Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Théâtre de l’Echiquier : Pour que ne meure pas « Malade Imaginaire »

lundi 13 février 2012 par Christian Lemarcis


Lettre ouverte à Madame la Députée-Maire de Pau, Présidente de la Communauté d’Agglomération et à Monsieur le Président du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques.

« C’est la gorge sèche et le cœur noué que je vous écris.

Notre compagnie théâtrale réunit une dizaine de comédiens professionnels d’origine variée. La plupart était dans une impasse, intermittents en fin de droit ou vagabonds de l’art. Grâce à leur travail au sein de notre groupe, ils peuvent dorénavant vivre et faire vivre leur famille à Pau, dans la dignité et la ferveur, tout en frôlant le seuil de pauvreté qui est le lot commun des artistes dans notre pays.

Il serait douloureux néanmoins qu’ils retombassent dans la misère de leurs jeunes années. L’errance est un exil, savez-vous ?

Tous m’ont rejoint pour l’amour du théâtre et pour partager mon projet d’offrir aux paloises et aux palois, aux béarnais et aux basques - ce qui leur était jadis refusé faute d’une offre régulière - l’accès au répertoire classique, au fleuron de notre culture : Molière, Beaumarchais, Marivaux...

En proposant ce répertoire exigeant et varié (de Molière à Pinter), nous n’avions pas d’autre ambition que le divertissement de tous et l’éveil culturel de nos enfants. Telle fut notre passion, notre chemin, notre fierté.

Sans le Théâtre de l’Echiquier, les gamins des quartiers de Pau, du Béarn et plus largement d’un grand Sud-Ouest déshérité, n’auraient pas eu accès à ce répertoire et cette seule pensée nous est insupportable.

En six ans, c’est près de 30.000 spectateurs (dont deux tiers de scolaires) qui nous auront accompagnés dans cette douce utopie. Voulez-vous qu’elle s’achève ?

Nous refusons le cloisonnement, l’enfermement dans une pratique élitaire, ou alors - comme le clamait Vitez, pour tous. Nous faisons un théâtre accessible à chacun - certes avec ses imperfections et ses manquements - et notre travail est profondément inscrit dans la vie de notre cité (combien de fois nous sommes-nous rendus bénévolement dans les établissements après la représentation, pour discuter avec les élèves ?), nous refusant d’entrer dans une nécessité mercantile du savoir.

Cependant il nous faut survivre. Or devant les positions du Conseil municipal à notre égard, je suis inquiet et perplexe. A-t-on résolu la mort de notre troupe ? Sommes-nous nuisibles à la communauté ?

Le Théâtre de l’Echiquier est une fenêtre ouverte sur le rêve. Veut-on la fermer brutalement, cette « usine à rêves » chère à Maïakovski ? Ce rêve absurde d’un théâtre populaire exigeant doit-il cesser définitivement ?

En effet, étranglée par les charges sociales et les frais de location du théâtre municipal Saint-Louis hors duquel nous ne saurions travailler, attributaire de subventions dérisoires au regard de notre investissement et de nos besoins élémentaires, notre compagnie se meurt. Nous avons dû renoncer à monter « La Mouette » de Tchékhov, faute de ressources et de lieu de travail.

Que nous faut-il pour survivre ? Pas grand-chose en vérité : des subventions de la ville et du conseil général, via un conventionnement, de deux ou trois dizaines de milliers d’euros, la gratuité du Saint-Louis pour une dizaine de représentations par an destinées aux scolaires, un lieu pour répéter dignement nos spectacles (quand il en est tant qui sommeillent dans le confort douillet de leurs subventions qui atteignent la centaine de milliers d’euros).

Tout ceci ne représente qu’une virgule dans les budgets de nos tutelles, mais un trait d’union pour nous et notre public et l’espoir d’une vie meilleure pour nos comédiens.

