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France - Exporter : l’urgence nationale

lundi 4 mars 2013 par Bernard Boutin


Les chiffres donnent le tournis : la dette publique devait dépasser 90 % du PIB fin 2012 (chiffres pas définitifs à ce jour). Pour mémoire, elle était de 64 % fin 2007. Les pourcentages n’étant pas suffisamment parlant, il est bon de se pencher sur le réel : le PIB de la France sera en 2012 de 2.029 milliards(1) et, à 90%, la dette avoisinera environ 1.830 milliards d’euros. Conséquence : La France sera contrainte d’emprunter environ 170 milliards en 2013 à moyen et long terme en 2013 (2) et dédiera à la charge, les intérêts, de la dette française pas moins de 46,9 milliards d’euros. La Cour des comptes lance une alerte...

Elle peut en lancer d’autres : Le déficit budgétaire du seul Etat en 2012 s’élève à 87,2 milliards d’euros soit un déficit public à 4,5% du PIB (3). A ce sujet, ma voisine me fait suivre un courriel : "Avec son Président, son premier ministre, ses 25 ministres et 9 secrétaires d’Etats, le gouvernement français à 36 membres pendant que le gouvernement allemand est composé d’une Chancelière et 8 ministres... qui le soir rentrent tous dans leur appartement, Angela Merckel comprise, dont ils honorent le loyer, les factures d’eau et d’électricité".

Le pensum va plus loin : "906 personnes travaillent à la Présidence de la République et disposeraient de 121 véhicules. A la Chancellerie, ils sont 300 avec 37 véhicules. Coté allemand, on prend le train et les liaisons aériennes régulières. Côté français, le gouvernement dispose d’un Airbus A330-200 (merci Sarko), de 6 Falcons et de 3 Hélicoptères Super Puma".

Basta direz-vous ! Juste deux chiffres de plus : "le budget de l’Elysée serait de 113 millions d’euros, celui de la Chancellerie de 36,4 millions d’euros".

Tout cela ne serait pas bien grave si la France était une nation qui gagne des parts de marché en exportant toujours plus qu’elle n’importe. Mais voilà, en 2012, la France a exporté pour 442 milliards de biens et importé 509 milliards. Un trou de 67 milliards. Un de plus qui va s’ajouter à celui du déficit de l’Etat, à la charge de la dette etc.

Les indicateurs de la Banque Mondiale donnent des pourcentages précis sur la part de l’exportation dans le PIB des pays européens : En 2011, la France a exporté pour 27% de la valeur de son PIB pendant qu’elle importait pour 30 % (4). Trois petits pourcents qui font un trou de 67 milliards en 2012. Pendant ce temps, l’Allemagne exportait 50% de son PIB et n’en importait que 45% : Plus 5 petits pourcents qui font un excédent de 188 milliards d’euros. (5)

Les chiffres de la Banque Mondiale montrent que les pays gagnants de l’Europe exportent tous une très grosse partie de leur PIB (50% Allemagne, 83% Pays Bas, 57% Autriche, 50% Suède, 41 % Finlande) pendant que les malades de l’Europe faisaient l’inverse (29% Italie, 25% Grèce, 30% Espagne, 36% Portugal et France 30%).

La facture énergétique contraint les pays européens à exporter le plus possible et/ou à développer des ressources énergétiques nouvelles comme les gaz de schistes. N’oublions jamais, cette incontournable facture, 69 milliards d’euros en 2012, qu’il nous faut absolument importer et payer. Et dire qu’il y en a qui veulent fermer les centrales nucléaires ?

Cette nécessité impérative d’exporter ne pourra se concrétiser pour notre nation que par une compétitivité reconquise -cela passe par une forte diminution des charges faisant suite à une réforme en profondeur du "millefeuille"-, une gagne entrepreneuriale retrouvée - les dégâts des 35 heures ne sont toujours pas effacés -, une recherche et développement portés au niveau d’enjeu national N°1. Il faudra plus qu’un "Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi" pour y arriver...

Et, si l’exemple vient toujours d’en haut, sachez que la ministre française du commerce extérieur, Nicole Bricq, ne parle pas Anglais. Only in France !


