues du centre ville ont toutes une signalétique bilingue français/occitan ! »

    J.L. a) Oui, la toponymie et l’onomastique sont pleins de noms béarnais ; mais il y a de plus en plus de patronymes qui ne le sont pas, et d’éminents personnages du mouvement occitaniste vont vite vous accuser de béarnisme raciste. Avisat-ve dounc !

    De plus, comme l’a fort bien exposé M. Pierre Salles, professeur d’« occitan », dans une conférence à Lembeye dont la presse a rendu compte, nous avons beaucoup de toponymes (Arudy, Osse p. ex.), et aussi des patronymes (Etcheverry, Lekuona, etc.) qui ne s’expliquent que par le basque, ce qui pourrait conduire à généraliser le bilinguisme français/basque en Béarn.

    b) Je ne crois pas que vous serviez votre cause en essayant de ridiculiser votre contradicteur par la supposition que l’enseignement bilingue français/anglais aboutirait à angliciser l’onomastique.

    c) La « signalétique bilingue français/occitan » est le type même de l’argument indéfendable : vous écrivez bien « français/occitan », et non .../béarnais, et c’est vrai, car depuis la Charte des boucheries d’Orthez de 1270, les finales féminines béarnaises sont en -e, et c’est la « Réforme linguistique occitane » (Brochure de l’I.E.O. de 1950) qui les a fait passer à -a ; d’où Moncada au lieu de Moncade, Lapeirèra pour Lapeyrère, etc.

    A.B. « ensuite même si on ne la parle pas ou ne la comprend pas, elle s’entend dans notre accent quand nous parlons français (cf la prononciation BaYrou et non Bérou comme à Paris, ou encore pour le village de Baigts de Béarn à côté d’Orthez que nous ne prononçons pas "Bèg" comme les gens qui ne sont pas du coin). Et oui tout ça nous vient du béarnais ! de là découle qu’un enfant né ici même si c’est parents ne parlent que français a déjà toutes ces sonorités dans l’oreille. Nous naissons tous avec une oreille universelle qui se ferme petit à petit uniquement sur les sons qu’elle entend régulièrement. »

    J.L. Vous tombez mal avec vos exemples : la graphie occitane change Bayrou en Vairon et Baigts en Vaths, Palay en Palai etc. et, on l’a vu plus haut, la rue Lapeyrère en Carrèra Lapeirèra, alors que l’administration française a entériné les orthographes choisie par les édiles locaux. Comment les pauvres gamins reconnaitront-ils les sons du béarnais à travers ces graphies extra-terrestres ?

    A.B. « la langue béarnaise est riche de diphtongues, triphtongues.... c’est une langue très accentuée, ou les "h" sont aspirés (comme en anglais). Nombre de ses sonorités se retrouvent dans les langues étrangères (espagnol, italien, portugais, allemand et même anglais) ce qui en facilitera l’apprentissage plus tard quand les langues étrangères sont inscrites au programme scolaire.

    J.L. Là, rien à dire ; je vous félicite même pour parler de « langue béarnaise » ; car de toutes les langues d’oc que l’on prétend coiffer du nom collectif d’occitan pour mieux désorienter les locuteurs, la langue gasconne et béarnaise est la seule à avoir l’"h" aspiré (ou plutôt « bouhat », soufflé. Mais au plan pratique, d’autres l’on écrit avant moi, les autres langues citées peuvent jouer le même rôle d’ouverture à d’autres sonorités que le français.

    A.B. « ensuite, c’est une langue où l’on prononce presque toutes les lettres surtout en fin de mot. Quand un mot est féminin ou pluriel cela s’entend quand on le prononce contrairement au français. Exemple : "Les pommes je les ai mangées" donne "Las pomas que las èi minjadas" (tout ce qui est en gras se prononce) . Lors d’une dictée en français, pas facile pour tous de se rappeler que le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde pas avec le sujet mais s’accorde avec le COD si celui-ci est placé avant. Si l’enfant traduit la phrase en béarnais, il saura de suite qu’il faut un "s" à "pomme" et que "mangé" se termine par "ées" ! Voyons traduisons la en anglais "the apples, i have eaten them" "eaten" reste écrit pareil que ce soit masculin, féminin ou pluriel ! »

    J.L. Manifestement, vous connaissez mal la graphie classique occitane dans toute son étendue. C’est dans la graphie moderne, normalisée par l’Escole Gastoû Febus en 1900-1905, que toutes les lettres se prononcent, car on n’écrit que celles qui se prononcent : counta ou counda (compter et conter), tandis que la classique écrit contar / condar et comptar, avec les -r muets. Et elle oppose militar avec -r muet, militer, et militar avec -r prononcé, militaire (Petit Dic. de la Civada, p. 16). Et comment distinguez-vous la prononciation du -èr de vaquèr, vacher, où -r est muet, de celle d’esquèr, gauche, où il s’entend ? et pastor et tor etc... Et pour les -n, pan (pain) et pan (de mur) ? gascon qui ne peut rimer avec con ?

    A.B. « je vous passe le chapître sur la notion d’abstraction qui arrive très tôt chez les enfants bilingues (ce qui aide après pour les maths aussi) ainsi que l’ouverture aux autres et à la différence qui je vous l’accorde sur ce point bien entendu est commun quelque soit la deuxième langue ! »

    J.L. Vous faites bien de passer, car tous les bilinguismes ont cette vertu.

    En réalité, la « défense » des langues régionales n’a cessé d’être en retard d’au moins une guerre. Mistral voulait conserver les paysans à la terre (comme le Maréchal Pétain) et leurs femmes dans les habits traditionnels, pour garder leur langue ; Philadelphe de Gerde voulait conserver les Bigourdanes en sabots... Alibert et autres bourgeois fondateurs de l’occitanisme linguistique voulaient une langue littéraire pour tout le Midi, ne voyant pas que la langue se perdait dans la société et qu’il n’y a de littérature vraie que comme émanation d’une langue vivante.

    Et depuis 1950, on a instauré un enseignement scolaire de langue vivante en même temps qu’on disait ouvertement que les locuteurs naturels étaient des illettrés et que leur patois dépassé devait être remplacé par un « occitan » d’avenir. L’enseignement est devenu une « culture hors sol », le soleil naturel de la parole sociale est remplacé par l’éclairage artificiel des panneaux signalétiques en « occitan », et tout cela en pure perte.

    La seule voie réaliste me parait être de développer l’enseignement général de l’histoire et de la géographie locale, des chansons du pays, et par ce biais, de s’ouvrir sur la langue des noms de lieu, des textes de jadis et des chansons de naguère. Fait par des enseignants intelligents et aimant leur matière, cela suscitera chez nombre d’élèves l’envie d’en savoir plus, au gré des occasions et de leurs loisirs, et ce sera déjà bien.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    11 février 2012, par Daniel Sango  

    La seule voie réaliste me parait être de développer l’enseignement général de l’histoire et de la géographie locale, des chansons du pays, et par ce biais, de s’ouvrir sur la langue des noms de lieu, des textes de jadis et des chansons de naguère. Fait par des enseignants intelligents et aimant leur matière, cela suscitera chez nombre d’élèves l’envie d’en savoir plus, au gré des occasions et de leurs loisirs, et ce sera déjà bien.

    Tout à fait d’accord, et pour les classes bilingues, qu’on les propose à tout le monde, ou a personne (égalité)

    Et si on doit proposer une langue, commençons par l’anglais, c’est ce qui sera le plus utile.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    11 février 2012, par claudiqus  
    5/5 Daniel a parfaitement résumé les choses rien à ajouter !

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Clo  

    Bravo M. Sango, vous avez parfaitement résumé ma pensée, à savoir que la langue anglaise sera beaucoup plus utile à nos chères têtes blondes pour leur vie professionnelle à venir. La mondialisation est là et il faut vivre avec.

    > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Dominique BIDOT-GERMA  

    J. Lafitte écrit n’importe quoi, comme d’habitude. 1- La graphie classique, dite occitane, n’est pas une invention du XIXe siècle, ni de Toulouse, c’est la graphie historique du béarnais. 2- Des classes bilingues existent déjà, elles sont reconnues et bien acceptées. Le cas orthézien souligne surtout le manque de concertation et d’information et est, entre autre, la conséquence des fermetures dramatiques des postes qui produisent ce genre de réactions, bien compréhensibles, chez les parents. Outre qu’on comprend aussi la demande en anglais et en espagnol. Ce qu’écrit J. Lafitte est une insulte aux centaines d’écoliers qui suivent ces cursus bilingues, aux milliers qui bénéficient d’une sensibilisation à la langue, une insulte à leurs familles, une insulte aux enseignants qui se dévouent. Il est vrai que tous ne sont pas béarnais "pure race", originaires d’autres départements ou régions mais ayant fait ce choix... Est-ce celà qui dérange les "béarnistes" fermés et xénophobes ?

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Emmanuel Pène  
    Le péremptoire Bidot Germa

    Bidot Germa assène des phrases péremptoires, sans aucune démontration. Il croit sans doute, comme Goebbles, que "Plus le mensonge est gros et répété souvent, plus le peuple le croit". Ainsi, il nous dit que la graphie classique est la graphie historique du béarnais. Mais qu’est-ce que la graphie historique du béarnais ? celle du XIIIè, du XVIème, du XVIIIème ? Elle a toujours évolué, ce qui est normal d’ailleurs pour une langue ne disposant pas d’académie qui la fige. Oui, M. Bidot German, le béarnais historique écrit x là où l’occitan écrit sh. Vous voyez, il ne faut pas chercher bien loin..

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    10 février 2012, par Jean Lafitte  

    Je laisse les jours passer et le monologues alternés se succéder ici, en regrettant que l’on soit à ce point incapable de s’en tenir au sujet, avec des arguments, pas des déclarations plus ou moins blessantes pour celui avec qui on est en désaccord.

    Ici, M. Bidot-Germa écrit aimablement : « J. Lafitte écrit n’importe quoi, comme d’habitude. 1- La graphie classique, dite occitane, n’est pas une invention du XIXe siècle, ni de Toulouse, c’est la graphie historique du béarnais. »

    Ce sont là des affirmations qu’il ne prouve pas.

    Alors, à mon tout, je vais en faire une, péremptoire :

    L’ORTHOGRAPHE CLASSIQUE ACTUELLE mise au point par le philologue LOUIS ALIBERT a été révélée au grand public par la publication de la "Gramatica Occitana segon los parlars lengadocians". Ce travail de normalisation orthographique s’ accompagne d’un effort de purification (rejet des gallicismes) et d’unification morphologique. Nous pouvons bien dire que "la parution de la Gramatica Occitana a réellement marqué un tournant dans la consécration de notre langue".

    C’est L’INSTITUT D’ETUDES OCCITANES fondé en 1945 qui a étendu cette réforme aux autres dialectes.

    Et je défie quiconque de dire que c’est faux et que je mens.

    Hèt beroy e ta ballèu.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Daniel Sango  

    La réaction des parents d’élève d’Orthez me parait empreinte de bon sens. Cette affaire entraine de ma part deux réflexions.

    La première, c’est que je trouve particulièrement anormal, contradictoire même avec notre "Egalité" que certains élèves puissent bénéficier d’enseignement bi lingue et pas les autres. Pourquoi cette discrimination et sur quels critères ?

    La deuxième est que ce plus de l’enseignement bi lingue doit être un plus "au carré" et que la deuxième langue doit être l’anglais. La connaissance de l’anglais est aujourd’hui un facteur majeur de réussite professionnelle dans une majorité de profession, et la nécessité de sa connaissance va croissant. Dans un développement touristique des Pyrénées, l’anglais sera même plus utile que l’occitan au berger de la vallée d’Aspe. (Aîe, on va m’envoyer en pâture aux ours...)

    Alors oui pour les classes bilingues, pour tous, français/anglais.

    Et pour ceux qui veulent apprendre l’occitan, ce ne sont pas les possibilités qui manquent.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Dominique BIDOT-GERMA  

    Deux remarques supplémentaires ...

    1- Quand nos "chères têtes blondes" seront à l’âge adulte, la Chine sera la première économie mondiale, devant celles des Etats-Unis. D’un point de vue strictement "utilitariste", l’apprentissage le plus pertinent est le chinois !

    2- Etre ouvert et adapté à la situation mondialisée qui est la nôtre n’exclut en aucune façon d’être conscient d’où l’on vient et fier de ce que l’on est. C’est le choix de chacun des individus et des communautés humaines. Le même problème existentiel se pose d’ailleurs pour le français...