Faute d’un soutien coordonné des pouvoirs publics, nous cesserons notre activité le 15 mai prochain, quand le rideau sera tombé sur le « Malade imaginaire » et que le défunt sera cette fois-ci bien mort et pour longtemps. »

- par Christian Lemarcis,
directeur artistique du petit Echiquier


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> Théâtre de l’Echiquier : Pour que ne meure pas « Malade Imaginaire »
13 février 2012, par Louis H  

La Culture (avec un grand C) tous nos responsables s’en gargarisent. Mais ce n’est pas certain que le théâtre dit "classique" les interesse.

Localement à Pau en 2012 ça semble être l’absence de toute volonté d’examen si on en croit l’interview de l’adjointe à la culture Mme Lérou-Pourqué qui "argumente" devant le journaliste [cf La Républiques des Pyrénées , le 10 février ] pour ne pas regarder le dossier du théâtre L’Echiquier, avec notamment :

-  ne pas toucher aux aides et à la politique actuelle de répartition , avec pour raison( ?) "le poids des liens tissés avec certains... ). Le clientélisme semble encore tenir lieu de politique municipale
-  la Ville ne souhaiterait pas opérer de façon autonome et attendrait, pour se prononcer que la DRAC (c’est à dire l’Etat et le Ministère)) dise quelles troupes sont interessantes pour développer la politique du Ministère
-  le prétexte de ne rien faire ni modifier, au motif qu’il y a un problème de salles.

Il n’y a nulle exagération dans les constations énumérées ci dessus. Pour le montrer un extait du papier est reproduit ci-après :

Si Hélène Lérou-Pourqué reconnaît « une inégalité dans les subventions » liée au poids des liens tissés depuis longtemps par certaines compagnies avec la Ville, explique-t-elle, l’adjointe à la Culture rappelle que la collectivité « n’a pas vocation à assurer la survie des troupes de théâtre ». Nombreuses sur Pau, toutes n’ont pas non plus les mêmes statuts. « Il y a eu dans notres société un essor de la création encouragé par les politiques publiques mais les finances publiques ne sont pas extensibles.

L’enveloppe des subventions est au maximum depuis plusieurs années. Il faut soutenir les professionnels mais comment faire ? Nous nous interdisons de juger la qualité d’une troupe. Nous nous appuyons donc sur les compétences de partenaires comme la Drac (direction régionale des affaires culturelles) » explique Hélène Lérou-Pourqué qui aimerait mener « un travail dans le cadre des politiques publiques culturelles » mais que « faute d’un nouvel équipement pour le théâtre, il ne peut être mené à bien pour l’instant ».

Pour éclairer, les chiffres trouvés dans la publication de la Ville "Subventions aux associations" , (pour un total de plus de 16 millions d’euros) :

-  les subventions Théâtre aux 9 troupes paloises aidées, en 2011 (avant la rallonge, non publiée à ce jour) 159.000 euros
-  la troupe (professionnelle) paloise la plus dotée : environ 90.000 euros
-  la moins dotée , celle dont on parle ici le Théâtre de l’Echiquier : 1.5000 euros.

Seulement le poids des liens tissés ? Plutôt, ne pas laisser s’ouvrir le débat (la boîte de Pandore) sur les subventions accordées généreusement à ceux qui sont suffisamment ... en Cour.

  • > Théâtre de l’Echiquier : Pour que ne meure pas « Malade Imaginaire »
    13 février 2012, par Daniel Sango  

    Il est important de ne pas tout mélanger en ce qui concerne la gestion de la culture.

    Tout d’abord, c’est une compétence qui a été mise en commun au niveau de l’Agglomération et donc c’est là que devrait être géré la totalité de la culture.

    Mais comme c’est le bazar dans l’agglo, et que chaque municipalité aime bien garder cet immense pouvoir electoral de dispenser à qui il veut des subventions "dontlesbénéficiairessesouviendrontaumomentdevoter" Chaque commune distribue aussi des sommes considérables dans ce domaine.

    Il faut savoir que le total du budget de la culture sur l’agglo (somme de tout cela ) est quasiment impossible a connaître...

