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Questions

lundi 9 avril 2012 par Paul Itologue


Questions

La célèbre chanson enfantine « Au clair de la lune » verra-t-elle bientôt ses paroles transformées en « ...Je n’ai plus de feu/ Va chez le voisin, il a vingt feux et douze kalachnikov ! » Telle est la question que l’on peut se poser.

Elle révèle notre responsabilité collective. D’abord pour avoir toléré un déluge médiatique qui a difficilement épargné les enfants tant les actualités étaient prolongées et obsessionnelles au cours de la traque de Mohamed Merah. Les médias n’étaient que trop heureux de renforcer leur audience. Mais c’est le public que l’on peut aussi incriminer tant il était friand d’un spectacle de télé réalité riche en rebondissements.

En démocratie, le droit à l’information s’impose. Mais n’a-t-il pas ses limites lorsqu’il s’agit de mettre hors d’état de nuire un terroriste ou un meurtrier et que la discrétion est une condition de la réussite d’une enquête ? Cette discrétion a été bien gardée jusqu’ici lorsqu’il s’agit de faire le lien entre un homme politique haut placé ayant travaillé dans un cabinet d’avocats qui défendait les intérêts d’un laboratoire et une prolongation indécente de mise sur le marché d’un médicament interdit dans bien des pays. Pourtant, c’est par centaines, voire par milliers, que l’on compte les victimes de ce médicament.

Dans le cas de l’affaire évoquée plus haut, il faudrait ne pas se poser de questions. Pourtant, il en est de légitimes, comme celle soulevée par Alain Juppé : y a-t-il eu des failles dans les services de renseignement ? Ce n’est peut-être pas un hasard si c’est le chef de la diplomatie française qui se fait l’écho d’une telle interrogation. Il est en contact avec les diplomates américains. Or les Américains avaient remis aux services de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) l’information selon laquelle Merah avait été intercepté en Afghanistan en 2010, puis expulsé du Pakistan vers la France en novembre 2011 après un séjour dans la zone sensible du Waziristân où s’entraînent les dijihadistes. C’est ce mois-là que la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) ne juge pas utile de renouveler une demande de surveillance du téléphone portable utilisé par Merah...

Pourquoi la plainte de la mère d’un adolescent concernant une tentative d’endoctrinement et de rétention n’a-t-elle pas été jugée recevable ?

Après les premiers meurtres, pourquoi Merah qui était sur une liste de quinze suspects n’a-t-il pas été inquiété ?

La réorganisation des services de renseignement a-t-elle été menée avec efficacité, ou bien s’est-elle effectuée au forceps, dans le mépris de l’efficience ?

Le patron de la DCRI n’était-il pas plus préoccupé de sa mise en cause dans l’affaire des fadettes [pour la recherche des sources d’un journaliste du journal « Le Monde »] que de la sécurité des français ?

Pourquoi n’avoir pas utilisé de gaz pour prendre vivant le forcené et éviter des coups de feu, alors que l’on lance des grenades lacrymogènes sur les ouvriers des aciéries lorraines demandant que les promesses qui leur ont été faites soient tenues ?

Pourquoi fallait-il que le ministre de l’intérieur fût sur place lors de l’assaut ?

L’allocation de RSA touchée par Merah ne pouvait expliquer ses dépenses, en particulier ses voyages aériens et la location de voitures de luxe. Etait-il si difficile d’enquêter à ce sujet ?

On comprend que toutes ces questions aient pu conduire certains journalistes à l’imagination peut-être trop fertile à suspecter que Merah ait pu être « tamponné » par quelque service de renseignement pour servir d’indicateur.

Ne serait-il pas légitime qu’une commission parlementaire enquête et contrôle le fonctionnement des services de renseignement et leurs liens avec les services de police ? Et que l’on rassure les citoyens de ce pays qui ne veulent pas se résoudre à la circulation d’armes à la disposition de tous les apprentis terroristes et de tous les gangsters ? La tâche n’est peut être pas facile. Mais la nation a le droit légitime de demander des comptes en la matière comme sur les autres points du bilan de M. Sarkozy.

Paul Itologue


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> Questions
12 avril 2012, par pehache  

Il y a peut-être eu des ratés dans la gestion de cette affaire, mais c’est très facile après coup de dire "il aurait fallu faire ci, il aurait fallu faire ça..."

Et l’air de rien vous en appelez là à des lois encore plus sécuritaires et liberticides.

C’est plus facile que de s’interroger sur les raisons du basculement de certaines personnes dans des comportements et/ou des idéologies extrémistes.

> Questions
12 avril 2012, par Joël BRAUD  

Parmi les questions que vous posez, une retient plus particulièrement mon attention :

"Pourquoi la plainte de la mère d’un adolescent concernant une tentative d’endoctrinement et de rétention, n’a-t-elle pas été jugée recevable ?"

Il est bien certain que si une suite avait été donnée à cette plainte, le nommé Merah aurait été convoqué ou recherché afin d’être interpellé. Mais actuellement, parce que la "culture du résultat" est tellement prégnante, il faut mieux prendre une main courante qu’une plainte. Et ainsi ne pas donner suite. De cette façon les statistiques n’augmentent pas.

Alors culture du résultat ou culture du chiffre ?

On peut en effet penser que si dans le cadre d’une procédure pour rétention arbitraire et apologie de scènes de crime, Merah avait été interpellé et interrogé, son comportement ultérieure eut été différent.

   
 
 
 
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