Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Quelles leçons après une tempête ?

mardi 27 janvier 2009 par Georges Vallet


Si les causes des nombreuses tempêtes qui parcourent la France et le Monde sont en recherche d’explications et sont donc encore incertaines, les conséquences, par contre, sont chiffrables qualitativement et quantitativement.

Les bilans sont excessivement lourds dans le SW et, à ce niveau, on peut énoncer des causes :

1°) D’abord la transformation de nombreux terrains boisés dans les Landes, en champs de maïs, a ouvert des brèches dans la barrière protectrice des forêts contre les assauts des vents d’ouest vers l’intérieur des terres, favorisant l’effet destructeur dans l’arrière pays.  Si Pau a été le berceau de l’aviation, il y a des raisons.

2) Au sein de ces forêts, il est conseillé par les chercheurs de séparer régulièrement les plantations de conifères par des feuillus ; ceux-ci on un double avantage :

ü  Ils luttent efficacement contre les épidémies de parasites qui affaiblissent les arbres, que ce soit les champignons du bois ou les chenilles processionnaires.

ü  Ces feuillus sont beaucoup plus résistants au vent du fait d’un système radiculaire pivotant, et constituent donc une protection pour les Pins.

ü  La densité de plantation, motivée par un besoin de poussée rapide, fait que les arbres montent en fût plus rapidement et développent un système radiculaire fragile, d’où les chutes plus faciles en grand nombre, les uns entraînant les autres.

3°) Au niveau de l’urbanisme :

ü  La multiplication des constructions légères, individuelles, scolaires, agricoles, moins coûteuses donc plus fragiles,

ü  Les bâtiments industriels, commerciaux, de grand volume, et surtout de grande surface, en préfabriqués légers et peu résistants ont une prise au vent considérable.

ü  Le bétonnage ou goudronnage dans les villes et les campagnes des bords de routes, des trottoirs fragilisent les arbres décoratifs qui deviennent plus sensibles à « la verse » !.

ü  L’ouverture de couloirs par l’élargissement ou la construction de routes ou autoroutes.

Tous ces éléments sont autant de facteurs qui augmentent les risques de destruction pendant ces tempêtes.

4°) L’enrochement, le bétonnage, la disparition des espaces d’expansion des rivières( saligues), parfois le déboisement des berges, les constructions industrielles ou même individuelles, à proximité des rives, sont autant de risques, en cas de chutes d’eau violentes, comme ce fut le cas ces derniers jours. Ne nous étonnons pas si les inondations sont fréquentes.

5°) La présence de lignes électriques et téléphoniques, toujours édifiées , en résistance, à la limite des seuils réglementés, sur la base de moyennes obtenues à partir d’un petit nombre d’années, fait que la résistance à des neiges ou vents « hors normes prévues » est une catastrophe.

6°) La diminution programmée pour raison d’économie, au niveau du matériel et des hommes des services des téléphones, d’EDF, des pompiers, des chemins de fer, de la voirie, contribuent à rendre de plus en plus difficile et de plus en plus long, l’entretien, les secours, les dépannages en cas de sinistre. Surtout, ne pas dire que c’est exceptionnel ! Quand cela se multiplie, comme c’est le cas, en qualité et quantité, ce n’est plus de l’exception, c’est une défaillance politique au niveau de la prévision, de la gestion, de la planification des possibilités immédiates d’intervention.

Les solutions ? :

ü  Enterrer les lignes

ü  Recruter du personnel

ü  Reboiser les espaces cultivés en respectant des densités moins importantes.

ü  Traiter les forêts en introduisant des feuillus.

ü  Construire tous les bâtiments suivant des normes adaptées à l’évolution climatique, non pas celles basées sur les cinq ou dix dernières années mais celles prévisibles sur les 5 ou 10 prochaines années !.

ü  Ne pas favoriser la densité de la circulation en général et celle des poids lourds en particulier, ils ont besoin de routes plus larges, c’est-à-dire privilégier la voie ferrée.

ü  Laisser les rivières divaguer en ménageant la largeur des vallées, bassin naturel de rétention. .

Les solutions imposent des dépenses supplémentaires ; c’est un choix de société :

ü  où l’on injecte à fonds perdus dans les banques, et dans l’industrie automobile,

ü  où on investit pour l’avenir.

N’oublions pas que les conséquences de ces tempêtes sont payées par la peur, l’angoisse, la perte des économies difficilement réalisées, parfois ,hélas, par la santé et la vie de ceux qui subissent la déficience d’une politique nationale uniquement basée sur les bénéfices particuliers.  Si les forces de la Nature ne sont pas gérées démocratiquement, les décisions sur les moyens à mettre en œuvre, dans notre société, le sont. Nous commémorons cette année l’anniversaire du bicentenaire de Darwin ; cela devrait être une occasion de réfléchir à ses différentes conclusions auxquelles la très grande majorité du monde scientifique adhère. La sélection naturelle conserve, non pas les meilleurs, mais les plus adaptés, ce qui est loin d’être pareil. Face aux forces naturelles qui évoluent sans cesse et nous dépassent complètement, adaptons-nous ; les quelques solutions de bon sens évoquées pourraient être un point de départ applicable par nos élus.


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> Quelles leçons après une tempête ?
27 janvier 2009, par chanchan  

mon coeur se brise de tristesse en voyant notre verte aquitaine dévastée !!

Mais, tirons en une ultime leçon ! plantons différemment, pratiquons l’agriculture diversifiée, ne bitumons plus en dépit du bon sens !! Alors, ...Peut-être reverrons, les coquelicots, les papillons, les grenouilles, les abeilles etc...(chantal)

   
 
 
 
Les rubriques d’A@P
Citoyenneté
A compte d’auteurs
"Arpenteurs sans limites"
"Les sorties de Michou"
"Un samedi par semaine - tome 2"
"Un samedi par semaine - tome I"
Au ras du bitume
Enquêtes
Evasion
Maréchaussée Paloise
A@P.com
Courrier d’e-lecteurs
Hommes et femmes d’ici !
Opinion
Portraits, Entretiens
Tribune Libre
Humeurs
La Charte d’A@P
Le défouloir !
Les cartons
Les cartons mi-figues mi-raisins
Les cartons rouges
Les cartons verts
Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
Vu dans la presse
”Les Causeries d’A@P”
Détente
Loisirs
Spectacles
Economie
Aéroport Pau-Pyrénées
Enjeux
Enjeux environnementaux
Enjeux européens
Enjeux sociétaux
Grand Pau
Lescar
Billère
Gan
Gelos
Idron
Jurançon
La CDA Pau-Pyrénées
Lons
Point de vue
Grands projets
"LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
Nouveau complexe aquatique de Pau
Nouvelle voie routière Pau-Oloron
Nouvelles Halles de Pau
Pau
Du Côté des Quartiers
La vie
Une idée pour la ville
UPPA
Politique
Forums des Partis
Politique locale
Politique régionale et nationale
Territoires
Aragon
Béarn
Bigorre
Espagne
Europe, Monde
Pays Basque, Euskadi
Pyrénées
 
   
 
  Envoyer à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)



[ Imprimer cet article ]
 


 
Autres articles

France - Exporter : l’urgence nationale
Séparation ?
UPPA - Ouï à l’I.A.E.
Un accord historique
Laurence Parisot et le Medef pour la fin de l’acier en France ?
Soficar : Un monument du territoire
Les faiseurs d’affaires
Un appel de l’Amicale des Foreurs et des Métiers du pétrole
Grand Pau - "Et le chômage, bordel !"
Hydrocarbures : Halte aux cassandres , produisons français !
Coup de fourchette : Les « Maîtres Restaurateurs en Béarn et Soule »
L’Argentine n’est pas la Grèce
Crise économique : L’exemple argentin
Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
T.V.A. et T.N.T.
Energie peu chère, c’est fini !
L’homéopathie peut-elle soigner la France ?
TVA et Traviata
Rigueur et rigueur
Des Européens bien naïfs



[ Haut ]
 

Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises