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La santé à quel prix ?

lundi 25 mai 2009 par Arnau Calatayud


Le délicat problème de la santé et de son coût reviennent sur le devant de la scène. Tous les centres hospitaliers sont concernés et le bilan de ces derniers impose une vaste réforme.

La France en 2009 connaît une « annus horribilis ». Loin de sombrer dans le « fonds de commerce » du pessimisme qu’affectionnent tant les journalistes et les politiques, il faut bien reconnaître qu’avec 104 Milliards de déficit pour 2009
-  5,6% du PIB- et une dette flirtant avec les 74% de ce même PIB, la ligne rouge a été cette fois franchie et même largement dépassée. Cerise sur le gâteau, on nous assure que c’est en 2010 que les répercussions de la crise sur les finances publiques auront réellement lieu. C’est dans ce contexte très tendu que le gouvernement entreprend de réformer l’Hôpital qui connaît lui aussi une descente aux enfers avec plus de 800 millions d’euros de déficit pour 2008.

La France, on le sait, ne lésine pas sur les moyens qu’elle met à la disposition de ses concitoyens pour les soigner. Troisième en ce qui concerne les dépenses de santé-derrière les Etats-Unis et la Suisse- elle y consacre plus de 11% de son PIB ; bien plus que la moyenne européenne qui se situe à 9%, soit un différentiel de 40 milliards d’euros. A ce rythme, et sans les moyens de gestion adéquats, c’est la pérennité même de notre système de soins qui risque de voler en éclats. Les grèves et autres manifestations n’y changeront rien car tout le monde y aura perdu. Pour autant, est-ce à dire qu’un médecin doit aussi devenir un comptable ? Dans ce cas de figure, c’est le patient qui aurait tout à perdre. Alors que faire ? On le voit, il s’agit d’un problème complexe et cela exclut de fait tout manichéisme.

Pas de prix mais un coût 

A ce stade, la seule certitude qui vaille est que la santé -notre santé- n’a pas de prix mais elle a malheureusement un coût. La loi HPST (Hôpital, Patient, Santé et Territoire) tente de réorganiser la filière en créant des complémentarités et des synergies. La raison, selon Gérard Bardy  -journaliste et auteur du livre noir de la santé aux éditions L’Archipel : « La France compte trop d’hôpitaux insuffisamment équipés et trop peu utilisés, donc dangereux ». Notre pays compte en effet 3 000 centres hospitaliers dont 1 000 hôpitaux publics soit 10 centres hospitaliers et hôpitaux locaux par département dont les missions ne sont pas clairement établies, les moyens et le personnel souvent sans aucune mesure avec l’activité médicale réelle , sans parler des luttes d’influence qui ne sont pas s’en rappeler la catastrophe universitaire... Il est malgré tout intéressant de noter que dans le cas des hôpitaux, c’est l’union sacrée qui prévaut : CGT et mandarins de la médecine font en effet cause commune. On est au-delà de la corporation mais ce n’est pas nouveau car plus que jamais il s’agit pour les différents personnels de défendre un bastion et les prétextes ne manquent pas.

 

Pour autant, ni l’argent ni les bonnes volontés ne manquent au sein du système hospitalier et les plus démunis, au nom d’une solidarité acceptée par tous, doivent pouvoir compter sur une juste redistribution des richesses leur permettant un juste accès aux soins. Sur ce postulat, la CMU -Couverture Maladie Universelles- permet à 4,8 millions de personnes de bénéficier de soins appropriés sans pour autant désengorger les Urgences qui ont vu en 15 ans le nombre de patients passer de 7 à 15 millions par an. L’AME - aide médicale d’état- qui pour un montant de 800 millions d’euros par an permet de soigner exclusivement les personnes en situation irrégulière et seulement elles. Ce dernier point fait polémique car la Police de l’Air et des Frontières vient de tirer la sonnette d’alarme : des filières de clandestins se sont constitués dans le seul but de bénéficier de soins onéreux mais gratuits... 800 millions d’euros, la somme qui manque aux hôpitaux et qui leur permettrait de redresser leur compte. Le cœur et la raison ne cessent de se disputer la chose.

