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Séparation ?

lundi 18 février 2013 par Courrier


Séparation ?

Il est de bon ton dans ce pays de se gausser de l’Assemblée nationale. Il est vrai que ses membres donnent à rire ou sourire de temps en temps et que par ailleurs, les règles de fonctionnement de l’Assemblée (comme le paiement de primes de nuit pour tous les personnels, même ceux qui sont restés au lit) ne montrent pas l’exemple d’une gestion économe.

Mais il faut reconnaître aussi que le Parlement doit traiter de questions souvent complexes. La loi doit promouvoir des règles s’imposant à tous et dans une société évoluée, de nombreux cas particuliers se font jour et des situations nouvelles apparaissent. Ainsi, puisque les couples homosexuels ont bénéficié sous François Mitterrand de la dépénalisation, sous Lionel Jospin de la possibilité de conclure des Pacs et bientôt de la possibilité de se marier, il faut aussi prévoir les divorces. Mais ce n’est pas l’objet de ce billet.

Considérons plutôt la question de la séparation des banques en deux entités, l’une consacrée au financement des entreprises et des particuliers, l’autre aux activités spéculatives sur fonds propres. Il n’est pas simple de comparer le projet du gouvernement avec celui du gouvernement britannique inspiré par John Vickers ou avec la règle Volcker aux Etats-Unis qui interdit aux banques de spéculer avec leurs propres capitaux. Sans parler du rapport Liikanen sur le plan européen qui doit tenir compte de situations différentes d’un pays à l’autre.

Les banques elles-mêmes diffusent des messages qui peuvent sembler contradictoires. D’un côté elles affirment que le projet préparé par le ministère des finances ne touchera que 0,5% ou 1% de leur activité. D’un autre côté, elles s’affolent de l’éventualité d’un durcissement des règles, en mettant en avant le fait qu’elles ne peuvent mettre en péril leurs 400.000 salariés et le fait qu’elles n’ont pas eu la responsabilité de la crise financière des subprimes. Ces deux arguments doivent être nuancés. D’une part l’actif bancaire français représente 340% du produit intérieur brut de la France, ce qui met à sa juste mesure le 1% avancé. D’autre part, on ne peut oublier que le naufrage de Dexia a déjà coûté 12 milliards d’euros aux contribuables belges et français et que les banques françaises ont dû leur survie en 2008 aux 320 milliards de garantie apportés par l’Etat.

Pierre Moscovici, le ministre des finances, rejette le modèle du Glass Steagall Act qui a imposé en 1933 aux Etats-Unis une séparation des banques entre une activité de dépôts et de prêts et une activité spéculative. Mais il accorde à son ministère un rôle de surveillance des activités dites de tenue des marchés dans lesquelles peuvent se dissimuler de la spéculation. Il a dans ce domaine soutenu les deux amendements présentés par les députés socialistes Karine Berger et Laurent Baumel. Il s’est aussi rangé à la position des écologistes qui veulent une transparence sur les chiffres d’affaires et les effectifs de nos banques dans tous les pays, y compris dans les paradis fiscaux. Il s’agira-là d’une première mondiale. On peut souhaiter qu’elle soit imitée et qu’elle soit effective et non biaisée par le jeu de filiales.

Alors que le gouvernement veut aller vite, la City a obtenu que les mesures du rapport Vickers ne s’appliquent pas avant 2019. Le trading à haute fréquence à des fins spéculatives et la spéculation sur les matières premières agricoles ne seront donc interdits qu’en France. On peut s’interroger sur l’efficacité de telles mesures.

Outre la protection des clients et des contribuables, le projet en examen veut plafonner les frais bancaires liés aux incidents de paiement qui frappent essentiellement les plus fragiles.

On le voit, les choix ne sont pas simples entre la volonté de respecter des engagements de campagne et un réalisme visant à ne pas enfoncer le pays dans la dépression.

Léon Valrasse


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> Séparation ?
19 février 2013, par Daniel Sango  

C’est rigolo, beaucoup de vent pour pas grand chose. Evacuons de suite la réglementation à la française qui n’aura strictement aucun effet.

Par contre, lorsqu’on veut parler de finance pourquoi ne pas parler du problème de fond qui met notre planète au bord du gouffre ?

Tout d’abord, nos politiques donneurs de leçons, s’ils étaient banquiers, seraient tous en faillite. Surendettement : nos politiques en sont les champions du monde.

Donc qu’ils commencent par s’occuper de ce dont ils ont la maîtrise totale.

Ensuite, les subprime ne sont qu’une escroquerie de minuscule amplitude par rapport à ce que font nos politiques. Aujourd’hui les USA impriment 40 milliards de dollar par mois pour racheter leur dette. C’est quoi cela ? Qui paye l’addition ? Ce n’est pas de l’escroquerie ?

L’Europe en a fait de même par deux fois, mais Angela veille ...un peu... Si on écoutait Hollande il faudrait faire de la relance par la création de monnaie.

C’est pas de l’escroquerie ?

Aujourd’hui USA, Japon, Chine sont dans une guerre des monnaies bien plus dangereuse qu’une guerre nucléaire.

Messieurs les politiques commencez par régler ce problème gravissime.

> Séparation ?
18 février 2013, par Oscar du Pont  

On le voit, les choix ne sont pas simples entre la volonté de respecter des engagements de campagne et un réalisme visant à ne pas enfoncer le pays dans la dépression.

Si les promesses n’avaient pas été aussi stupidement démagogiques, il est probable qu’on n’en serait pas là. A vouloir, comme d’habitude, donner des leçons de transparence et de vertu au reste du monde, nous n’en sortirons que d’avantage isolés et marginalisés.

La principale conséquence des contraintes mises sur notre système bancaire sont déjà évidentes. Diminution drastique des financements, agravation des difficultés pour les entreprises et renchérissement des prestations bancaires pour les particuliers. Le tout sur fond de "ça ira" et de "yaka" vertueux dans les rangs d’une coallition sans queue ni tête qui tente de recoller des idéaux surréalistes avec le simple énoncé des faits : le système financier est le carburant de notre économie avant d’en être le grand Satan.

Son repli frileux sur lui-même en France aujourd’hui annonce des moments très pénibles.

  • > Séparation ?
    18 février 2013, par Rêveur des villes  

    Oscar : "le système financier est le carburant de notre économie avant d’en être le grand Satan"

    Le système finanier est très loin d’être parfait. On l’a vu lors des subprimes. Enfin, il est devenu une industrie en soi, relativement opaque pour ne pas dire largement, qui coûte finalement très cher et avec parfois des résultats désastreux. exemple : agences de notation avant la crise des subprimes et banques aux pratiques très douteuses (Goldman Sachs etc) sans qu’il leur en coûte quoi que ce soit.

    Mais sans doute leur pouvoir financier leur permet d’acheter facilement les politiques (qui de toutes manières ne vont pas aller au charbon pour mettre de l’ordre dans ce secteur très complexe et bien verouillé pour protéger ses intérêts, et pour un résultat non-rentable électoralement, le bon peuple étant à des années lumières de ces questions-là).

    Mais le débat est immense.

  • > Séparation ?
    18 février 2013, par Oscar du Pont  

    une industrie en soi, relativement opaque pour ne pas dire largement, qui coûte finalement très cher et avec parfois des résultats désastreux...

    Rêveur, c’est justement ce genre de remarques philosophiques qui a conduit à des promesses de campagne irréalistes. Le système financier ne doit pas être confondu avec "l’industrie" financière. L’industrie financière s’est fixée pour objectif de gagner de l’argent avec de l’argent. Elle vit dans son monde, avec ses règles techniques et n’interesse la collectivité qu’en cas de crise majeure. Comme l’automobile aujourd’hui, par exemple, pour citer une autre industrie cyclique. Le régulateur, averti par les épisodes précédents se doit donc de lui imposer des mesures techniques destinées à cantonner le risque à cette industrie et non pas au reste de l’économie.

    Là où les choses relèvent du mal compris c’est quand on confond les services financiers avec cette industrie et que les mesures prises se traduisent en fait par une raréfaction du carburant qui est nécessaire au fonctionnement des entreprises. Sans crédit , aucune entreprise même bien gérée ne peut survivre. En particulier en France où les entreprises se caractérisent en général par l’insuffisance de leurs fonds propres et un fort recours à la dette. Comme l’ Etat.

    Sans recours aux activités de marché, les banques sont incapables de disposer des marges nécessaires pour supporter le risque du prêt. Surtout si pour des raisons techniques on leur impose des ratios fonds-propres/encours bien plus exigeants qu’auparavant. A force de vertu, le vert tue.

  • > Séparation ?
    18 février 2013, par Daniel Sango  

    Il est de bon ton dans ce pays de se gausser de l’Assemblée nationale

    Non, ceci n’est pas exact. Dans notre assemblée Nationale, il y a une centaine de députés qui travaillent, dans les commissions, qui portent les lois les amendent, bref font leur travail. Hélas cela paye peu car ils sont pour la plupart peu médiatisés.

    Par contre, il est bien logique de se moquer (ce devrait être pire...) de tout le reste.

       
     
     
     
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