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L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)

mercredi 24 novembre 2010 par Bernard Boutin


A@P vous donne la suite de son entretien sur l’insécurité avec Philippe Rey, Préfet des Pyrénées Atlantiques. Les thèmes abordés : l’évolution des effectifs de la Police, la répartition des rôles entre Police Nationale et Police Municipale, la fin de la Police de proximité, les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), la pratique des « mains courantes » et son influence sur les chiffres de délinquance. Pour finir nous abordons le projet de futur Hôtel de Police à Pau.

A@P - Le syndicat majoritaire chez les gardiens de la paix de la police nationale, le SGP-FO (Syndicat Général de la police - Force ouvrière) dénonce une baisse importante des effectifs de la police nationale. Qu’en est-il au niveau du département et au niveau de la ville de Pau ? Pensez-vous (si la réponse est une baisse) que cette baisse des effectifs aura une incidence sur la sécurité ?
Philippe Rey - La Police n’est pas complètement à l’écart des baisses d’effectifs imposées à la fonction publique pour des raisons budgétaires mais cette règle est modulée. Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite n’est pas appliqué d’une façon homogène aux administrations et la Police est relativement épargnée. Il y a une petite baisse entre 2009 et 2010 mais qui ne porte que sur des postes administratifs. Les postes de fonctionnaires actifs restent les mêmes. Il y a 699 policiers au niveau départemental, dont 233 pour la circonscription de Pau. Un chiffre important qui s’explique parce que les effectifs travaillent 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 heures. On a même gagné en effectif en baissant celui utilisé pour les gardes au tribunal et pour les transferts des détenus vers le tribunal comme vers l’hôpital.
  
Alternatives Paloises - La répartition des compétences entre police municipale et police nationale n’est pas claire pour le citoyen. Est-elle claire dans les faits ? N’y a t-il-pas à communiquer sur ce sujet ?
Philippe Rey - Il y a des règles nationales pour la police nationale tandis que la police municipale est sous l’autorité du maire qui lui donne des objectifs. La police municipale n’a évidemment pas toutes les attributions de la police nationale et notamment en matière de lutte contre la délinquance.
La police municipale a pour mission le relevé des infractions routières mais ne peut pas relever les infractions les plus importantes comme l’alcool au volant, le défaut de permis de conduire. Elle n’a pas non plus d’attribution de police judiciaire ni de pouvoir d’interpellation, hormis celle dévolue à chaque citoyen en cas de commission d’infraction dont ils sont témoins. La police municipale a un rôle dans la sécurité publique mais pas ceux de la police nationale, loin de là.

A@P - L’Etat transfère de plus en plus de compétences à tous les niveaux, n’est-il pas tenté de faire de même de la police nationale vers les polices municipales ?
Philippe Rey - Ce n’est pas le cas.

A@P - La police de proximité a disparu, peut-on considérer qu’elle est maintenant remplacée par la police municipale ?
Philippe Rey - Non. La Police de proximité est un concept développé dans les années 90 et qui comportait des modalités de présence horaire qui n’ont pas été jugées les plus efficaces. Il est vrai que la population aime bien voir les policiers mais ceux-ci sont plus efficaces aux heures où se commettent les délits et, c’est en grande partie la nuit. La police est donc extrêmement active de nuit pour faire du flagrant délit.
Les cambriolages ont lieu surtout de jour. Il y en a aussi de nuit mais ils ne sont pas tout à fait les mêmes. En fonction des modes de délits, on est donc forcé d’avoir des horaires de présence différents.
Le problème de la police de proximité est de couvrir le terrain tant de façon préventive que répressive pour constater les infractions selon les différents types de délits et en s’adaptant aux évolutions.

