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Lettre à ma députée

mardi 16 octobre 2012 par Paul Itologue


Lettre à ma députée

Un article cinglant fustigeant votre position sur le traité européen a paru sur ce site la semaine passée. Il vous a peut-être fait mal, mais en vous présentant aux élections vous pouviez vous attendre à de telles réactions.

Par ailleurs, c’est tout à fait le rôle de ce site que de favoriser le débat et de rappeler les élus à leurs devoirs. Mais comme il s’y trouve une certaine diversité d’opinion, je vais saisir l’occasion de me faire votre avocat, bien que personne ne m’ait mandaté pour cela et que mon appréciation personnelle de la question ne m’incite pas à le faire.

L’interpellation de Daniel Sango pose en effet un problème de fond : un(e) député(e) doit-il (elle) suivre l’opinion majoritaire des électeurs de sa circonscription ? Qu’en est-il si, a fortiori, c’est l’opinion majoritaire de ses propres électeurs ?

Je ne le crois pas. S’il fallait qu’il en soit ainsi, notre pays connaîtrait encore la peine de mort abolie il y a trente ans. Et j’ai trop vu agir tant de « godillots » que je me réjouis qu’un(e) élu(e) soit cohérente avec ses convictions. Certes, il est naturel qu’une certaine discipline de groupe joue. Et en l’occurrence, je regrette que les arguments de François Hollande, de Jean-Marc Ayrault et de nombre de vos collègues ne vous aient pas convaincue. Mais le vote a bien montré que votre voix dissonante ne mettait pas en péril l’action gouvernementale.

Pour autant, il est piquant que vous, qui vous présentiez comme un bon petit soldat au service de François Hollande, se dresse en opposante à un pan majeur de sa politique.

Mais cela ne fait pas de vous une renégate. Tout au plus, votre vote montre les craintes d’une partie de la population à l’égard d’une politique d’austérité. Ces craintes sont partagées par nombre d’économistes. La spirale dépressive que connaissent les pays du sud de l’Europe justifie ces craintes. Le resserrement du crédit, la frilosité des acteurs économiques, l’arrêt de gros investissements dans le domaine des infrastructures (voies d’eau, lignes ferroviaires...) risquent de se conjuguer vers une montée du chômage.

Puisse un peu d’énergie, d’optimisme et de confiance conjurer cette menace ! L’état de l’opinion ne va pas dans ce sens, mais les médias ne contribuent guère à la rassurer. Et le scepticisme congénital des Français leur indique sans doute que, comme beaucoup d’autres belles résolutions, la pratique montrera probablement un autre chemin.

Paul Itologue

P.S. Pour le cas où vous n’auriez pas reçu ( :- ;) la déclaration de Martine Lignières-Cassou du 3 octobre, je me fais un plaisir de vous la reproduire ci-dessous :

Le changement de l’Europe est en marche_______________________________________ Cette semaine à l’Assemblée Nationale, nous allons examiner le Traité Européen sur la Stabilité, la Coopération et la Gouvernance (TSCG). Jean Marc Ayrault l’a rappelé lors de son audition du 02 octobre dernier à l’Assemblée nationale « l’élection du 06 mai 2012 a fait bouger les lignes en Europe parce que le peuple français l’a décidé ». Ce changement s’est traduit par le compromis qu’a obtenu François Hollande au Conseil Européen des 28 et 29 juin derniers et qui a ouvert l’espoir d’une sortie de crise de l’Union Européenne. Sous l’impulsion du Président de la République, une nouvelle dynamique a permis à l’Europe de surmonter ses divisions et de se réorienter autour de trois axes souhaités par la France : la croissance, la solidarité contre la spéculation financière et l’intégration économique et budgétaire.

Cette nouvelle vision pour l’Europe a déjà eu des effets concrets. Le compromis obtenu par François Hollande, au Conseil Européen des 28 et 29 juin, a ainsi permis l’adoption d’un plan de relance de 120 milliards d’Euros, la mise en place de mécanismes de régulation financière comme la taxe Tobin ainsi que le soutien direct de la BCE aux Etats. De plus, la nouvelle mission qui a été confiée à la Commission européenne est de proposer rapidement un mécanisme commun de supervision des banques à l’échelle européenne. Une fois ce mécanisme mis en place, c’est à dire au plus tôt à la fin de l’année 2012, le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) aura la possibilité de recapitaliser directement les banques en difficultés.

L’austérité n’est désormais plus l’horizon indépassable de la Zone Euro, et c’est dans le pacte pour la croissance et l’emploi que s’inscrit l’exigence de stabilité financière, qui est la finalité du TSCG.

Au niveau national, le Conseil Constitutionnel a également donné raison au Président de la République qui refusait que l’équilibre des finances publiques et le mécanisme de correction automatique deviennent des obligations constitutionnelles, comme le prévoyait la ’’règle d’or’’, telle que défendue par la droite. Cet objectif de réduction des déficits, qui ne dépend pas d’une loi d’affichage, sera encadré par une simple loi organique... mais sera surtout l’objet d’un projet cohérent de redressement, un projet juste qui ne sacrifiera pas la croissance à une politique budgétaire purement comptable.

En matière de concurrence, la France a obtenu la reconnaissance du bien-fondé de sa demande d’instaurer des règles de réciprocité commerciale avec les pays qui pratiquent le dumping social ou environnemental. Les avancées en matière de régulation de la finance ou encore d’intégration économique et budgétaire, qui ont eu pour objet de remplacer l’austérité généralisée par une stratégie de croissance, ne sont toutefois qu’un début.

Le Gouvernement socialiste français souhaite toutefois aller plus loin en renforçant nos outils de stabilité financière et en ouvrant la voie à une véritable mutualisation des dettes publiques sous la forme d’eurobonds. En outre, les politiques européennes doivent être mobilisées en faveur de la production et de l’emploi en Europe : politique industrielle, politique commerciale promouvant le juste échange, politique de l’emploi, notamment pour les jeunes....

Ces propositions se heurtent toutefois à une opposition de la part des pays européens plus libéraux, notamment l’Allemagne. Le Président de la République a donc besoin du soutien massif de sa majorité parlementaire, afin de confirmer la volonté réelle de la France d’occuper un rôle décisif dans la politique européenne et d’envoyer un message de détermination aux autres pays européens.

J’ai été élue, à l’instar de mes collègues socialistes à l’Assemblée Nationale, pour faire avancer la solidarité européenne, pour permettre à nos partenaires européens les plus en difficultés de rebondir et de rester dans l’UE. C’est pourquoi je soutiendrai le Gouvernement en votant ce traité.


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> Lettre à ma députée
16 octobre 2012, par Daniel Sango  

Mais cela ne fait pas de vous une renégate. Tout au plus, votre vote montre les craintes d’une partie de la population à l’égard d’une politique d’austérité

Ce qui va être rigolo, c’est qu’elle va voter le budget d’austérité que propose le gouvernement...

On a effectivement les élus qu’on mérite...

  • > Lettre à ma députée
    16 octobre 2012, par Oscar du Pont  
    On ne dit plus de Charybde en Scylla désormais, mais de Bayrou en Chabanne

  • > Lettre à ma députée
    16 octobre 2012, par Oscar du Pont  

    Pour autant, il est piquant que vous, qui vous présentiez comme un bon petit soldat au service de François Hollande, se dresse en opposante à un pan majeur de sa politique.

    Les bons petits soldats qui tirent dans le dos de leurs camarades finissent en cour martiale, en général. Sauf au PS bien sûr ou tout et le contraire de tout figure dans des motions, des courants, des groupes de pensée et des synthèses en forme de loghorées infinies. Cet assemblage hétéroclite de bavards et de ratiocineurs inconséquents est aujourd’hui au pouvoir encombré de ses propres contradictions et acculé par l’archaisme patent de ce qui leur reste de dogme. Les révoltes de Madame Chabanne, ma députée me feraient sourire si elles ne contribuaient pas à marginaliser un peu plus notre Béarn. Mais nous avons sans doute la représentation que nous méritons. Sera-ce assez piquant pour que nous réagissions ? Même pas sûr. Ha Boué !

       
     
     
     
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