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Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?

lundi 10 décembre 2012 par Jean Lafitte


Le sage sait que l’avenir n’appartient qu’à Dieu, quel que soit le nom qu’on lui donne, mais aussi qu’il doit lui-même s’y préparer et le préparer. Et le souvenir du passé peut le conforter dans ses entreprises et même sans doute lui éviter bien des erreurs.
Célébrer les anniversaires est une bonne façon de lier le passé à l’avenir. C’est pourquoi je suggère ici deux célébrations importantes pour la cause gasconne et béarnaise :
- le 29 novembre 2013 marquera les 700 ans d’un modeste acte du notaire royal de Navarre à Garris (Pyr.-Atl.), où apparait pour la première fois le nom du gascon comme langue ;
- le 1er mars 2033 sera le 500ème anniversaire de la première mention du béarnais comme langue de la principauté de Béarn, jusque là connue sous le seul nom commun de gascon.
Pour ceux qui connaîtraient mal ces faits, déjà décrits dans La “Langue d’oc” ou leS langueS d’oc ? que j’ai signé avec G. Pépin, je les rappelle rapidement :

1 - Acte notarié du jeudi 29 novembre 1313
Cet acte rédigé en gascon a été découvert au début de 2008 par notre ami historien Guilhem Pépin dans la publication qu’en a faite un historien basque Santos Garcia Larragueta (Documentos navarros en lengua occitana, Saint-Sébastien, 1990, p. 267, n° 170). Il est en effet conservé en original dans les Archives générales de Navarre à Pampelune, Comptos, caisse 6, n° 25 ; le roi de Navarre était alors Louis Ier, futur Louis X le Hutin, roi de France, qui tenait ce titre de sa mère Jeanne Ière de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel.
L’acte du notaire de Garris, territorialement compétent, porte concession d’un moulin à eau à bâtir et exploiter à Labastide-Clairence,

Voir document 1 en pièce jointe

Cette bastide ayant été fondée en territoire de langue basque mais peuplée de Gascons, venus principalement de Bigorre, le scrupuleux notaire avait éprouvé le besoin de préciser la langue du nom donnée à ce cours d’eau. C’est une courte dérivation de la Joyeuse, à l’ouest, que l’on voit très clairement sur la carte de Cassini du XVIIIe s. (ici, en version récente colorisée ; extrait au 1/50 000 - 1cm = 500 m) ; on voit aussi notre moulin (☼) près du confluent avec le bras principal, qui a lui aussi un moulin un peu plus en amont :

Voir document 2 en pièce jointe

Dans la carte I.G.N. moderne au 1/25 000 1344 E Peyrehorade, le bras ouest de la Joyeuse existe toujours, ainsi qu’au moins le souvenir de l’un des deux moulins, probablement celui du bras est, puisqu’il est dit « de la ville », dont il est plus proche :
 
Voir document 3 en pièce jointe

L’emploi du gascon dans cet acte s’explique non seulement par la langue des habitants de la Bastide, mais aussi par le fait que c’était devenu la langue véhiculaire des Basques du nord, ainsi que le rappelait naguère le linguiste basque Ricardo Cierbide dans un article « Notas gráfico-fonéticas sobre la documentación medieval navarra » de la revue Príncipe de Viana, n° 214, 1998, pp. 523-534 (traduit de l’espagnol) :
« La raison de son adoption [du gascon] dans les territoires basques au nord de la chaine pyrénéenne - Labourd, Basse-Navarre et Soule - et à St-Sébastien, Pasajes et Fontarrabie, repose sur son prestige comme variété romane employée dans la rédaction de documents publics et privés, ainsi que dans les relations orales entre Basques et locuteurs de langues romanes du milieu du XIIe s. au début du XVIe, pour ce qui concerne le Pays basque continental, et jusqu’au XIXe autour de la Bidasoa et de l’Urumea ; [...].
« Le gascon fut la langue d’usage quotidien et exclusif des gens établis dans les villes de Bayonne et Biarritz, comme le prouvent les textes conservés, et devint la langue de prestige et moyen de communication entre les commerçants et probablement les artisans des centres urbains, y compris à l’intérieur du pays, comme St-Palais, St-Jean-de-Pied-de-Port, Tardetz et Mauléon, où se ravitaillaient les commerçants et pèlerins sur le chemin de St-Jacques de Compostelle. »
Au même moment, d’ailleurs, le Conseil des cent de Bayonne, sorte de parlement municipal, légiférait tant et plus en gascon et allait, en 1336, réunir sa législation en un Libre dous establimens qui fut publié en 1892. Outre 87 % d’actes gascons, on en trouve aussi en latin et en français et un en espagnol mais pas un mot de basque en dehors des noms de lieux et de personnes que les intéressés n’avaient pas traduits en gascon.

2 - Délibération des États de Béarn du 1er mars 1533
Le second évènement est en quelque sorte aussi banal que l’acte notarié de Garris, mais le lieu et les circonstances sont tout autres : le 1er mars 1533, le roi de Navarre Henri II d’Albret, absent de Pau, a chargé l’évêque de Rodez son vassal de le suppléer à la présidence des États de Béarn. Mais les lettres patentes qui accréditent l’évêque sont en français ; les États protestent et prient l’évêque d’en autoriser la traduction en bearnes (béarnais) avant de les insérer dans les registres. L’expression en bearnes apparait par trois fois dans la mention de cet enregistrement (A. D. Pyr.-Atl. C. 681, f°. 92 r°, cité par Auguste Brun, L’introduction de la langue française en Béarn et en Roussillon, Paris : Champion, 1923, p. 13). C’est la première mention connue du nom de béarnais comme langue. On a voulu y voir une manifestation du patriotisme linguistique des membres des États ; mais au sujet d’un même attachement à la langue que ces États manifestaient à la veille de la Révolution, s’appuyant sur des travaux de Christian Desplat, l’historien Pierre Tucoo-Chala a fait la remarque suivante : « Sentant que le mouvement qui emportait le royaume vers un changement radical risquait de faire disparaître leurs privilèges, ces Parlementaires ou nobles terriens tentent de défendre à travers les “coutumes” du pays, sa langue. » (Préface pour Michel Grosclaude, Le Béarn - Témoignages sur mille ans d’histoire, Per Noste 1979). Il est vraisemblable qu’il en fut de même en 1533, car les relations étroites qui unissaient Henri II d’Albret à son beau-frère François Ier laissaient présager le rattachement prochain à la France, avec la perte de privilèges dont jouissaient les membres des États.
En tout cas, cette affirmation du béarnais n’était dirigée que contre l’intrusion du français ; aussi, quand en 1562, dans une affaire de succession intéressant la Maison de Foix, des pièces en langues du pays furent produites devant le Parlement de Paris, c’est très probablement sur indication des parties que l’arrêt rendu le 22 mai en mentionnera l’idiome : « pièces vieilles et antiennes estans en langaige byernois et gascon » ; elles feront l’objet d’une « translation [...] de langaige gascon et biernois en langaige vulgaire françois », formule reprise à la fin de l’arrêt. (Archives Nationales. Parlement de Paris X1a 1602, f° 285 v°, copie de M. Henri Courteault, Reclams de Biarn e Gascougne, 1er juin 1910, pp. 118-119).
C’est cette même formule que l’on retrouve dans l’Histoire de Béarn et de Navarre que le Béarnais Nicolas de Bordenave, pasteur à Nay, a écrite sur commande de Jeanne d’Albret et achevée après 1591 ; il rapporte qu’en 1563, cette reine avait fait venir en Béarn un ministre de l’église calviniste de Genève ainsi que « plusieurs autres savans personnages, la plus part de la langue gasconne et béarnoise, pour prescher au peuple en son langage » (éd. Paul Raymond, Paris, 1873 p. 116). Or lorsque Jeanne d’Albret n’était pas à la cour de France, elle tenait la sienne à Nérac bien plus qu’à Pau ; elle devait donc être parfaitement consciente de l’unité de langue entre Nérac gascon et Pau béarnais, de telle sorte que, selon toute vraisemblablance, l’expression est de la reine elle-même.

3 - Deux dates à situer dans l’histoire des langues romanes
Normalement, l’usager d’une langue n’a besoin de la nommer que dans une situation de contact avec une langue conçue comme différente. C’est ce qu’il advint au IXe s. quand on prit conscience de ce que le latin parlé n’était plus la même langue que le latin écrit de la Vulgate, des Pères de l’Église, et encore moins de Cicéron, César ou Tacite : on donna le plus souvent à ce latin parlé le nom de roman ou une de ses variantes.
Mais ce mot couvrait lui-même une grande variété d’idiomes, selon les territoires de l’ancien empire romain. Cela ne se remarquait guère, certes, tant que ces idiomes étaient d’usage exclusivement oral, donc localisés. Mais quand ils commencèrent à s’écrire, d’abord dans les poésies des troubadours et trouvères, puis dans les actes des autorités administratives, les occasions de contact se multiplièrent, par papier ou parchemin interposé, et on éprouva le besoin de trouver des noms plus précis.
Le français semble un des premiers à avoir été nommé, à la fin du XIIe s. selon le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey.
Pour le domaine d’oc dont on ne peut dissocier le catalan, lemosin apparait le premier chez un auteur catalan qui vers 1220 désignait un ensemble de parlers d’oc convenant pour l’usage littéraire ; il n’a jamais été utilisé en France et le gascon était déjà étranger à cet ensemble, selon le fameux Descort de Raimbaut de Vaqueiras († après 1205).
proensal apparait peu après dans un fragment de préambule d’un traité anonyme en vers ; rien ne permet de pense qu’il ait eu une signification autre que lemosin, car à l’époque Provence renvoyait encore à la Provincia romaine, de la Garonne aux Alpes ; vers 1295, un autre Catalan reprend proensal, avec le même sens littéraire explicitement précisé.
catalanesch est le nom propre du parler de Catalogne chez ce même auteur de 1295, qui l’oppose au proensal, langue littéraire commune.

Ici se situe l’apparition autochtone de gascon en 1313.
langue d’oc - ou plus vraisemblablement lengue d’oc - a dû apparaitre d’abord en français au cours du XIIIe s. dans la bouche des populations du nord du royaume pour désigner confusément les parlers romans des populations du midi ; par contraste, ceux du nord furent alors dits d’oïl ; mais à l’écrit, c’est en latin et pour désigner des territoires que l’équivalent de langue d’oc est apparu en 1291 (lingua d’Oc) et qu’il est de loin le plus attesté ; et encore, la référence à l’emploi de oc pour « oui » n’a jamais été rigoureuse pour déterminer les territoires désignés, l’application du droit coutumier l’emportant pour le rattachement de l’Auvergne à la langue d’oïl (1342, 1455). Sur 500 ans, de 1291 au début du XIXe s., on ne connait que 5 attestations qui aient désigné des idiomes, 4 latines et 1 française : en latin, lingua ocana (1344, parler du Comtat venaissin), lingua occitana (1407, parler d’Arles), idioma occitanum (1411, parler de Carcassonne) et lingua occana (1450, ensemble d’oc, opposé à celui d’oïl, lingua gallicana, dans la présentation de la France au début d’un écrit politique à la gloire du royaume) ; en français, langaige d’oc (1373, non défini). On n’a aucune attestation autochtone d’un équivalent de langue d’oc dans un idiome d’oc quelconque, ni aucune du mot d’oc occitan avant son emploi en 1896 pour qualifier des poètes d’oc dans un article de l’instituteur languedocien Antonin Perbosc, fondateur de l’occitanisme, avec son collègue Prosper Estieu ; et encore moins en français.
Bien qu’apparemment tardifs, bearnes affiché officiellement par les États de Béarn en 1533, puis le couple gascon et biernois attesté en français en 1562/1563 devancent les autres noms d’idiomes d’oc que nous ayons pu trouver.
Selon une chronique de Toulon de 1770 qui le mentionne entre guillemets, c’est en “vulguer provençal” que « Les anciennes criées de la ville sont traduites, en 1557, par un certain Rodelhac ». De toute façon, vers 1580, le Marseillais Robert Ruffi exalte sa langue, dût-il s’approprier la poésie des troubadours, « Lo provençau, baudament / a lo drech de primier atge », le provençal, hardiment, a le droit d’ainesse. À l’époque, il est vrai, la langue de la Provence moderne commençait à se détacher de ce qu’on nommerait plus tard le languedocien,
le lingua occitana de 1407 à Arles témoignant de la situation 150 ans avant.
En 1587, un avocat basque d’Espagne Andres de Poça nomme l’auvergnat (lengua auernesa) parmi les quatre langues de France autres que le français, ce qui suppose que sous une forme ou une autre auvergnat était déjà assez répandu.
En 1655, le médecin Pierre Borel nomme le languedocien comme langue ; mais la forme languedochien (ch = [k] très probablement) lui fera concurrence pendant plus d’un siècle.
Le nom français de limousin pour la langue du Limousin apparaît dans le titre du Dictionnaire de la langue limousine de Dom Léonard Duclou, manuscrit achevé vers 1774.
Le cévenol est nommé dans les titres d’un Dictionnaire cévenol et de Mémoires sur la langue cévenole du P. Joseph Séguier († 1776), manuscrits en grande partie perdus.
Le nom provençal du niçois apparait en 1832 dans le titre Lou Fablié nissart de Joseph Rosalinde Rancher.

4 - Deux occasions à ne pas manquer
Ainsi, en l’état de nos recherches, la formule jurisprudentielle et probablement royale de langue gasconne et béarnaise, qui convient à merveille à la langue historique du « triangle aquitain » de César, s’avère plus ancienne que le nom des autres idiomes d’oc de France. J’ose donc espérer que tous ceux qui aiment cette langue sauront s’unir pour célébrer les deux anniversaires d’apparition de son double nom.
Et pour commencer, rendez-vous dans un an !


- par Jean Lafitte


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> Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?
11 décembre 2012, par Emmanuel Pène  

On voit bien par cette ancienneté que le gascon et le béarnais sont bien plus anciens que l’"occitan" qui est une invention intellectuelle du XXè siècle.

Si on n’y prend garde, on va bientôt nous faire croire que Jésus parlait à ses apôtres en occitan !

Les sources historiques, il n’y a que ça de vrai.. Merci à MM. Lafitte & Pépin.

  • > Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?
    13 décembre 2012, par Dominique BIDOT-GERMA  
    Hou là ! Que de confusions ! Reprenons les choses dans l’ordre. Il ne faut pas confondre l’ancienneté d’une langue, le fait qu’elle soit nommée et son orthographe (ou graphie). Le béarnais est, en effet appelé comme tel à partir du XVIe siècle. Mais il s’écrit dans une graphie historique toujours utilisée aujourd’hui (dite normalisée, classique, occitane : je préfère graphie historique) dès le dernier tiers du XIIIe siècle. Le terme « langue d’oc » et son équivalent latin lingua occitana apparaissent à la fin du XIIIe siècle. De ce terme latin est issu le mot occitain (attesté en 1644 et 1655). Bien avant le XIXe siècle, donc. Linguistiquement, le gascon est un dialecte occitan, d’Oc. Le "béarnais" n’est pas une réalité linguistique (on parle en Aspe un dialecte fort différent de celui de Garlin, par exemple...) : le terme s’est imposé du fait de l’histoire très particulière de la vicomté de Béarn. Par tous les saints, Jésus n’a rien à voir là dedans... Les Apotres, en revanche ! Après la Pentecote, ils se mirent à partir toutes les langues !!!

  • > Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?
    13 décembre 2012, par Oscar du Pont  

    Le "béarnais" n’est pas une réalité linguistique (on parle en Aspe un dialecte fort différent de celui de Garlin, par exemple...)

    Des expressiosn ou des mots différents d’un village à l’autre n’ont jamais empêché les Béarnais de comprendre leur "patois", si vous lui refusez la dignité incertaine de langue . Ce qui est certain par contre, c’est que parsonne ne comprend ni ne parle "l’ occitan" ici et que le "cor historic" palois n’est qu’une greffe cardiaque condamnée au rejet et qui n’a pu être implantée que par des Docteurs Diafoirus aux préceptes douteux et risbles.

  • > Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?
    13 décembre 2012, par le coq  
    Va dire ta prose au coeur de l’Aspe et...tu trouveras les meilleurs chirurgiens esthétiques sans anesthésie qui te feront ressembler au zouane de l’Alma plus qu’à un saumon du Gave.

  • > Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?
    13 décembre 2012, par Emmanuel Pène  

    Linguistiquement, le gascon est un dialecte occitan, d’Oc

    L’occitan n’est pas une langue. C’est au mieux une famille linguistique (qui d’ailleurs s’appelle "occitano-roman"

    D’ailleurs le gascon est au moins aussi éloigné du languedocien (ce que vous appelez "occitan central") que le catalan. Or, nul ne nie aujourd’hui que le Catalan est une langue.

    Quant à votre théorie sur la graphie béarnaise. Elle est fausse car il n’y a pas une mais DES graphies béarnaises historiques : elle n’a cessé d’évoluer depuis le XIIIè siècle jusqu’au XIXè, sans parler des fantaisies propres aux auteurs.

    Il y a toutefois des caractères très spécifiques à une graphie ancienne béarnaise. Ce sont en particulier :

    -  le "x" pour le français "ch"
    -  le doublement des voyelles comme dans Morlaas pour la nasalité du gascon : Morlaàs, Puyoo, etc..

    Aucun de ces traits spécifiques ne se retrouvent dans votre graphie occitane, qui n’a d’autre but que de servir de support à un projet de langue occitane qui n’existe pas.

  • > Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?
    13 décembre 2012, par Jean Lafitte  

    M. Bidot-Germa, historien médiéviste, veut nous éviter les confusions, mais en commet quelques unes dès qu’il entre en linguistique.

    1 - Comme toute langue écrite, le gascon du Béarn a connu à chaque époque des graphies qui répondaient aux besoins et à la prononciation du temps ; ainsi, en 1583, Arnaud de Salette n’écrivait pas comme en 1270. En effet, avant l’occitanisme du XXe s., on n’a jamais observé, dans l’écrit d’oc, une sacralisation d’une graphie ancienne, fâcheuse habitude issue des positions de l’Académie française ; mais celle-ci a été fondée bien après la fin du Moyen âge. De fait, la graphie occitane, qui ne correspond pas d’ailleurs à celle des anciens textes béarnais comme on l’a rappelé ici, est en rupture avec ce qui reste aujourd’hui de la langue autochtone.

    Suivre les anciens, ce n’est pas reproduire leurs gestes, mais agir comme ils le feraient aujourd’hui s’ils étaient encore là.

    2 - S’il est exact que le terme « occitain » est employé en 1644 par Jean-Pierre Camus, Les récits historiques ou Histoires divertissantes, p. 390, ce n’est que pour situer - bien inutilement au demeurant - un « Gentil-homme Occitain », marié et père de plusieurs enfants, qui avait enlevé et violé une jeune voisine : aucun sens linguistique.

    Même absence d’un tel sens dans « pays Occitain » apparu en 1628 chez Sébastien Roulliard, Histoire de Melun, p. 171.

    Mais peut-être occitain a-t-il ce sens dans l’attestation de 1655 que signale M. Bidot-Germa, et que je n’ai pas rencontrée. Peut-il nous en donner les références et le contexte ?

    Donc jusqu’à sa réponse, nous n’avons pas de sens linguistique d’« occitan » avant la fin du XIXe s.

    3 - Enfin, affirmer « Linguistiquement, le gascon est un dialecte occitan, d’Oc. », c’est ignorer l’avis de tous les linguistes qui ont étudié le gascon depuis 1877, et notamment les articles historiquement très documentés du Pr. Jean-Pierre Chambon de la Sorbonne, en 2002 et 2005.

    Que chacun reste dans sa spécialité et les langues seront bien gardées.

  • > Gascogne, Béarn : 2013, 2033, deux anniversaires à célébrer ?
    15 décembre 2012, par Dominique BIDOT-GERMA  
    Tout ceci me fait penser à ce proverbe béarnais : muisha la lua a un aso, ne ved pas que lo dit... Il y a une graphie historique (avec certes des hésitations,minimes, le X plutot que le sh, attesté aussi dans les textes, et les doubles voyelles, pas systématiques) ; pour l’essentiel, la graphie actuelle reprend l’historique. Cette dernière, apparue au XIIIe siècle, s’est dégradée, au contact de la graphie française, à partir du XVIIe siècle, pour simplifier. Les façons phonétiques d’écrire, non scientifiques, ne peuvent etre considérées comme des graphies. La dignité du béarnais, et du gascon, linguistiquement dialecte d’Oc, c’est cela aussi, et d’abord. Je renvoie aux travaux de Michel BANNIARD, qui fait autorité. On cite plus haut l’idéologue Chambon...Seul contre tous ... Alain ALCOUFFE (Université de Toulouse I-Capitole) Jean ARROUYE (Université d’Aix-en-Provence) Michel BANNIARD (Université de Toulouse II-Le Mirail & EPHE) Katy BERNARD (Université Bordeaux III) Dominique BILLY (Université de Toulouse II-Le Mirail) Hélène BIU (Université de Paris IV- Sorbonne) Philippe BIU (Université de Pau-Pays de l’Adour) Christian BONNET (Université de Clermont-Ferrand) Jean-Claude BOUVIER (Université de Provence, Aix-Marseille) Gilda CAITI-RUSSO (Université de Montpellier III) Aitor CARRERA I BAGET (Université de Lérida-Lleida, Catalogne -État espagnol) Jean-Yves CASANOVA (Université de Pau-Pays de l’Adour - Pau) Patricia CASTERET (Université de Pau-Pays de l’Adour - pau) Philippe CHAREYRE (Université de Pau-Pays de l’Adour- Pau) Gilles COUFFIGNAL (Université de Toulouse II) Pierre ESCUDÉ (Université de Toulouse II-Le Mirail) Jean-Claude FORÊT (Université de Montpellier III) Philippe GARDY (CNRS Paris-Carcassonne) Joëlle GINESTET (Université de Toulouse II-Le Mirail) Gérard GOUIRAN (Université de Montpellier III) Jacques GOURC (Université de Toulouse II-Le Mirail) Patricia HEINIGER-CASTERET (Université de Pau-Pays de l’Adour - PAU) Christian LAGARDE (Université de Perpignan) Francesc-Xavier LAMUELA (Université de Girone - Catalogne - État Espagnol) Guy LATRY (Université Bordeaux III, Bordeaux) Hervé LIEUTARD (Université de Montpellier III) Stéphane MARCOTTE (Université de Paris IV La Sorbonne) Philippe MARTEL (Université de Montpellier III) Walter MELIGA (Université de Turin) Rémy PECH (Université de Toulouse II- Le Mirail) François PIC (Université de Toulouse II-Le Mirail) Patrice POUJADE (Université de Perpignan) Pfeffer WENDY (Université de Louisville, Kentucky- U.S.A.) Xavier RAVIER (Université de Toulouse II-Le Mirail) Jean-Claude RIXTE (Université d’Avignon) Maurice ROMIEU (Université de Pau) Patrick SAUZET (Université de Toulouse II-Le Mirail) Jean SIBILLE (CNRS Toulouse) Rafèu SICHEL-BAZIN (Barcelone) Domergue SUMIEN (Manosque) Jacques TAUPIAC (Institut Catholique Toulouse) Hervé TERRAL (Université de Toulouse II-Le Mirail) Jean THOMAS (Université Champollion - Albi) Claire TORREILLES (Université de Montpellier III) Josiane UBAUD (Montpellier) Florian VERNET (Université de Montpellier III) Marie-Jeanne VERNY (Université de Montpellier III) Alan VIAUT (CNRS Bordeaux)

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