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Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?

lundi 20 février 2012 par Paul Itologue


Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?

Que l’on pardonne la vulgarité de l’expression ! Mais les sacrifices demandés au peuple grec sont si brutaux que l’on peut se demander si les peuples du nord de l’Europe, qui aiment tant par ailleurs danser sur les plages de la mer Egée et profiter de leur soleil n’ont pas la volonté de briser la jeune démocratie grecque.

N’oublions pas qu’il n’y a pas si longtemps les Grecs étaient soumis à la dictature d’un quarteron de colonels. N’oublions pas non plus que les industriels occidentaux ont largement profité de livraisons d’armes à la Grèce et à la Turquie, sans tenir compte des ressources des deux pays. Leur frontière commune est si découpée et si imbriquée dans une myriade d’îles et de caps qu’il aurait été plus sage de les inciter à désarmer et à surveiller de manière conjointe leur frontière franchie par tant de migrants. Las, ici, on a préféré se brouiller avec la Turquie en légiférant sur une exigence de mémoire, alors que l’on laisse inculper de l’autre côté des Pyrénées le juge Garzon qui voulait permettre aux familles de disparus de faire leur deuil. Sans parler des massacres de Madagascar, de Sétif ou du 17 octobre 1961 que l’on veut plonger dans l’oubli.

Revenons à la Grèce et examinons pourquoi la question nous concerne. D’une part la rigueur imposée au peuple grec par la troïka (F.M.I., B.C.E., Commission européenne) est une perspective que plusieurs pays d’Europe (Espagne, Portugal...) y compris le nôtre ne peuvent écarter. D’autre part parce que la diminution du pouvoir d’achat consécutive à ces baisses de salaires peut conduire l’Europe à la récession par un nouveau jeu de dominos, même si le PIB de la Grèce ne représente que 1% du PIB de l’Europe.

Enfin, la décote de 50% que subissent les prêteurs privés est une perte considérable et aussi une perte de confiance. Elle n’est pas sans rappeler la déconfiture des emprunts russes il y a près d’un siècle, aux conséquences si funestes. Certes, banques et assurances n’ont fait que leur métier en prenant de tels risques. Mais l’expérience a montré aux contribuables que l’Etat ne manque pas de faire appel à eux lorsque les banques sont en danger. Et, en ce moment, ce qui n’est pas trop révélé est que les banques se refont de la laine en plumant leurs clients et en recevant des prêts de la BCE à un taux sans commune mesure avec le taux qu’elles pratiquent aux entreprises et aux particuliers.

Les riches armateurs grecs investissent à Londres. La puissante Eglise orthodoxe ne paie pas d’impôts. Les forêts grecques sont livrées au feu. Plutôt que de procéder à des nationalisations ou communautarisations, les décideurs préfèrent livrer le pays à une rude épreuve qui ne les sortira sans doute pas de l’ornière et qui conduit à la révolte et à la désorganisation. Certes, il y a eu des excès (une hausse considérable des profits et des salaires au cours de dix dernières années, 48 ministres pour un petit pays, une inefficacité de la collecte des impôts...) et des lacunes. Mais le remède doit-il tuer le malade ?

Paul Itologue.


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> Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?
21 février 2012, par Emmanuel Pène  

Les grecs n’ont qu’une seule voie de sortie viable et il est étonnant qu’ils soient encore 75% à ne pas s’en rendre compte. Une faillite (donc un défaut de dette) assortie d’une sortie de l’euro est la solution, car elle permettra à la Grêce simultanément d’abandonner sa dette en euro, et de dévaluer sa nouvelle monnaie. Les effets négatifs sont un risque d’inflation immédiate et une plus grande difficulté à emprunter à l’extérieur (du fait du défaut de paiement de la dette), mais le pays se donne ainsi une plus grande marge de manoeuvre, en se donnant la possibilité d’emprunter en monnaie nationale auprès de sa banque centrale, et en payant en monnaie nationale les dépenses publiques. L’industrie grecque plus compétitive exportera plus, tandis que les investisseurs étrangers, attirés par les bonnes affaires, investiront plus dans le pays. Bien sûr, cela ne va pas plaire aux créanciers (des banques pour l’essentiel) qui perdront leurs créances, mais c’est à mon avis la seule solution pour que les grecs s’en sortent à terme. Les faillites d’états sont d’ailleurs nombreuses dans l’histoire et n’ont pas empêché les états de rebondir.

  • > Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?
    22 février 2012, par Daniel Sango  

    Tout d’abord ceci entraînerait les Grecs dans une période d’apauvrissement longue et profond, bien plus que ce qui les attend pour les dix ans à venir.

    Mais surtout ceci aurait des conséquences apocalyptiques sur les derniers de la classe en Europe.

    Immédiatement les taux espagnols portugais Italiens et français grimperaient, l’euro serait de fait dégradé.

    Ceci entraîne mécaniquement et assez rapidement une banqueroute de ces états...et là ce serait énorme

    On connaît la seule manière, et l’ultime : la planche à billet et son inflation.

