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Le P.P.P. n’est pas toujours « Pau Portes des Pyrénées » !

lundi 27 février 2012 par Georges Vallet


En février 2008 Philippe Séguin évoquait une « myopie coûteuse » : la loi de « stimulation des partenariats Public-Privé » Canard enchaîné 11/01/2012. Lignes à grande vitesse, travaux du grand Paris, Centre hospitalier sud francilien (Corbeil-Essonnes), rénovations de campus universitaires, un pont sur la Garonne, des éclairages publics, un collège dans le Loiret, la Fac Paris Diderot, le grand stade de Lille, des hôpitaux, la moitié des places de prisons, etc.... sont construits et gérés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP).

Pour les entreprises privées appelées à participer, c’est la bonne affaire juteuse ; pour les finances de l’Etat, donc le creusement de la dette, c’est le tonneau des Danaïdes. Toujours, d’après le Canard, pour la construction du nouvel Hôpital de Corbeil-Essonne, la chambre régionale des comptes a fait le calcul que sur trente ans, l’Etat versera 1,2 milliard de loyer à Eiffage alors que s’il l’avait fait lui- même, en empruntant à 4,5%, il lui serait revenu à 757 millions d’euros.

De plus, Eiffage a trouvé le moyen de livrer un service de néonatologie sans « biberonnerie », des meubles en agglo, véritables nids à microbes, un service de réanimation avec des plafonniers branlants. Un audit a relevé 8000 malfaçons ! Cet hôpital, livré depuis un an, n’a toujours pas vu l’ombre d’un patient et l’Etat paye son énorme loyer de 40 millions par an !

Au Zoo de Vincennes, note le « Parisien », le Muséum d’Histoire naturelle allongera 12 millions pendant 25 ans, soit, à l’arrivée, deux fois le coût du chantier. L’indispensable !! « Balargone », le futur Pentagone français, à Balard, dont le coût initial est évalué à 745 millions d’euros, "coûtera à l’Etat plus de 3,5 milliards d’euros de loyers sur vingt-sept ans".

Créés par l’ordonnance de 2004, sous l’impulsion du libéral Alain Madelin, les PPP permettent à une entité publique de confier à un seul opérateur privé le financement, la conception, la construction d’un équipement : hôpital, prison, musée, école, ligne de chemin de fer. L’exploitation et la maintenance peuvent s’échelonner sur quinze, vingt, voire quarante ans. L’attributaire d’un PPP est rémunéré sous forme de loyers payés par la collectivité publique. Depuis 2004, les PPP ont représenté 18 milliards d’euros. L’enveloppe pourrait atteindre 60 milliards d’euros d’ici à 2020, dont 15 milliards pour 2011, signale le quotidien Le Parisien. Cela permet, dans l’immédiat, de donner l’impression de progresser dans la satisfaction politique des « besoins », sans augmenter les bilans, donc de

creuser la dette publique. C’est donc une dette cachée ! En revanche, pour l’Etat, les collectivités locales et les contribuables, ce mode de financement constitue le piège mettant les descendants dans la nécessité de faire face aux engagements pris par les aînés qui en ont tiré, souvent, des profits électoraux, pour leur économie de gestion !. Ce n’est pas étonnant que le remboursement de la dette soit pronostiqué sur des décennies ! Cela fait très pétainiste, souvenez- vous : « Je tiendrai les promesses mêmes celles des autres ! ».

Ce procédé resterait soutenable si des ambitions démesurées et incessantes ne généraient pas, sans arrêt, d’autres emprunts ; cela devient la spirale infernale du surendettement, ce que les politiques font subir à l’Etat.

Le Parisien, toujours, constate que "ce système, en apparence vertueux, dissimule deux bombes à retardement. Tout d’abord, les loyers versés au privé reviennent au final à payer deux à trois fois plus cher le coût de l’équipement initial. Certains contrats peuvent obliger l’Etat ou les collectivités à intervenir sur le plan financier » :

+ Autoroutes déficitaires : pour l’A65, les collectivités compenseront un éventuel écart négatif avec les prévisions de recettes (Wikipedia : A65)
+ Pour le stockage de CO2 à Jurançon, le modèle juridique prévoit que l’Etat prendra en charge, sur fonds publics, la surveillance, la maintenance et la responsabilité à long terme des stockages.(Sepanso 5/06/08)
+ Pour le centre hospitalier sud francilien pour lequel l’Etat a dû verser 115 millions d’euros supplémentaires par rapport au devis d’origine.(Canard)

Enfin, c’est un plan en béton pour les champions des BTP : contrairement à un bête marché public classique, ces chantiers ne sont pas saucissonnés en plusieurs lots, éliminant ainsi les petites boîtes au profit des géants : Bouygues, Eiffage, Vinci etc. !!! Encore la politique visant à enrichir les gros copains !

La Fédération canadienne des municipalités a publié le 30 août 2007 une étude exhaustive sur le fonctionnement et l’efficacité des partenariats public-privé(PPP) auxquels recourent un nombre croissant de collectivités, au Canada. Le bilan est sans appel : les Partenariats public-privé minent la démocratie, nuisent aux petites entreprises et entraînent des dépenses supplémentaires aux contribuables. Sous l’impulsion de l’idéologie ultra-libérale qui règne en Europe, on a privatisé toutes les entreprises qui pouvaient rapporter de l’argent à l’Etat. Il ne reste que les structures obligatoirement dépensières par essence, d’où les économies drastiques demandées sur les services concrets au public.

La dette du public ne serait-elle pas liée au profit du privé ?
Les privatisations réalisées depuis 1986 n’ont pas permis de renflouer les caisses, ce qu’elles étaient « théoriquement » sensées faire ; elles ont, par contre, entraîné la perte, par l’Etat, de sources de profits. Ces entreprises privatisées ont versé des dividendes substantiels à leurs actionnaires. Ainsi EDF a réalisé, en2011 un bénéfice net de 3 milliards d’euros, près de trois fois plus qu’en 2010. Elle prévoit un taux de distribution aux actionnaires compris entre de 55 et 65%

(La République des Pyrénées :17/02/12). Quant à Elf puis Total !! De la cinquantaine d’entreprises privatisées depuis 1986, répertoriées sur Internet, je note : les banques, EDF, Seita, Rhône Poulenc, Gaz de France, Suez, Elf-Aquitaine puis Total, Péchiney, Autoroutes, France télécoms, Thomson, Aérospatiale......


Y a-t-il vraiment trop d’Etat ou au contraire pas assez ?? C’est vraiment un choix de société !

Ne trouvez-vous pas, avec Simone de Beauvoir, qu’au fond, "ce qu’il y a de plus scandaleux, dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue" ?

Sources d’inspiration : Nel.Obs, Le Monde , Le Parisien, le Canard enchaîné.. et...G.Vallet


- Par Georges Vallet

Crédit Photo : http://www.web-libre.org


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Votre commentaire



> Le P.P.P. n’est pas toujours « Pau Portes des Pyrénées » !
27 février 2012, par peyo  

G Vallet, n’écrit qu’une partie de la vérité.

"Ainsi EDF a réalisé, en 2011 un bénéfice net de 3 milliards d’euros, près de trois fois plus qu’en 2010. Elle prévoit un taux de distribution aux actionnaires compris entre de 55 et 65%"<

Pourquoi , M. Vallet, ne pas aller jusqu’au bout de votre "démonstration" ? et dire que l’Etat sera le très grand bénéficiaire du versement des dividendes ... car l’Etat français est propriétaire d’EDF à hauteur de 84,48%

EDF actionnariat

Quant à l’exemple de Péchiney, G Vallet oublie qu’après la privatisation de 1982 l’endettement vertigineux du Péchiney nationalisé et sa quasi faillite, aggravée par des malversations [opérées par des hommes mis en place par le pouvoir socialiste], ont obligé Rodier à accélérer la privatisation.

Autre confusion : pourquoi parler de la privatisation de TOTAL ? TOTAL a toujours été une société privée depuis sa création (pour reprendre les avoirs turcs confisqués en Irak) en 1924.

Que Vallet cherche donc des exemples (vérifiés)plus convaincants.

  • > Le P.P.P. n’est pas toujours « Pau Portes des Pyrénées » !
    28 février 2012, par Georges Vallet  

    peyo,

    Merci pour ces précisions ; mes sources doivent être erronées car je ne trouve pas de confirmations aussi définitives de vos propos.

    « Autre confusion : pourquoi parler de la privatisation de TOTAL ? TOTAL a toujours été une société privée depuis sa création (pour reprendre les avoirs turcs confisqués en Irak) en 1924. »

    TOTAL ( dans Wikipedia) « Total a été créé en 1924 sous le nom de la Compagnie française des pétroles (CFP) par René Perrin et Frédéric Pigelet afin de gérer les parts que le gouvernement français s’était vu attribuer comme dommage de guerre dans la gestion de la future compagnie pétrolière irakienne, À l’origine, c’est une société mixte associant des capitaux d’État et des capitaux privés. Le 21 juin 1985, sa dénomination a été changée en Total - Compagnie française des pétroles (Total CFP) puis transformée en Total le 26 juin 1991. Elle est privatisée en 1993 par le gouvernement d’Édouard Balladur. À la suite des rapprochements avec la belge Petrofina et la Française Elf Aquitaine, la société est devenue Total Fina SA le 14 juin 1999, puis Total Fina Elf SA le 22 mars 2000. L’entreprise a repris la dénomination Total SA le 6 mai 2003. »

    ELF Aquitaine, quant à elle, était d’abord publique, l’entreprise a été privatisée en 1994. Elle a fusionné en 2000 avec le groupe Total pour former TotalFinaElf

    EDF « l’Etat sera le très grand bénéficiaire du versement des dividendes ... car l’Etat français est propriétaire d’EDF à hauteur de 84,48% »

    Au lieu de 100% !

    Le ministère de l’Economie et des finances a précisé que la vente d’une partie du capital d’EDF pourrait aller jusqu’à 3,7% Cela passe donc, en gros, à 81%.

    De plus, les placements de l’Etat semblent juteux : « La valeur des participations de l’Etat français dans les entreprises en Bourse, avec la crise, a chuté de près de 24 milliards pour totaliser 104,6 milliards d’euros au 15 septembre, selon un rapport publié par l’Agence des participations de l’Etat (APE ) La tribune.

    « Privatisations d’EDF, des sociétés d’autoroute, de Gaz de France... L’Etat continue à se retirer de l’activité économique au profit du marché comme en témoigne notamment le rythme soutenu de privatisations en 2005. Mais en même temps, le gouvernement multiplie ses interventions dans les affaires économiques au nom d’un « patriotisme économique ». Comment expliquer ce mouvement contradictoire ? » Vie publique

    « Que Vallet cherche donc des exemples (vérifiés)plus convaincants. »

    Cherchez, vous en trouverez sûrement !

    Des éclaircissements vérifiés sont toujours souhaitables en effet, mais , au fond, cela ne remet pas franchement en cause le fond du problème des PPP ..

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