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Jean de France

lundi 11 avril 2011 par Clémence LEGRAND et Nicolas PONCATO


Jean de France, prince de sang, descendant d’Henri IV, chef d’entreprise et responsable d’association s’est plié à la règle de l’interview pour A@P. C’est un homme dans son siècle qui a répondu à nos questions mais fidèle à son histoire qui est aussi celle de la France. Un homme qui nous dit les avantages d’une monarchie constitutionnelle pour une nation moderne. Une alternative en ces temps de questionnements ?

Alternatives Paloises - Quels sont vos liens de parenté directs avec Henri IV ?
Jean de France - Les liens sont directs jusqu’à Hugues Capet en 987. Ensuite, il y a Henri IV qui a eu deux fils, Louis XIII et Gaston. Ce dernier avait une fille, La Grande Mademoiselle mais il est mort sans fils. Louis XIII a eu deux fils Louis XIV et Philippe d’Orléans. Nous, nous descendons du frère de Louis XIV. Donc de Philippe d’Orléans et ensuite de Louis Philippe et du comte de Paris.

Alternatives Paloises - Qu’est-il advenu de la descendance de Louis XIV ?
Jean de France - Il y a eu deux séparations. Tout d’abord, le petit fils de Louis XIV qui a pris la couronne d’Espagne. Philippe V d’Espagne est le petit fils direct de Louis XIV. Ensuite, la branche des Bourbon s’est terminée avec le petit fils de Charles X qu’on appelait le Comte de Chambord, frère de Louis XVIII et de Louis XVI. Charles X est mort sans descendant. A ce moment là, dans les années 1868 la maison royale de France était la branche la plus proche restée française.

Alternatives Paloises - On vous définit souvent comme le témoin du passé et l’incarnation de l’avenir. N’est-ce pas une lourde responsabilité ? Comment vous positionnez-vous par rapport à cette affirmation ?
Jean de France - Le témoin du passé oui parce que l’histoire de ma famille correspond aussi à l’histoire du pays d’une certaine manière. C’est un lourd passé. Mais dans ma famille, nous avons toujours voulu être dans la réalité quotidienne. C’est vrai qu’il y a cet aspect historique mais nous sommes dans le réel. Il y a le monde du travail, la famille, les études... Comme chacun de vous j’ai été à l’école communale, à l’université, j’ai fais des études longues puis j’ai travaillé 10 ans dans la banque... Là je me suis marié, j’ai eu un fils... Une vie tout ce qu’il y a de plus normale.

Je me situe un peu à la croisée des chemins. J’essaie de valoriser cet héritage au maximum. A travers les métiers que j’ai choisis par exemple. J’ai crée une entreprise autour du patrimoine. Le but est de faire connaître notre patrimoine culturel français. Je participe à des conférences à l’étranger. Dans peu de temps je vais aller aux Etats-Unis parler de l’histoire des mariages royaux en France. Il faut aussi remettre en valeur ce patrimoine pour pouvoir transmettre un certains nombre de principes et de valeurs.

Si l’on passe en revue l’histoire de France et la façon dont les rois ont géré le pays, on peut se demander comment utiliser les principes qu’ils ont mis en œuvre pour optimiser la gestion des entreprises. Autrement dit, on regarde la France comme si elle était une entreprise. En fait, à chaque fois que vous avez une responsabilité, vous exercez une gestion des affaires et vous utilisez des principes qui vous permettent de mettre en place ce que vous souhaitez. Il m’a semblé très intéressant de faire le rapprochement entre ce que les rois ont fait et la façon dont ont pourrait gouverner une entreprise : le management capétien.

Alternatives Paloises - Quand vous dites « Je pense en prince chrétien, j’agis en prince français » qu’est-ce que vous entendez par là ?
Jean de France - Dans le « je pense en prince chrétien », mon grand principe est de respecter au maximum les personnes de mon entourage, ma famille, mes collaborateurs... L’important est d’être au plus proche de ce en quoi nous croyons.

« Agir en prince français », signifie être au service de mon pays en créant des entreprises, de la valeur ajoutée pour participer à l’enrichissement de mon pays.
Je ne vais pas partir en Suisse pour éviter de payer des impôts. Le but est vraiment de défendre les intérêts de mon pays ce qui commence par ma façon d’être, dans ce que je dis comme dans ce que je fais. J’essaie d’appliquer dans ma conduite de vie quotidienne cette foi qui m’anime.

Dans l’aspect plus public et politique, j’essaie de défendre l’intérêt de mon pays. Je suis présent dans la vie associative et ai crée l’association « Gens de France ». L’orientation de cette année est autour des jeunes de quartiers difficiles. J’essaie de créer un lien entre ces jeunes et notre histoire. Ce sont souvent des jeunes qui arrivent de pays différents n’ayant pas la même histoire que la nôtre. Ils sont souvent de deuxième ou de troisième génération. Avant qu’ils aient envie et qu’ils puissent s’approprier notre histoire, il faut qu’ils la connaissent un peu.

Alternatives Paloises - Quelle place et quel avenir donnez-vous à cette association ?
Jean de France - Pour moi, elle a plusieurs axes de travail. Le premier est autour du patrimoine et là, j’en fais vraiment mon activité professionnelle. Ensuite il y a une voie plus économique et sociale. Cette voie sera au centre cette année. La défense de la langue française pour établir des liens entre la France et certains pays qui parlent le français est aussi un point important. Enfin, il y a aussi une question autour de l’environnement. En effet, je suis aussi gérant de forêts. Je m’intéresse aux problématiques liées aux nouvelles énergies. J’ai fait, il y a quelques année, une expédition en Arctique sur les traces d’un de mes oncles qui avait découvert une île sur la côte Est du Groenland. L’environnement est une thématique qui m’intéresse mais cette année c’est vraiment l’axe social qui est au cœur de l’association. Il y a quelques jours, je faisais visiter Saint-Denis à un groupe de vingt jeunes de quartiers difficiles. Je vais avoir d’autres actions dans le courant de l’année autour de certains patronages pour mobiliser des jeunes que je connais afin qu’ils puissent donner des cours du soir ou faire passer le BAFA. Je réalise des actions concrètes qui permettent à ces jeunes de rentrer dans l’espace français, s’approprier les choses et pouvoir avoir toujours quelque chose à faire afin de sortir des situations difficiles dans lesquelles ils se trouvent.

Alternatives Paloises - Récemment Laurent Deutsh parlait de l’éventualité d’une monarchie constitutionnelle. Quel est votre point de vue sur cette possibilité ?
Jean de France - C’est quelqu’un que je connais bien. On est ami. Il était là quand il y a eu ce groupe de jeunes à Saint-Denis. Il a discuté avec les jeunes. L’importante diversité qui existe entre ces différents jeunes ne permet pas de créer un principe fédérateur, unificateur. Un président qui est issu d’une partie de la population ne peut pas faire le lien. Il sera toujours le chef de sa propre partie.

Henri IV est un cas à part. Il était protestant. Il a conquis le pays et s’est converti au catholicisme quand il est arrivé au pouvoir. Ensuite, il a publié l’Edit de Nantes qui a donné aux protestants un certains nombres de privilèges. Issu d’une partie de la population française, il a été suffisamment intelligent pour sortir de cette partie là, monter au-dessus de la mêlée et finalement être le roi de tous les français catholiques autant que protestants.

Aujourd’hui, c’est très difficile pour un politique de devenir le président de tous les français. L’exemple d’un match de foot entre deux équipes concurrentes avec un arbitre et des règles est révélateur. Si l’arbitre est issu d’une des équipes son jugement en sera altéré. Il me semble que l’idée de monarchie constitutionnelle est importante. Il faut tendre vers une combinaison entre une inscription dans la durée, une prise de hauteur d’un côté et de l’autre une alternance. Nous vivons dans un monde qui bouge et avons besoin de cette alliance. Une monarchie constitutionnelle, c’est-à-dire une monarchie où le roi représente l’intérêt du pays, donne les grandes orientations, et puis, un certain nombre de structures qui évoluent permettant l’alternance est une idée intéressante.

Si l’on prend l’exemple de l’Angleterre et du film The Queen. La relation entre cette reine, qui a déjà vu onze premiers ministres, et son nouveau premier ministre élu pour un temps limité instaure un dialogue intéressant. L’un est le représentant de la durée, l’autre de l’alternance, de l’immédiateté dans laquelle nous vivons aujourd’hui. D’où l’idée de Laurent Deutsh de cette monarchie constitutionnelle. Je pense qu’aujourd’hui, ce peut être un premier pas vers la monarchie. Cela met en lien deux rythmes complémentaires et essentiels pour un pays. Toutes les monarchies aujourd’hui sont comme cela. Dans le cas de la Belgique le problème ne vient pas du roi mais plutôt du gouvernement. Ici, seul le roi est capable de tenir la situation en main. Le problème vient peut-être aussi du fait qu’aujourd’hui on fait carrière en politique. On se fait élire, ensuite on évolue dans les postes... Finalement, la notion de service rendu disparaît. Il y a vraiment une réflexion à mener dans ce sens là.

