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Flash back et changement de ton au Musée des Beaux Arts de Pau

vendredi 23 décembre 2011 par Le Masque de Pau


L’exposition "The Museum Experience" qui se déroule actuellement au Musée des Beaux Arts de Pau nous permet de sortir du cadre traditionnel de la culture.

De plus, la réalisation de la composition du graffeur Aélé samedi soir en public, accompagnée du DJ Psyko Moreno, a amené une fraîcheur de ton et un public nouveau qui sont une véritable bouffée d’air frais.

Jeunes et moins jeunes, courez vite au Musée des Beaux Arts de Pau pour profiter d’une véritable bouffée d’air frais. L’exposition "The Museum Experience", consacrée aux affiches psychédéliques des groupes de rock américains des années 60, qui s’y déroule actuellement, est à voir absolument. En s’ouvrant sur ce courant d’une créativité foisonnante, témoin des années "peace and love", l’institution culturelle s’ouvre sur une culture populaire, la confronte à l’art traditionnel, opère un mélange des genres - tant au niveau du public qu’à celui des styles - et nous procure une véritable bouffée d’air frais qui nous réjouit et nous rajeunit !

Rappelons que le courant psychédélique, héritier de la "beat generation" de Jack Kerouac et consorts aux début des années 60 sur la Côte Ouest des USA a été à l’origine d’une véritable révolution musicale, sociologique et mentale. En s’opposant frontalement à la censure et à la "bonne conscience" qui prévalait à l’époque, en prônant l’"imagination au pouvoir", en développant une musique abolissant la perception des sens et la conscience, ces groupes ont développé une musique basée sur de nouvelles expériences rythmiques, la créativité, la lutte contre les institutions établies, et la production de concerts devenus mythiques par exemple dans la salle du Fillmore West de Bill Graham). Il s’appelaient "Gratefull Dead", "The Doors", "Jefferson Airplanes" "Big Brother & Airplane Company", mais aussi Jimi Hendrix et Franck Zappa... Initialemment parti de "Frisco", ce mouvement à enflammé une jeunesse jusque là bien rangée, en ouvrant la porte à une révolution des moeurs, des valeurs et des combats. Imaginons que, baby boom aidant, 40% des Américains avaient moins de 20 ans en 1964...

C’est le côté graphique de ce mouvement qui est donné à voir dans l’expo, à partir d’une soixantaine de pochettes de disques ou d’affiches de concert. La première de ce type (the Germ) a été composée en 1964. Réinterprétant à la fois les formes curvilignes, les motifs à base de fleurs et le contraste de couleurs issus de l’Art Nouveau, avec l’imagination et la fantaisie de nouvelles perceptions, ces oeuvres ont une grande force visuelle et picturale, et une intense créativité. Relativement peu mise en avant aujourd’hui auprès du grand public, cette école mérite amplement le coup de projecteur que lui donne le Musée de Pau. Ses concepteurs méritent d’être cités, autour de l’atelier des Big 5 : Victor Moscoso, Stanley Mouse, Wes Wilson, Alton Kelley et Rickl Griffin. En parcourant l’accrochage, issu d’une collection privée d’une grande qualité, il est amusant de relever l’inspiration qui les anime. On relève l’influence "Western", mettant en avant la culture native, avec des têtes d’Indiens. Ou encore, la réutilisation de tablaeux classique, comme l’Adam de Michel Ange à la Chapelle Sixtine, un Eros armé de sa flèche, un Vincent Van Gogh noyé dans une palette hyper colorée, ou bien des officiers du XVIIIème siècle... Mais ce sont les compositions déjantées et provocatrices qui retiennent le plus l’attention, comme cette série d’hommes en masque à gaz (Altar Kelley), un papillon indécent (English & Waymouth), la Belle et le serpent (Sin Dance de Wes Wilson), ces corps entrelacée de Lee Concklin, le retour de King Kong pour Sex de Martin Sharp, l’étonnant Rackham le Rouge à tête de mort de Randy Juton, ou l’étonnante bouche à 4 visages (Greg Iron), ce focus sur l’origine du monde (Weisser) et les yeux délirants de Victor Moscoso.

Il n’est pas anodin de noter que ce courant a disparu après 1973, avec la fermeture du Fillmore, à un moment ou l’espoir d’une société idéale et réinventée s’est finalement fracassé sur la dure réalité des chocs économiques et de la fin de la prospérité qui n’en finissent pas de gangréner nos sociétés depuis lors...Un demi-siècle se sera bientôt passé, et on n’en finit pas de regretter cette époque finalement si prospère, et tellement contestée, mais où l’utopie régnait dans une grande partie de la jeunesse... Finalement, on ne peut s’empêcher de se dire à la sortie que la contestation culturelle populaire et la créativité ont singulièrement baissé en quelques décennies.

Non content de donner à voir ces témoignages, le Musée des Beaux Arts a également innové en organisant samedi soir une soirée spéciale "graffage" avec l’invitation du graffeur Aélé qui a reproduit une création à l’aéro en public, accompagné de musique de l’époque, choisie par le DJ Psyko Moreno. Entrée libre à tous de 20H30 à minuit pour assister à ce show combiné, c’était l’occasion de donner un grand coup de fraîcheur dans les lieux, et pas seulement parce que les fenêtres étaient grandes ouvertes par cette nuit glaciale de décembre !

En amenant un public nouveau dans ce lieu de la culture traditionnelle, le Musée à véritablement réussi son pari. Il suffisait de voir les visiteurs déambuler, regarder l’oeuvre en train de se faire, se mélanger (seniors aux cheveux aujourd’hui coupés courts, mais peut-être anciens hippies, se mélangeant aux jeunes dont certains arboraient piercings détonnants ou dreadlocks foisonnants).Les portes de cette vénérable institution étaient grandes ouvertes, pour une confrontation des genres, des publics et des époques (ah, ces vinyles, souvenirs souvenirs !) qui a rendu cette soirée un peu magique...

Un seul regret, que la salle de création ne se soit pas transformée en piste de danse des sixties, le spectacle aurait été encore plus complet.

Renouvellement, tonus, liberté, on en redemande !

-  Le Masque de Pau


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