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Ustaritz à la dérive.

lundi 21 janvier 2013 par Joël BRAUD


Une petite fille de 5 ans, à Ustaritz, a été « utilisée » par la municipalité pour contraindre ses parents à payer une dette de cantine. Adresse à Léa.

Léa, du haut de tes cinq ans, tu nous regardes d’un air étonné de cet air des enfants qui ne comprennent pas les salades imbéciles des adultes. Oui tu as de grands yeux et un sourire d’enfant. Tu possèdes la pureté et l’insouciance de ton âge, tu as droit à rester une enfant et il faut que tu restes une enfant.

L’autre jour alors que tu te trouvais avec tes copines et tes copains à la cantine, une femme portant un uniforme est venue te « chercher » sans vraiment t’expliquer pourquoi. Tu avais à peine commencé ton repas. On te dira plus tard qu’il s’agit d’une policière municipale, d’autres ont dit que c’était une policière du commissariat *, d’autres ont écrit que c’était un gendarme**. Mais là n’est pas l’essentiel.

Il se trouve que tes parents qui ne s’entendent pas, ce dont tu dois souffrir, ont une dette envers la mairie, une grosse dette, 170 €, tu parles d’une affaire. Il se trouve que tes parents ne refusent pas de payer mais sont négligents au point de ne pas répondre aux lettres et injonctions de la mairie. Bien sûr ils n’ont pas raison, mais la vie est ainsi faite qu’on peut avoir des dettes sans pour autant être malhonnête.

Est-ce une raison pour t’utiliser, toi, Léa, âgée de 5 ans, pour faire pression sur tes parents afin qu’ils se sentent obligés de payer ? Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Tu n’es pas un instrument. Et si certains qui se croient importants alors qu’ils ne le sont pas, estiment avoir le droit de le faire c’est qu’ils sont indignes. Ils considèrent, ces gens-là, qui se croient importants alors qu’ils ne le sont pas, que tu n’as pas le droit de manger parce que tes parents ne payent pas. Ah la belle affaire ! Qu’as-tu à voir là-dedans, en quoi es-tu responsable ?

L’argent tu sais sans doute ce que c’est, à quoi ça sert, mais tu ne sais pas si une somme de 170 € est une grosse ou une petite somme. Eh puis d’ailleurs tu n’as pas à le savoir, garde ton innocence, c’est plus honorable.

Tu n’es pas un instrument mais tu es sans doute un révélateur, oui, quelqu’un qui nous permet d’apprendre ce que l’on ne sait pas. Tu es plus importante à ce titre que tu ne le crois parce que tu nous obliges, nous les adultes, à réfléchir.

Et voici les questions que nous devons nous poser : Est-il bien raisonnable de confier à des gens qui se croient importants alors qu’ils ne le sont pas, des instruments comme la police municipale ? C’est sans doute mettre dans les mains de personnes qui ne raisonnent pas et qui ne savent pas que l’enfance doit être absolument protégée de tout, un instrument d’autorité, de contrainte, avec un pouvoir coercitif (comme ils disent). Dans leurs mains, ce moyen non contrôlé sinon que par eux-mêmes, devient un danger.

Regarde les maintenant, ils sont bien embêtés, ils se rendent compte qu’ils ont fait une bêtise et, comme toujours chez les adultes, on cherche à faire reposer la faute sur un autre. Ce n’est pas moi, dit le chef, je ne savais pas. C’est pas moi, dit la policière municipale, je n’ai fait qu’obéir aux ordres et si je ne l’avais pas fait, je risquais mon emploi. Quelle est notre responsabilité disent les autres il fallait bien faire payer. La responsable de la cantine qui ne s’est pas opposée à ton extraction, prudente, se tait. Inutile de te dire qu’ils offrent un spectacle pitoyable. La justice tranchera en considérant qu’ils ne t’ont pas respectée, toi Léa, le personnage le plus respectable de cette triste histoire.

Mais garde ta fraîcheur, garde ta pureté, garde ton innocence, reste en dehors de tout cela. Oublie tout, retrouve tes copains et tes copines. Il ne faudrait pas qu’avec leurs conneries ils t’aient fait perdre ton insouciance.

Pau, le 21 janvier 2013

Par Joël BRAUD

• *La deuxième chaîne de télévision a annoncé que l’enfant avait été conduite au commissariat. Mais la police municipale ne dispose pas de commissariat.

• **Le journal « Le canard enchaîné » n°4812, écrit que « les gendarmes sont venus la chercher et l’ont conduite au poste sur ordre du maire ». Un maire n’a aucune autorité sur les gendarmes, pas plus d’ailleurs que sur la police nationale et c’est tant mieux.


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Votre commentaire



> Ustaritz à la dérive.
21 janvier 2013, par Marc66  

à 5 ans ! La prendre en otage alors qu’elle n’y est pour rien . Pfff lamentable adultes

sur le site ustaritz on a une maquette touristique avec plages et piscines

> Ustaritz à la dérive.
21 janvier 2013, par truitefario  

Ne s’agit-il pas là, au travers de la gamine, de règlements de comptes entre le père, le maire et la mère dont le silence fait poser questions ? Histoires dont on n’a pas à se mêler. J’ai , une nuit, il y a fort longtemps, hebergé chez moi, un enfant de mon école que ses parents n’étaient pas venus chercher après la garderie.Sans me poser de questions, ni appeler la police. Et l’enfant n’en fut pas traumatisé,croyez-le. Je frémis à l’idée de ce qui aurait pu m’arriver si,comme il est de bon ton de nos jours, j’étais tombé sur des parents procéduriers. J’attends certes encore des remerciements de leur part , mais à l’époque , on ne faisait pas des histoires médiatiques au moindre évènement qui n’irait pas dans le sens des bien-pensants. Pauvre de nous ! Qu’avons nous fait des relations humaines pour aller se plaindre ainsi à chaque occasion !!! Et de gens assermentés qui , au fond, n’avaient pour seul défaut que de porter une tenue vestimentaire différente des autres... Pas des tortionnaires sadiques, que des gens normaux. Parents aussi, sûrement plus honorables que ce père donneur de leçons.

> Ustaritz à la dérive.
21 janvier 2013, par Oscar du Pont  

Un examen objectif des faits vous aurait sans doute évité de verser dans la compassion larmoyante pour essayer de démontrer l’incapacité des élus à exercer le pouvoir de police qui leur a été confié. On sait bien, cher M Braud que ce pouvoir régalien est bien mieux utilisé et avec d’avantage de finesse et de subtilité lorsqu’il est contrôlé par "l’ Administration" et son impavide organisation hiérarchique qui en garantit l’efficacité et l’humanité...Il y a quelques années, on aurait peut-être confié, cette inutile mission à un garde champêtre, ou plus probablement, le maire ou un de ses adjoints s’en seraient chargés. Car comment ne pas voir dans cette affaire, l’incroyable indécence d’un père qui ose prendre à partie l’opinion pour régler un sordide conflit civil avec son ex-épouse, aux frais de la collectivité. Combien de temps faudra-t-il que nos élus acceptent que la déliquescence continue de la famille et la montée de l’irresponsabilité des parents reporte ses conséquences sur la solidarité publique et transforme le devoir en droit puis en dû ? On ne peut que féliciter les élus d’ Ustaritz d’avoir pris leur responsabilité en choisissant un cas qui relève de la provocation, en garants qu’ils sont de l’intérêt public, même si on peut regretter la manière qui, j’en suis persuadé sera très rapidement oubliée par la petite fille. D’autant qu’elle a été traitée de façon très humaine et même affectueuse semble-t-il par une brave mère de famille en uniforme. Son tort principal semble-t-il..