    Voir AP du 28/11 "L’Europe dans la main d’Angela"

  • > Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?
    24 février 2012, par Emmanuel Pène  
    Oui, c’est l’argument qui est rabbaché par les partisans du maintien du status quo au niveau de l’euro ; mais on ne pourra pas continuer à faire rentrer dans la même chaussette des pieds de tailles très différents. Le "catastrophisme" est l’argument qui est systématiquement employé par les partisans du maintien d’un système (si le système s’écroule, c’est la catastrophe), mais l’histoire s’est faite de changements plus ou moins subits de systèmes. une sortie de l’euro progressive, accompagnée, pour un retour à des "euros-nations" liés par des plages de fluctuation (retour au système de l’écu en quelque sorte) est une solution qu’on ne peut négliger. Combien de temps allons-nous continuer dans la voie actuelle : pas de croissance, chomage, délocalisations, problèmes de compétitivité, etc.. ? Il y a un avenir en dehors de l’euro, et cela ne signifie pas la fin de la collaboration européenne, bien au contraire, mais de repartir sur des bases saines.

  • > Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?
    26 février 2012, par Daniel Sango  

    Tous ceux qui n’ont pas compris qu’on n’aura plus de croissance forte en europe pendant longtemps n’ont rien compris.

    Depuis 20 ans la mondialisation fait que les grandes nations emergentes croissent pour aller vers un "nivellement" des niveauxde vie.

    C’est mecanique et mathématique.

    Cette croissance faible sera d’autant plus freinée que nous sommes entré dans une ére où l’énergie ne sera plus peu chère comme elle l’a été depuis un siècle.

    Le seul artifice de la planche à billet ne peut faire illusion que temporairement, plus dure sera la chute.

    L’europe met les gouvernements laxistes devant leur responsabilité.

    C’est ce qu’il faut.

  • > Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?
    20 février 2012, par Jacques Faget  
    Pour qui sonne le glas ?

    Votre billet qui sent si bon la rose aurait pu faire allusion dans un souci d’équité aux politiciens démagogues et laxistes qui ont laissé croire à la population que ce pays, sans ressources naturelles ni industries,qu’il était un pays riche. A celà, s’ajoutant que des banquiers margoulins de Wall Street ont incité à des montages financiers et de faux bilans permettant l’entrée dans l’Europe, dont le pays était à des années lumières.

    Bref, mortelle conjonction de la démagogie de gauche et de la cupidité d’une oligarchie ultra libérale. Maintenant il est trop tard pour gesticuler dans les rues. N’oublions pas que ça pourrait aussi nous arriver bientôt.

  • > Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?
    20 février 2012, par Georges Vallet  

    "sans ressources naturelles"

    Qu’entendez-vous par "ressources naturelles" ? Cela mérite d’être précisé car il y a peu de pays, comme la Grèce, aussi riches en ressources naturelles : paysages, faune et flore, donc en vie. Les ressources du milieu marin et des côtes, pour le touriste et le naturaliste, sont considérables ; elles ne manquent pas d’attirer le monde entier, y compris ceux qui condamnent la Grèce et l’abandonnent aujourd’hui.

    Il serait bon aussi d’évoquer les richesses culturelles liées à un passé prestigieux dont notre démocratie et notre vision du monde ne sont pas étrangers.

    C’est vrai que le terme de "naturel" a perdu son sens premier ; il est maintenant associé à tout ce qui peut rapporter de l’argent, c’est cela qui est devenu « naturel », c’est-à-dire le pétrole, le gaz, les minerais rares !

    Sans parler de civilisation car ce n’est pas le moment, j’évoquerai le choc des cultures qui, au lieu de s’opposer, devraient vivre en symbiose, chacune apportant un plus à l’humanisme : je veux parler de ces deux cultures aussi riches l’une que l’autre mais historiquement, fondamentalement différentes du fait du climat. Ceci se retrouve dans l’analyse de la nature qui d’un côté est fragile, colorée, exubérante, variée du fait d’une richesse créatrice due à la température, et au soleil, et de l’autre une nature assez uniforme, terne, solide, résistante, sélectionnée par des conditions environnementales beaucoup plus sévères.

    Je retrouve, dans cette construction européenne, le même choc qui a présidé, en France, à l’unification des cultures du N et du Sud, de la langue d’oc et d’oïl, des trouvères et troubadours...Cette assimilation est d’ailleurs inachevée ; il y a peu, discutant avec des amis lorrains, de mon âge, c’est vrai, un raisonnement est sorti comme quoi , en France, le N faisait vivre le Sud !! Cette volonté d’imposer la force, la puissance, la recherche du pouvoir et du profit, a été initiée par les anglo-saxons donc les peuples germaniques ; une partie d’entre nous et les peuples méditerranéens, sont entrain de revivre progressivement la perte d’une culture que la nature à aider à forger et qui faisait la richesse de la diversité humaine. Lévi-Strauss revient !!!

  • > Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?
    20 février 2012, par Georges Vallet  

    "à aider"

    Pardon, il fallait lire "a aidé"

  • > Se faire la Grèce ou se faire de la graisse ?
    20 février 2012, par claudiqus  

    Georges Vallet a mille fois raison !

    Les ressouces naturelles ont leur importance, pour la grèce comme pour la France, car au rythme où va notre débandade industrielle et productive, nous n’aurons bientôt plus que le tourisme, les paysages et les produits du terroir comme prime richesse .

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