    On sait par contre que le budget culture de la CDAPP seule pour 2011 est de 24 millions d’euro sur un budget total de 126,5 millions d’euro

    C’est très très important !

    Pour la répartition entre les différents acteurs...ça c’est une autre chose...

  • > Théâtre de l’Echiquier : Pour que ne meure pas « Malade Imaginaire »
    13 février 2012, par peyo  

    Monsieur Sango,

    curieusement l’Agglo Pau-Pyrénées ne semble pas avoir intégré sa compétence sur le spectacle vivant

    ni au niveau des compétences affichées Agglo/compétences

    ni dans le culturel Agglo/Développement culturel sur agglo-pau.fr

    Hormis les Abattoirs, pas de salut pour les troupes théâtrales à l’Agglo ?

    Alors qui s’y retrouve ?

  • > Théâtre de l’Echiquier : Pour que ne meure pas « Malade Imaginaire »
    13 février 2012, par Daniel Sango  
    Bouillon de culture

    Personne ne s’y retrouve, et les élus en sont bien satisfaits...

    Voir l’article que j’avais écrit sur le sujet : "Bouillon de culture" AP du 22 juin 2009

  •    
     
     
     
    Les rubriques d’A@P
    Citoyenneté
    A compte d’auteurs
    "Arpenteurs sans limites"
    "Les sorties de Michou"
    "Un samedi par semaine - tome 2"
    "Un samedi par semaine - tome I"
    Au ras du bitume
    Enquêtes
    Evasion
    Maréchaussée Paloise
    A@P.com
    Courrier d’e-lecteurs
    Hommes et femmes d’ici !
    Opinion
    Portraits, Entretiens
    Tribune Libre
    Humeurs
    La Charte d’A@P
    Le défouloir !
    Les cartons
    Les cartons mi-figues mi-raisins
    Les cartons rouges
    Les cartons verts
    Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
    Vu dans la presse
    ”Les Causeries d’A@P”
    Détente
    Loisirs
    Spectacles
    Economie
    Aéroport Pau-Pyrénées
    Enjeux
    Enjeux environnementaux
    Enjeux européens
    Enjeux sociétaux
    Grand Pau
    Lescar
    Billère
    Gan
    Gelos
    Idron
    Jurançon
    La CDA Pau-Pyrénées
    Lons
    Point de vue
    Grands projets
    "LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
    BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
    Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
    Nouveau complexe aquatique de Pau
    Nouvelle voie routière Pau-Oloron
    Nouvelles Halles de Pau
    Pau
    Du Côté des Quartiers
    La vie
    Une idée pour la ville
    UPPA
    Politique
    Forums des Partis
    Politique locale
    Politique régionale et nationale
    Territoires
    Aragon
    Béarn
    Bigorre
    Espagne
    Europe, Monde
    Pays Basque, Euskadi
    Pyrénées
     
       
     
      Envoyer à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)



    [ Imprimer cet article ]
     


     
    Autres articles

    Oloron : "Poétissage" au Printemps des Poètes
    Lire - Ça passe ou ça casse
    Plus de musique !
    Au pays des rêves
    Pour les livres et les contes, le lieu compte
    Projet Frankenstein
    Pau - Histoire(s) de Printemps
    A découvrir ou redécouvrir : les champignons
    La grande migration
    « Les Musicales de Thèze »
    Demain samedi, allons danser !
    L’histoire de la Librairie Tonnet
    Une autre campagne ?
    Photo, sculpture, la matière dans tous ses états s’expose à Lacommande
    Un concert du Nouvel An déjanté, de Strauss à Abba !
    Pourquoi ne pas (re)découvrir l’Espace ski de fond du Pont d’Espagne, à Cauterets ?
    Flash back et changement de ton au Musée des Beaux Arts de Pau
    A Noël, qu’offrir ? Un « rompol * » ?
    Pau, les Etoiles au firmament
    PAU - La Chapelle de la Persévérance a été un écrin pour mettre en valeur les oeuvres de Roni FEES



    [ Haut ]
     

    Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

    Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises