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Hélène SEGUINOTTE

lundi 12 janvier 2009


« Une femme dans un monde d’hommes »

Hélène Séguinotte est une précurseuse. Sortie de l’Ecole Supérieure de Commerce de Pau en 1981, elle intègre en 1990 Turboméca et devient la première femme nommée chef de service parmi les « turbomecs ». En 1997, elle prend la direction commerciale à Munich de la société chargée d’équiper en moteurs les hélicoptères « Tigres ». En 2001, elle part à Montréal créer de toutes pièces la filiale au Canada de Turboméca. En 2008, elle gère sur place 8.000 m2 d’ateliers, 125 personnes et un parc de près de 400 moteurs. Retour sur une vie de challenges.

A@P -En sortant de l’Ecole de Commerce, vous allez passer un MBA à Mobile, ville jumelle de Pau. Vous n’avez pas voulu rester aux Etats-Unis ?

Hélène Séguinotte - Pas sur le coup. J’ai commencé par intégrer un Cabinet Conseil américain en Management à Bruxelles. Mais, très vite, j’ai eu envie de repartir aux USA et suis allé rejoindre en 85, une entreprise familiale à New York. On m’employait à des jobs de secrétariat ! J’ai démissionné.

A@P - Retour en France ?

Hélène Séguinotte - Oui, à la Teinturerie Tournier à Coarraze. A nouveau, une société familiale. Je ne devais pas bouger un doigt. Ma fonction : le contrôle de gestion. Démission au bout de 20 mois pour un job au Conseil Général. Un autre 20 mois pour confirmer que je n’étais pas faîte pour la fonction publique.

A@P - Nouvelle démission ?

HS - On m’a alors proposé d’intégrer Turboméca en janvier 90 en tant que « Responsable de la Création documentaire ». Chez les « Turbomecs », j’étais la première femme à être nommée Chef de Service. En plus, une « Sup de Co » parmi des Sup Aéro, ENSA, ENI, INSA... Pas facile de faire sa place.

A@P - Vous aviez quand même des soutiens ?

HS - Un ancien de l’école, Michel Brouquet m’a beaucoup aidé. Je voulais aller vers le produit et le support client. Il a été nommé pour créer une filiale en Australie et je suis devenue responsable de Zone support client pour l’Amérique du Nord, la zone Australie et Asie et responsable du parc moteur de Turboméca. Sur le point de quitter Turboméca, je me voi alors proposer un poste à l’étranger.

A@P - D’où votre départ pour la Bavière et Munich...

HS - J’ai été nommée en septembre 2007 Directrice Commerciale de la joint-venture entre Rolls-Royce, MTU et Turboméca chargée de commercialiser les moteurs du TIGRE. Il s’agissait de négocier la production de 320 moteurs.

A@P - Vous voilà repartie à l’international...

HS - J’en avais besoin ainsi que du contact avec les clients. Travailler en collaboration avec des Allemands, Anglais et Français était un challenge passionnant.

A@P - Pas trop difficile la Bavière pour vous la Béarnaise ?

HS - Pas du tout. Au contraire. Ce sont deux pays à très fortes identités.

A@P - Contrat rempli. La période Bavaroise se termine et vous voilà partie pour le Québec. Que s’est-il passé ?

HS - A Pâques 2001, Eric d’Arcimolles m’a proposé de créer au Canada la filiale de Turboméca. Il m’a nommé première femme directrice de société chez Turboméca. Je suis partie à Montréal. Il voulait me donner ma chance tout comme il a été le premier à proposer une parité salariale entre hommes et femmes chez Turboméca. Ma carrière dérangeait, mon franc-parler aussi. Eric d’Arcimoles m’a soutenu.

A@P - Vous arrivez seule les mains vides à Montréal. Comment faîtes vous ?

HS - Pas tout à fait toute seule car Turboméca fait partie du Groupe Safran qui était présent sur place avec Messier-Dowty. On a mis un ingénieur à ma disposition et le 20 janvier 2003, nous inaugurions nos entrepôts. Objectif : suivre les 110 clients de Turboméca au Canada et assurer le service sur près de 400 moteurs. La climatologie du pays crée une spécificité en matière de maintenance. Depuis l’ingénieur qui m’épaulait au début, l’équipe est montée à 125 personnes et l’on vient d’inaugurer une nouvelle tranche de bâtiments. La surface totale des bâtiments est maintenant de 6000 M2.