- par Bernard Boutin

(1) source : http://www.capital.fr/stats-eco/indicateur/PIB
(2) source : http://www.challenges.fr/economie/20130103.CHA4765/la-dette-francaise-plus-attractive-en-2013-qu-en-2012.html
(3) source : http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/14/deficit-budgetaire-derapage-un-milliard-2012-objectif-pib-confirme_n_2472059.html
(4) source :
 http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.ZS
http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.IMP.GNFS.ZS
(5) source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202555006329-l-excedent-commercial-allemand-au-plus-haut-depuis-cinq-ans-536691.php

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Votre commentaire



> France - Exporter : l’urgence nationale
7 mars 2013, par Georges Vallet  

Sans aucune volonté polémique mais seulement à titre informatif, quelqu’un pourrait-il répondre à mon questionnement ci-dessous ?

Définition du chômage par le B.I.T.

En application de la définition internationale adoptée en 1982 par le Bureau international du travail (BIT), un chômeur est : une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions :


être sans emploi, c’est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence.

être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ;


avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

Un chômeur au sens du BIT n’est pas forcément inscrit à Pôle Emploi (et inversement).

Questionnement :

Le nombre de chômeurs recensés inclut-il ?

les emplois précaires, le temps partiel subi et les préretraites.

Les demandeurs de premier emploi

Les commerçants, paysans, artisans, patrons de petites entreprises qui, du fait de la conjoncture générale et locale, ont été contraints, tout en étant en état de travailler, de cesser leur activité.

Ils répondent aux critères ci-dessus.

Si ce n’est pas le cas, le chiffre du chômage est une approximation vraiment très partielle de la situation sociale.

En est-il de même dans les autres pays européens ?

Merci d’avnce

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    7 mars 2013, par Eric Thuillier  
    Les sources ne doivent pas manquer pour tenter d’extraire des chiffres plus conformes à l’étendue réelle du chômage. Dans ma petite contribution ci dessous, j’ai retenu le chiffre de deux emplois manquants pour 10 personnes, c’est certainement plus proche de la réalité que les chiffres officiels selon lesquels il n’en manquerait qu’un. De toute façon, ainsi que vous le dites vous même, il est possible de faire fluctuer ces chiffres dans des fourchettes très larges selon les points de vues. Qu’ils soient 10 ou 20 % n’enlève rien au coté dramatique de certaines situations et notre refus de regarder ce problème en face confine au comportement criminel. Un exemple récent qui montre un état de misère sociale qui ne touche pas que les pauvres, qui est la marque de toute une société. Alors qu’il est dans une situation difficile, un jeune homme apprend son licenciement pendant que sa femme est à la maternité pour un troisième enfant. Il se donne la mort. La jeune femme est laissée seule avec son deuil, la fatigue des suites d’un accouchement et ses trois enfants, elle se donne aussi la mort après avoir étranglé ses trois enfants. C’est un fait divers qui retient à peine l’attention. Il est vrai qu’au même moment Florence Cassez rentrait du Mexique.

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    8 mars 2013, par Georges Vallet  

    Je vous suis parfaitement dans votre raisonnement ;

    mon objectif était surtout d’apprendre, car je l’ignore, comment on décomptait officiellement le chômage.

    C’est intéressant pour voir comment on peut adapter une réalité en passant de la transparence à l’opacité.

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    8 mars 2013, par Oscar du Pont  

    Inutile de noircir le tableau. Selon le Dares les demandeurs d’emploi non indemnisés étaient 2,5 millions en 2011, derniere stat connue.

    Tous les détails et les définitions des séries statistiques Pole emploi ( demandeurs indemnises) et INSEE (BIT) ici :

    http://travail-emploi.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques-de,76/statistiques,78/chomage,79/

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    7 mars 2013, par Eric Thuillier  

    Au regret de manquer de temps pour lire les contributions et participer aux débats en temps utiles, juste un mot pour dire mon désaccord avec ce regard chiffré sur la réalité. On ne peut la décrire de cette manière pas plus qu’on ne peut dresser le portrait d’un être vivant en décrivant l’extraordinaire complexité de son organisme, alimenté de quantité de chiffres qui « donnent le vertige ». Deux limites sautent aux yeux quant aux vertus de l’exportation. 1- Pour que des pays dégagent un solde positif de leurs balances commerciales il faut bien que d’autres fassent le contraire. Compte tenu de la mondialisation le fait d’appartenir au premier groupe ne préserve qu’assez provisoirement d’une crise qui menace de tout emporter, pays riches et pauvres, si l’humanité continue à choisir la marchandise comme guide suprême. 2 - Dans un contexte d’avancées technologiques très rapides, un dynamisme économique retrouvé favorise les investissements dans le domaine technologique avec en toile de fond le besoin d’augmenter ou garantir les marges en limitant ce qui est le plus coûteux : le travail. Même une forte croissance ne permettrait pas de lutter vraiment contre le chômage et par conséquent contre le marasme qui gangrène les esprits. De ce point de vue, les solutions proposées par Georges Vallet me semblent tout aussi irréalistes. Certes il faut former, innover, développer la culture scientifique mais en attendre la sauvegarde de l’humanité sans lui adjoindre autre chose est une illusion.

