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Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis

lundi 5 mars 2012 par Emmanuel Pène


L’arrivée d’Idelis en 2010 a eu pour conséquence une augmentation importante des budgets de fonctionnement du syndicat mixte des transports Pau-Pyrénées, intégralement financée par des taxes sur les salaires dans les entreprises paloises. Quel bénéfice celles-ci en ont-elles retiré ?

Il n’a échappé à nul d’entre nous les nombreux bâtiments, entrepôts, bureaux et ateliers inoccupés et laissés à l’abandon dans la zone Induspal ou ailleurs dans la communauté d’agglomération paloise.

Or, la compétitivité économique d’un territoire, donc la capacité à attirer durablement des entreprises, dépend de plusieurs facteurs. Parmi ceux-ci, la fiscalité et le transport (celui des salariés en particulier) qui sont des éléments clefs qui peuvent favoriser ou défavoriser un territoire par rapport à un autre, et donc inciter les entreprises à s’installer dans une ville plutôt qu’une autre.

La « taxe transport » au maximum de son taux légal
La taxe transport ou « versement transport » est décidée par la communauté d’agglomération, et est prélevée par l’Urssaf sur les cotisations patronales des entreprises, associations et établissements publics de plus de 9 salariés, au profit du syndicat mixte des transports Pau-Pyrénées. Il s’agit d’un cout direct sur la masse salariale, qui vient donc alourdir le cout du travail. Ce taux était, il y a 3 ans, de 1,05 %, puis il est passé à 1,50% il y a deux ans, et à 1,80 % en 2011.

Cette augmentation, calculée sur la base des versements 2009, couterait ainsi plus de 300 000 € supplémentaires à l’hôpital de Pau, 150 000 € à l’université de Pau (qui n’avait pas besoin de cela), ou 3 000 € pour une petite entreprise de 10 personnes.

Pourquoi cette augmentation brutale en deux ans ? C’est l’effet direct de la mise en place d’Idélis par la communauté d’agglomération, pour laquelle elle a décidé de porter le « Versement transport » à son taux maximum de 1,80% prévu par la loi, au détriment de l’équilibre des comptes de nos établissements publics, et de la compétitivité de nos entreprises. Mais, celles-ci bénéficient-elles en retour de contreparties ?

Les salariés ne prennent pas les bus
Bien sûr on peut se demander si cela ne profite pas indirectement aux cotisants, en permettant à leurs salariés de se rendre plus facilement au travail, en prenant les bus de la communauté d’agglomération ? Après tout, André Duchateau ne déclarait-il pas en 2009 : « D’un côté, la collectivité prélève davantage, (...), mais de l’autre, elle apporte des réponses aux problématiques de transport des salariés ». Mais il suffit d’emprunter un bus pour se rendre compte qu’on y trouve beaucoup de retraités et de sans-emplois (qui d’ailleurs ne paient pas), mais bien peu de salariés. A titre d’exemple, une entreprise privée, intervenant dans le domaine des systèmes d’information, de la zone induspal à Lons emploie ainsi 18 salariés, verse une taxe de plus de 700 € par salarié, mais pas un seul de ceux-ci ne prend Idélis pour le trajet domicile travail...

On peut ainsi s’interroger sur l’objectif annoncé par M. Duchateau (Sud-Ouest du 31 mai 2010) de passer de 8 millions à 13 millions de voyages annuels pour les bus d’ici 2014. Où en est-on de cet objectif en ce début 2012. L’argent public a-t-il été dépensé efficacement ?

Il est donc manifeste que l’administrateur de l’agglomération paloise a pris des décisions fiscales, qui non seulement ne favorisent pas la compétitivité des entreprises, mais qui alourdissent le cout du travail et les charges de celles-ci, sans pour autant que les projets financés, et en particulier Idélis, leur apportent une quelconque contrepartie.
- par Emmanuel Pène


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Votre commentaire



> Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
8 mars 2012, par Rêveur des villes  

Pour que les bus soient efficaces, il faut également des pôles denses, comme autour des gares pour que les trains soient efficaces.

Quand chaque entreprise a un grand terrain autour de son local, cela fait une grande superficie qui fait que l’arrêt de bus se trouve loin de nomreuses entreprises de la zone et fait perdre du temps. Il me semble que les zones d’activité de Toulouse sont plus denses.

Mais pour ce genre de chose, il faut des personnes qui sont capables de voir ce qui se fait à côté de chez soi, voire un peu plus loin, pas des politiciens seulement bons que pour faire du clientélisme et flatter le cul des vaches.

Les temps vont être durs quand il faudra se déplacer et que le carburant sera à 2 euros le litre.

> Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
5 mars 2012, par Beltof  

Adishatz,

Comment vous permettez-vous de généraliser ce qui se passe dans une entreprise lonsoise à l’ensemble de l’agglo ? Que vous vous interrogiez passe encore, mais pour être acceptable encore faut il dire où elle se trouve. Je prends le bus 3 fois par semaine à Pau et je n’ai pas du tout la même vision. Que ce soit le P4 ou le T2 ils sont bien garni et pas que par des retraités ou des sans emplois ou des étudiants. Je me félicite du renouveau du bus à PAU.

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    5 mars 2012, par Emmanuel Pène  
    J’ai pris un exemple que je connais bien, situé avenue Ampere à Lons. Pour ce que je sais des entreprises de cette zone induspal qui est quand même la plus importante du département, ce constat est général. La raison en est simple : les classes moyennes ont déserté le centre-ville de Pau. Beaucoup habitent la plaine de Nay, Mourenx, ou la couronne paloise. Soit ils ne peuvent pas prendre le bus, soit les bus ne sont pas directs et donc peu pratiques et longs.

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    8 mars 2012, par ROSA  
    Compétitivité des entreprises

    Pour notre part, notre entreprise située sur la zone Aéropole Pyrénées à Sauvagnon fait partie des vaches à lait de l’agglo. Nous sommes une trentaine de salariés et la facture s’est montée à 14 000 € pour l’année 2011 !! Plutôt salé, non ?? Qui plus est, pour des bus désespérément vides (ligne P20). On n’y voit jamais plus de 5 personnes et aucun salarié de notre entreprise ne peut les emprunter car les horaires sont calés sur ceux de l’aéroport et non ceux des entreprises. Certains stagiaires les empruntent au prix d’une heure d’attente minimum le matin et le soir. Il faut savoir également que ce taux de 1.80% est celui pratiqué dans les grandes agglo telles que Lyon, Toulouse ou Bordeaux. Nous avons écrit un courrier de protestation au syndicat mixte des transports urbains avec copie aux présidents de l’agglo et communauté de communes il y a un an jour pour jour et personne n’a daigné nous répondre... Attitude démocratique me direz-vous ?

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    8 mars 2012, par Emmanuel Pène  

    Cela ne m’étonne pas.

    Beaucoup de petites et moyennes entreprises sont dans votre cas.

    répondre aux courriers est un minimum, mais apparemment pas pour ces messieurs payés avec l’argent des contribuables.

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    5 mars 2012, par Jean Lafitte  

    Je vis loin de Pau et du Béarn, c’est connu, mais en suis la vie au jour le jour et j’ai eu l’occasion de lire des rapports préparatoires à des décisions du département ou de la ville.

    Comme commissaire de l’air en retraite et donc juriste et administrateur de métier, je suis effrayé par la vacuité de ces documents, dactylographiés à double interligne, imprimés souvent sur recto seul, et rédigés dans un jargon qui noie le pesquit [en béarnais, "vairon", tout petit poisson] dans un Niagara de verbiage.

    Les élus qui votent les lisent-ils ? et s’ils les lisent, les comprennent-ils ?

    La démocratie bidon, c’est aussi cela... Hélas !

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    5 mars 2012, par Louis H  

    M Laffitte a vu juste

    je suis effrayé par la vacuité de ces documents, dactylographiés à double interligne, imprimés souvent sur recto seul, et rédigés dans un jargon qui noie le pesquit [en béarnais, "vairon", tout petit poisson] dans un Niagara de verbiage.

    C’est l’exemple même des documents élaborés( ?) par des officines qui sortent de la copie au kilomètre.

    Un document resserré et sérieux, ça demande des connaissances, une réflexion, de l’approfondissement. Par contre l’informatique permet aisément, avec un savant assemblage, de recycler des documents "passent partout" . Nos élus se laissent-ils abuser ? pas sûr, mais ils s’honoreraient à dénoncer ces papiers qui n’expliquent ni ne justifient correctement les décisions qu’ils sont amenés à prendre.

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    5 mars 2012, par Bernard Boutin  

    Je suis 100% d’accord avec les interventions de Louis H et M. Laffitte.

    La suffisance, la pédance des documents présentés aux élus "noient souvent le poissons" en rendant les documents insipides à lire.

    "tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ?" (Boileau)

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    5 mars 2012, par Maximo  
     smiley smiley smiley smiley smiley

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    6 mars 2012, par Daniel Sango  

    Le problème n’est pas celui des documents, car un élu peut toujours obtenir des informations et clarifications de la part des techniciens.

    Le problème est que les élus ne connaissent pas les dossiers, car pour les connaître il faut travailler, il faut y passer du temps. La conséquence est qu’il n’y a plus de vrai débat démocratique, c’est du "Cafe du Commerce"

    Cela vaut pour les opposants qui ne sont jamais de vraies forces de contre propositions.

    Quand les citoyens s’éveilleront...

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    6 mars 2012, par Louis H  

    D Sango un élu peut toujours obtenir des informations et clarifications de la part des techniciens.

    Un peu rapide ! Car à Pau il arrive trop souvent que des dossiers soient incomplets (filtrés ?) et/ou en retard quand ils sont envoyés à des élus de l’opposition. Ce n’est pas mon imagination mais je l’ai entendu plusieurs fois dans les débats en Conseil.

    Exemples glanés(*) : les pièces jointes qui manquent pour des élus de l’opposition, mais que la maire s’engage à fournir si les élus lui en font la demande ; la distribution de documents "à petite vitesse" pour les représentants de l’opposition qui participent à des travaux de Commissions ; les dossiers préparatoires que les élus de l’opposition ne peuvent consulter car selon la Maire seuls les documents définitifs sont consultables...

    (*)Source : la transmission en direct des débats des Conseils sur web.tv Pau.

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    6 mars 2012, par Daniel Sango  

    Si les élus ne peuvent pas exercer correctement leur mandat, alors il faut qu’ils le crient sur les media, qu’ils le hurlent au Conseil Municipal, qu’ils bref qu’ils le disent ...

    Je n’ai pas entendu ces cris..... C’est même très souvent très silencieux...

    Sauf quand les élections approchent...

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    6 mars 2012, par Rêveur des villes  

    DS : +1

    MLC n’a pas de vision, mais FB, JP et YU non plus.

    Rares sont ceux, parmi les adjoints et CM, qui ont à la fois le niveau et surtout la volonté nécessaires, et le courage de pouvoir prendre une position (non politicienne) différente de celle de son chef.

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    5 mars 2012, par Daniel Sango  

    Le PDU (2éme Plan de Déplacement Urbain ) est en cours de discussion. Le choix fondamental fait par MLC en 2003 est une absurdité totale dont une des conséquence est la situation évoquée dans l’article.

    Pire, dans sa partie bilan, le journal No1 du PDU que vous avez reçu dans votre boîte aux lettres indique que ce premier plan est une réussite. Cet un grave échec qui est payé par les entreprises, mais aussi la moitié des habitants de l’agglo qui payent des impôts.

    On peut y lire en parlant d’Idelis : "les résultats sont au rendez vous : la fréquentation du réseau a bondi de 41%"

    et un peu plus loin : "67,6% : augmentation de l’offre de bus par la création d’Idelis"

    Amusant non ?

    Qui paye ?

    Dans un article à venir, j’analyserai les orientations calamitueses prises dans ces PDU.

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    5 mars 2012, par Emmanuel Pène  

    Qui paye ?

    Toujours les mêmes : ceux qui travaillent, ceux qui produisent, ceux qui créent, et ceux qui prennent des risques.

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    6 mars 2012, par L’ OURS du Bois  

    pour mieux comprendre votre débàt, j’ai essayer de"savoir qui paye les impôts sur le revenus a PAU" et je suis tombé sur un site qui est..... éloquent pour PAU

    http://www.salairemoyen.com/salaire-ville-64445-Pau.html

    on comprend mieux la situation... de la ville smiley smiley smiley

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    6 mars 2012, par Emmanuel Pène  

    Merci pour ce lien très intéressant. Il confirme ce que beaucoup de monde ressent depuis plusieurs années : Pau-ville se paupérise, et les écarts avec les villes de la couronne paloise sont éloquents. Il faudrait faire une politique de mixité sociale.. à l’envert (faire revenir les riches et les classes moyennes)

    Pau la bourgeoise laisse la place à Pau la précaire. Quelle déchéance..

  • > Compétitivité des entreprises à Pau : les conséquences d’Idélis
    6 mars 2012, par Daniel Sango  

    Ceci est tout à fait normal.

    Dans le PLH de l’agglo, visible sur le site de l’agglo on trouve en page 28 une carte des revenus par quartier. Le Centre ville de Pau est au même niveau que l’Ousse des bois, au plus bas.

    Les vieux immeubles béarnais sans confort ni lumière ne plaisent plus depuis bien longtemps... Et la politique de MLC qui consiste a investir des sommes considérables dans le centre historique est un leurre. Certes c’est visible, et c’est pour cela que ça l’interesse, mais cela ne touche en rien la réalité.

    Complété par un PDU d’une stupidité sans nom, le centre ville va mourrir, et cela est tout à fait logique.

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