A@P - Après 7 ans, la belle province n’est-elle pas un peu trop calme à votre goût ?

HS - Pas du tout. On ne le sait pas assez mais il y a à Montréal un savoir faire en matière d’aéronautique qui en fait la troisième ville au monde pour cette industrie après Seattle et Toulouse. Aéro Montréal, c’est 43000 salariés, 236 entreprises et 12 milliards de $ canadiens de chiffre d’affaires (7,5 milliards d’€). On trouve à Montréal le siège de Bombardier, CAE qui fait 70% des simulateurs de vols dans le monde, Pratt & Whitney, Bell et 15 équipementiers majeurs et un réseau intense de PMEs..

A@P - Passionnant...

HS - Oui, d’autant plus, que tout le monde travaille avec tout le monde et que le gouvernement de la province du Québec est très proche de l’industrie grâce à une stratégie volontariste en matière d’accompagnement. Il aide notamment tout ce qui est recherche et amélioration de la compétitivité.

A@P - La crise ?

HS - Les carnets de commandes de Bombardier et CAE sont « bourrés » mais il faut faire attention, les Etats-Unis représentent encore 68% des débouchés totaux du secteur pour le Canada...

A@P - Prête à revenir en Béarn ?

Hélène Séguinotte - Pas pour le moment. J’ai enfin le temps de m’occuper de ma vie personnelle et je viens d’être faîte citoyenne Canadienne... en prêtant allégeance à la Reine du Canada, Elisabeth II !

Propos recueillis par Bernard Boutin


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Votre commentaire



> Basta la réussite
17 janvier 2009, par Klondike  
Basta la réussite !!!

Finalement Mr Boutin, ne gâchez plus notre plaisir avec des histoires de réussite ! Vous le savez, dans ce Pays, on deteste ceux qui réussissent.

D’ailleurs, réussir, c’est hautement suspect. La réussite transpire l’exploitation, les magouilles, les choses pas claires "quelque part" !

Donc, basta la réussite, donnez nous des bons sujets avec lesquels on peut faire oeuvre utile, j’entends par là, s’envoyer des bons vieux "rats crevés" avec lesquels nos idées bornées et partisanes peuvent s’affronter, manier le mensonge, le discrédit, la calomnie !

Regardez votre pavé "chahut au Zénith", ça donne hein ?? Pas grand chose sur le fond, mais on peut règler ses vieux comptes, même avec les morts !

Finalement, Mr Boutin, chercher à sortir ce Pays de la mouise, ça demande des idées, il faudrait se creuser la cervelle, et ça, on s’en fout !!! On préfère les débats viriles, on n’est pas des rugbymens pour rien !

Les débats stériles, ça défoule, et au moins personne ne pourra nous reprocher d’avoir proposé quoi que ce soit ! Ainsi, on aura toujours quelque "os" à ronger....

Post Scriptum : Mes sincères félicitations quand même à Mme Séguinotte.

  • > Basta la réussite
    19 janvier 2009, par georges2  
    Je ne pense pas que les gens détestent ceux qui réussissent. Il faudrait s’entendre sur la valeur du mot"réussite". C’est un jugement de valeur qui peut se situer à de nombreux niveaux : social, personnel, politique, économique, professionnel. Il est bien évident que la médiatisation de cette réussite dépend de l’intérêt recherché par les médias (ce qui fait de l’audience), parfois au service des médias eux-mêmes (monde du spectacle) ; il peut y avoir une volonté de mettre en valeur une action politique ou économique. Dans cet esprit, on peut très bien admirer une réussite personnelle, familiale, sociale, culturelle, intellectuelle, anthropique, souvent très discrète, et ne pas avoir la même motivation pour une réussite qui serait plutôt une recherche de pouvoir, éventuellement de puissance, de reconnaissance, pourquoi pas d’enrichissement financier. On peut peut-être reconnaître le libre choix, à chacun, de situer la réussite là où ses convictions le poussent. Quant à sortir le Pays de la mouise, je crois que tout le monde est d’accord, ce serait pourtant une réussite !!

  • > Basta la réussite
    19 janvier 2009, par Le Pti K.  
    A georges2 : vos commentaires sont tout à fait respectables (stricto sensu). C’est peut-être une illusion d’(optique médiatique)que de voir trop souvent que ceux qui (soi-disant) "réussissent" ont des allures d’arrivistes. Personnellement, je pense que l’arrivisme n’est pas une réussite mais un jeu de poker menteur. Et le mensonge n’est jamais gagnant à la table de l’honnête homme.

  • > Hélène SEGUINOTTE
    13 janvier 2009, par georges2  

    Ma vie personnelle ! Quelques mots discrets à la fin. C’est effectivement une chose importante. On se demande, dans tout ce palmarès brillant et économiquement bien rempli, si la vie de la femme l’est aussi, avec la même réussite. Cette splendide organisatrice pour gérer les entreprises est-elle aussi une splendide humaniste capable de gérer une vie humaine. Personnellement, il me semble difficile de mener, avec la même intensité, en parallèle, la rentabilité et la gestion affective, intellectuelle, donc non quantifiée, d’une famille par exemple, une des composantes incontournables d’une vie humaine réussie. On ne manquera pas de me faire remarquer que la vie est un choix, que notre société nous permet. Je reconnais que chacun, heureusement, a cette possibilité, s’il le peut, de trouver son épanouissement où il veut. Félicitations donc d’avoir exalté les qualités incomparables de cette femme : l’intelligence, le courage, la ténacité ? C’est effectivement un exemple pour beaucoup de nos jeunes. Je pense qu’A@P aura à coeur de mettre en valeur, une prochaine fois, d’autres femmes, et il n’en manque pas, qui ont contribué et contribuent toujours à substituer au progrès économique, le progrès humain, c’est-à-dire la capacité à créer de la richesse affective et à engendrer du bonheur. De la vie de tous les jours pour une femme africaine avec toute sa marmaille, de l’eau polluée, sans nourriture suffisante, dont l’homme a été tué par la guerre ou le sida, à la femme engagée dans des associations humanitaires ou celles, en religion, qui sacrifient leur vie aux autres ; c’est moins médiatique, c’est moins valorisant, mais comme c’est beau et respectable. Elles aussi peuvent servir d’exemple à nos jeunes

    > Hélène SEGUINOTTE
    13 janvier 2009, par Klondike  
    Relativité

    En lisant des interviews semblables à celle d ’Helène Séguinotte par A@P je me dis que tout espoir n’est pas perdu dans ce pays ; Il reste encore quelques gaulois(es) qui prèfèrent retrousser les manches plutôt que de palabrer en vain sur leurs malheurs !

    Mais, en comparant la quasi absence de réactions à cet article d’une part, au déferlement de vociférations partisanes répandu dans "Chahut au Zénith", je me dis que ce Pays est loin de sortir de l’ornière !

    Tant que le succès laissera autant indifférent et que les rubriques de chiens écrasés soulèveront les passions, nos démagogues auront les cartes en main pour tirer les ficelles de notre société en echec.

    > Hélène SEGUINOTTE
    12 janvier 2009, par Klondike  
    Bravo HS !!!!

    Bel exemple de tenacité de courage et de réussite, qui plus est de la part d’une femme bravo !!

    Puisse Helène Séguinotte être un exemple pour la jeunesse de l’Hexagone trop encouragée par ailleurs "à se mettre la tête sous l’aile".

    Eh oui, écoutez cette Hélène Séguinotte plutôt que nos Bové ou Besancenot, ces idoles en carton.. qui nous mènent... au carton !

    Et si Hélène Séguinotte avait l’opportunité de faire un petit séminaire "debout les jeunes" ???

    > Hélène SEGUINOTTE
    12 janvier 2009, par Jean Lafitte  

    Excusez-moi d’aborder un sujet de simple forme, mais quand même ! Cette interview comporte deux fois le mot "faîte" (participe passé féminin singulier de "faire)et une fois le mot "faîtes" (2ème personne du pluriel de l’indicatif de ce même verbe), repris de même dans la marge droite avec « Avec A@P, faîtes un cadeau de Noël original ! ».

    Or seul le substantif "faîte" (= sommet) a un î, et encore ce n’est plus que facultatif, l’Académie française ayant adopté en 1990 la suppression de la plupart des î et û.

    Pour une fois qu’on simplifie !

    Cordialement, J.L.

       
     
     
     
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