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La trahison d’un homme et l’attente de 30 millions d’électeurs

lundi 9 juillet 2012 par Henri 64


Indéniablement, il penchait à droite. Et, selon bien des observateurs, il aura assuré la satisfaction des gens de gauche et, sans doute, l’élection d’un président de gauche ou du centre gauche.

En Europe, pour ce qui est de trahison, il pourrait s’agir de Mariano Rajoy, car il est difficile d’être plus à droite que lui. Et pourtant, il vient de tourner le dos au dogme sacro-saint du laisser faire et obtenir que le fonds de secours (le Mécanisme européen de stabilité) recapitalise en direct les banques en difficulté. Pour autant, on n’a pas entendu de condamnation de sa démarche. Il est clair cependant que si M. Sarkozy avait été réélu, le couple « Merkozy » renforcé aurait fait barrage à la démarche conjointe de l’Espagne et de l’Italie.

En revanche, la condamnation du « renégat » dont il est question ici est violente. Il est vrai que les conséquences sont immenses, à l’échelle du monde. Quel attrait pourrait présenter à l’avenir une démocratie laissant dans la pauvreté et le manque de soins une telle partie de ses mandants ? Heureusement, le blocage a été évité. Mais de justesse. A tel point que l’on peut se demander si un état moderne peut être ainsi dépendant du jugement d’un seul homme.

Cet homme n’est pas un citoyen ordinaire, il est vrai. Il préside la Cour suprême des Etats-Unis qui a rendu son verdict le jeudi 28 juin sur le « Patient Protection and Affordable Care Act », la loi sur les soins abordables, par 5 voix pour contre 4. La voix du président de la Cour, le juge John Roberts, a donc été décisive. Elle conforte de manière éclatante la politique du Président Obama et ouvre la voie à la réforme phare de son mandat. La décision est inattendue car le juge Roberts, nommé par G. Bush et cité en exemple par le candidat républicain Mitt Romney, n’avait jamais manqué de joindre sa voix à celle des 4 juges conservateurs, que ce soit sur la question de l’avortement ou la question du rôle de l’argent dans la vie politique du pays (voir http://en.wikipedia.org/wiki/John_Roberts pour le détail de sa biographie et de ses prises de positions). La déception et la colère sont grandes chez les conservateurs. Mais la réforme est populaire.

Retenons de cet évènement qu’il n’est pas vrai que le pouvoir se résume au pouvoir exécutif et au pouvoir législatif. Le pouvoir judicaire a aussi son importance (on l’a vu aussi en France avec la loi sur le harcèlement) et le pouvoir des médias reste prégnant.

Le lecteur s’étant égaré par tropisme local sur le nom de François Bayrou aura eu l’opportunité de réaliser les similitudes et les différences de situation. Dans le cas du juge John Roberts, ce sont sans doute les fondements juridiques qui ont motivé son vote, et non des questions de valeurs. Son choix avait un effet direct, immédiat. Dans le cas de François Bayrou, son choix personnel n’entraînait pas celui de tout son électorat, même s’il était conforme à celui des principaux responsables du Modem. De toutes façons, une bonne partie des électeurs du centre avaient déjà rejeté M. Sarkozy et ses gesticulations : le « candidat du peuple » enchaînait des déplacements coûteux moins pour écouter les souffrances du pays et y porter remède que pour sa propre propagande et il était facile de ne pas en être dupe. Quant aux questions de santé, la prolongation de l’autorisation du Médiator en France, à l’inverse de ce qui se passait à l’étranger ne pouvait que donner un malaise à ceux qui savaient que M. Sarkozy avait travaillé pour un cabinet d’avocats défendant les intérêts du laboratoire Servier.

Au-delà des personnes, il faudra revenir sur l’organisation politique des deux pays qui n’ont pas toujours connu le bipartisme actuel et revenir aussi sur leur bilan économique et social. L’éclairage que vient de donner l’INSEE confirme hélas une vision pessimiste de la situation de la France. Ne la cachons pas sous le tapis mais au contraire, prenons-la à bras le corps.

- par Henri 64


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> La trahison d’un homme et l’attente de 30 millions d’électeurs
9 juillet 2012, par Maximo  

Retenons de cet évènement qu’il n’est pas vrai que le pouvoir se résume au pouvoir exécutif et au pouvoir législatif.
Ah ça, c’est bien vrai, mais depuis Montaigne on en est persuadé...

Le pouvoir judicaire a aussi son importance (on l’a vu aussi en France avec la loi sur le harcèlement) et le pouvoir des médias reste prégnant.
sous Montaigne il n’existait pas, mais depuis le XXe siècle, il est appelé "4e pouvoir". Ce n’est pas pour rien

Cela dit, une extrapolation à d’autres pays que les USA est dangereuse tant le pouvoir judiciaire y tient une place à part et le mode d’élection et/ou nomination y est particulier

   
 
 
 
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