  • > Ustaritz à la dérive.
    21 janvier 2013, par Joël BRAUD  
    Vous avez peut-être raison de fustiger le comportement des parents, mais cela ne doit pas vous faire oublier que ce qui a été fait est illégal. Il existe des voies légales pour récupérer une créance. (huissier, référé etc.) Maintenant si le strict respect de la loi vous importe peu, alors...

  • > Ustaritz à la dérive.
    21 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Maintenant si le strict respect de la loi vous importe peu, alors...

    Allons allons..J’ai cru comprendre que la décision d’exclusion de la cantine municipale avait bien été prise et signifiée à des parents qui en étaient donc prévenus. Une conséquence logique des impayés, pas nécessairement prise au hasard si en on croit des commentaires relevés dans Sud-Ouest

    Michel Dupérou, adjoint au maire d’Ustaritz, relate aussi des litiges financiers entre la Ville d’Ustaritz et Laurent Ledain, à l’époque où il était gérant de SARL.

    Alors ne confondons pas la lune avec le doigt qui la montre et sachons raison garder. La petite fille se souviendra hélas d’avantage de ses parents qui l’ont un jour abandonnée que de la policière municipale dont une enquête reste à devoir nous dire qui lui avait donné un ordre. On tremble à l’idée que la pauvre femme ait agi de son propre chef !

  • > Ustaritz à la dérive.
    21 janvier 2013, par pehache  

    ...même si on peut regretter la manière qui, j’en suis persuadé sera très rapidement oubliée par la petite fille.

    Ca c’est vite dit, et vous en faites visiblement peu de cas.

    Personnellement je suis loin d’être certain qu’être emmené devant tout le monde par quelqu’un en uniforme, même avec gentillesse, quand on a 5 ans, soit si anodin que ça.

    Ce n’est pas parce que cet enfant a des parents irresponsables (si c’est le cas) qu’il faut en ajouter. Bien au contraire, car elle en souffre sûrement déjà suffisamment. Il y avait sûrement d’autres moyens que de l’impliquer.

  • > Ustaritz à la dérive.
    21 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Certes et je n’ai jamais dit le contraire. C’est sur la hiérarchie des responsabilités que je suis intervenu.

  • > Ustaritz à la dérive.
    21 janvier 2013, par truitefario  

    Ainsi la petite fille serait la victime de la méchante maréechaussée ou malchaussée ou déchaussée !! On en oublierait les manquements de ses parents dont le père parade avec arrogance sur les médias après avoir laissé des ardoises ailleurs... et utilise la société pour se dédouaner.

  • > Ustaritz à la dérive.
    21 janvier 2013, par Bertrand  
    Alors maintenant l’inquisition commence. Le père aurait laissé des dettes à Toulouse, comme ci ceci expliquait cela. Les temps sont durs pour ceux qui entreprennent en France... Mais là n’est pas débat. Peu importe les torts, une dette peut se recouvrir par bien d’autres moyens et faire "payer" l’enfant reste profondemment immoral. Quant à tous ceux qui ne se sont opposés à rien, honte sur eux également. Je n’ose imaginer ce qu’ils auraient pu faire 60 ans en arrière...

  • > Ustaritz à la dérive.
    21 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Je ne comprends pas. Personne n’ a pris cet enfant en otage pour recouvrer une dette. Il s’agissait simplement de cesser de l’augmenter. Quant au couplet sur le pauvre entrepreneur...Ce spécialiste en marketing et communication a voulu se mettre en scène comme une victime dans la presse locale. C’est à mon point de vue une circonstance agravante qui a bien entendu suscité les réactions de ceux qui attendent encore ses services, après les avoir semble-t-il payés. Mais comme il tient à le souligner, il a sa conscience pour lui et ira donc encombrer les tribunaux pour faire valoir ses droits et sa légitime indignation avec le soutien des bonnes âmes.

    NB : c’est plus clair maintenant Péhache ? smiley

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