A@P - Les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) sont rendus obligatoires par la loi dans les communes de plus de 10.000 habitants et dans celles qui comportent au moins une zone sensible. Combien y en a-t-il dans l’agglo ? Quelle est leur action ? Comment aller plus loin ?
Philippe Rey - Le CLSPD est une instance dans laquelle se retrouvent des services de l’Etat (police, gendarmerie, services sociaux...), des élus et des associations pour essayer de trouver des orientations de prévention mais pas vraiment de lutte contre la délinquance. Il y a des choses qui se font mais cela pourrait mieux marcher ici comme ailleurs.
En matière d’insécurité routière, de politique contre la toxicomanie, d’insertion des jeunes pour éviter que ceux-ci soient oisifs et ouverts à la délinquance, il existe une marge d’action concrète à développer.
Actuellement, il a des réunions assez larges puisqu’il s’agit d’un conseil d’agglomération. Ensuite il y a des groupes de travail plus restreints qui travaillent sur différents types d’actions. Un contact local précise les orientations mais, je le répète, on pourrait aller plus loin dans le concret. Il s’agit d’impliquer plus des partenaires qui sont divers. On se repose peut-être trop sur les services de Police.
L’objet propre des actions sociales n’est pas toujours évident. Quand vous faîtes des actions pour occuper les jeunes pendant les vacances scolaires, il s’agit de prévention ; or actuellement ceci est vu, non pas dans le cadre du CLSPD, mais dans celui des contrats urbains de cohésion sociale.
S’il n’y a pas de réussite éducative, il y a un risque. Là aussi, cela est vu dans le contrat urbain de cohésion sociale. C’est donc plus dans le cadre du CUCS que sont vu ce type d’actions alors qu’elles ont trait à la prévention de la délinquance.
L’objet propre du Conseil local est souvent difficile à aborder ; les sujets concernant la vidéo, le droit des familles ne faisant pas forcément consensus.
 
A@P - Selon ce que nous constatons et qui nous est régulièrement rapporté, il est difficile de déposer plainte et souvent la victime d’une infraction pénale doit se contenter d’une "mains courante" plutôt que d’une réelle plainte. Si cela était vérifié, il pourrait s’agir d’un moyen commode de faire baisser les chiffres de la délinquance. Avez-vous eu, vous-même, des échos de cela ?
Philippe Rey - C’est un sujet qui revient périodiquement. Chaque fois que la délinquance monte, on nous dit « Ah, ah la délinquance monte... ». Chaque fois qu’elle baisse, on nous dit « Ah, vous truquez les chiffres... ».
Ne sont mises en main courante que les déclarations qui ne sont pas relatives à des délits comme par exemple « l’arbre de mon voisin qui envoie des feuilles chez moi ». Par contre, dès qu’il s’agit d’un délit, il y a enregistrement d’une plainte.
Souvent les gens qui portent plainte viennent au même moment : le matin et c’est long. On ne peut pas le nier. Une prise de plainte est un acte judiciaire qui peut prendre du temps. Je ne suis pas sûr que l’on puisse gagner du temps sur la prise de plainte.
Par contre, la requalification par le biais de la main courante est-elle un mythe ? C’est contrôlé par le parquet sous le contrôle du procureur de la République. De même, il y a des contrôles par les inspections de Police qui peuvent être amenés à requalifier certaines déclarations.
Il n’y a aucune tricherie et volonté de diminuer les statistiques de criminalité par l’emploi de la main courante. Les contrôles et les réclamations éventuelles (il est toujours possible d’écrire au procureur de la république ou au commissaire de police) n’ont jamais démontré d’erreur flagrante.
L’appréciation résulte de la volonté même du plaignant qui ne souhaite que déclarer le fait sans déposer plainte (avec une déclaration signée !) ou d’un préjudice extrêmement faible.
L’ambiguïté vient souvent du fait que le déclarant est persuadé qu’il y a matière à plainte alors qu’aucune infraction n’est caractérisée.

A@P - Qu’en est-il du projet de nouvelle implantation du commissariat de Police à Pau ?
Philippe Rey - Le commissariat de Pau et trop petit et n’a pas les places de parking nécessaires. Il ne convient pas. C’est parfaitement clair malheureusement ce n’est pas le seul cas en France et beaucoup de commissariats sont en situation encore pire.
Il y a un terrain qui parait tout à fait convenir pour un nouveau site puisqu’il s’agit de celui des anciennes usines Bidegain sur lequel le commissariat s’insérerait dans un projet plus global. Nous n’avons pas de certitude quant à la date de programmation de l’opération.

 
- propos recueillis par Joël Braud et Bernard Boutin
 


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Votre commentaire



> L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
24 novembre 2010, par PAUNOUVEAU  
Police Municipale = Police de Proximité

 smiley Monsieur le Préfet déclare que la Police Municipale ne peut exercer les mêmes fonctions que la Police Nationale... Le désengagement de la Police Nationale prouve le contraire, les agents de Police Municipale montent en puissance, ils sont agents de Police Judiciaire et récupèrent toutes les missions dévolues à la Police Nationale, ils font le dépistage alcoolémie, ils interpellent les délinquants, ils patrouillent à pied en centre-ville (pas à 5 dans un même véhicule à l’instar de la Police Nationale). La future Police de Proximité est déjà là... Bien essayé mais pas de renfort de Police Nationale (voir l’émission "Mots Croisés" - Monsieur COPE - Maire de MEAUX tient les propos contraires à ceux de Monsieur le Préfet). La LOPPSI II arrive la Police Municipale monte en puissance : Contrôle d’identité, nouvelles compétences judiciaires...

> L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
24 novembre 2010, par Autochtone palois  

Exit le préfet Rey, aujourd’hui même. il est remplacé par... un ancien officier diplômé de Saint-Cyr. Après la mode des flics nommés préfets, voici maintenant les militaires. Il va lancer les paras sur l’Ousse-des-Bois ? smiley

  • > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Contribuable Palois  

    Un énarque ne vous plaît pas. OK

    Un diplomé d’une école militaire ne vous convient pas. C’est votre droit.

    Essayons encore : à quand un diplomé en sociologie de l’Université de Nanterre pour maintenir l’ordre ?

  • > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Marc  
    Cette hargne contre les fonctionnaires de police et les militaires est vraiment lassante.

  • > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Marc  

    C’est sans doute une bonne idée de s’entretenir avec M. le Préfet des questions de sécurité, mais il ne faudrait pas que cela serve à alimenter les dires de ceux qui n’arrêtent pas d’en rajouter sur le sujet.

    Pau est une ville où l’insécurité reste minimale et où l’on peut se promener partout, à toute heure du jour où de la nuit, sans crainte. Les quelques faits-divers qui sont montés en épingle ne doivent pas faire oublier cette réalité.

    > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par pehache  

    Amen...

    > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Autochtone palois  

    Confirmation de la première partie : le préfet auxiliaire de police.

  • > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Bernard Boutin  

    Autochtone,

    Nous sommes allé interviewer M. le Préfet sur les problèmes de sécurité, il n’allait pas nous parler de la future LGV, de la Poey de Lescar-Oloron ou à nouveau de la RGPP etc.

    Bien à toi

  • > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Maximo  

    "Auxiliaire" de police ???

    Mais enfin... Il en est le responsable et le patron ! Qu’y aurait-il de déplacé qu’il en parle ?

  • > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Autochtone palois  

    Ne parler que de problème de sécurité avec un préfet, c’est réduire sa fonction principalement à celle de relais du ministre de l’intérieur, alors que le préfet représente localement TOUTES les fonctions du gouvernement.

    J’ai employé le mot "auxiliaire" associé à "police" dans un sens comparable à celui d’auxiliaire de justice.

    Les auxiliaires de justice sont des professionnels du droit qui ne sont pas magistrats mais participent toutefois directement ou indirectement à la mission de service public de la Justice.(Wikipedia)

    Remplacez "justice" par "police" et "magistrat" par "policier" ... Le préfet est bien un auxiliaire de police.

    Ce que j’ai voulu dire c’est que, dans l’ambiance générale actuelle - et que les deux articles d’A@P reflètent - il n’est perçu que comme tel.

  • > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Maximo  

    Vous pouvez donner toutes les explications oiseuses que vous voulez, les temes "auxiliaire de police" sont emplyés dans des acceptions différentes, généralement admises par tous.

    Et je persiste : le terme "auxiliaire" de police est faux en plus d’être désagréable puisqu’un préfet en est le patron. Il est le 1e flic du département. Il ne peut en être auxiliaire !

  • > L’insécurité en question avec Philippe REY (partie 2)
    24 novembre 2010, par Autochtone palois  
     smiley Le patron de la police est le directeur départemental de la police, dont le patron est le directeur central. Le préfet joue un rôle auxiliaire de coordination au niveau de son département.

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