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par pehache  

    Réponses à DBG :

    1- pour communiquer avec des Chinois aujourd’hui, en pratique on utilise l’anglais. Et ce sera encore comme ça pendant pas mal de temps. Qu’on le veuille ou non, l’anglais est devenu LA langue de communication internationale quasi-universelle, réussissant ce que les espérantistes ont toujours voulu atteindre.

    Et ce n’est pas qu’une question utilitariste : en maîtrisant l’anglais aujourd’hui on peut communiquer avec des gens d’un peu partout sur la planète. Question ouverture (d’esprit entre autres), difficile de faire mieux...

    2- vous parlez de choix : mais quel choix ont les parents (et leurs enfants) placés devant une situation où on leur dit "c’est classe bilingue occitan ou pas de bilinguisme" ? Et ceux qui voudraient du bilinguisme pour leurs enfants, mais pas en occitan, ils ne comptent pas ?

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par Casa  

    "Alternatives Paloises", vous en avez pas marre de laisser publier des textes minables de ce genre ? Vous êtes responsables de ce que vous laissez dire, à savoir des propos rétrogrades et mensongers. Attention, vous êtes en train de devenir le RMC local du pauvre.

    Pour ce qui est du sujet en question, c’est quand même extraordinaire qu’aujourd’hui en Occitanie, on ait encore à se justifier du pourquoi d’un enseignement en occitan. Laisser les parents qui le souhaitent mettre leur enfant dans un cursus bilingue, c’est vraiment la moindre des choses. N’en déplaise aux béarnais xénophobes qui ne veulent transmettre la langue qu’aux "sang-purs".

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    6 février 2012, par mael  

    Quel beau vocabulaire, plein de finesse et de tendresse.

    Et comment vous qualifieriez les parents de cette école qui souhaiteraient choisir un bilinguisme plutôt Français - Anglais pour leurs enfants ?

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    12 février 2012, par Éole  

    M. Lafitte n’aime pas "le changement social", on dirait, ni qu’on ne dénonce le refus de l’autre. C’est son problème. Là où ça devient regrettable, c’est que ces citations (sur des centaines de déclarations de dirigeants et de parents de Calandreta depuis 30 ans) concernent Calandreta, et qu’il n’ait pas question ici d’un projet de calandreta. Voilà une façon un peu grossière de brouiller le débat !

    Quant à la graphie classique du béarnais, elle n’a évidemment pas surgi ex nihilo de l’oeuvre d’Alibert. Je me permets de renvoyer à un article à ce sujet que j’ai publié sur mon blog : http://diaperdia.centerblog.net/6487984-la-norme-graphique-du-bearnais#_ftn7

    Que ceux qui sont intéressés n’hésitent pas à le diffuser.

  • > Une classe bilingue d’occitan à Orthez ?
    13 février 2012, par Jean Lafitte  
    Forum Soc.culture.occitan juillet 2011

    L’essentiel de l’intervention d’Éole est à mon avis dans le renvoi à un article de son auteur, sur lequel je m’étendrai un peu.

    Mais je voudrais d’abord préciser ma pensée pour ceux qui comme Éole l’auraient mal comprise.

    Ce qui m’inquiète, ce n’est pas le changement social ; mais la non neutralité d’une école soutenue par des aides publiques ; et ce n’est pas qu’on dénonce le refus de l’autre, car j’ai même souvent l’impression que ma seule signature suffit à certains pour me refuser sans lire ; ce qui m’inquiète est le mot « exècre » que la journaliste n’a probablement pas inventé, mais pris sur les lèvres d’une enseignante : comment enseigner la tolérance quand on « exècre » soi-même ?

    Personnellement, je n’ai aucune haine contre les gens qui ne pensent pas comme moi, je combats seulement leurs thèses en apportant des preuves, car on ne peut sortir des confrontations que par le haut, avec des méthodes scientifiques. Je tâche de toujours faire mienne cette parole de Jésus : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qu vous persécutent » (même si ici les mots sont trop forts ; il est vrai que les exégètes considèrent que l’évangile grec de St Mathieu souffre du manque de nuances de l’araméen original).