    Qu’est ce que cet « autre chose » ? Pour faire court, c’est la volonté politique. Quand nos standards conduisent - et conduisent irrémédiablement - à ce que le marché du travail n’offre plus que 8 places (pour l’instant) pour dix individus, nous avons un ardent besoin de faire de la politique, de créer de la société qui digèrent ses données nouvelles, qui ne se satisfait pas de la compétition féroce pour faire plutôt partis des huit servis (dont quatre pas trop bien d’ailleurs) mais imagine les moyens, le saut qualitatif nécessaire à la résolution d’un problème qui nous couvre de honte. Un problème dilué à l’infini dans des données chiffrées qui sont autant de masques sur nos incompétences (voir les dernières 47 mesures contre le chômage qui s’ajoutent aux centaines d’autres conçues depuis trente ans, qu’on affrète par trains, les mesures ne se transportent pas autrement, qui n’arrivent jamais nul part). C’est pourquoi je crois qu’un projet de parole « alternative », doit laisser les chiffres aux institutions qui nous en inondent les méninges, et s’intéresser aux idées et à leur circulation. Car en dépit des flux d’informations dont on nous rebat les oreilles et qui seraient en elle même preuve de mouvement, je crois que la société est pétrifiée, que le sang n’y circule pas.

    Qu’il circule à nouveau et partout le désir renaîtra. D’être former, d’innover, de participer, d’exporter. La société, pour la mettre au travail, il faut d’abord la sortir de son lit d’hôpital, il faut d’abord remplir ses veines de pensées, pas de chiffres, d’eau pas de cailloux.

    > France - Exporter : l’urgence nationale
    5 mars 2013, par Rêveur des villes  

    Une question tout de même. Pourquoi est-ce que l’Europe du Nord et Allemagne notamment a laissé entrer la Grèce dans l’Eurozone, pourquoi a t-elle laisser l’Espagne atteindre un tel taux d’endettement privé et public en participant par exemple au financement de LGV inutiles (ce dont l’Allemagne se garde bien de faire chez elle).

    Pour avoir une monnaie plus faible que le DM pour mieux exporter ??

    Si qqun connait la réponse...

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    7 mars 2013, par Daniel Sango  

    Cela est connu. On a laissé entrer la Grèce en Europe d’une part parceque c’est un peu le berceau de notre civilisation, mais surtout parceque la Grèce a remis des comptes truqués et Bruxelles ne s’est aperçu de cela que quelques années plus tard...trop tard.

    Quant à l’Espagne elle a subi une crise immobilière qui l’a mise à terre. Une erreur gravissime du même style que la crise immobilière aux USA. Avec la différence qu’aux Etats Unis ils peuvent imprimer de la monnaie à gogo, tandis qu’en Espagne...

    Avec un effondrement du PIB tout suit...

    La France est aussi à la veille de l’implosion à cause de l’hypertrophie de la dépense publique. On nous rebat les oreilles avec le fait que la France ne subit pas la crise, oui forcément, il y a une armée de fonctionnaire pour qui rien ne change. Oui mais cela est en train d’être payé par les générations futures. Jusqu’à quand ?

    D’autre part et avant tout, avec donc une barque avec peu de rameurs et beaucoup de touristes, quand la croissance démarre un peu, rien ne se passe car dans les autres pays, ou il y a plus de rameurs, le navire avance plus vite...

    Le mur approche...

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    7 mars 2013, par Rêveur des villes  

    Ceci est l’explication à première vue.

    Il me semble que certains politiques ont avoué qu’ils savaient que les comptes des la Grèce étaient truquées.

