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20 ans après : Le passage de la tragique déception au grand funérarium des promesses des Etats

lundi 2 juillet 2012 par Georges Vallet


Il y a 20 ans, en 1992, 178 Etats membres signaient trois conventions internationales de protection de l’environnement :
La lutte contre le réchauffement climatique.
La protection de la biodiversité.
Le recul de la désertification et de la déforestation.
 
Un constat de faillite est dressé par les experts onusiens ; sur les 90 objectifs environnementaux fixés par les Nations Unies, les engagements tenus se comptent sur les doigts d’une main ! Si les richesses produites par les hommes ont fortement augmenté, c’est au détriment de l’environnement : la croissance du PIB est de 75%, soit par habitant, dans les pays développés de 33% et dans les pays en voie de développement de 80%, la production de matériaux : Plastique : +130%, Ciment +170%, Acier : +100%. L’exploitation des matières premières, pétrole compris est de +41%. (Sciences et Avenir).

En contrepartie, l’écart entre les riches et les pauvres s’est accru, les ressources en minerais sont en voie d’épuisement. ; 415 zones côtières sont en voie d’eutrophisation, les pollutions de l’air, de l’eau douce, de la mer, de la terre, des corps et des esprits sont montées en flèche !
À partir du 15 juin, les 193 Etats membres de l’ONU se sont réunis à Rio de Janeiro pour la conférence mondiale sur le développement durable. Parmi les grands de ce monde, seul Hollande avait fait le déplacement avec un discours remarqué ; Obama, Merkel, Cameron sont restés chez eux. C’est la déshérence des ambitions affichées jadis. L’acte significatif de cette période ne sera pas ce qui restera de la « vitrine » de Rio mais ce qui a été joué le 18 juin au Parlement canadien avec l’adoption de la loi C-38 qui met à mal les avancées précédentes et engage un tournant régressif destructeur du développement durable.
 
Que c’est-il passé en 20 ans ?

Réchauffement climatique
 :
La température s’est accrue de 0,4° C, l’engagement pris de contenir le réchauffement de deux degrés au maximum est hors d’atteinte, il sera sans doute plus proche de 3 à 5 degrés au cours de ce siècle ; la teneur en CO2 a augmenté de 9%. Jamais on a relâché autant de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ! Le méthane s’échappe des permafrosts. Des chercheurs russes et américains ont ainsi mis en évidence qu’en Alaska et en Sibérie, sur une zone plus étendue que la France et l’Allemagne réunies, le permafrost est en train de fondre pour la première fois depuis la fin du dernier âge glaciaire, il y a 11 000 ans. Mais ce n’est qu’un début : il y a des fortunes à faire en mettant la main sur la biomasse, c’est-à-dire l’ensemble de la matière vivante ; plantes, animaux, micro-organismes des continents et océans. Le maïs OGM au Mexique contamine le berceau génétique d’où sont issues les semences d’origine. On a bien créé, au Spitzberg, une banque de conservation qui sera fort utile, plus tard, pour les remettre sur le marché, mais contre des sommes très rentables !

Biodiversité
 :
Le monde a échoué dans la réalisation de l’objectif adopté par 110 chefs d’Etats visant à réduire le taux de perte de biodiversité d’ici 2010 », a déclaré Ahmed Djoghlaf au cours d’une réunion organisée par l’UNESCO. Il a rappelé que l’on constatait une perte de la diversité biologique à un « rythme sans précédent ».

Déforestation, désertification :

Les forêts ont régressé de 300 millions d’ha (13 millions d’ha/an) au profit de trois cultures : canne à sucre, palmier à huile et soja. Le puits de carbone diminue en même temps.
Malgré l’adoption de la convention, la désertification s’accélère. Depuis le milieu des années 90, on estime qu’en moyenne 3.436 Km2 sont chaque année transformés en désert, contre 2.100 Km2 dans les années 80 et 1.560 dans les années 70. À ce rythme, d’ici à 2025, les deux tiers des terres arables d’Afrique auront disparu, un quart de celles d’Asie et un cinquième de celles d’Amérique du Sud. Le but n’est pas de protéger l’environnement mais de nous protéger des conséquences de cette crise de la biosphère engendrée en grande partie par l’homme. Déjà, le nombre des catastrophes liées aux inondations ou à la sécheresse a augmenté respectivement de 230% et de 38% entre 1980 et 2000.

  • Le réchauffement engendrera des migrations climatiques massives de populations alors que nous ne sommes déjà pas disposés à recevoir les migrants politiques ou économiques ! 
  • La raréfaction des matières premières va envenimer les relations internationales, La Chine par exemple a décidé de se réserver ses terres rares, privant ainsi l’Europe et les Etats-Unis de minerais stratégiques. Les compétitions autour de l’eau et des terres arables seront sources de conflits. À côté de la guerre militaire, la guerre économique s’intensifiera, la spéculation aussi, donc les crises, que le « bon peuple » devra financer par son sang, ses larmes et son argent !

Les crises socio-économiques s’intensifient, ce n’est pas parce qu’il y a trop d’Etat ou qu’il a trop dépensé ; les racines du mal sont d’ordre écologique. L’économie capitaliste, libérale puis néolibérale ne fait que les intensifier. Il y a des filières durables à développer massivement : nos déchets sont bien plus riches en métaux précieux que les mines les plus productives d’Afrique du Sud ! D’autres sont à réguler ou à décroître. Il faut cibler les investissements. Notre déficit commercial correspond à la valeur de nos importations d’hydrocarbures ! La fiscalité qui pèse sur le travail doit être délocalisée sur les énergies fossiles. L’OCDE réclame « la suppression des subventions préjudiciables à l’environnement » et « l’intégration dans le prix des produits du coût de la pollution qu’ils génèrent ». Le Bureau international du travail (BIT) estime que « la conversion à une économie verte pourrait créer 15 à 60 millions d’emplois dans le monde en deux décennies ».

« Sans règles, sans contraintes et sans gendarmes, cela ne marchera pas. D’où le vieux projet d’un bras armé : l’organisation mondiale de l’environnement défendu par la France et une centaine d’autres pays à Rio. Le président américain est contre, mais les absents ont parfois tort. » Guillaume Malaurie, Nouvel Observateur.

- par Georges Vallet

Crédit photo : Le Nouvel Observateur


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> 20 ans après : Le passage de la tragique déception au grand funérarium des promesses des Etats
2 juillet 2012, par Oscar du Pont  

Je suis surpris que vous ne mentionniez pas les chiffres de la croissance démographique sur la même période, soit, sauf erreur 1.7 milliards d’habitants de plus sur la planète...(une croissance de 33% en 20 ans !!!)

Dans les années 60-70, avant que l’écologie ne devienne un thème réellement dominant dans le débat public, celui de la croissance démographique incontrôlée l’était. Son incidence sur le partage des ressources limitées de la planète était clairement identifié comme une impasse à venir et le débat tournait autour des moyens à mettre en oeuvre pour limiter cette croissance démographiques.

Aujourd’hui, il semble que ce thème ne soit plus très actuel et qu’on s’en prenne davantage aux effets qu’à la cause.

Pour quelles raisons ?

  • > 20 ans après : Le passage de la tragique déception au grand funérarium des promesses des Etats
    2 juillet 2012, par pehache  

    Même au sein de nombreux mouvements écologistes, la question de la croissante démographique est devenu un tabou complet, alors que c’est une donnée fondamentale.

    Il faut dire qu’à peu près partout on se fait facilement accuser d’eugénisme rampant dès qu’on ose évoquer cette question, tant le dogme de la croissance (démographique et économique) est fortement ancré dans nos sociétés.

  • > 20 ans après : Le passage de la tragique déception au grand funérarium des promesses des Etats
    2 juillet 2012, par paysaa  

    Pourquoi tourner autour du pôt et des mots au lieu de dire carrément que la croissance démographique des pays du tiers monde ou émergents pose problème car il n’y a guère que là qu’elle est significative.

    Et expliquez moi de quel droit nous pourrions leur interdire un nombre moyen d’habitant au km2 qui soit inférieur au notre ? Qu’ils aient envie d’une ou deux voitures automobiles, d’appareils électro-manager, et de gaspiller, COMME NOUS ???..

    Mais peut-être que nous serons contents (surtout l’Allemagne) qu’ils viennent repeupler nos pays en cours de désertification humaine dans quelques décennies..

  • > 20 ans après : Le passage de la tragique déception au grand funérarium des promesses des Etats
    2 juillet 2012, par pehache  

    C’est exactement ce genre de réaction qui rend tabou le sujet de la croissance démographique. Si on en parle on est tout de suite accusé de tendances néo-colonialistes, malthusianistes, voire eugénistes (plus qu’un petit pas pour passer au nazisme...).

    Rassurez-vous paysaa, que l’on veuille ou non, on n’empêchera pas les milliards d’habitants de pays "en voie de développement" d’acquérir télés et voitures en masse. Enfin, certains d’entres eux, parce qu’à côté de l’émergence des classes moyennes que l’on tente de nous vanter dans l’imagerie de ces pays, il reste des pans entiers de population qui n’émergent rien du tout et restent scotchés à une misère effroyable. Mais oublions ça...

    On n’empêchera rien, mais il est assez évident que cette montée en puissance de la consommation dans le monde entier va nous renvoyer, nous les nantis actuels, à une situation bien moins reluisante.

    Mais voyez-vous paysaa, en matière de croissance démographique je ne pensais pas qu’aux pays émergents. N’ai-je point écrit "nos sociétés" ? Oui, je sais, il aurait fallu lire...

    Même si quelques pays développés, comme l’Allemagne, ont une évolution négative, la moyenne de l’Europe (par exemple) est largement positive. Nous continuons à croître, encore et encore... Et surtout le dogme nataliste est profondément ancré : quasiment pas un homme politique qui n’appelle à la natalité, et pas un qui ne pousse des cris d’effroi devant la perspective d’une stagnation démographique : il faut des enfants pour la croissance, pour payer les retraites, etc... Notre système économique et social est infoutu de tourner en équilibre à paramètres constants, il faut l’alimenter en chair fraîche.

    Mais ça a un nom : ça s’appelle une chaîne de Ponzi. Et ça finit mal.

    "Seul un fou ou un économiste peut penser qu’une croissance continue est possible dans un monde fini" (je ne sais plus de qui est la formule). Et ce que nous ne parviendront pas à réussir par une régulation volontaire, les guerres s’en chargeront.

  • > 20 ans après : Le passage de la tragique déception au grand funérarium des promesses des Etats
    2 juillet 2012, par Rêveur des villes  

    Pour quelle raison ? Parce que nos politiques, en grande partie suivant l’opinion, ne raisonnent qu’au terme de l’échéance électorale suivante. Il faut plus de travailleurs pour payer les retraites, et la population doit croître indéfiniment. Il faut plus de gens pour donner l’illusion d’un chiffre de croissance correcte alors que celle par habitant et corrigée de l’inflation, correspondant à l’évolution du pouvoir d’achat, est négative. Pour le patronat, il faut plus de gens pour un marché plus large.

    Pour ceux que ça intéresse, une association très active :

    http://www.demographie-responsable.org/

  • > 20 ans après : Le passage de la tragique déception au grand funérarium des promesses des Etats
    2 juillet 2012, par Rêveur des villes  
    Et ajouté à cela, les idées neu-neu de certains qui crient au néo-nazisme dès que la question démographique est évoquée, les religieux aussi.

  • > 20 ans après : Le passage de la tragique déception au grand funérarium des promesses des Etats
    6 juillet 2012, par paysaa  

    C’est fait justement !.. L’Allemagne recrute officiellement des "estrangès". Les xénophobes teutons ont belle mine !

    Mais comme le disait mon grand père, "la mine c’est rien faut voir le crayon" !

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