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Réflexions sur l’évolution des rapports de l’homme avec son environnement.

lundi 25 février 2013 par Georges Vallet


Le débat national pour la transition énergétique vient de commencer. La loi sera votée à l’automne. Pour 2020, les enjeux de la transition énergétique sont triples :
  • Écologiques : réduire de 20% nos émissions de gaz à effet de serre :
  • Économiques : réduire la dépendance énergétique, réaliser 20% d’économie, porter la part des énergies renouvelables à 20 % de la consommation, diminuer la part du nucléaire de 75 % à 50 % d’ici à 2025. • Sociaux : créer de l’emploi.
Un nouveau modèle de développement est à envisager, ce qui n’est pas franchement l’objectif chez les industriels, économistes, politiques et usagers !!!

La nature, tout le monde en parle. Chacun, suivant sa sensibilité, ses connaissances, son intérêt personnel : associatif, financier, professionnel, politique, est concerné. Le thème est ressassé, galvaudé même, sans arrêt, dans les médias, les réseaux sociaux, la politique, le commerce, le tourisme, l’agriculture, etc. Les débats contradictoires sont nombreux, cela fait du buzz, c’est l’essentiel !
Cela mérite une autre approche !
L’humanité est née et s’est forgée au contact de la nature, immergée en quelque sorte en son sein, pendant des millions d’années. L’homme culturel est une émergence de l’homme biologique. Sans prendre de gros risques, il ne peut pas rompre le cordon ombilical qui le relie à ses racines ; ce sont elles qui le nourrissent. C’est pourtant ce qu’il fait ! Le cerveau a permis à l’homme de créer de l’information. Il l’a utilisée pour « mettre en forme » la matière et l’énergie. Fragile, cette faculté d’imagination l’a d’abord protégé efficacement du milieu puis a été la source de la création et de la culture.
Cette relation avec la nature a pris un tour nouveau avec la révolution néolithique. L’invention de l’agriculture a induit une proximité plus distanciée, flirtant avec une première forme de maîtrise du milieu. Une rupture violente est à l’oeuvre depuis une cinquantaine d’années, annihilant la base paysanne ancestrale des sociétés, tout au moins dans les vieux pays industriels. En à peine un demi-siècle, nous avons radicalement changé la face du monde, l’enfouissant sous une techno-nature toujours plus étendue. Des agriculteurs sont devenus des industriels !
« Il est très étonnant qu’une rupture aussi violente, avec un passé si profond, ne nourrisse rien d’autre qu’une nostalgie des liens perdus. » D. Bourg, philosophe.
Toutes les civilisations ont entretenu un rapport sacré à la nature, sauf la nôtre : bien que consciente de sa fragilité, elle continue à l’exploiter sans restriction.
« Or les sociétés occidentales manifestent une appétence accrue pour toutes sortes de pratiques dites traditionnelles, en harmonie avec la nature. Cherchons-nous à renouer un lien perdu ? » D. Bourg.
La nature nous est extérieure : décor aménageable et transformable à souhait, c’est aussi un stock de ressources exploitables sans limites. Cette idée s’affirme à compter de la fin du XVIème et forge une vision spécifiquement occidentale.
Nous sommes la seule civilisation à nous penser comme une exception au sein du vivant, quasiment hors du monde.
La nature, extérieure, est devenue un objet de science. Or, en retour, la Science remet en cause cette séparation « naturaliste ». Elle nous enseigne une proximité avec le mode animal, tout particulièrement les grands singes !
« Nous sommes désormais dans un entre-deux, ni vraiment naturalistes ni totalement affranchis de la conception dualiste du monde. » D.Bourg
Depuis quelques décennies, il n’est plus possible d’affirmer que les hommes n’appartiennent pas à la nature : Darwin, la génétique, l’éthologie, les tensions sur la production alimentaire mondiale, la fragilité de notre espèce face aux fureurs en devenir du climat.....n’ont cessé et ne cessent de nous ramener à notre animalité.
Aldo Leopold apporte un questionnement nouveau, celui de l’éthique environnementale, induit par la prise de conscience de la hauteur des dégradations que nous imposons au milieu : avons-nous des devoirs vis-à-vis des non-humains, dont nous dépendons ? Devons-nous nous interroger sur la légitimité ou l’illégitimité de nos actions ? Cette éthique n’a guère influencé nos comportements, on assiste même à une régression, depuis Reagan et les vagues néoconservatrice et néolibérale. L’adoration de la nature n’est plus d’actualité, l’avancée des sciences bute sur la complexité du réel ; de nombreux domaines nous échappent en partie, mais ce non-savoir n’induit aucune sorte de mystères. La nature disparaît progressivement sous un voile techno-commercial : anthropisation systématique des espaces, agriculture hors sol, ingénierie écologique, biotechnologies, et peut-être, prochainement, biologie de synthèse, etc. « La politique n’offre plus aucune réponse, elle est fermée pour cause d’inventaire » (Michel Serres). Les rapports hiérarchiques ont changé.
Dans les populations primitives et chez-nous, avant l’ère industrielle, l’économie humaine s’adaptait aux exigences des lois naturelles. Tout est maintenant inversé ; la nature doit se plier au bon vouloir de l’économie, elle-même imposant sa volonté à l’homme culturel et biologique qui ne peut plus suivre !
Il est temps d’instruire, de renverser les rôles, de renouer avec nos racines. Cette doctrine doit comporter essentiellement quatre principes fondamentaux.
1°) Redéfinir la place de l’homme dans la biosphère. L’énergie venue du soleil est fixée par des d’organismes qui la transforment en énergie chimique, lui font subir des transformations, la dégrade et la recycle.