La médecine est de toute évidence une affaire de spécialistes mais les comptes sont là et il y a péril en la demeure. CSG, RDS, 1 euro à la charge du patient pour chaque consultation plus 50 centimes par boite de médicaments : ce ne sont là que des mesures préalables laissant deviner le tour de vis à venir. La santé vaut plus qu’un abonnement à un portable et dans la mesure où ce bien si précieux qu’est la santé est en danger, il va bien falloir payer.

 - par Arnau Calatayud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Votre commentaire



> La santé à quel prix ?
26 mai 2009, par GEO  

Avant de ratiociner sur le prix de la santé il faudrait, peut être convenir que la Sécurité Sociale n’est pas qu’un service public de santé pour les malades mais c’est aussi une formidable vache à lait pour toutes sortes de professionnels dits libéraux qui viennent se nourrir grassement à ses mamelles.
-  Des pseudo-libéraux qui voudraient bien la sécurité et les moyens de la chose publique tout en exigeant les mêmes profits qu’un vrai patron libéral du privé qui prendrait des risques avec son propre argent sur un marché en véritable libre concurrence...
-  Tels ces "mandarins" qui bénéficient de scandaleuses libéralités au sein, même de l’hôpital public où ils récupèrent les affaires bien juteuses et se déchargent des mauvaises sur le dos de la collectivité...
-  A l’image de ce capitalisme dégénéré qui a mis par terre l’économie U.S et la notre sur les genoux.
-  A suivre....

> La santé à quel prix ?
25 mai 2009, par georges2  

Bien sûr qu’elle a un coût la santé, votre santé entre autre ! Elle a le premier prix de la compétence, de l’efficacité que l’on peut décerner à la qualification et au dévouement du personnel de l’hôpital. Quant au prix, on peut évoquer un"juste prix" compte tenu des performances technologiques dont les retombées sont au service de tous. On ne peut pas en dire autant du coût de la hardiesse coupable de nos banques dont le prix est en grande partie à l’origine de l’abîme déficitaire dans lequel nous sommes. Pour nos dirigeants la guérison des banques a plus de valeur que la guérison de notre état de santé !!! Non, M.Calatayud, la santé n’a pas de prix ! Un "rafale" en moins, une banque en moins, pourquoi pas un ministre et ses frais en moins, ce n’est pas un problème, par contre notre vie en est un ; je préfère le développement durable de mes enfants à celui des finances des patrons du Cac 40. D’un côté la matière est renouvelable, pas dans l’autre, alors, votre vie contre une centrale nucléaire !! Que choisissez-vous ?

  • > La santé à quel prix ?
    25 mai 2009  
    georges 2 énonce votre vie contre une centrale nucléaire . Dommage il ne va pas y avoir de centrales nucléaires pour tout le monde

  • > La santé à quel prix ?
    25 mai 2009, par Mathias  

    Il faudrait faire la chasse aux abus mais dans l ensemble le systeme medical francais est plutot pas mal. Je vis en Floride et les USA qui depensent plus de 18% de leur PIB ont un systeme tres couteux. Quelques exemples : je suis alle une demi heure chez le dentiste, 170 dollars s il vous plait. Ma femme a fait une fausse couche l annee derniere 1000 dollars s il vous plait (avec 2-3 heures d attente aux urgences) Je savais avant de venir que le systeme de sante etait payant (sauf pour tous les plus de 60 ans et ceux qui ne gagnent pas beaucoup, ce qui est meconnu en France) mais je ne savais pas que les americains depensaient autant pour un systeme defaillant : plus de 17% du PIB conte 11% pour la France. En France il faudrait arreter de permettre a ceux qui ont un rhume d aller aux urgences (avec toute leur famille en plus), et ameliorer la carte vitale pour eviter les abus. Enfin si vous pensez que la sante est gratuite en France, regardez votre feuille de paie et les 20% que l on vous preleve pour passer de brut a net... Cela a quand meme un cout les amis...

    > La santé à quel prix ?
    25 mai 2009, par Marc de Bernis  

    J’ai du mal à comprendre la raison de la publication de ce texte dans A@P, alors qu’il ne fait aucune référence à la problématique locale.

  • > La santé à quel prix ?
    25 mai 2009  
    Voyons, Bernis : être Palois est une tare ! ça vous suffit pas ?

  • > La santé à quel prix ?
    25 mai 2009, par pehache  

    Encore la lourdingue propagande (ultra)libérale de M. Catalayud... smiley

       
     
     
     
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