    2° J’accorde à Éole qu’on ne peut a priori étendre à l’enseignement public le caractère engagé des Calandretas. Mais « chat échaudé craint l’eau froide », et dans un domaine connexe, le Pr. Chambon de la Sorbonne a dénoncé la « coalescence » entre le champ militant et le champ scientifique chez les linguistes occitanistes (polycopié, 2003).

    J’en viens à l’essentiel : merci à Éole pour ce lien vers une étude que j’ignorais, mais qui honore M. Éric Gonzalès dont Éole est le porte parole sur divers forum, et notamment Soc.culture.occitan où il a pris longuement sa défense en juillet dernier : http://groups.google.com/group/soc.culture.occitan/browse_thread/thread/522505363ef9f10d

    Certes, le titre est précédé par une ligne « Un argumentari contra las mensonjas bearnistas » qui n’est pas digne du reste : mentir, c’est parler contre sa pensée avec l’intention de tromper ; tant qu’on n’a pas de preuves ou au moins de bonnes probabilités de ce que pense une personne, ses dires qui semblent faux ne peuvent être qualifiés de mensonges, mais d’erreurs.

    Le reste, « La norme graphique du béarnais », fait un historique à peu près correct que je juge d’autant plus facilement que ma thèse contient une centaine de pages sur le sujet (étendu à l’ensemble gascon) et que je n’ai cessé d’enrichir mes connaissances.

    Ce qu’il y a de plus notable, c’est qu’il explique fort bien que la graphie classique actuelle est une extension au gascon d’un système créé par Alibert pour le languedocien ; Robert Darrigrand l’avait écrit dès 1969, et je l’ai vérifié, avec même un témoignage spécial dans une lettre personnelle du Pr. Pierre Bec. Que cette graphie coïncide sur d’assez nombreux points avec les pratiques somme toute assez diverses de l’ancien béarnais n’est pas niable, mais cela réfute les prétentions de ceux qui la disent autochtone ; dans sa présentation en 1969, M. Darrigrand ne citait même pas Lespy (1817-1897), et il avait raison, car l’œuvre d’Alibert ne s’y est jamais référée.

    J’ai noté de la part de M. Gonzalès deux oublis qui peuvent paraitre suspects, celui du « ch » français, que l’ancien béarnais notait quasi exclusivement par x comme en catalan, portugais, ancien castillan, et même basque qui le leur a emprunté, et que la graphie occitane note par sh dont je ne connais que deux occurrences béarnaises dans un acte tardif, de 1493 ; et celui du « gn » français par gn , exclusif dès la charte de Herrère de 1278 et présent de-ci de-là de 1391 à 1596, quoique très minoritaire devant nh seul mentionné dans l’étude.

    Il a aussi ignoré la persistance de prononciations en « o » à côté d’autres en « ou » qui seule peut expliquer la notation régulière de certains mots en « o » et d’autres en « ou » jusqu’à aujourd’hui (ex., selon les lieux, que soy ou que souy, je suis ; solidë ou soulidë, pour sûr, etc.). M. Grosclaude entre autres l’avait judicieusement remarqué.

    Et surtout, comme la plupart, M. Gonzalès regarde l’écrit de jadis avec l’œil d’un Français d’aujourd’hui habitué depuis l’école à l’existences de règles orthographiques, et celles-ci fixées par l’Académie qui entendait écrire à l’ancienne pour distinguer les lettrés des « ignorants » : orthographe archaïque et farcie de lettres étymologiques, vraies ou fausses, moyen de ségrégation sociale, comme l’est devenu l’abandon du latin pour les masses.

    En voici un exemple concret avec le mot tostemps que M. Gonzalès suit de 1319 à la graphie occitane : il était todz temps dans la Charte de Herrère de 1278, mais tostems apparait vers 1375 chez le notaire de Fébus Bernard de Luntz ; en 1583 Arnaud de Salette hésite : tostemps (Ps. 52, 6, 6 et 7, 4, p. 389 de l’éd. critique de Robert Darrigrand, 2010 ; Ps. 115, 9, 5, p. 767) ; mais plus souvent tostem (Ps. 16, 4, 5, p. 179 ; Ps. 26, 10, 4, p. 239 ; Ps. 56, 4, 4, p. 409 ; Ps. 103, 5, 1 et 3, p. 683 ; Ps. 118, 8, 6, p. 779) ; mais à la même page du Ps. 103, « en tout temps » est noté tout tems, ib. 9,1, p. 683, ce qui montre que le traducteur des Psaumes, soucieux d’être bien lu par des pasteurs venus de France ou de Genève, voulait noter soigneusement deux prononciations différentes.

    Le grand linguiste catalan Joan Coromines écrivait tostem en gascon d’Aran (avec o pour le son « ou »), et tempêtait contre *tostemp avec un -p qui ne se prononce nulle part (le -s encore moins !) y voyant le « prurit étymologique des “instituteurs” [en français dans le texte catalan] francisés (préoccupés de montrer qu’ils ont appris le latin) ». (El parlar de la Vall d’Aran, 1990, p. 119). Or la brochure de 1952 sur la graphie classique du gascon que cite M. Gonzalès renvoie aux principes généraux de la graphie occitane, dont le B dit explicitement que « Cette orthographe sera en principe phonétique pour les mots d’origine populaire » : avec l’étymologique tostemps, la francisation a encore frappé !

    Voltaire voulait que l’écriture fût la peinture de la parole et c’est ce qu’essaient d’obtenir les progressistes ; ce fut l’objet des recommandations de l’Académie de 1990, prises sous l’impulsion de M. Michel Rocard, Premier ministre et que je m’efforce de suivre.

    Comme M. Gonzalès ne doit pas être ennemi du changement social, j’ose espérer qu’un dialogue pourra rapprocher nos points de vue, alors que la transmission de la langue ne peut se perdre en subtilités orthographiques.

  •    
     
     
     
    Les rubriques d’A@P
    Citoyenneté
    A compte d’auteurs
    "Arpenteurs sans limites"
    "Les sorties de Michou"
    "Un samedi par semaine - tome 2"
    "Un samedi par semaine - tome I"
    Au ras du bitume
    Enquêtes
    Evasion
    Maréchaussée Paloise
    A@P.com
    Courrier d’e-lecteurs
    Hommes et femmes d’ici !
    Opinion
    Portraits, Entretiens
    Tribune Libre
    Humeurs
    La Charte d’A@P
    Le défouloir !
    Les cartons
    Les cartons mi-figues mi-raisins
    Les cartons rouges
    Les cartons verts
    Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
    Vu dans la presse
    ”Les Causeries d’A@P”
    Détente
    Loisirs
    Spectacles
    Economie
    Aéroport Pau-Pyrénées
    Enjeux
    Enjeux environnementaux
    Enjeux européens
    Enjeux sociétaux
    Grand Pau
    Lescar
    Billère
    Gan
    Gelos
    Idron
    Jurançon
    La CDA Pau-Pyrénées
    Lons
    Point de vue
    Grands projets
    "LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
    BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
    Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
    Nouveau complexe aquatique de Pau
    Nouvelle voie routière Pau-Oloron
    Nouvelles Halles de Pau
    Pau
    Du Côté des Quartiers
    La vie
    Une idée pour la ville
    UPPA
    Politique
    Forums des Partis
    Politique locale
    Politique régionale et nationale
    Territoires
    Aragon
    Béarn
    Bigorre
    Espagne
    Europe, Monde
    Pays Basque, Euskadi
    Pyrénées
     
       
     
      Envoyer à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)



    [ Imprimer cet article ]
     


     
    Autres articles

    Offre d’emploi
    Alexandre - Il n’y a pas de mot
    Je suis partout... un media à part
    La boussole des politiques : Le pouvoir
    Habemus Papam !
    Réformer la France : Un travail de Titan
    Stéphane Hessel : Mort d’un homme lumineux
    Jaurès, m’entends-tu ?
    Le couple Algérie France
    Déjà demain !
    Les "foreurs" et EELV pas prêts d’être d’accord
    Circulation et protection des piétons et cyclistes à Pau...
    Noël en famille
    Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?
    Béarn 2030 - Un scenario fiction de l’espérance : La situation en 2030
    Béarn 2030 - Un scenario fiction de l’espérance : Le sursaut de 2013
    Communauté d’agglomération Pau-Pyrénées - Quelle injustice !
    Les Français sont-ils des ânes ?
    Béarn - Paris : La Garbure et Louis Barthou
    Les terriens n’ont rien compris



    [ Haut ]
     

    Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

    Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises