Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

« C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »

lundi 7 janvier 2013 par Georges Vallet


L’effervescence s’est apaisée, le tiroir médiatique s’est fermé, les homosexuels et les hétérosexuels, purs et durs, ont quitté la rue et les médias. C’est maintenant la fête ; fini le mariage pour tous, bonjour le cholestérol pour tous !!

Les médias, opportunistes, ont profité de l’actualité fugitive pour passer à autre chose : la consommation, élément inséparable de notre vie et noyau dur du PIB. Le moment venu, avec la présentation de la loi à la chambre, les braises se rallumeront et les clameurs, pour la défense des convictions sur le droit à la sexualité et à l’adoption pour tous, resurgiront.
La difficulté du consensus vient du fait que se confrontent, s’interpénètrent plutôt, deux aspects : le biologique et le culturel : religieux et laïque.
Je n’ai pas l’intention de reprendre les arguments qui opposaient les uns et les autres, cela a été fait et refait ; chacun, suivant ses critères postulés, a exposé sa vérité. J’évoquerai seulement un raisonnement complémentaire : le point de vue de René Frydman (R.F), obstétricien à l’hôpital de Clamart.
Pour lui, on est humain dès la conception, mais on devient « une personne humaine » après la naissance, en acquérant l’indépendance, la mémoire, l’interactivité. Cette « humanisation », lente, est progressive, jusqu’à la pleine possession de ses moyens. Dans ce processus, la part de génétique et d’épigénétique (milieu) est encore en débat. La donne génétique n’est ni fatale ni définitive mais une base modulable en fonction de l’environnement. La question est de savoir où se place le curseur ?
« Les avancées de la médecine reproductive engendrent de nouveaux concepts pour la personne humaine, comme la multi-parentalité. Trois mères possibles peuvent se succéder : celle qui donne l’ovocyte, celle qui porte l’enfant, celle qui l’élève. Ainsi que deux pères : le père biologique et celui qui élève l’enfant, sans compter les pères spirituels ! Cela fait beaucoup de monde ! » R.F
Depuis longtemps, au sein des familles, dans le temps et dans l’espace, ont existé des parentalités multiples avec une répartition des fonctions autour des nouveaux nés et des enfants : frères, sœurs, tantes, oncles, grands-mères, grands-pères ; des nourrices, tuteurs, enseignants, précepteurs, jouaient un grand rôle.
Le taux du divorce en France a évolué régulièrement : 10 % vers 1970, 30 % vers 1985, 45 % en 2001 ; les couples pacsés s’en approchent, les autres ? Souvent des familles se recomposent ; les parents biologiques élèvent donc de moins en moins leurs enfants. Dans ce contexte subi qui est celui de notre société égocentrique, ce qui reste essentiel, pour René Frydman, c’est l’interactivité, la relation de l’enfant avec deux référents : homme et femme, 2 hommes ou 2 femmes, qui prennent en charge et donnent de l’affection.

Par contre, ceux qui ont enflammé le débat, à propos du mariage pour tous, devraient s’informer et réfléchir sur des acquisitions et des potentialités qui ont, sans aucun doute, une bien plus grande importance, pour l’avenir de notre société, que l’adoption par des homosexuels !
Depuis la fin des années 80, une révolution biologique accélérée revêt un triple caractère : technique, moral et politique. Qu’il s’agisse de contraception, d’avortement, de fécondation in vitro, d’insémination artificielle, de diagnostic prénatal ou préimplantatoire, de clonage, d’utilisation de cellules souches, de génétique, de recherche biomédicale, d’intervention invasive sur des cellules germinales, on s’interroge sur les nouveaux pouvoirs que la biologie donne
à l’homme. Nos racines culturelles sont une fois de plus ébranlées !

Les cellules souches embryonnaires, capables de donner naissance à plus de 200 types de tissus différents, proviennent d’un embryon humain de 5 à 6 jours. Cette capacité à se différencier en tout type de cellules humaines en fait un enjeu essentiel de la thérapie cellulaire et de la médecine "régénératrice". Mais ce potentiel se heurte à des questions éthiques car l’embryon sur lequel elles sont prélevées est détruit. Quel est son statut et son degré ? de protection ? Les approches sont très différentes, chez nous et dans le monde.
Pour Frydman, il y a bien plus inquiétant ; on peut fabriquer des spermatozoïdes ou des ovules à partir des cellules souches ; ceci a été réalisé chez l’animal dans un but de reproduction. Pire, en 2008, on affirmait, à l’Université de Newcastle, avoir créé des gamètes mâles à partir de cellules souches issues de femelles. Dans le journal « Biology of Reproduction », des auteurs avancent l’idée d’autofécondation, après l’obtention d’un spermatozoïde et d’un ovule issu d’un unique mâle. « Tout laisse penser qu’un jour viendra où, chez l’homme, il sera possible, à partir d’une cellule provenant d’une seule personne, de donner naissance à un garçon ou une fille, ce qui reviendrait à mettre en place une autarcie hermaphrodite. » R.F
La rupture pour l’espèce humaine est là, véritable, puisque l’on perd la dualité : le fait de naître de deux personnes.
Cette rupture est celle aussi de la Vie : multiplication asexuée au début, « l’ennui », c’est-à-dire le gros inconvénient, naquit de l’uniformité ; la nature, grâce à la sexualité, a brassé des différences, généré la diversité, et permis une création perpétuelle, la culture entre autres ; cette même culture, humaine, maintenant, est en mesure de la détruire ! Notre dernier rempart est sans conteste cette dualité !

« Les enjeux éthiques du clonage, notamment en ce qui concerne les humains, semblent défier toute limite. » R.F (clonage : multiplication naturelle ou artificielle à l’identique d’un être vivant, donc conservation exacte des caractères chez tous les descendants ou clones.) Même si la technique est résolue, de nombreuses questions demeurent. Pour quelles raisons pourrait-on autoriser ou interdire la reproduction d’enfants par clonage ? Devrait-on utiliser le clonage pour les couples stériles ou les couples homosexuels qui veulent une descendance biologique ? Un enfant cloné n’est-il qu’un jumeau de son donneur génétique, avec un décalage dans le temps ? Les parents devraient-ils pouvoir choisir et multiplier les caractéristiques d’un futur enfant, comme c’est possible avec le clonage ? Ces questions et d’autres du même ordre préoccupent aujourd’hui les scientifiques et les bioéthiciens qui voient dans les procédures du clonage une mise en danger potentielle de l’identité humaine.
Même si ces recherches peuvent déboucher sur des avantages thérapeutiques indéniables, elles devraient aussi nous interpeller et nous concerner tous !
Heureusement, nous n’en sommes pas là, tout au moins en France, mais en d’autres temps, ailleurs ou sous d’autres régimes ?
Il devient donc prioritaire de se doter de garde-fous éthiques efficaces pour éviter ce genre de catastrophe. « Lorsque j’observe la valse-hésitation qui se danse depuis deux ans autour de la révision des lois de bioéthique, je sens bien qu’il y a une perte de repères. On mélange recherche fondamentale et recherche appliquée, ce qui est médical et ce qui ne l’est pas ! » R.F.
La médecine est là pour réparer une « erreur » de la nature et non pour créer du complètement nouveau. Aujourd’hui des femmes veulent être enceintes artificiellement à l’âge où elles pourraient être grands-mères ! La médecine doit-elle les aider ? Posons-nous la question du « pourquoi ? » avant celle du « comment ? ». Tout ce qui est possible doit-il être fait ?? La réponse n’est pas seulement française, chaque pays a ses propres lois concernant la bioéthique et chaque religion suit ses dogmes. De ce fait, « il est clair que l’utilisation des cellules souches est complétement subjective et chaotique. » R.F. Si une loi claire, drastique, n’est pas établie au niveau mondial, des dérives sont à ? craindre telles que le clonage reproductif, et alors ????

- par Georges Vallet



Crédit photo : telecommandier.com


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
9 janvier 2013, par JC  

Merci pour cet exposé très pointu et intéressant. Il semble que l’adoption par un couple traditionnel, et à plus forte raison par un couple homosexuel, soit un acte plus égoïste que généreux. Il serait en effet généreux s’il débouchait sur le choix d’un enfant autiste ou défavorisé par la nature.

Quant au mariage homosexuel, si cette loi précipitée parait bizarre compte tenue de pas mal d’autres urgences, elle parait avoir été suggérée par l’ordre des avocats, qui voient là une nouvelle couche de clientèle, prête par sa polyvalence, à multiplier les divorces.

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    10 janvier 2013, par pehache  

    Merci pour cet exposé très pointu et intéressant. Il semble que l’adoption par un couple traditionnel, et à plus forte raison par un couple homosexuel, soit un acte plus égoïste que généreux.

    Et quelles sont les motivations de n’importe quel couple pour faire des enfants, d’après vous ? Entre ceux qui les font pour faire plaisir au petit jésus, ceux qui les font sans y avoir vraiment réfléchi, ceux qui les font pour consacrer leur amour à eux, ceux qui les font pour avoir une descendance, ceux qui les font pour retenir l’autre, ceux qui les font pour combler un vide existentiel, ceux qui les font pour payer les futures retraites, si on regardait de plus près les motivations de chacun et les raisons réelles et parfois inconscientes il y aurait des surprises.

    L’enfant à naître n’a rien demandé, et il y a toujours une part d’égoisme dans le fait de concevoir un enfant. On le fait aussi pour soi malgré tous les discours convenus. Ce n’est donc pas vraiment différent du cas de l’adoption.

    Il serait en effet généreux s’il débouchait sur le choix d’un enfant autiste ou défavorisé par la nature.

    Oui bien sûr. Ceux qui veulent adopter sont des gens louches par principe, et ils doivent faire pénitence.

    Si vous vous renseigniez mieux, vous sauriez qu’il est d’usage dans les adoptions d’accepter par avance un enfant éventuellement avec un petit handicap à la deuxième adoption, et un enfant avec un handicap plus lourd à la troisième.

    Quant au mariage homosexuel, si cette loi précipitée parait bizarre compte tenue de pas mal d’autres urgences, elle parait avoir été suggérée par l’ordre des avocats, qui voient là une nouvelle couche de clientèle, prête par sa polyvalence, à multiplier les divorces.

    Il est bien connu que les couples hétérosexuels ne multiplient quant à eux pas les divorces, hein... Juste 40% des mariages (de mémoires) finissent en divorce. Vous en avez d’autres comme ça ?

    Et je me suis laissé dire que l’ensemble des textes de lois était un coup du lobby des avocats : pas de loi pas d’avocat ! Ca serait quand mieux, n’est-il pas ? On règlerait les différents à la machette, entre hommes.

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    7 janvier 2013, par pehache  

    La médecine est là pour réparer une « erreur » de la nature et non pour créer du complètement nouveau.

    Les erreurs de la nature, même entre guillemets, ça n’existe pas. La nature n’est ni bonne ni mauvaise, elle n’a pas de dessein, elle ne saurait donc faire des erreurs. Donc non, le but de la médecine n’est pas de réparer les erreurs de la nature.

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    7 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Le hasard ne fait pas d’erreurs non plus. Inutile donc, d’en corriger les effets.

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    7 janvier 2013, par pehache  
    Je n’ai rien dit sur l’utilité ou l’inutilité de la médecine.

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    8 janvier 2013, par Georges Vallet  

    Je pensais que les guillemets suffisaient pour justifier les distances que je prenais avec la nature, afin de programmer la médecine dans son domaine qui est notre milieu culturel. Il n’y a donc pas eu de ma part erreur de fond ni de forme !

    Cette précision étant apportée, il est bien évident q’en tant que biologiste, je suis entièrement de votre avis !

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    7 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Très bien. J ’aime bien votre côté conservateur cher Georges. Encore un petit effort et vous redécouvrirez peut-être que la famille définie comme la rencontre d’un homme et d’une femme, d’un père et d’une mère, devrait être défendue vigoureusement comme un rempart contre les expérimentations hasardeuses de tel ou tel Follamour. Et qu’à cet égard, la ligne blanche, c’est aujourd’hui que nous nous apprêtons à la franchir au nom d’une égalité qui n’a pas de sens.

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    7 janvier 2013, par pehache  
    L’observation de différentes sociétés, aujourd’hui et au cours de l’histoire, montre que la "famille" est un concept qui ne peut pas se résumer à la "rencontre d’un homme et d’une femme, d’un père et d’une mère"

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    7 janvier 2013, par MM  
    Si l’histoire montre peut être que la famille ne se résume pas à la rencontre d’un homme et une femme, elle démontre dans tous les cas que la famille n’a jamais été constituée de deux hommes ou de deux femmes. Ce projet de loi hypocritement dénommé "mariage pour tous" (que je sache, il ne permet pas à un frère d’épouser sa soeur, ou un père sa fille) constitue une aberration anthropologique.

  • > « C’est un grand agrément que la diversité. L’ennui naquit un jour de l’uniformité »
    8 janvier 2013, par Georges Vallet  

    Cher Oscar, Ce qui m’amuse beaucoup c’est de me voir traité de conservateur alors que c’est vous qui refusez toute évolution. La « famille, le mariage, la filiation », ne sont pas pas des données biologiques mais culturelles. On peut se poser, à cette occasion, la question de savoir si la culture a un sexe !

    Tout au long de notre histoire la famille a été le siège de transformations nombreuses. Pendant les siècles de « la grandeur de la France » la famille était imposée, le mariage forcé, pour permettre l’acquisition ou la conservation d’un patrimoine ; les fondements de la famille n’étaient pas sentimentaux mais politiques et économiques.Cela n’a pas d’ailleurs encore entièrement disparu dans notre société, même en France ! Dans le monde c’est encore solidement implanté. Alors dire que la famille est la rencontre d’un homme ou d’une femme, (d’un père ou d’une mère ? c’est plus tendancieux ! Auraient-ils fauté par ailleurs avant de se rencontrer ?), est un rempart contre les expérimentations, je pense que ce n’est pas suffisant ; étant donné le nombre de rencontres et de séparations qui sont autant d’expérimentations hasardeuses entraînant des catastrophes pour les enfants, il serait temps de remplacer économie et pulsions hasardeuses, par amour, qualité culturellement beaucoup plus noble.

    D’ailleurs, vous le savez bien, dans de nombreux pays européens, là où l’église est très présente, l’union de deux êtres qui s’aiment, ne pose plus de problème.

    Le mariage pour tous ne signifie pas l’amour pour tous car on peut s’aimer sans se marier ! Le mariage civil, seul en cause, est avant tout une structure juridique pour assurer la gestion économique équilibrée de deux êtres qui ont décidé de vivre ensemble, c’est ce que demande certaines personnes du même sexe.

    Cela fait des décennies que la « ligne blanche » a été franchie dans notre société dans des domaines comme : le toit pour tous, la nourriture pour tous, la justice égale pour tous, le partage des richesses, le respect du prochain et de la prochaine...

    Les opposants au mariage pour tous n’envisagent pas, tout au moins à ma connaissance, de défiler pour « refranchir » la ligne blanche dans l’autre sens ! Cela aurait vraiment du sens !

    Je trouve que les termes de compagnon ou de compagne, pour s’entraider, partager en commun les plaisirs et les souffrances tout au long de la difficile route de la vie, me semble plus chaleureux que celui de « ma moitié », très désobligeant, parfois employé, plus par l’homme d’ailleurs !

  • > Conservateur moi ?
    9 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Permettez moi tout d’abord cher Georges de m’amuser de vos postures. Je vous aurais « traité » de conservateur ? Mais il ne s’agit aucunement d’une insulte et surtout pas dans ma bouche mais au contraire d’un compliment, justifié par ce que j’avais cru comprendre de vos propos. Ecartelé que vous êtes entre votre insatiable curiosité scientifique et le doute qui vous saisit quant aux conséquences mêmes des possibles dérives de la science et en particulier de la biologie. Comme moi. Par contre vous me dites hostile à toute évolution, donc conservateur, avec le contenu péjoratif que vous donnez au terme, par posture ou par conformisme justement. Car conservateur vous l’êtes sans doute d’avantage que moi dans votre approche de notre évolution. Mais pas sans contradictions ni sans acrobaties intellectuelles.

    Conservateur lorsque vous refusez a priori et au nom de la suprématie de la nature sur l’homme, toute forme d’évolution que nous impose cependant et parfois c’est vrai avec des risques, la densification exponentielle de la planète, contre laquelle vous n’avez pas d’arguments. Tout en réclamant à corps et à cris d’avantage d’égalité, donc de revenus, de justice, de richesses, de confort et de consommation pour tous, ce qui est louable mais parfaitement incompatible avec l’attendu précédent.

    Conservateur aussi à votre manière, lorsque vous refusez toute place à la recherche OGM pour des raisons de principe. Mais pas à l’abri de vos contradictions lorsque vous vous extasiez sur les « progrès » de la recherche sur le clonage allant jusqu’à un retour possible à la multiplication asexuée...Comme si cette perspective devait justifier le mariage homosexuel en juste retour à la « norme » initiale. On se pince de voir vos amis d’ EELV s’arc-bouter contre la recherche OGM et réclamer à grands cris la PMA « pour tous ».

    Vous retracez à juste titre l’évolution constante de la notion de famille, probablement pour nous aider à accepter une rupture fondamentale avec sa construction pourtant bien naturelle et maintenue constamment dans notre histoire autour de l’union de personnes de sexe opposé. (en passant, je me demande si j’ai encore le droit de dire sexe opposé ? A votre avis Georges ?). Mais pouvons nous penser qu’à l’heure même où l’idée même de famille est en déclin constant et qu’apparaissent les graves problèmes sociaux que cette disparition génère, du fait notamment de la multiplication des familles monoparentales, le moment est venu d’en créer des formes nouvelles, sans qu’au moins l’occasion nous en soit fournie d’en débattre. Et ce au nom du progrès, de l’égalité et du « pour tous » ? Ce « pour tous » si pratique, si facile, si « naturel » qu’il tend à se substituer à l’effort, au mérite, à la maîtrise de soi et à la volonté de progrès.

    Mais il y a cependant un élément de vos analyses qui m’intéresse et sur lequel j’ai besoin de vos éclairages. Vous nous dites souvent que l’homme et y compris dans son capital génétique est hautement influencé par son environnement et les conditions dans lesquelles il évolue. Et ceci inclut chez vous, parce que la politique n’est jamais bien loin quand on vous écoute, la structure de la société. Je passe sur les couplets, finances, riches, exploitation , que je suis prêt à reprendre avec vous en cœur, parce que ce ruissellement de bien pensance me convient bien en cette période de bonnes résolutions. Mais j’en arrive à notre sujet. Si personne ne conteste en effet le caractère acquis (ne me demandez pas quand..) de la différenciation sexuelle y compris quand elle génère des minorités statistiques (remarquez ma prudence..) , est-il dans l’intérêt de notre construction sociale non pas de les accepter sans réserves, mais d’en encourager la prolifération. Car en effet et si, ce que je veux bien croire, nous sommes à ce point profondément influencés génétiquement par notre environnement écologique et social, celui-ci ne risque-t-il pas, si nous en modifions les composants les plus élémentaires, la cellule familiale hétérosexuelle par exemple, d’évoluer dans une direction qui soit parfaitement à l’opposé de ce que la nature nous a imposé comme à toute l’espèce animale à l’exception des escargots : la reproduction bi-sexuée. Surtout si vos confrères biologistes nous en démontrent la faisabilité technique.

    Bref, je m’interroge. Vous pourrez essayer de déplacer la ligne blanche sur d’autres routes. Sur celle qui m’intéresse aujourd’hui, vos arguments ne m’ont pas convaincu. Ce n’est pas tant le mariage qui est en cause dans ce débat. Encore que dans nos cultures judéo-chrétiennes, le mariage ait été un sacrement avant d’être institué comme une sorte de rite laïque par la force de la guillotine. Au point d’ailleurs qu’on pourrait s’interroger aujourd’hui sur cette intrusion curieuse de la loi dans l’ordre de l’intime et du personnel qui touche à la religion. Pourquoi faudrait-il donc maintenir le préalable d’un mariage civil avant « d’autoriser » un mariage religieux en France si le mariage civil ne peut plus être sacralisé par un mariage religieux ? Par quelle étrange interprétation de la laïcité à la française dont nous sommes si fiers ?

    La question qui ne nous est pas posée aujourd’hui ouvrira qu’on le veuille ou non, celle de la reproduction des couples homosexuels. Elle vise à satisfaire des principes mal posés, à partir de réponses insuffisantes et souvent très divergentes, en particulier pour ce qui l’évolution de la famille, comme la cellule élémentaire de notre corps social. Alors oui, cher Georges, à ce point de vue, je suis assez conservateur et je n’en tire aucune honte.

  • > Conservateur moi ?
    9 janvier 2013, par pehache  

    La question qui ne nous est pas posée aujourd’hui ouvrira qu’on le veuille ou non, celle de la reproduction des couples homosexuels.

    Hum, c’est à dire ?? Pouvez-vous préciser ce que vous entendez pas la "reproduction des couples homosexuels" ?

  • > Conservateur moi ?
    9 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Relisez la note de GV

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par pehache  
    Je ne vois toujours pas ce que vous voulez dire

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Je ne vois toujours pas ce que vous voulez dire

    Je vais donc faire comme si c’était vrai et sortir le crayon gras puisque vous insistez pour faire caloir votre désaccord..

    La question du mariage homosexuel fondée par ceux/celles qui le réclament sur un principe d’égalité et au nom de l’amour ne peut avoir de sens que si elle est élargie à l’ adoption d’abord, à la procréation assistée et à la gestation pour autrui ensuite et à la reproduction tout court enfin, par des moyens bientôt disponibles si on en croit GV. La clarification qui semble avoir été apportée ce matin par notre grand timonier sans boussole, tend à l’évidence à nous faire croire que ce débat est clos. Mais tout le monde sait bien qu’il sera repris au lendemain d’une éventuelle promulgation d’une loi cul de jatte.

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par pehache  

    Donc vous parlez de plusieurs choses différentes.

    Pour l’adoption ou la PMA, parler de "reproduction des couples homosexuels" , c’est abuser. Le terme "reproduction" a un sens biologique, et biologiquement non un couple homosexuel ne peut pas se reproduire par à la PMA (et encore moins par l’adoption).

    Après, si par les "moyens bientôt disponibles" vous pensez par exemple au clonage, rien ne dit d’une part que ces techniques seront viables un jour, et si elles les sont elles poseront des problèmes éthiques qui dépasseront de très très loin le petit cas des couples homosexuels.

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Je sais qu’avec vous Péhache les mots ont un sens. Mais je vous invite de temps en temps à en retirer la substance. Ce que je pense personnellement c’est que le mariage homosexuel ouvrira la voie à toutes les discussions possibles sur le thème de la filiation si vous contestez celui de reproduction au nom de l’égalité. Je prends un exemple. A supposer qu’ un couple d’ homosexuelles se voit reconnaitre le droit à la PMA, je vous fais le pari que des couples homosexuels revendiqueront leur droit à la GPA puis au clonage et ainsi de suite.

    C’est une discussion sans fin. Puisque sa finalité n’est pas établie au nom d’un besoin véritable de procréation, mais au nom de "droits" et d’un insatiable besoin de reconnaissance sociale. Bien loin en tout cas de l’intérêt des enfants.

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par pehache  

    Puisque sa finalité n’est pas établie au nom d’un besoin véritable de procréation,...

    le "besoin de procréation", qu’est-ce que c’est au juste ?

    ...mais au nom de "droits" et d’un insatiable besoin de reconnaissance sociale. Bien loin en tout cas de l’intérêt des enfants.

    Personne ne fait des enfants pour l’intérêt des enfants. On peut éventuellement le croire en se mentant à soi-même, mais la réalité est que l’on fait des enfants pour son plaisir à soi (ou bien pour se conformer à un modèle social), et uniquement pour ça.

    Ca ne veut bien sûr pas dire que l’enfant ne sera pas heureux, mais si il n’avait pas existé par définition il n’aurait pas été malheureux.

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Personne ne fait des enfants pour l’intérêt des enfants

    Ai-je dis celà ?

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par pehache  

    ... de ce que la nature nous a imposé comme à toute l’espèce animale à l’exception des escargots : la reproduction bi-sexuée...

    Ce n’est pas tout à fait vrai : il existe un certain nombre d’oganismes classés dans le règne dit animal qui se reproduisent de manière asexuée. Ce sont des organismes relativement simples, certes, mais cela existe.

    Par contre les escargots pratiquent bien la reproduction sexuée : ils ont certes à la fois les organes sexuels mâle et femelle, mais ils ne peuvent pas s’auto-féconder.

    A part ça, dans ce que la nature nous impose, il y a aussi des choses comme le cancer.

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Je parlais bien de l’espèce animale et je ne suis pas biologiste. Ca se saurait.. smiley

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par pehache  
    Vous avez sans doute voulu dire "le règne animal", ou bien "toutes les espèces animales". Et comme je l’ai dit, toutes les animales n’utilisent pas la reproduction sexuée.

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Cultivez moi, cher Péhache. Lesquelles par exemple ?

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par AK Pô  
    Un escargot et un lombric décidèrent de faire une course. Leur genre (grammatical) étant masculin, on chercha quel trophée remporterait le vainqueur. Le temps de réfléchir, nos animaux s’étaient déjà élancés. Un ornithorynque et un varan du Nil eurent l’idée d’offrir au vainqueur le plus beau des trophées : un enfant. Le problème étant de savoir "qui" le fabriquerait (on ne voulait pas d’un enfant à durée de vie limitée, importé à vil prix, et qui finirait sa vie sur les docks de Marseille). L’ornithorynque et le varan jouèrent à pile ou face . La décision tomba : le gagnant aurait le choix. C’était une bonne idée. L’inconvénient, c’est que nos deux coureurs (grammaticaux) devraient le fabriquer ensemble. Ce qui fairait moindre coût (coup). C’est ainsi que naquit la limace, que l’on porte en argot sur le ventre et sur le dos... smiley

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par AK Pô  
    (ferait, minçouille !) smiley

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par pehache  

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Faux-bourdon_(insecte)#Faux-bourdons

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydre_(zoologie)

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Ah oui bien...Les uns sont des consommables à vocation reproductive, en fait des gamètes à pattes. Et les autres ont la vie éternelle. Ils se régénèrent mais ne se reproduisent pas. Rien en tout cas qui puisse faire penser à un vrai pivert comme moi, que ce n’est pas avec Mme Pivert que la nature m’a recommandé de faire des petits piverts et de petites pivertes. Mais s’ il y en a qui préfèrent les limaces..

  • > Conservateur moi ?
    10 janvier 2013, par pehache  

    Ah oui bien...Les uns sont des consommables à vocation reproductive,...

    Que croyez-vous que nous sommes tous, au fond ?

    Des enfants du Bon Dieu ? On peut le croire si on en a envie, en effet.

  • > Conservateur moi ?
    11 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Vous voyez bien que nous sommes au moins faits pour nous reproduire.Et c’est même pour celà qu’on crée une famille, éventuellement en se mariant. CQFD Sur ce j’arrête là car sur ces sujets, vous êtes particulièrement déprimant péhache.

  • > Conservateur moi ?
    11 janvier 2013, par pehache  

    Vous voyez bien que nous sommes au moins faits pour nous reproduire.

    J’insistais plutôt sur le terme "consommables". Désolé si la lucidité vous déprime.

  • > Conservateur moi ?
    11 janvier 2013, par Oscar du Pont  
    Il est certainement confortable de prendre sa vérité pour de la lucidité, surtout quand on ne se pose pas de questions. C ’est même comme ça qu’on devient prophète ou voyant extra-lucide. Moi, je préfère douter, si vous me permettez. Ca me déprime moins, puisqu’il me reste toujours une chance, tant que toutes les cartes ne sont pas retournées, ce qui n’arrive jamais.

  • Fromage sans Conservateur moi ?
    11 janvier 2013, par AK Pô  

    Comment le Doute vient-il à l’Homme ?

    Un exemple qui fait preuve, et ne date que de quelques heures (un scoop internautique).

    Comme il n’y avait que des conneries à la télé, j’ai pensé : je vais faire de l’humour, pour me distraire, et donner à penser aux extra-lucides (notamment ceux qui hantent les forums déserts dès le mardi sombrant sur l’avenue des Newsletters, et qui noircissent le jeudi, parfois remettent "ça" à Belfast -ces temps-ci-).

    Sur la table, hélas, il n’y a que mes couverts, une assiette et un camembert. Décision rapide : je vais mettre ce camembert en boîte. (à Paname, ils nomment ça l’humour rustique aux saveurs du terroir, quand nous, êtres déprimés de vivre en petite province, nommons cela par son fait : la fuite des camemberts à l’Etranger sous couvert de taxations abusives, mais c’est une autre fabulette).

    Bref, j’attire mon calendos avec une tranche de pain (beurrée comme un normand de Vimoutiers), il arrive, je le sens, le respire, le piège est parfait. Soudain, lucide du danger qu’il court, (et que sans doute il fait courir à toute une société d’hommes, de femmes, d’enfants, de couvées et de veaux mal allaités), le camembert doute. Instant terrible, tant pour lui que pour l’homme qui prophétise la découpe d’une belle tranche de rire, couteau en main, riant en sourdine de sa cruauté nourricière.

    A mon tour, je doute : si je retourne au menu à la carte, est-il possible d’avoir, à la place du camembert, une île flottante, le compte-rendu d’un débriefing d’intellos russophiles, un verre de Schlichte, une limace à croquer, une plume de pivert pour orner mon Stetson ?

    Le camembert me regarde. Il a l’oeil d’un prophète qui ne ferait jamais la fête, un peu comme moi, ce soir, face à lui. Non que sa présence me soit désagréable, non.

    Mais qu’est-ce qu’il pue !

     smiley

  • > Fromage sans Conservateur moi ?
    12 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Regardez les choses en face : la vérité n’a pas d’odeur et tous les camemberts ne puent pas.
    Péhache

    Le lucide des bois n’est qu’un protozoaire à pattes et il est aveugle et sourd
    Oscar

    Le caldo beurré c’est scandaleusement trop riche
    Georges

  •    
     
     
     
    Les rubriques d’A@P
    Citoyenneté
    A compte d’auteurs
    "Arpenteurs sans limites"
    "Les sorties de Michou"
    "Un samedi par semaine - tome 2"
    "Un samedi par semaine - tome I"
    Au ras du bitume
    Enquêtes
    Evasion
    Maréchaussée Paloise
    A@P.com
    Courrier d’e-lecteurs
    Hommes et femmes d’ici !
    Opinion
    Portraits, Entretiens
    Tribune Libre
    Humeurs
    La Charte d’A@P
    Le défouloir !
    Les cartons
    Les cartons mi-figues mi-raisins
    Les cartons rouges
    Les cartons verts
    Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
    Vu dans la presse
    ”Les Causeries d’A@P”
    Détente
    Loisirs
    Spectacles
    Economie
    Aéroport Pau-Pyrénées
    Enjeux
    Enjeux environnementaux
    Enjeux européens
    Enjeux sociétaux
    Grand Pau
    Lescar
    Billère
    Gan
    Gelos
    Idron
    Jurançon
    La CDA Pau-Pyrénées
    Lons
    Point de vue
    Grands projets
    "LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
    BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
    Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
    Nouveau complexe aquatique de Pau
    Nouvelle voie routière Pau-Oloron
    Nouvelles Halles de Pau
    Pau
    Du Côté des Quartiers
    La vie
    Une idée pour la ville
    UPPA
    Politique
    Forums des Partis
    Politique locale
    Politique régionale et nationale
    Territoires
    Aragon
    Béarn
    Bigorre
    Espagne
    Europe, Monde
    Pays Basque, Euskadi
    Pyrénées
     
       
     
      Envoyer à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)



    [ Imprimer cet article ]
     


     
    Autres articles

    Il est urgent d’écrire une autre symphonie du nouveau monde !
    Affaire Alexandre Junca, un gros travail de flic.
    Suicides durables pour compétitivité et croissance durables. Est-ce soutenable ?
    De l’importance du mot
    Mariage d’amour
    De la transparence à l’opacité programmée !!!
    Multiplions les divisions !
    Le maïs peut-il nourrir l’humanité tout en protégeant la planète ?
    Jusqu’où et jusqu’à quand ?
    Partir en Suisse ?
    Pourquoi se taire ?
    Si la femme est l’avenir de l’homme, l’homme est un avenir incertain pour la femme !
    Mariage ou union pour tous ?
    Je ne discute jamais politique avec des gens qui ne font pas eux mêmes leurs confitures
    La justice fiscale (suite et fin)
    La démocratie en spectacle...ou la dernière tentation de Don king
    Histoires de famille
    Voitures brulées la nuit de la Saint Sylvestre
    Justice fiscale
    Il faut harmoniser les péages des autoroutes A 63 et A 65



    [ Haut ]
     

    Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

    Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises