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La mondialisation ? Une dynamique naturelle incontournable ?

lundi 30 avril 2012 par Georges Vallet


La mondialisation, la globalisation pour certains, montre que des mots prennent un sens restrictif avec l’actualité (ex. écologie), faisant perdre de vue le ou les sens d’origine. Encore « les maux des mots ! »

Ne restons pas dans une vision réductrice, la mondialisation est un processus qui donne aux activités, une extension intéressant le monde entier. Elle a commencé il y a des milliards d’années ; d’ailleurs, il conviendrait de parler de mondialisations : biologique, géographique, historique, culturelle, politique, sociologique, économique... Le phénomène est pluridisciplinaire.

À l’origine était la planète Terre, le Monde. La première dynamique « mondialiste » a été celle de la Vie, d’abord dans la mer puis la terre puis l’air. Bien plus tard, l’homme parti d’Afrique, s’est répandu sur tous les continents. La « galaxisation » est en marche ! Au cours de la mondialisation de ce système ouvert, un réseau régulateur d’interrelations et d’interactions, entre les formes vivantes et le milieu, s’est mis en place, assurant un équilibre dynamique fragile entre les trois flux qui parcourent le monde : Energie, Matière, Information. On est passé d’une mondialisation géographique à une globalisation fonctionnelle régulée : l’écosystème planétaire, Gaïa pour les Grecs ; elle a persisté grâce à la gestion symbiotique d’une adaptation sélective, à la vitesse des transformations de l’environnement.

La mondialisation culturelle a pris le relais ; on peut la suivre, avec les préhistoriens et les historiens ; la vitesse a été très rapide, la gestion malheureusement différente.

Pour E.Morin, le processus de la mondialisation économique, certains évoquent une occidentalisation, a commencé à la fin du XV ème siècle avec la conquête des Amériques et la circumnavigation de Vasco de Gama. Dès les années 1960- 70, le tout planétaire est en nous : café sud-américain, thé asiatique, réfrigérateur allemand, fruits exotiques, coton égyptien et indien, laine d’Australie tissée à Manchester, etc..On assiste à un opéra italien où la diva est afro-américaine ; nous soupons de « chili con carne » ou de riz cantonnais..Le miséreux des bidonvilles d’Afrique ou d’Amérique du Sud a été chassé de sa terre par la monoculture industrialisée importée d’occident et porte un tee-shirt pourvu d’une inscription américaine. Il vit des rebuts de la civilisation occidentale qu’il bricole. La globalisation est le stade actuel de cette mondialisation. Elle commence en 1989 après l’effondrement des économies « socialistes ». L’unification techno économique de la planète est la conjonction de l’essor effréné du capitalisme qui sous l’égide du néolibéralisme, déferle sur les cinq continents, et de l’essor d’un réseau de télécommunications instantanées (fax, téléphone, Internet).

Comme pour l’effet « papillon », nous vivons dans un monde d’interconnexions et d’interdépendance à l’échelle de la planète. Tout ce qui se passe quelque part affecte la vie et l’avenir des gens partout ailleurs. Des mesures adoptées dans un endroit donné, génèrent des réactions dans le reste du monde. Aucun territoire souverain, si vaste, si peuplé, si riche soit-il, ne peut protéger à lui seul ses conditions de vie, sa sécurité, sa prospérité à long terme, son modèle social ou l’existence de ses habitants. Notre dépendance mutuelle s’exerce à l’échelle mondiale.

Le monde occidental, grisé par des siècles d’enrichissement unilatéral, au détriment d’un tiers-monde, a créé un énorme déséquilibre, une « dette colossale » vis-à-vis de la nature et de ces pays, au niveau économique,écologique, culturel L’Occident n’a pas mis en place « ce réseau régulateur d’interrelations et d’interactions assurant un équilibre dynamique entre : Energie, Matière, Information. ». Contrairement à la gestion biologique qui a consommé, depuis sa création, beaucoup plus d’énergie, de matière, d’information, l’équilibre persistait car tout était recyclé à la même vitesse. Nous vivons actuellement un rééquilibrage avec des crises de plus en plus fortes ; des transferts de richesses se font vers les pays appauvris qui deviennent émergents. Ce n’est pas la mondialisation ou la globalisation qu’il faut condamner, c’est la dynamique naturelle de l’évolution de l’univers, mais la politique pour la gérer. Inéluctable, il fallait l’accompagner à un rythme soutenable. Cette carence explique le constat, et le rejet, chez nous, de cette mondialisation-là. Le pire est à venir, même si on rembourse notre dette financière !, du fait de la conjonction de caractéristiques majeures, déstabilisantes, de la globalisation :
  • Une machine inégalitaire qui mine les tissus sociaux, attise les tensions,efface les frontières nationales et génère des conflits.
  • Un chaudron qui brûle des ressources limitées, encourage les politiques d’accaparement, accélère le gaspillage, la pollution, le réchauffement.
  • Une machine à inonder le monde de liquidités et à encourager l’irresponsabilité bancaire.
  • Un casino où s’expriment tous les excès du capitalisme financier .
Les effets égoïstes de l’individualisme détruisent les anciennes solidarités. Un mal-être psychique et moral s’installe au coeur du bien-être matériel. Cela continuera jusqu’au retour d’un hypothétique équilibre. Des conflits sociaux surviendront ; en resteront-ils là ? Au niveau des pays occidentaux, des politiques différentes ont été menées. Certains ont :
  • Favorisé la recherche fondamentale, seule source de nouveau et de retombées compétitives.-
  • Stimulé l’acquisition des connaissances dans le domaine scientifique.
  • Permis le développement des PME, structures innovantes et créatrices d’emplois.
D’autres, dont la France, ont sacrifié la vraie recherche et l’instruction ; on a joué la carte du transfert de technologie qui brasse du connu, et créé quelques pôles d’excellence où la rentabilité à outrance et les difficultés de recyclage des compétences ont détruit des masses d’emplois. Une autre économie, fédéralisée au niveau de l’Europe d’abord, est à mettre en place pour une autre croissance s’attaquant aux causes des déséquilibres comme :
  • Le péril nucléaire.
  • La dégradation de la Biosphère.
  • Le retour des famines, malgré l’hyperproduction et l’hyperconsommation.
  • Les conflits ethno-politico-religieux.
« Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. » Marie Curie. J’ajouterai « afin de prévoir et d’agir en conséquence, si on le veut ! »

- par Georges Vallet

Crédit Photo : dedieguez.pagesperso-orange.fr


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> La mondialisation ? Une dynamique naturelle incontournable ?
1 mai 2012, par oscar  

Comme souvent cher Monsieur Vallet, le scientifique que vous êtes fonde son argument, ici la mondialisation sur des constats irréfutables et argumentés auquels on ne peut que se rallier en toute bonne foi. Je suis bien d’accord avec vous, la mondialisation est inéluctable et il serait vain de le nier. J ’ajoute qu’elle nous protège de conflits majeurs, même s’ils ont pris d’autres formes plus sournoises, la guerre économique ayant parfois des conséquences moins sanglantes mais presqu’ aussi douloureuses que la guerre tout court, sur les populations. Et puis soudain, au moment de la conclusion, tout dérape et la belle argumentation se colore très vite d’un fond de conviction et d’ assertions toute faites qu’il n’est pas obligatoire de partager. Par exemple :

Certains ont :
-  Favorisé la recherche fondamentale, seule source de nouveau et de retombées compétitives.-
-  Stimulé l’acquisition des connaissances dans le domaine scientifique.
-  Permis le développement des PME, structures innovantes et créatrices d’emplois.

Visiblement, "les certains", ce serait les autres. Qui au fait ? Ce que je préfèrerais dire, c’est que la montée en puissance de l’industrie productiviste asiatique a commencé dans les années 70 par l’irruption du Japon sur nos marchés de consommation. Que la satisfaction immédiate et rapide des besoins de consommation par une offre abondante et massive (électronique grand-public, automobile) a éteint les capacités productives occidentales et nous a fait confondre science et technologie. Les japonais eux-mêmes, concentrés sur leurs conquêtes commerciales n’ont pas investi non plus dans autre chose que la énième déclinaison de principes étblis ailleurs depuis longtemps et sans qu’un nouveau "breakthrough" scientifique ne vienne jamais rebattre les cartes et nous permettre de rebondir. Les chinois ont pris le relais depuis et mis les japonais dans leurs cordes. Les indiens suivront. Eux par contre ne reproduisent pas les mêmes erreurs et ont intégré depuis longtemps, la nécessité du progrès scientifique dans leur développement, ce qui les rend beaucoup plus redoutables. Nous, nous avons baissé les bras. Nous avons laissé la parole aux consommateurs et endormi les citoyens sous une fausse abondance. Nous nous sommes concentrés sur notre confort, notre durée de vie et c’est tant mieux. Nous avons consacré beaucoup d’argent et d’énergie à la recherche en biologie ou en médecine et en avons recueilli de superbes fruits. Qui génèrent aussi des charges nouvelles et qui agravent notre situation, hélas. Mais nous avons aussi une démographie dynamique et porteuse d’espoirs et de croissance, si on veut bien cesser de nous rabâcher les oreilles avec la nécessité d’une décroissance écologique.

Alors, il nous faudrait plus de PME ? Oui, certes. Mais il nous faudrait d’abord plus d’ entrepreneurs et moins de fonctionnaires. Plus d’acteurs et moins de commentateurs. Plus de risques et moins de confort. Cessons de rêver aux PME allemandes qui seraient la solution à tous nos maux. Elles ont aussi leurs fragilité, tirées qu’elles sont , par une industrie mécanique consommatrice de machines-outils, mais pour combien de temps encore ? Commençons par enseigner l ’anglais de manière efficace à tous nos jeunes et accepter que la domination mondiale d’une culture "globalisée" ne signifie pas extinction de la notre. Cessons de matraquer ou de stigmatiser ceux qui réussissent et sont capables de créer et d’entraîner. Poussons nos jeunes hors de nos frontières s’ils n’ont plus assez de place dans le confort de leur terroir. Leurs grands-parents l’ont fait avant eux et souvent de force. Ouvrons nous au monde, au marché et à ses règles. Sa sanction est sans appel, mais il est vaste et laisse toujours de la place aux plus agiles, aux plus adroits, au plus travailleurs pour y faire leur place. Cessons de chercher des boucs émissaires, ce n ’est que du temps perdu. En particulier quand il s’agit "de marchés financiers" ou "d’ irresponsabilité bancaire". Les marchés financiers, cher Monsieur Vallet sont comme l ’air qu’on respire. Il peut être parfois puant, mais il est indispensable à la vie, comme le sont les banques à l ’économie. Je souris d’avance en pensant à ceux que M Hollande chargera d’investir dans les PME les ressources du livret A de nos concitoyens. Il y aura je pense d’intéressants débats, en particulier, du point de vue des garanties à obtenir en contrepartie. Seront-elles morales ou financières ?

Et lorsque vous nous proposez des solutions qui passeraient par une "lutte" contre

-  Le péril nucléaire.
-  La dégradation de la Biosphère.
-  Le retour des famines, malgré l’hyperproduction et l’hyperconsommation.
-  Les conflits ethno-politico-religieux.

On ne peut qu’y souscrire, mais en dodelinant de la tête comme le font les vieux qui assis sur leurs bancs devant leurs maisons regardent la vie qui passe et commentent le temps passé.

Que vous le vouliez ou non, nous avons atteint une sorte de plateau dans notre développement, parce que nous avons, comme je le disais plus haut trop souvent pris pour de la science ce qui n’était que de la technologie. Il nous manque un sursaut scalaire qui nous ouvrirait de nouvelles portes, comme l’ont fait en leur temps, la roue, la presse à imprimer, la machine à vapeur ou le transistor. Ma génération a vécu, la conquête spatiale, le transport supersonique, l’irruption des télécommunications. La votre nous explique que tout celà n’a servi à rien, parce que nous n’aurions découvert que des impasses et condamné notre planète. Soit, mais nous avons au moins rêvé. Vous le savez, les grandes découvertes ne se décrètent pas. Même si on injecte massivement de l ’argent public dans des laboratoires. Leur absence, par contre, engendre doute et pessimisme surtout quand ils sont amplifiés par des messagers porteurs de médailles dont ils s’efforcent à ne montrer que les revers.

   
 
 
 
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