Alternatives Paloises - Imaginons une monarchie constitutionnelle. Quelle serait la place de la laïcité ?
Jean de France - Les rois ont inventé la laïcité. Si nous prenons l’historique de la religion catholique, il y a les prêtres et les laïques. Les prêtres eux sont chargés du spirituel, du bonheur. Les rois ont toujours fait la distinction entre le spirituel et le temporel. Il y a toujours eu une volonté d’indépendance vis-à-vis du pouvoir spirituel. Chacun ayant sont propre domaine d’expertise sans pour autant empêcher le lien entre les deux.

A mon avis, cette pensée évite deux travers. Tout d’abord, celui d’un Etat purement religieux dans lequel les chefs religieux déterminent la politique. Le second travers est la laïcité où il n’y a pas de religion. Quand on fait des recherches archéologiques, on détermine l’arrivée de l’homme au moment où il y a le sentiment religieux. Cela fait partie de l’homme, nous ne pouvons pas le gommer. En revanche, on peut faire une séparation entre les deux qui soit suffisamment acceptable et qui permettent à des personnes de confessions différentes d’être rassemblées dans une communauté sociale grâce à un élément qui les regroupent tous ensemble. La citoyenneté devrait être cela. Il faudrait assumer notre passé chrétien tout en étant gardien de la laïcité et du respect des autres religions dans le gouvernement des affaires.

- propos recueillis par Clémence Legrand et Nicolas Poncato
étudiants à l’Ecole Supérieure de Commerce de Pau
 


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Votre commentaire



> Jean de France
12 avril 2011, par lolo  
Grosses erreurs de la part de Jean d’Orléans

Quelques belles erreurs dans l’article, de la part de Jean d’Orléans :

Sur la descendance de Louis XIV : Il y a eu deux séparations ? non, il y a eu une seule séparation : la branche de France et la branche d’Espagne.

Il faut comprendre :

-  le premier petit-fils de Louis XIV, le petit dauphin Louis, est le père du roi de France Louis XV

-  le deuxième petit-fils de Louis XIV, Philippe V, a reçu la couronne d’Espagne suite au testament du dernier roi d’Espagne de la famille des Habsbourg.

Ensuite :

La branche des bourbons ne s’est pas terminée avec le petit fils de Charles X (et d’ailleurs Charles X n’est pas mort sans descendant comme le dit après l’article).

Il s’agit uniquement de la branche ainée des Bourbons issue de Louis XV. La branche des bourbons issu de Philippe V d’ESpagne, deuxième petit-fils de Louis XIV, est toujours existante et nombreuse.

Enfin, dans les années 1868, la maison royale de France était représentée par Henri V comte de Chambord...

Ouf, que d’erreurs... et sur une seule question...

  • > Jean de France
    12 avril 2011, par L’ OURS du Bois  

    on va lui faire un procès et lui coller Raymond De SEZE pour le défendre,

    ça lui fera les pieds

  • > Jean de France
    11 avril 2011, par pehache  

    Les rois ont inventé la laïcité

    N’importe quoi smiley . Ce monsieur confond visiblement "tolérance" et "laïcité"

    Le second travers est la laïcité où il n’y a pas de religion

    La laïcité ne dit pas que la religion n’existe pas, mais qu’elle est affaire privée.

    > Jean de France
    11 avril 2011, par pehache  

    Si ce monsieur se rêve sur le trône de France, grand bien lui fasse, chacun ses fantasmes. Mais son vrai nom est "Jean Carl Pierre Marie d’Orléans" et non pas "Jean de France" qui n’est qu’un nom de scène comme Johnny Halliday.

    Vous n’êtes pas obligé de céder au folklore royaliste, qui n’est plus qu’un folklore depuis qu’on a coupé la tête de leurs ancêtres.

    "Moi-même, quand on me demande : « Etes-vous démocrate ? », je me tâte. [...] Vous me direz que cela ne justifie pas qu’on aille dépoussiérer les bâtards d’Orléans ou ramasser les débris de Bourbon pour les poser sur le trône de France avec la couronne au front, le sceptre à la main et la plume où vous voudrez, je ne sais pas faire les bouquets." (Desproges)

  • > Jean de France
    11 avril 2011, par Autochtone palois  
    Ces étudiants de l’école de commerce, ils feraient mieux d’aller voir comment fonctionne une entreprise soit-disant "enclavée" et de nous dire ce qu’il en est. smiley

  • > Jean de France
    12 avril 2011, par claudiqus  
    L’ennui avec la royauté est que la couronne est toujours trop serrée et que le sceptre tenu fermement de peur qu’il ne tombe, ne laisse plus qu’une main libre ... smiley

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