  • L’homme doit se brancher sur ce circuit et l’adapter à ses besoins.
  • Un équilibre est à établir entre les activités humaines et le reste de la biosphère.
Jusqu’à présent, chaque fois que nous avons formé un grand projet, nous l’avons immédiatement exécuté après avoir simplement envisagé ce qu’il allait nous coûter et ce qu’il allait nous rapporter, sans nous préoccuper de son impact dans le milieu dans lequel il allait trouver sa place. Ainsi par exemple le barrage d’Assouan, en Egypte, a certes eu des conséquences positives pour l’homme ; mais on avait « oublié » ses répercussions consécutives à une modification du régime des eaux du Nil : modification de l’agriculture régionale, arrivée de limons et d’éléments minéraux dans la Méditerranée, perturbation des éco-systèmes marins. L’exploitation du pétrole de l’Alaska, à côté du profit, matériel et financier, aurait des effets nuisibles, non évaluables avec précision, dans un milieu fragile à l’extrême. L’écologue ne peut jamais se prononcer aussi clairement et nettement que l’ingénieur car le facteur temps n’est pas éliminable d’une expérience biologique. Il faudrait disposer d’une durée bien plus plus longue que celle laissée par l’autorité politique. L’actualité liée à la liberté des marchés nous apporte des confirmations éclatantes : médicaments, alimentation industrielle, produits toxiques, etc.
2°) Contrôler l’accroissement démographique. Pendant très longtemps, l’espèce humaine ne comptait que quelques centaines de milliers d’individus ; il y a trente a ? quarante mille ans, elle a franchi le seuil du million d’habitants. Nous étions le milliard vers 1800. Le 12/10/1999, à Sarajevo, le six milliardième être humain naissait. L’augmentation est exponentielle depuis le début de notre ère. Un système exponentiel finit toujours mal !
3°) Qu’il s’agisse d’énergie, de matières premières minérales, de ressources non renouvelables, le prélèvement de l’homme grimpe en flèche. Le bénéfice est encore insuffisant !! Il faut substituer une croissance qualitative d’objets durables à la croissance quantitative d’objets jetables.
4°) Tout progrès technique n’est pas nécessairement réel pour l’homme. Beaucoup ont des effets secondaires néfastes contrebalançant les effets positifs. Nous payons trop cher un bienfait illusoire et passager, hors de proportion avec le profit que l’on en tire. Un tri est nécessaire dans ce que nous apporte le « progrès ».

Les conditions optimales pour un progrès réel de l’humanité sont à trouver dans une sorte d’équilibre entre les ressources disponibles dans la biosphère, les efforts nécessaires pour les collecter et les transformer, les effets secondaires néfastes de ces activités et les besoins légitimes de chacun.


- par Georges Vallet



Crédit photo : ekow.fr


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28 février 2013, par Gaia  

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