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Histoires de famille

lundi 14 janvier 2013 par Oscar du Pont


Alors que la question du mariage homosexuel met la famille au centre des débats, l’actualité récente par une sorte de hasard curieux nous interroge sur ce qu’il en reste vraiment quand il est devenu si facile de reporter sur la collectivité une responsabilité individuelle délitée par la suprématie du droit sur le devoir.

C’est d’abord, cette lamentable affaire de vieille dame dont on comprend que ses fils tous deux aisés et bourgeoisement installés l’ont tout simplement « oubliée » après l’avoir fort confortablement installée dans une maison de retraite haut de gamme. Une manière de libérer leur conscience, mais de libérer probablement aussi de vieilles histoires qui leur ont fourni autant d’excuses pour laisser s’accumuler une dette de 40.000€. Malgré une décision de justice qui leur en réclamait le paiement.

C’est ensuite l’histoire de la petite Léa, qui si on écoute les medias, a été embarquée par le GIGN parachuté tout exprès à Ustaritz. En y regardant de plus près, on s’étonne de voir un père qui aurait presque une tête de gendre idéal si on avait de vraies raisons d’en vouloir à sa belle-mère, venir s’étonner de la « brutalité » de cette « prise d’otage » , dont la brave fonctionnaire municipale qui était de service ce jour là, s’est rendue coupable.

C’est enfin, la décision de la Cour d’ Appel de Versailles, qui rappelle clairement la responsabilité des familles lorsqu’il s’agit d’assumer les méfaits de leurs rejetons mineurs et les prie donc de plier bagages lorsqu’à force d’à force, leur présence devient en soi, une provocation pour leur voisinage. Hélas, il aura fallu plusieurs années à la justice pour dire le droit et les intéressés font semblant de ne pas comprendre.

Trois affaires qui ont eu en commun, une défaillance de la structure familiale, pour des raisons à peu près identiques et qui tiennent à des conflits d’intérêts entre les membres de la famille sans qu’un « père » de famille au sens du code civil ne soit en mesure de l’arbitrer. Conflits qui tirent leur origine du repli sur soi, de l’égoïsme d’adultes ou de l’indifférence et qui ont obligé des acteurs externes à la cellule familiale à se substituer à elle. Trois affaires qui ont provoqué les mêmes réactions immédiates et indignées de la bien pensance twitterisée devenue désormais pour nos élus une sorte de sauf conduit citoyen, une attestation de pensée correcte parce qu’unique. De la démagogie instantanée. L’ineffable ministre Peillon (quel joli nom pour un socialiste) s’est d’ailleurs fait une spécialité des communiqués à chaud, comme son ancien ami Montebourg, qui leur permettent de garder le contrôle de la situation sans la connaître vraiment, ce qui est bien entendu plus facile. Les media sont à l’unisson. Désormais, ils impriment les tweets, ce qui permet de les maintenir en l’air plus longtemps qu’un milliardième de seconde, mais pas beaucoup plus que celui qu’une oreille ou qu’un œil discrets leur accordent avant de subir le suivant. Et tout le monde reprend l’écho et s’indigne.

Et quand la poussière retombe, on se retrouve confronté aux faits et là encore, ceux-ci sont dans l’air du temps. Aucun des acteurs de ces faits divers sordides ne peut véritablement s’exonérer de sa responsabilité. Au premier rang d’entre eux, les coupables, appelons-les par leur nom. Ceux qui ont oublié leur devoir au point de ne pas prendre la peine de s’occuper d’abord de leur mère ou de leurs enfants avant de régler leurs sordides affaires familiales. Au second rang ensuite, ceux qui ont exercé leurs droits mais au détriment des otages des premiers et en en délégant l’exécution à des intermédiaires afin de garder les mains propres.
Au troisième rang, enfin, tous ces pénibles maîtres à penser, élus ou associatifs, toujours prompts à nous donner un avis autorisé sur des faits qu’il faut toujours un peu de temps pour comprendre et qui en réagissant à chaud, s’affranchissent d’une nécessaire réflexion. Une posture indispensable et bien pratique pour ne pas laisser le doute s’installer et ruiner leur petit stock d’idées toutes faites, lyophilisées et pré-emballées à servir à peine réchauffées au bon peuple.


- par Oscar du Pont
crédit photo : Dessin Loris 7 ans source TV5


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Votre commentaire



> Histoires de famille
15 janvier 2013, par Daniel Sango  

Dans Sud Ouest :

"Affaire de la cantine à Ustaritz : le père porte plainte Le père de Léa demande des comptes devant la justice. La mairie, elle, est prise à partie par de nombreux appels et mails "

Ben voyons, il ne paie pas la cantine de sa fille et en plus va encombrer les tribunaux ! J’espère qu’au bout du compte ceci se retournera contre lui...

  • > Histoires de famille
    15 janvier 2013, par L’ OURS du Bois  
    http://www.ladepeche.fr/article/2013/01/12/1534398-castanet-le-trouble-passe-du-pere-de-lea-expulsee-d-une-cantine-du-pays-basque.html#xtor=EPR-1

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Jean Lafitte  

    Simple parenthèse onomastique : Peillon, noté « pelhon » en graphie de l’Institut d’études occitanes, est ainsi traduit par Louis Alibert (1884-1959) dans son Dictionnaire (éd. posthume, 1966) : « linge, chiffon » et localisé dans le parler d’Aurillac et ses environs.

    Mais la biographie de M. Vincent Peillon sur Wikipédia insiste surtout sur sa filiation maternelle (des Blum, juifs alsaciens, célèbres en médecine et branches apparentées) ; sur son père, très peu : « Gilles Peillon (1928-2007) était banquier et communiste, il fut directeur général de la première banque soviétique hors d’URSS, la Banque Commerciale pour l’Europe du Nord - Eurobank, puis de la banque franco-algérienne Union méditerranéenne de banque ». Donc rien pour l’instant qui puisse localiser son nom en haute Auvergne.

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Bougnat et banquier communiste. Chiffonier et dépensier par dessus le marché. Moi qui ne le voyais que schizophrène..

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par pehache  

    Dans toute cette diatribe, j’avoue avoir du mal à saisir qui est précisément l’objet de votre courroux et pourquoi...

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Georges Vallet  
    Je pense qu’Oscar voulait faire connaître son opinion sur le ministre de l’Education nationale : ce socialiste "ineffable", écrit-il. Pardonnons-lui, cela doit être une thérapeutique pour lui !

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    C ’est vrai que je n’aurais pas du dire que son nom était prédestiné. Pardon Georges

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Rêveur des villes  

    Un essai sur le thème général de la déliquescence de la société, si j’ai bien compris.

    Comment rétablir un peu de dignité ? En grande partie par la sanction, je crois, qui met en exergue clairement ce qui est digne de ce qui ne l’est pas. La prévention a rarement servi à qqchose. C’est généralement beaucoup d’argent gaspillé.

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Rêveur des villes  
    Heu, plus précisément, déliquescence de la famille.

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Eric Thuiller  
    Le mot diatribe me semble mal choisi. Il évoque un texte illisible autant qu’inoffensif tant il est imprégné de colère et de mauvaise foi alors que celui ci est plaisant à lire et emploie un procédé utile de dégagement, au travers d’une série d’illustrations, d’une tendance générale. Pour ma part je ne dispose pas des éléments pour juger de la réalité des défaillances dont il est question mais suis en parfait accord avec les observations sur les tweets. Le plus extraordinaire est qu’ils fournissent un alibi d’ancrage dans le réel - dont chacun sait à quel point il est moderne - alors qu’ils en sont une manière de négation. Désormais nos élites gazouillent. De drôles d’oiseaux : les abrutweets.

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par pehache  

    Disons qu’à dézinguer tous azimuths, on ne sait plus très bien ce qui est visé au juste.

    Sur l’instantanéité des médias, leur manque de recul, leur propension à publier toujours du nouveau ou de ressasser toujours les mêmes choses en restant à la surface plutôt que de creuser les sujets, on peut l’appliquer à ces colonnes également.

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par JC  
    Notre ami Pehache utilise parfois le mot "diatribe", lorsque le sens des autres lui échappe...

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par pehache  

    ... lorsque le sens des autres lui échappe...

    "le sens des autres", késako ?

    C’est quand ils marchent sur la tête ?

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Ca y est, c’est reparti..Péhache, on attend avec impatience votre premier article. Qu’on puisse extraire des citations de leur contexte, faire des analyses de vocabulaires, épuiser Wikipedia en recherches détaillées et ratiociner à l’envi sur votre prose. Ca nous fera du bien.

    Tiens, faites nous un sujet sur la famille.

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par pehache  
    Rassurez-moi, Oscar : vous ne vous prenez pas pour un journaliste, ou un éditorialiste, ou un *iste quelconque, juste parce que vous avez commis un texte positionné en début de page ?

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Ni même pour un psychanaliste voyez-vous péhache. Ce qui m’évitera de me poser trop de questions à votre sujet.

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par pehache  
    Ca vous évitera surtout d’y répondre.

  • > Histoires de famille
    15 janvier 2013, par Eric Thuiller  
    Le mot diatribe me semble mal choisi. Il évoque pour moi un texte illisible autant qu’inoffensif tant il est imprégné de colère et de mauvaise foi alors que celui ci est plaisant à lire et emploie un procédé utile de dégagement, au travers d’une série d’illustrations, d’une tendance générale. Pour ma part je ne dispose pas des éléments pour juger de la réalité des défaillances dont il est question mais suis en parfait accord avec les observations sur les tweets. Le plus extraordinaire est qu’ils fournissent un alibi d’ancrage dans le réel - dont chacun sait à quel point il est moderne - alors qu’ils en sont une manière de négation. Désormais nos élites gazouillent. De drôles d’oiseaux : les abrutweets.

  • > Histoires de famille
    14 janvier 2013, par Maximo  

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