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M’sieurs Dames,demandez le programme !

lundi 30 janvier 2012 par AK Pô


Bien sûr, nous sommes un peu cons. Cela vient de notre sensibilité : elle est versatile. Une lecture ici, une vidéo là, un appel au peuple et nous voilà embarqués dans des galères que nous n’imaginions même pas. Les hommes politiques sont fortiches là-dessus : ils proposent des programmes, et non des projets. Qui ne sont que spectacles. Des jeux qui font monter la mayonnaise de nos cervelles prêtes à jouer n’importe quelle partition, pourvu qu’on répartisse les notes égalitairement dans tout l’orchestre (sauf à la FdJ), ce qui s’achève, après le champagne et la foule imbécile sur les Champs Elysées, par une Bérésina qui dresse son poil transi devant les braseros du chomedû.

Mais que le spectacle a donc été, une fois de plus, jouissif et familial, malgré le beau-père fascisant et la belle fille communiste. On s’est bien engueulé, mais on a bien mangé toutes les images, toutes les petites phrases, toutes les piques, dans ce laps de temps qui pousse toujours le même refrain : dès que c’est fini, ça recommence. Juste le temps de changer les piles de la zapette.

Alors, quand on sort du naufrage d’un paquebot, d’un immeuble flottant au-dessus de l’île de Giglio, par exemple, (c’est vrai que l’arrivée à Igoumenitsa ne poserait pas ce type de catastrophe, tant les grecs préfèreraient sauter dans le navire plutôt que de se noyer sur la terre ferme de l’Epire), et que la compagnie maritime (dont le propriétaire est un fonds américain de petits rentiers somnolents, actionnaires pétaradants s’enrichissant comme tant d’autres sur des matelas de spéculations flatulentes) propose onze mille euros à chaque rescapé, il faut admettre que sortir vivant d’un tel cauchemar n’est pas suffisant, et qu’il faut porter plainte, non pour le mal subi, mais par le fait que la législation américaine pourrait indemniser les victimes jusqu’à cinq cents mille euros... (cf infos France Inter 27 02 12 19h). Des avocats new yorkais sont d’ores et déjà sur la brèche. Envoyez les chaloupes. Pas assez content d’être vivant ?

On programme également à l’heure actuelle le retrait des forces armées occidentales de ces pays lointains dont on n’a jamais vraiment su pourquoi on y expédiait des troupes, et quelles raisons essentielles faisaient de ces hommes des héros. Peut-être manquons-nous ici même de héros véridiques, notre éducation ne menant qu’à l’arrivisme de hérauts qui se disent prêts à sacrifier leur vie pour sauver les médias, à remonter les sondages jusqu’aux hautes marées où les petits rochers de l’île de Giglio se franchissent sans peine, malgré les trois sous-sols dans lesquels oeuvrent les machinistes moribonds de Seafrance, et les petites ouvrières de chez Lejaby à qui l’ont met de la musique bucolique dans les oreilles pour qu’elles retapissent les poitrines des siliconées du haut pont, avec un gouvernail dans l’entre michon ou de petites fariboles Majorette chargées lors de l’escale de Bombay ou de Goa, du métal ferblanté aussi seyant qu’un ballon de basket, soit dit en repassant les napperons au point d’Alençon fabriqués on ne sait plus où sauf à Alençon mais tout le monde s’en fout. (900 entreprises fermées depuis 2009 + une : Bashung).

Programme, autre forme de la société de consommation : l’obsolescence « programmée ». S’il était possible de faire la même chose avec nos vieux, sans qu’ils ne voient rien venir. Un bon programme électoral, genre : ce soir, chandeleur, les crêpes seront noirs mais vous aurez droit à un bon film, avec votre verre de Jurançon : soleil vert. Pauvres vieux, quand on pense qu’ils été certainement plus cons que les jeunes actuels qui taguent n’importe quoi n’importe où, et qu’ils ont encore plus mal fini qu’eux ne finiront jamais ! Boris Vian allait cracher sur leur tombe ( celles des vieux), quand les jeunes dèchards espéraient le magot ; les films avaient du sens, l’argent de la vieille, goupil mains rouges, aujourd’hui, les vieux ont tout perdu, la jeunesse, le pognon, les illusions. Ne vieillissez jamais, faites l’amour, ça n’a pas d’âge, vivez sans programmes ni plannings, juste ici au soleil, en plein midi, et là sur la planète, sans emmerder personne d’autre que le politicien qui vous tend la main, que le banquier qui vous dit c’est beau la jeunesse parce que vous vous portez garant d’un emprunt à taux usuraire qui cadenasse votre enfant pour des années ; et vous, en douce, vous craignez les banquiers capables, comme on le sait depuis la nuit des morts vivants, de venir vous exhumer en vous disant signez ici, ensuite vous pourrez mourir éternellement. Alors que depuis dix ans vous cauchemardez dans votre bière en chêne des Landes.

Un programme, quel qu’il soit, pour être attractif se doit d’avoir une illustration adéquate. Raison pour laquelle je ne possède pas véritablement de programme à vous proposer (mais une femme nue posera pour les pompiers de Mourenx en 2020, quand tous les postes seront occupés par des femmes, juste retour des flammes). Enfin, je ne peux pas vous le dire ainsi, car proposer un programme est antinomique. Ou alors, c’est une démarche participative, voire feinte. Un programme passe forcément par les rotatives et la distribution numérique dans tous ses aspects. Ca a un début et une fin, contrairement aux projets qui, généralement, n’aboutissent jamais, en politique. Le porte à porte, c’est la vente directe dans les cambrouses, je te sers la paluche, je bois ton pinard dégueu et mange une bouchée de tes pâtisseries douteuses ( le ministre de l’Agriculture teste auparavant tous les produits, comme jadis le pratiquaient les pharaons et les empereurs romains, enfin, jadis, c’est façon de causer dans les campagnes, tiens le Mitterrand, tu te souviens de la tronche qu’il avait en sortant, et le Pompidou, on savait pas qu’il était malade quand on l’a confondu avec la Marguerite. C’est vrai qu’on vivait en plein Larzac, nous, et pis qu’après on est allé fleurir à Paname, rue de la Jonquière, dans un meublé cradingue. J’ai encore des polaroïds de l’époque, vous les voulez, pour illustrer votre programme ?

Bien sûr, nous sommes un peu cons. Un peu trop mollement culturés, disait ma grand-mère. C’est vrai, il faut reconnaître que quand on a traversé la guerre de 14, celle de 39, de 54, les prophéties de Nostradamus et les films en noir et blanc style Nosferatu et Potemkine, et qu’en 2012 se présentent les incas, clones, alias, fakes, antiques de nos anonymous hackers et uploaded actuels, nous nous sentons beaucoup moins cons.

Par quels chemins l’avons-nous découvert (que nous étions moins cons) ? sans doute par d’autres sentiers que les avenues des Grandes Promesses, certainement et par ailleurs loin aussi des grands carrefours de la Globalisation. Loin de ces mots désormais galvaudés de citoyens, d’indignés, d’arabies printanières, de justice sociale, de fraternité et d’égalité, loin des horizons qui tirent à balles réelles sur l’avenir des hommes scotchés aux murs.

Nous ne nous sentîmes plus cons du tout quand nous cessâmes d’avoir peur, quand, au revers de cette peur martelée partout et à tout moment, nous nous aperçûmes qu’elle était la source même de notre liberté. Nous avions cessé de craindre, désormais nous vivrions (loin de Staline). Dans les journaux, dans les télés, ne parurent que des images éloquentes et des films muets en couleur. Un bon destin vaut mieux que bien de longs discours....programmés.


-  par AK Pô

27 01 12

für dich genau das richtige : juste pour vous (photo illustration)-traduction by gooooogggggle-

AK Pô attend la vague de 100 mètres de haut sur les archipels, Bachibouzoucks !


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Votre commentaire



> M’sieurs Dames,demandez le programme !
2 février 2012, par paysaa  

Merci cher All Black pour ce bol d’air frais mais pourquoi accabler ainsi le sexe intelligent de la femme ? Chacun sait que rien n’est plus bête et aveugle que le sexe d’un homme alors, ne crois tu pas qu’il serait plus juste de traiter les idiots de "bites" plutôt que de "cons" ??

   
 
 
 
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