    Et si la crise immobillière affecte fortement l’Espagne, certaines dépenses publiques inutiles (LGV, grand Opéra de Valence, pléthore de routes très secondaires à la dimension de nationales etc), contribuent également à l’enlisement du pays.

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    5 mars 2013, par le coq  

    Si vous voulez "comprendre" la stratégie mondiale, les ficelles de Bruxelles, la réalité des clubs services tels : le groupe Bildeberg, la Table Ronde Européenne (TRE), vous aurez les bonnes informations sur le pouvoir qui reste à chaque Etat dans le commerce mondial. Alors nos gesticulations nombrillistiques qui ne servent qu’à noyer le poisson ne gênent que ceux qui veulent y croire. Si vous consultez vous saurez et si vous avez pu suivre "arte" ce matin sur les dessous de Bruxelles et des forces du lobbying international, plus rien ne vous invitera à la réflexion, les carottes sont cuites depuis longtemps. Il n’y a que des "pipos" élus en France pour croire avoir du pouvoir. LISEZ ?LISEZ....

    > France - Exporter : l’urgence nationale
    4 mars 2013, par Rêveur des villes  

    Pendant ce temps, l’Allemagne exportait 50% de son PIB

    Nein...

    PIB de l’Allemagne : 3 600 Mds$ exportations : 950 Md$ (selon Wikipedia qui se réfère à la Banque Mondiale)

    L’Allemagne exporte peut-être 50% de sa production industrielle, mais certainement pas de son PIB.

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    4 mars 2013, par Rêveur des villes  

    Pour le reste, si la dette publique allemande est stable à 80% PIB, celle de la France est à 90% et il est certain qu’elle atteindra au moins 100% voire 110%, qu’elle sera donc un handicap encore plus lourd qu’aujourd’hui.

    Dans les pays latins, le bla-bla, le clientélisme et la corruption l’emportent sur la qualité de la gestion. La classe politique paloise étant mauvaise parmi les mauvais.

    Les perspectives ne sont pas bonnes. Le savoir-faire perdu dans les délocalisations ne pourra (en grande partie) pas revenir. Les sur-effectifs énormes et gaspillages des collectivités locales ont installés le pays dans un déficit public structurel que aucun politicien n’affrontera.

    Pas grave pour certains intellos de gauche, dont on a eu un exemple sur le forum, qui nous disait que l’industrie était peu importante et que ces emplois pouvaient être remplacés par ceux de la culture et du social.

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    4 mars 2013, par Georges Vallet  

    Bonjour Bernard

    Permettez-moi quelques remarques.

    1°) Je suis absolument consterné par cette avalanche de chiffres ! Etant de formation scientifique, j’ai pris conscience, depuis longtemps, combien il était dangereux de s’appuyer sur des chiffres. Vous tombez dans le travers de la pensée unique matraquée à longueur de temps par des experts qui n’ont que le nom. Ces chiffres sont tous inexacts car ils reposent sur des paramètres de calculs obligatoirement subjectifs et évolutifs dans le temps et l’espace, de plus le coefficient d’approximation donc d’erreur possible est souvent considérable ! Alors que l’instabilité, et l’incertitude de l’avenir dans tous les domaines, n’ont jamais été aussi grandes, faire des prévisions sur 1,5 ou 10 ans, c’est irresponsable. Si l’Europe ne réagit pas sainement, ce sera sans doute pire, pour tous cette fois ! L’Allemagne a tout à perdre à jouer ce jeu. Vous savez très bien par exemple que le chiffre du chômage n’a aucune valeur, le mode de calcul a changé régulièrement pour faire diminuer le nombre global et le nombre des prestataires. De plus, le calcul est complètement différent en Europe ! D’autre part, si comme dans des pays du N le chômeur est pris en charge aussitôt vers une formation porteuse c’est bien plus supportable que d’être laissé pour compte dans un pôle emploi sans ressources. Comparez des sujets semblables dans des pays où le mode de vie, la culture, les ressources, les institutions, les paramètres de mesure etc. sont différents ne veut pas dire grand chose sauf si on veut démontrer quelque chose sans souci de rigueur ( là, oui, elle est utile !) ! Un pays, c’est un tout qui cherche un équilibre, ce qui ne pourra jamais se faire au niveau européen tant que l’on n’aura pas uniformisé les institutions à la fois économiques et sociales. Vous auriez pu citer aussi un autre chiffre publié par le Figaro :soixante-cinq milliards d’euros, 4% du Produit intérieur brut, tel est le montant des aides publiques reçues par les entreprises en 2005. Ces chiffres ont été publiés dans le "Figaro économie" sous le titre "Aides publiques : le jackpot des entreprises". Pour les résultats qu’on connait ! On peut se demander s’il n’y a pas là des économies à faire plutôt que de nouvelles aides qui ne bouchent que le tonneau des Danaïdes ! On disait que la France n’avait pas de pétrole mais des idées, pas les patrons des grosses entreprises ! Gestionnaires, seuls les chiffres, les bilans financiers comptent ; ils sont absolument sans compétences techniques car nuls dans le domaine scientifique. Savoir compter ce n’est pas être scientifique sauf si cela peut permettre d’interpréter le résultat d’une expérience conçue pour faire progresser une connaissance ! Peut-être aussi pourrait-on indiquer les sommes versées par l’État pour son intervention en Afgahnistan, en Libye, au Mali et ailleurs. Qui paie les troupes tchadiennes ? Qui a payé les « rafales de Dassault ? On pourrait les comparer avec les mêmes sommes versées par l’Allemagne devenue le troisième vendeur d’armes du monde !

    Les révolutions ne se sont jamais faites par des chiffres mais par des idées !

    2°) Si à première vue l’argumentaire qui s’offusque sur le déficit des exportations se conçoit très bien, il serait peut-être utile de se projeter dans l’avenir, même à court terme. Dans une période où le pouvoir d’achat diminue du fait de la crise économique et sociale, où les classes moyennes qui achètent le plus se serrent la ceinture,où les stocks de véhicules non vendus s’accumulent, pensez-vous pertinent de continuer à investir dans la fabrication, moyennant sacrifices, des biens de consommation que la concurrence des pays en voie de développement fabriquent ou vont fabriquer en masse à des prix bien plus bas et avec une qualité qui s’améliore de jours en jours ! L’avenir est dans la reconversion vers l’innovation. Nous sommes un petit pays avec peu de ressources fossiles mais avec le soleil, la mer, des zones volcaniques à haute compétence géothermique. Une autre richesse c’est la matière grise de nos jeunes, de nos petites et moyennes entreprises qui fourmillent d’idées. L’avenir de la France est là. Il est dramatique de voir la chute des % de jeunes se dirigeant dans des disciplines scientifiques. Les quelques uns qui réussissent dans les classes préparatoires et les bac +6 ou7 partent en majorité à l’étranger dans la finance ou le commerce ? On paye des impôts pour envoyer de la matière grise aux pays concurrents. Quel gaspillage de nos élites ! Quel potentiel d’innovation potentiellement au service de notre recherche , de nos créations, seul secteur où nous pouvons être largement compétitif, ou le petit peut vendre au grand.Ce n’est pas par la rigueur que l’on augmentera la compétitivité mais avec de la matière grise bien formée et des patrons d’entreprise compétents , non dans les comptes, non dans les chiffres mais dans la compétence scientifique.

    3°) Quand vous évoquez la profondeur de la dette, elle l’est sans doute mais impossible de la chiffrer, elle dépend de la valeur de l’euro, du dollar et des autres monnaies. Avec la spéculation elle peut fluctuer suivant la volonté des puissances internationales. Une sensible baisse de l’euro et tout change : commerce plus facile, relance économique et de l’emploi. Je m’arrête, c’est déjà trop long. Je n’évoque pas les domaines d’accords, ils sont nombreux, comme celui qui évoque le train de vie de l’Etat, le nombre des structures de gestion territoriale, le sujet est inépuisable ! Cordialement

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    5 mars 2013, par Daniel Sango  

    Je ne puis que réagir aux nombreuses inexactitudes de cet argumentaire. Je ne prendrai que quelques points car ce serait trop long.

    "faire des prévisions sur 1,5 ou 10 ans, c’est irresponsable."

    Erreur génétique d’un universitaire. Comment définir une stratégie, une action, comment les comparer entre elles si on ne fait pas des prévisions a 1, 5 ou 10 ans ?

    Toute entreprise, tout porteur de projet, tout chercheur (excepté peut être celui qui fait de la recherche fondamentale totalement théorique) fait des prévisions, envisage son action dans un contexte à venir. Il en est bien sûr de même pour les Etats.

    "Vous savez très bien par exemple que le chiffre du chômage n’a aucune valeur"

    Certes tout le monde sait qu’il est un peu difficile de comparer au dixième de pour cent les chiffres du chômage dans le temps et dans les Etats. Mais tout le monde admet que le Chômage est beaucoup plus faible en Allemagne qu’en France et beaucoup plus fort en Espagne ou en Grèce. Et on peut aussi rentrer dans les détails et faire une analyse plus fine, plus proche de la réalité.

    "ils sont absolument sans compétences techniques car nuls dans le domaine scientifique"

    Votre appréciation des managers français est plus que caricaturale. Mais au fait connaissez vous les grandes entreprises françaises et leurs managers ? Je pense que vous avez là une grande lacune. D’abord dans leur grande majorité ils ont une formation scientifique (polytechnique, grandes Ecoles, ec...) Et si le PDG, par hasard, n’est pas issu d’une grande école scientifique, dans les 10 principaux dirigeants vous trouverez une immense majorité de scientifiques.

    D’autre part ces hommes sont brillants, et font preuve d’une capacité d’innovation et de créativité très supérieure à la moyenne. Et je ne parle pas de leur capacité a comprendre et intégrer très rapidement tous les éléments d’une situation donnée.

    "Quand vous évoquez la profondeur de la dette, elle l’est sans doute mais impossible de la chiffrer, elle dépend de la valeur de l’euro, du dollar et des autres monnaies. Avec la spéculation elle peut fluctuer suivant la volonté des puissances internationales. Une sensible baisse de l’euro et tout change : commerce plus facile, relance économique et de l’emploi."

    Vrai et faux. On rentre là dans le domaine le plus explosif qui soit et qui peut nous entrainer dans la plus grande catastrophe.

    Oui la dette peut se manager par la dévaluation, associée à la planche à billet. C’est ce qui est en train de se passer aux USA qui rachètent 45 milliards de dollar de dette par mois par "monétarisation" (la planche à billet. C’est ce qu’a commencer à faire le Japon en faisant baisser de 20% le yen alors que depuis 20 ans le Japon ne se sort pas d’une stag flation. C’est ce que fait la Chine pour maintenir une compétitivité à l’exportation.

    Mais attention, cela ne fonctionne dans un commerce mondialisé que temps que les dindons de la farce ne disent rien.

    Si la spirale s’amorce sur la planète, ce sera la perte de confiance dans le système monétaire mondial et une ruine totale planétaire.

    Sur ces tristes paroles, mais bien réelles ...bonne journée

  • > France - Exporter : l’urgence nationale
    5 mars 2013, par Georges Vallet  

    Bonsoir,

    " Comment définir une stratégie, une action, comment les comparer entre elles si on ne fait pas des prévisions a 1, 5 ou 10 ans ?"

    D’accord, pour ceux qui sont sur le terrain de la décision obligatoire, c’est-à-dire nos politiques ou nos entrepreneurs, mais il faut prendre conscience qu’ils défissent une stratégie en se basant sur un calcul de probabilités ; Et ce calcul devient de plus en plus compliqué car tout va de plus en plus vite et les paramètres sont de plus en plus nombreux du fait de la mondialisation ; Mitterand et d’autres allaient même voir madame Soleil. Comme le titre de l’émission de C dans l’Air de ce soir, c’est la politique du ballon d’essai !

    Peut-on alors reprocher à ceux-là de ne pas réussir ou de ne pas tenir leurs promesses comme on ne fait que le rabâcher ? Ce sont les « proba » qu’il faut accuser.

    « Mais tout le monde admet que le Chômage est beaucoup plus faible en Allemagne qu’en France et beaucoup plus fort en Espagne ou en Grèce. »

    Je vous suivrais volontiers mais ce qui me gène c’est de me résoudre à considérer que la vérité c’est « le monde » qui la possède ! De ce côté là c’est vrai, l’actualité montre que les sondages, suite aux nombreux matraquages, donnent cette vérité.

    Quant au sujet de fond, je me ferai une assurance quand j’aurai une réponse à la question :« Qu’est-ce qu’un chômeur ? » Je ne donnerai pas d’exemples, ils sont trop nombreux ! D’ailleurs, cette définition est tout à fait différente suivant les pays, suivant les tendances politiques et suivant le temps des exigences économiques.

    Voilà pourquoi je considère que de faire des comparaisons entre les pays c’est comparer des torchons et des serviettes.

    Cordialement

  • > France - Economiser : l’urgence nationale
    4 mars 2013, par Daniel Sango  

    Certes le déficit commercial reste un des problème majeur de notre pays mais ce n’est pas lui qui changera à une brève échéance. La compétitivité et les exportations (à défaut de l’outil de la facilité toujours utilisé par les français : la dévaluation compétitive) necessite du temps, beaucoup de temps.

    Par contre elle est fortement influencée par l’équation d’équilibre : dépenses publiques/recettes fiscales.

    Aujourd’hui la France saigne les classes moyennes par un niveau d’imposition record. Les prélèvements atteignent 57% : Facile, mais insupportable !

    Et ce gouvernement de bonimenteur continue dans cette voie. Taxe sur le gazole à venir, taxe sur les retraités, déconnection de 1% des retraites (du privé) par rapport à l’inflation, etc...

    Aujourd’hui rien n’est fait pour diminuer la gigantesque ardoise des dépenses publiques (200 milliards de plus par an que l’Allemagne) Dans tous les domaines l’Etat français est obèse et Hollande est incapable de prendre la moindre décision courageuse. Il n’est même pas capable de suivre la Cour des Comptes pourtant dirigée par un socialiste ! Pas plus d’aileurs qu’il ne suit le rapport Jospin ou Gallois

    Car qui dit dépenses publiques énormes dit impôt très élevé, y compris sur le coût du travail. Une cure d’amaigrissement de l’Etat entraine une baisse des impôts et immédiatement une augmentation de la compétitivité.

    C’est donc en priorité aux dépenses publiques qu’il faut s’attaquer.

    Mais celles ci sont défendues bec et ongle par les nantis : l’armée d’élus majoritairement PS (Députés, Sénateurs, Conseillers Régionaux et Généraux, Maires adjoints et autres...) et les fonctionnaires (armée pléthorique surtout dans les municipalités et les intercommunalités où 250 000 postes peuvent être supprimés instantanément), les électeurs du PS

    Ne nous trompons pas de combat.

    Mais ne comptons pas sur Hollande pour lever le petit doigt. Heureusement Angela veille...

    Et attention aux taux d’emprunt cette année comme le dit Bernard, la France a un besoin énorme cette année...

    > France - Exporter : l’urgence nationale
    4 mars 2013, par le coq  
    il est plus facile de trouver des menteurs que des fonceurs.

    Bonjour BB, Vous pouvez citer tous les résultats officiels que vous voulez, Nos dirigeants s’en moquent car ce sont les chiffres des autres...Alors comment justifier de tels échecs quand on travaille sous les influences négatives des élus et autres fonctionnaires inutiles qui ne cherchent que la "planque", des enseignants qui se moquent de l’économie cultivant leur corporatisme utopique marxiste et pire. On voit le résultat avec les élèves. On peut ajouter tous les autres services de l’Etat dans la charrette....justice, impôts, droit du travail,... On vient de voir le scandale ALIMENTAIRE mais il faut savoir que c’est voulu depuis que les contrôles existent. J’en ai évidemment les constats pour le dire. Le pdg de Goodear a parfaitement raison dans ses courriers. La France est totalement vermoulue. Le refus des cumuls d’emplois pour les élus ne passera évidemment pas car les deux grands partis sont piégés. La génération d’après guerre a eu du travail de reconstruction, la suivante passera trente ans à étudier et 15 ans en CDD. On y va tout droit d’autant que les immigrés ont bien compris qu’il était plus facile de vivre sans travailler en France, puisqu’ils n’ont pas de papiers mais sont secourus socialement. Le monde à l’envers. Pendant ce temps une place en maison de retraite coûte 2000€/mois - pour avoir 2000€ de retraite il faut des revenus actifs de 4000€ en moyenne sur 25 ans très rare donc à charge des "héritiers" déjà taxés deux fois par les impôts. Une place de prison revient à 36000€/an à charge des citoyens auquels il faut ajouter les frais de soutien familial et autres. Un Elu du plus bas niveau revient à 100000€/an ; un député à 300000€/an et ainsi de suite. Alors pourquoi travailler quand les meilleurs postes sont en politique et qu’il suffit de savoir promettre à tout le monde que tout va changer dans 5 ans.

       
     
     
     
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