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Le discours du nouveau Maire de Pau

vendredi 21 mars 2008


DISCOURS DE MARTINE LIGNIERES-CASSOU CONSEIL MUNICIPAL DU VENDREDI 21 MARS 2008

Je le dis ici solennellement : je remercie André Labarrère de m’avoir mise dans les conditions d’accéder à ce siège, je le remercie de m’avoir donné cette chance, et d’être là, pleinement, par la volonté des Palois. Sous le regard d’Henri IV, je m’emploierai, avec vous, à une vie en commun qui soit la plus démocratique possible, dans l’esprit de tolérance qu’il a initié à partir d’ici, au service de la paix partagée. Je m’y emploierai de toutes mes forces, et avec toute la lucidité nécessaire à l’égard de notre monde, celui du XXI ème siècle. Entrer dans le troisième millénaire, faire entrer une ville dans ce troisième millénaire, à la fois porteur de promesses exceptionnelles et de dangers majeurs, nous met, nous, élus, en résonance avec l’impératif du philosophe Hans Jonas, l’auteur du Principe responsabilité. Un impératif que l’on peut formuler ainsi : « Agis de telle sorte qu’il y ait encore de l’humanité après toi ». Nos actions seront responsables parce qu’elles seront soucieuses de la pérennité de notre humanité, c’est-à-dire, pour nous, élus municipaux, celle des habitants de notre cité.

Entendons alors humanité dans un triple sens : un des sens concerne notre « vivre ensemble » en tant que citoyens ; un autre sens est celui de notre pérennité en tant qu’êtres biologiques ; un dernier sens renvoie au fait qu’aucun d’entre nous ne peut vivreseul, que nous contribuons tous à construire le monde social et économique. Ces trois dimensions de l’humanité ne peuvent se déployer ni de façon anarchique, ni sous la seule bannière d’un
libéralisme qui renvoie chacun à sa solitude.

Des cadres sont nécessaires. Parce qu’un cadre est un repère clair et solide, qui protège des dérives individuelles, il est aussi ce qui permet les évolutions et même les transformations de toute une communauté, il est ce qui libère les imaginations. Notre politique s’appuiera sur trois cadres garants de notre pleine humanité : un cadre démocratique clair et transparent ; un cadre de vie écologiquement conçu ; un cadre de territoires pluriels pour que s’inventent des liens toujours plus denses et toujours plus ouverts. Le projet pour la ville, celui que pour six ans nous allons ensemble nous employer à concrétiser, se place sous ce sceau-là : agir de telle sorte qu’il y ait encore de l’humanité après nous.

I Un cadre démocratique clair pour vivre ensemble
La première responsabilité des élus est de savoir se mettre à la disposition des habitants pour oeuvrer au bien commun, qui est un bien public et partagé par tous.Travailler avec tous les acteurs concernés, dans chaque sphère de
l’action municipale, est la traduction pratique de cette priorité politique. Nous mettrons donc en oeuvre, pour cela, une nouvelle conception de l’action et des pratiques municipales. Je veux que la gestion du bien commun soit une gestion partagée, et ce sera la fonction des conseils de quartier. Je veux que nous mettions en oeuvre une véritable politique d’intérêt public, à travers des structures qui remplissent pleinement leurs missions et qui garantissent l’égalité de tous dans l’accès aux services : service de la scolarité comme celui de la propreté. Les règles de fonctionnement, celles des prises de décision, et des choix budgétaires seront claires et transparentes. L’opposition trouvera sa place dans le pilotage de ces nouvelles pratiques. Nous développerons et embellirons ce bien commun par des innovations que des Offices que les offices sauront porter (Commerce, artisanat, professions libérales ; Sports ; Culture), par des coopérations territoriales contractualisées, que nous rendrons visibles bien au-delà de notre ville. Je demande qu’une charte des élus soit rédigée par l’ensemble du Conseil municipal, qui formalisera ce cadre démocratique, et que chaque conseiller signifie son engagement par sa signature.

II- Un cadre de vie qui inscrit Pau dans notre XXI ème siècle
La seconde responsabilité des élus est de considérer la qualité et la pérennité du cadre de vie des habitants : l’air que nous respirons, la terre qui nous nourrit et qui nous accueille, l’eau que nous buvons et celle qui nous irrigue sont notre cadre de vie, et seront aussi celui de ceux qui nous succèderont. A nous, donc, d’honorer cette ville, son patrimoine, et de construire son avenir dans cette fonction de passeurs, entre ce que nous trouvons, et ce que nous voulons laisser, passeurs à la fois innovants et prévenants. Commençons déjà par mettre cette ville à l’heure de l’Agenda 21.
Les cahiers des charges des appels d’offre intègreront systématiquement les critères écologiques. Les économies d’énergie feront l’objet d’une attention prioritaire dans le fonctionnement des bâtiments communaux. Le développement des transports publics, ferroviaires et bus urbains, s’inscrira dans cette même logique de protection de notre environnement. Les abonnements, la gratuité, qui favorisent leur utilisation, concourent bien sûr à cela. L’aménagement des voies de circulation douces, pour les vélos, les piétons, les rollers, les landaus, coulées bleues et coulées vertes, viennent en complémentarité : bien des déplacements à Pau, ne nécessitent aucun moteur. Ne voyons pas dans cette éco ville du futur une source de dépenses, mais plutôt une source d’attractivité supplémentaire pour son développement.

III- Un cadre urbain et territorial qui nous ouvre à l’ère planétaire
A la question : « où vivez-vous ? » chacun répond, en règle générale, par le nom de sa ville. Première attache, première identification, à partir desquelles d’autres, plus larges,renouvelées, peuvent se développer, jusqu’à ce sentiment d’être un citoyen du monde, pleinement humain. A chaque étape, ce que nous parvenons à faire, c’est nous situer dans un tissu de liens de plus en plus riches, et plus complexes aussi. Voilà pourquoi unprojet pour une ville dépasse largement, de plus en plus largement, les seules limites de la ville. Mais cela s’accompagne, se prépare, s’encadre. Cela suppose, aussi, en retour, que la ville sache se faire attractive. Cela inscrit la ville alors, comme un carrefour, celui où l’identité pyrénéenne devient ce qui fait passage, brassage, métissage. C’est tout cela, c’est cette vision d’un territoire à la fois fédérateur et invitant à tous les voyages : voyages d’imaginaires ou d’affaires, de loisirs ou de formation, que contient Pau, la Porte des Pyrénées. Etre là, être de là, partir, et revenir. Pour cela, il faut que la ville remplisse ses fonctions, disons, vitales : qu’elle dynamise, qu’elle éduque, qu’elle prenne soin de tous, qu’elle soit agréable dans chacun de ses recoins. Bref, que la porte des Pyrénées, aussi, porte ceux qui en sont l’âme, qu’elle les protège, parce qu’on ne peut être audacieux que si l’on se sent en sécurité.

Pour faire de Pau la Porte des Pyrénées, nous nous appuierons sur cinq lignes de force, qui font la spécificité de notre ville. Les forces industrielles et de technologie de pointe, et des laboratoires de recherche universitaire, qui s’enrichissent mutuellement ; les forces patrimoniales, celles d’une cité historique qui nous ancre dans une histoire riche pour construire notre avenir ; les forces environnementales de la magie d’un site qui, à lui seul déjà, attire et retient ; les forces humaines propres à cette ville : nous aimons notre ville, nous tous, Palois, et nous en avons le souci ; les forces associatives, enfin, puisque 3000 associations tissent un réseau dense d’échanges entre tous les Palois.

Voilà sur quoi, déjà, nous pouvons compter, pour construire le changement dont nous avons besoin. Pau est, le long du Piémont pyrénéen, la seule ville de taille suffisante pour porter l’image des Pyrénées et assurer le dynamisme de la région. Notre responsabilité est là : fédérer les Béarnais, les Bigourdans, les Basques, les Navarrais et les Aragonais. La Maison des Pyrénées sera le coeur de tous ces liens nécessaires. Pour y parvenir, ce sont, aujourd’hui, des passages à réussir, de nouvelles portes à ouvrir plus largement. Les coopérations, celles qui enrichissent chacun par le partage, conditionnent le dynamisme économique. Nous nous appuierons sur nos points forts : l’agro alimentaire, l’aéronautique, la pétrochimie, le tourisme. Cela suppose de gagner les batailles concernant le ferroviaire. L’éducation et la culture, parce qu’elles mettent chacun en contact avec le monde, contribuent à la fois au développement des personnes et à la cohésion sociale. Une ville vivante est une ville qui s’ouvre au monde, par ses jumelages d’abord. Une villevivante est une ville qui bouge, qui reconnaît la vitalité de sa jeunesse, qui en permet l’expression mais aussi qui la protège contre ses propres débordements.

Une ville qui bouge est une ville cohérente, avec un centre animé, des logements occupés, des déplacements fluides. Pau est une belle, une très belle ville, qui rayonne, qui attire, nous le savons. Une ville que nous quitterions à regret. Il lui manque comme un tout petit rien pour que sa vraie dimension, celle que nous pressentons au fond de nous, apparaisse. Un tout petit rien qui nous demandera pourtant beaucoup de travail, celui que je viens de dessiner. Nous le ferons petit à petit, pas à pas, comme un passage, une voie nouvelle que l’on ouvre, pour franchir la montagne : on aperçoit d’abord vaguement où il semble judicieux de se diriger, on y va, équipé. Parfois il faut un peu se dévier. Et puis, en se retournant, après, on voit. « Il n’y a pas de chemin, marcheur, tu es le chemin », nous sommes notre chemin. De même, la porte que l’on trouve bien basse, ou trop étroite, ou trop lourde à pousser, cette porte n’est pas ailleurs qu’en nous. Ayons confiance en nous.

Conclusion
Je voudrais que nous puissions travailler dans la paix. Je voudrais que nous sachions permettre à chacun, chacun d’entre nous, ici, et chaque Palois, de donner le meilleur de lui-même. Je voudrais que nos divergences éventuelles soient acceptées comme des pluralités et des complémentarités : nécessaires pour comprendre au mieux les enjeux et les situations dont nous aurons à débattre ; nécessaires pour franchir les obstacles de la façon la plus constructive ; nécessaires pour faire de notre ville ce qu’elle a à devenir, dans l’harmonie et la sécurité de tous. Nous savons tous qu’il y a des urgences. Et nous savons aussi que la précipitation n’est pas un gage d’efficacité. Sachons prendre notre temps, aussi, nous connaître et nous reconnaître. Sachons nous parler sans crainte, sachons nous inspirer mutuellement, sachons garder, toujours, en toute circonstance,le souci du bien commun comme ciment et comme horizon de notre travail et de nos décisions.

Sachons prendre appui sur des savoir-faire qui existent ailleurs, et qui nous manqueraient. Sachons porter notre nouveau costume dans la dignité de la fonction : la responsabilité n’est pas un pouvoir, mais quelque chose qui nous oblige. Sachons, finalement, nous comporter de façon éthique, celle que Paul Ricoeur voit comme « la vie bonne, avec et par les autres, dans des institutions justes ».

Je vous remercie par avance d’oeuvrer à tout cela, et je vous souhaite un beau printemps.

(PS : Discours retranscrit selon fichier PDF mis à disposition sur le site pau.fr, voir pièce joint)

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  DISCOURS MLC 080321
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Votre commentaire



> Le discours du nouveau Maire de Pau
27 mars 2008, par Mallet Isaac  

Le rédacteur du site internet de la mairie en fait des tas pour présenter MLC le nouveau maire (craindrait-il pour son avenir ?) en écrivant sur la page d’accueil de pau.fr

MARTINE LIGNIÈRES-CASSOU une femme de gauche, et une femme de droiture. Une femme de parole, et une femme d’écoute. Une femme de réflexion et une femme d’action, pour qui être et faire vont de pair... Esquisses de portrait de Martine Lignières-Cassou, Paloise de coeur, de culture et d’engagement.

et en poussant l’amabilité jusqu’à fournir le lien vers le site politique à la rose au poing de MLC... Est-ce comme ça les nouvelles pratiques municipales ?

A remarquer que ce scribe zélé n’a pas perdu de temps : plus de mention sur Urieta dans pau.fr , deux ans de mandat à la poubelle, ça rappelle le temps des pharaons où les stèles étaient martelées après les révolutions de palais pour effacer la trace de l’ancien souverain

> Le discours du nouveau Maire de Pau
23 mars 2008, par Henri 64  

Merci, Martine pour ce beau discours consensuel. Nous voulons bien vous prendre au mot et nous vous aiderons de notre mieux. Avec un peu de poil à gratter plutôt que des courbettes, comme nous le ferions avec tout nouvel élu.

Bonne chance, Martine !

> Le discours du nouveau Maire de Pau
23 mars 2008, par Jérôme  

LENIFIANT

  • > Le discours du nouveau Maire de Pau
    24 mars 2008  
    voulez-vous dire :Leninefiant ? Martine telle Isis, lève le voile. Sous les quotidiennetés banales,cacas de chiens et nids de poule, elle nous montre les lendemains qui chantent.Seuls ceux qui croient sont heureux,comme dans toutes les religions.Mais ne vaut-il pas mieux vivre heureux ?

  • > Le discours du nouveau Maire de Pau
    24 mars 2008, par Gubo  
    MAUVAIS JOUEUR !

  • > Le discours du nouveau Maire de Pau
    24 mars 2008, par Patrice le Bouguignon  
    Les voies des Palois

    Bonjour,

    Je n’ai pas voté pour M. CASSOUS. Toutefois, je lui laisse toute de même quelques temps pour mettre en place les grands axes de sa politique. Elle parle de ligne verte très bien. Il faudra tout de même remettre en état les voies et trottoirs, qui dans certains quartiers sont complétement défoncés. Quant à la gratuité des transports pourquoi pas ? Cela se fera je présume au détriment d’autres projets ?.. le problème sera de savoir lesquels. En tout état de cause, nous resterons très vigilants sur le montant de nos impôts...et de son programme bien ente du..

    Nous lui souhaitons toutefois de reussir ,car il y va de l’intérêt de tous les Paloises et Palois.

    Patrice le Bourguignon

  • > Le discours du nouveau Maire de Pau
    24 mars 2008, par la ville de la déception  
    aucun souffle, c’est creux ! de la gestion en perspective, i.e. aucune perspective

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