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Soficar : Un monument du territoire

lundi 26 novembre 2012


Le projet d’implantation d’une unité de production de Polyacrylonitrile (PAN) à Abidos par le groupe japonais Toray a été unanimement salué en Béarn. Sa réalisation sera une bouffée d’oxygène pour le bassin de Lacq. Elle consolidera la filière amont de l’activité fibre de carbone à Abidos.

L’histoire de cette filière est un cas d’école. L’aventure Soficar commence vers la fin des années 70. Total (à l’époque Elf) décide de lancer un programme de Recherche et Développement sur les matériaux composites et les fibres de carbone. Ce programme a su rassembler, sur le long terme, un réseau de compétences, notamment autour du Groupement de Recherches de Lacq (GRL).

La réalisation de ce programme a fait d’Elf un acteur reconnu et a permis de nouer un partenariat avec Toray. Cette collaboration s’est concrétisée en 1986 par la création de l’usine Soficar à Abidos où Péchiney, d’abord concurrent, a ensuite figuré comme partenaire éphémère. Cette usine produisait la fibre à partir d’un PAN spécifique, fabriqué au Japon.
La création d’une unité de PAN était l’étape suivante attendue. Elle va enfin se concrétiser.

Un préalable à cette concrétisation semble avoir été l’éviction d’Arkema, (successeur de Total dans le partenariat) et la création de Toray Carbon Fibers Europe à 100% Toray. Les discussions entre les deux partenaires ont dû être particulièrement âpres. Le retrait d’Arkéma d’un secteur économique innovant, s’il n’est pas surprenant en raison de la prééminence de Toray sur ce marché, est à relever. Le manque de coopération de l’industrie française, au début de cette aventure, est aussi à noter. A la fin de cette aventure, l’affaiblissement de la chimie française, voire européenne, est surtout à souligner. Le dernier centre de décision de la chimie, encore présent sur le sol français mais opéable, est Arkema.

Ce retrait signifie aussi qu’une grande partie de la richesse physiquement produite à Abidos ne va pas rester en France. Les prestations qui se font et continueront à se faire au Japon, avec notamment la contribution de nombreux emplois dits supérieurs, nécessitent rétribution. L’usine Toray d’Abidos va rejoindre la catégorie d’autres fleurons de l’industrie béarnaise (Yara, Lindt par exemple) dont les centres de décisions sont hors hexagone.
Compte tenu de l’éloignement des centres décisionnels et de la nécessité de création de valeur boursière, lancer une stratégie de développement industriel, type Soficar, semble maintenant difficile.
L’absence de filière « composite » aval à proximité est aussi à souligner.

Certes disposer d’industries qui permettent de conserver au niveau local, voire national, une partie du PIB créé, est déjà beaucoup.
De plus, la concentration d’activités et la fragmentation des taches devraient donner lieu à des spécialisations qui constituent l’armature d’un véritable bassin industriel.

Face à ces situations les politiques, notamment locaux, paraissent dépassés. Ils se persuadent que le « désenclavement » suffit au développement des territoires. Ouvrir des zones d’activité, rocades, voies rapides, autoroutes ou autres LGV est devenu prioritaire, quel qu’en soit le coût financier, paysager ou environnemental.
L’histoire Soficar ne montre-t-elle pas que la croissance économique suit d’autres chemins ?

- par Larouture


(Crédit photo : Réunion des Musées Nationaux)


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> Soficar : Un monument du territoire
26 novembre 2012, par Georges Vallet  

Polyacrylonitrile

Le grand danger causé par cette matière est dû à sa combustion, au cours de laquelle elle libère deux gaz : CO2 (dioxyde de carbone) ; HCN (cyanure d’hydrogène ou acide cyanhydrique).

Le CO2 peut être dangereux (asphyxie), par contre le HCN est un gaz extrêmement toxique pour l’être humain et peut entrainer de graves complications pour l’organisme.

La toxicité du Pan porte aussi sur les effets des fibres de carbone sur la santé : risques pulmonaires, cutanés, cancérogènes,etc.

Naturellement, aucun incendie n’est possible et les risques de l’utilisation des fibres est négligeable, sauf pour ceux qui en profiteront !

  • > Soficar : Un monument du territoire
    26 novembre 2012, par ferdi  

    Apparemment vous connaissez mal les fibres de carbone et leur méthode de fabrication !

    Le CO² dangereux ? Gare à l’eau gazeuse !

    La fibre de carbone toxique, cancérigène ? Il va falloir que vous évitiez de prendre l’avion !

  • > Soficar : Un monument du territoire
    26 novembre 2012, par ferdi  

    Votre explication n’est pas tout-à-fait exacte. Ayant participé activement à cette aventure, je me permets de préciser. Si Toray a décidé de produire le précurseur à Abidos, c’est uniquement parce qu’elle est devenue propriétaire de cette usine et qu’il entrait dans sa stratégie d’avoir cette production en Europe. Elf a eu un projet de développement de précurseur à Lacq en 1985, projet qui n’était pas bien vu de nos amis japonais. Nous avions la compétence et les moyens d’y arriver. Ce développement, comme d’ailleurs tous les programmes de R&D sur les matériaux composites, a été abandonné quand Péchiney a quitté le navire. Le résultat positif de l’aventure des composites chez Elf a été l’implantation de cette usine en Béarn. Il faut rendre hommage à Michel Brisson qui a été directeur de cette entreprise depuis le début et qui est parti à la retraite l’an dernier. Il a su gagner la confiance des Japonais qui l’ont laissé aux commandes pendant toutes ces années malgré les changements d’actionnaires. Ils lui ont permis de développer cette usine en investissant dans de nouvelles lignes de production. En 1987 Atochem n’a été alors que le porteur d’actions français dans Soficar. A ce moment, Toray est devenu majoritaire, Soficar devenant une unité Toray dans le monde. Ceci a permis de developper les ventes à l’international, Soficar produisant jusqu’alors surtout pour le marché français. Si Arkema s’est désengagée de ce secteur, c’est parce qu’il ne rentre pas dans sa stratégie industrielle. Cette société s’est notamment engagée dans les nanofibres qui semblent prometteuses en s’appuyant notamment sur le Groupement de Recherches de Lacq. On pourrait épiloguer longtemps sur cette aventure, mais il n’est pas un peu court de dire que c’est Arkéma qui bloquait le développement de PAN à Abidos.

  • > Soficar : Un monument du territoire
    26 novembre 2012, par ferdi  

    Je voulais dire :

    ...mais il est un peu court de dire que c’est Arkéma qui bloquait le développement du PAN à Abidos.

  • > Soficar : Un monument du territoire
    26 novembre 2012, par Larouture  

    Merci pour votre commentaire et notamment les précisions sur l’action de M. Brisson. Mon propos n’est pas d’être exhaustif mais de montrer le mécanisme qui a précédé une implantation industrielle.

    L’illustration du tableau de Robert Delaunay, « La route et la cathédrale », n’a pas suivi sur le site. L’introduction non plus : « Histoire du chemin parcouru pour une implantation industrielle. Cas où la route n’a pas fait la cathédrale » .

    La création de Sanofi, la restructuration de la chimie Française avec Arkema seraient aussi à mettre au crédit d’Elf.

  • > Soficar : Un monument du territoire
    26 novembre 2012, par Oscar du Pont  

    Face à ces situations les politiques, notamment locaux, paraissent dépassés. Ils se persuadent que le « désenclavement » suffit au développement des territoires. Ouvrir des zones d’activité, rocades, voies rapides, autoroutes ou autres LGV est devenu prioritaire, quel qu’en soit le coût financier, paysager ou environnemental.

    Je ne vois vraiment pas le rapport entre cette restructuration industrielle qui va dans le bon sens en terme de création de valeur pour le bassin industriel local et la nécessaire création d’infrastructures destinées justement à éviter que des industries installées soient contraintes au premier coup de vent de choisir parmi leurs sites à restructurer ou à abandonner ceux qui sont les moins accessibles et les plus isolés.

    Quant à se lamenter sur le départ de nos centres de décision hors de France, posons nous plutôt la question de savoir si celà a vraiment de l’importance . D’autant justement que cet abandon est d’abord la décision d’états-major français. Quant à en imputer une nouvelle fois la responsabilité même partielle aux politiques, c’est donner bien trop de pouvoir à Don Quichotte et à Sancho Pança.

    > Soficar : Un monument du territoire
    26 novembre 2012, par le coq  

    Comme toujours en Béarn, les opposants à toutes industries sont légions. Il faut donner priorité à Bordeaux et au Pays Basque. Les causes sont les mêmes depuis des décennies - assurer les fiefs des Seigneurs de la politique.

       
     
     
     
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