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Droit au logement : l’heure des choix

jeudi 4 janvier 2007 par Bernard Boutin


Nous avons là sous les yeux un énorme problème que nous n’avons pas voulu voir pendant des années : La fracture sociale.

Les familles éclatées et monoparentales, la hausse de la population (on est 63 millions d’habitants maintenant), la baisse du pouvoir d’achat et la hausse vertigineuse des loyers ou de l’accession à la propriété ont crée le problème SDF qui n’est que la partie visible de l’iceberg.

La misère est là, bien présente derrière les nombreux murs gris des façades de notre centre-ville.

La solidarité va devoir être de plus en plus nécessaire à Pau comme en France.

Cela va impliquer des choix ; tant au niveau des subventions accordées par les institutionnels qu’au niveau du choix des investissements.

Les richesses devenant rares, où donc les utiliser ? On ne va pas pouvoir éviter de se poser la question et de donner des priorités d’interventions. Logement, éducation, santé...

Vaut-il mieux mettre 10 millions d’euros d’investissement sur un équipement ludique et sportif ou sur l’amélioration de l’habitant ?

Vaut-il mieux subventionner quelques « happy few » dans leur rêve du Dakar ou la réfection de logements insalubres en villes ?

Mais qu’on ne se méprenne pas sur mes propos, cet effort de solidarité ne sera efficace que si l’on arrive à remettre la machine économique en marche afin de créer de la richesse pour pouvoir mieux la partager...

- par Bernard Boutin


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Votre commentaire



> Droit au logement : l’heure des choix
22 janvier 2007, par pehache  

Pour ne parler que des SDF, faisons un raisonnement à la Jerlau...

Combien de SDF à Pau ? une centaine sans doute. Combien cela coûterait-il de loger 1 SDF dans un logement sommaire mais aux normes de confort actuel ? 300€/mois ? Sur l’année et sur 100 SDF, ça fait 360 000€. A comparer avec d’autres subventions (360 000€ c’est 1/2 Fipau, c’est aussi en gros ce qui est versé à chacun des grands clubs de sport pro de l’agglo, c’est juste 6 fois ce qui est versé aux Amis de la Chanson Populaire pour faire venir Johnny...).

Il existe la démarche Emmaüs, mais elle a ses limites (en nombre de personnes accueillies).

Mais le problème est aussi que la solution peut difficilement être locale. Si demain Pau faisait de gros efforts pour les SDF, naturellement cela attirerait les SDF d’autres communes moins généreuses. C’est une politique qu’il est difficile d’envisager à un niveau autre que national. Allez, en France 100 000 SDF, soit 360 millions d’euros par an pour les loger tous. Impossible ?

> Droit au logement : l’heure des choix
4 janvier 2007, par pehache  

Je voudrais juste réagir à la toute dernière phrase sur la création de richesses. La France de 2007 n’est pas moins riche que la France de 1970, bien au contraire... La croissance que certains jugent insuffisante est néanmoins positive : nous sommes collectivement de plus en plus riches. Sauf que cette richesse est de plus en plus inégalitairement répartie.

Un seul chiffre global permet de l’illustrer : la part de rémunération du travail dans les richesses produites est passé de 75% environ dans les années 70-début 80 à 65% environ dans les années 2000, au profit de la rémunération du capital. Même sans être marxiste on peut faire ce constat smiley

  • > Droit au logement : l’heure des choix
    4 janvier 2007, par Jerlau  

    Pehache,

    Tu engages là un débat délicat : la façon de comptabiliser la richesse.

    Enorme différence entre les pratiques des années 60 et après 70. On a changé les règles : les dépenses de l’Etat sont comptabilisés dans notre richesse à leur cout de production et non pas à leur valeur réelle. Rn caricaturant on peut dirte que si le chapeau de gnedarme passe de 300 Euros à 1000 Euros, notre croissance augmente et nous sommes plus riches !

    L’Etat absorbant 50% du PNB environ, l’augmentation des dépenses de l’Etat nous rend effectivement très riches. Mystères des comptes !

    Comme tu le dis, la croissance inégalitaire, en fait nous sommes en voie d’africanisation : des trous dans les rues, des logements insablubres, .... et des batiments d’Etat magnifiques (le Conseil Général, La Médiathèque virtuelle, des hotels magnifiques.... Pau est la porte de l’Afrique !

    Au delà des comptes et des mécanismes abstraits, on voit bien dans des villes comme Pau, cette évolution bien réelle.

    Comment faire ? Il faudrait déjà ne plus compter le budget de l’Etat dans le PNB. On divise par 2 déjà et on se verrait alors certainement moins riche.

    Je crois que cela changerait le mode de réflexion.

  • > Droit au logement : l’heure des choix
    4 janvier 2007, par pehache  

    Il y aurait en effet beaucoup à dire sur la façon de comptabiliser ce que l’on appelle la "richesse" sans savoir exactement ce dont il s’agit...

    Néanmoins, en retirer le budget de l’état comme si il s’agissait là d’un trou noir dont rien ne ressort est vaguement abusif...

    De toutes façons, l’évolution dont je parle remonte au début des années 80, ce n’est pas si vieux, et on n’a pas changé les règles du jeu comptable entre temps : la baisse de la rémuration globale du travail est bien une réalité et pas seulement une illusion comptable...

  • > Droit au logement : l’heure des choix
    4 janvier 2007, par Bernard Boutin  

    Le sujet est parti très vite sur le site mais aussi sur mon mail perso.

    Tout le monde c’est précipité sur la notion de richesse nationale. Plus ou moins ? Evaluation ? etc..

    Ce qui aurait été, selon moi, le plus intéressant à retenir, c’est cette notion de hiérarchisation des dépenses municipales (que ce soit subventions ou investissements...

    Mais bon, on est tous formaté pour penser national.

  • > Droit au logement : l’heure des choix
    4 janvier 2007, par Jerlau  

    Sur le plan local on voit bien le rôle sclérosant de la dépense publique quand elle sort de son role principal :

    -  gérer les affaires obligatoires, (réglemenaires et ordonnancement de la vie publique, état civil, police de base, ..)

    -  investissement particulier mais réalisé par les forces privées

    Que voit-on à Pau ? Une collectivité qui prend de plus en plus d’importance depuis très longtemps, budgets, acquisitions, effectifs municipaux très nombreux qui dépensent snas vraiment investir (les chiffres le montrent) et la Ville s’appauvrit. C’est l’Africanisation. Pouvoirs riches et assujettis pauvres ! Le moyen age quoi !

    Une collecivité c’est comme un individu : elle pense qu’à elle et il n’y a pas de limite par construction.

    C’esrt en cela pour qu’il y ait un vrai progrès il faut diminuer fortement les forces des collectivités. C’est presque un thèorème.

    L’Histoire montre que les vrais progrès les plus importants ont été réalisés la plupart du temps dans des contextes de pouvoir politique pas très fort ( le bordel du 19 ième siècle, le siècle des Lulières, les US d’il y a 100 ans, les Grecs...). Al’inverse on a vu les stalo-mao-fidelo....

    Le Mythe de l’Etat fort s’applique aussi au collecivités locales.

  • > Droit au logement : l’heure des choix
    4 janvier 2007, par Autochtone palois  

    Bernard écrit :

    Mais bon, on est tous formaté pour penser national.
    Oui, et heureusement ! je répète à cette occasion cette sage parole : "Penser global, agir local" Comment, pae exemple, parler action locale sur l’environnement et le développement durable sans avoir de vision sur ce qui se passe globalement sur notre Terre ?

    Nous sommes d’accord sue la question majeure de la hiérarchisation des dépenses municipales : elle se fait justement sur des principes fondamentaux. Par exemple celui du droit au logement pour tous, sujet qui est devenu d’actualité.

    Par ailleurs, Bernard, je reprends ton affirmation sur la "baisse de la richesse" dans notre pays. Quelle baisse ? Nous sommes 16° au classement mondial 2005 du PNB par habitant, derrière le Luxembourg n°1 et la plupart des pays du nord de l’Europe. Comme le dit pehache, notre problème est celui de la répartition de la richesse, pas celui de la baisse du notre PNB. En particulier par la baisse du revenu du travail par rapport au revenu du capital. Sans faire appel à Karl Marx ou à n’importe quel autre théoricien économiste, cela saute aux yeux.

  • > Droit au logement : l’heure des choix
    4 janvier 2007  

    Pour nourrir notre réflexion, je me permets de mettre en ligne les réactions reçues sur mon mail. Merci aux auteurs à l’avenir de plutôt « poster » sur A@P.

    Commentaire N°1 : J’ai lu votre dossier "Droit au logement : l’heure des choix Chirac a inventé "la formule Fracture sociale". Cela s’est arrêté là, mis à part les efforts récents de Borloo. Le problème très ancien vient d’être médiatisé grâce aux Enfants de Don Quichotte. Très bien. Mais comme le dit justement François Bayrou, il ne suffit pas de construire des logements sociaux, il faut tout un accompagnement social (long et coûteux) pour tenter de réintégrer ces échoués de notre système social. Et de rire quand Sarko dit dans 2 ans, il n’y aura plus de SDF en France. Démagogie électorale. Les choix budgétaires vont vers ceux qui crient le plus fort et qui occupent le devant de la scène médiatique. L’Association "Les enfants de Don Quichote" a su mettre un coup de projecteur sur ce problème juste avant des élections présidentielles. Ce qui est dommage est que l’acteur va partir tourner un film en Afrique, or il est au centre de la dynamique de ce mouvement. Donc quelles seront les retombées de ce mouvement ? Les français sont de plus en plus individualistes. Les SDF, sauf s’ils sont trop voyants, cela ne les mobilise pas. Du moment qu’ils peuvent acheter leur écran plat ou autre bien de consommation.

    Commentaire N°2 : Merci de faire avancer nos idées...

    Toutefois, mettre comme préalable la relance de la machine économique pour permettre une juste répartition des fonds publics me paraît superflue ET RISQUE FORTEMENT DE REPOUSSER UNE VOLONTE SINE DIE .

    La France n’est pas un pays pauvre, sa machine économique, quoiqu’en disent les déclinologues qui nous pompent notre pognon, et réhabiliter des locaux indignes participe de la machine économique ... donc de la croissance.

    Mais choisir entre quelques "happy few", toujours en mal de sensations plus fortes, et la fracture sociale, voila un vrai choix... qui t’honore, et nous honorerait tous , si nous le mettions en oeuvre sur PAU.

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