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Eh bien non Monsieur Brasseur !

dimanche 18 décembre 2011 par Joël BRAUD


Non Monsieur Brasseur, on ne peut pas écrire n’importe quoi sur le ton péremptoire que vous employez dans votre dernier article intitulé « Plus jamais ça ! ».

Vous le savez maintenant, nous à Alternatives-Paloises, nous nous sommes beaucoup interrogés et avons beaucoup échangé pour savoir s’il était acceptable ou pas de le diffuser dans notre newsletter. Il en est ressorti au-delà des désaccords, une certaine tension dans le groupe. Et puisque notre devise est « A chacun sa vérité », nous avons décidé d’y rester fidèles, dans la circonstance de nous y soumettre. Personne n’était d’accord avec ce que vous dites mais tous voulaient respecter un principe fondateur d’Alternatives-Paloises.

A quelles règles avez-vous dérogé pour faire ainsi l’objet d’une telle désapprobation ? Pas à une ou autre règle écrite et vous avez beau jeu de demander en quoi votre texte est contraire à un règlement de notre publication. Mais bien plus grave vous exploitez la charge émotionnelle résultant d’événements dramatiques pour lancer des idées connues et classées dans la catégorie de celles proférées par les extrêmes, voire les extrémistes. Je ne veux pas croire que votre démarche soit propagandiste.

Reprenons donc ces arguments que vous assénez sur le ton de l’évidence alors que la réalité est souvent bien plus complexe.

Vous proposez que dans le cas de meurtres la peine de mort soit rétablie. Pas moins. Sans vous embarrasser de nuances. Selon vous, tous les meurtres seront punis de la peine de mort. Qu’il y ait ou non préméditation, votre problème n’est pas là, il faut faire simple : meurtre égale peine de mort. Et vous avez cet argument décisif, si la peine de mort n’empêche pas le crime parce qu’elle n’est pas dissuasive elle interdit à coup sûr la récidive de son auteur. Là vous faites plus que simple, vous faites simpliste. Cassons le thermomètre et la température aura disparu.

Pensez-vous vraiment qu’avec de telles contrevérités, il n’y aura plus aucun crime et que notre société lisse et sans défaut, comme en rêvent les utopistes, ne connaîtra plus de délinquance ? Même si près de 40% des français déclarent être favorables à la peine de mort ; il n’en demeure pas moins qu’il ne s’agit que d’une minorité et que le sujet ne reviendra jamais dans le débat parce que la loi ne le permet pas. La dissolution de la peine de mort est irréversible, c’est ainsi.

Dans votre ardeur à asséner des contrevérités vous y allez de bon cœur en disant que les règles actuelles sont inopérantes et qu’il faut un renversement complet en faveur des victimes. Et vous avez cette formule : « Soit vous laissez une chance à la victime, soit au criminel ». Mais qu’est-ce que c’est que cet axiome ? J’avoue avec beaucoup de modestie ne pas en comprendre le sens. Savez-vous que nos responsables politiques actuels dans le souci de plaire et de se montrer réactifs, ont profité de crimes faisant les titres des médias pour relancer des débats et alourdir encore l’arsenal législatif ? Savez-vous que le résultat a été d’embourber davantage l’action de la justice sans apporter de réelle réponse au problème que l’on pensait pouvoir éradiquer ?

Croyez-vous réellement que les juges se basent sur leur intuition pour prendre leurs décisions ? « La première mission de la Justice est de faire respecter la loi et de garantir les libertés individuelles comme le prescrit la Constitution et non d’être le pompier de la délinquance, comme on s’obstine à le faire croire » (Robert Badinter). Quant aux psychiatres, il faut les avoir rencontrés pour savoir que la science actuelle ne permet pas de mesurer de façon certaine le degré de dangerosité d’un malade mental. C’est regrettable, mais c’est ainsi. Eh oui, Monsieur Brasseur, même la science a ses limites.

Autre subtilité que vous nous délivrez sans aucune préparation, celle de dire que dans certains cas il ne devrait pas y avoir de libération par anticipation. Là encore vous semblez ignorer qu’il existe des peines assorties de mesures de sûreté définies. C’est-à-dire qu’il n’y a pas dans ces cas, de possibilité de remise de peine avant l’exécution d’un minimum de détention. Il faut savoir ce qu’est le travail des agents de la pénitentiaire pour comprendre que sans remise de peine possible pour bonne conduite, ils se trouveront devant des difficultés auxquelles ils ne pourront faire face.

Enfin, Monsieur Brasseur, je ne reviendrai pas sur tout ce que vous avez écrit. Je dirais pour faire court que les événements que vous évoquez sont tragiques, inadmissibles et mettent des familles dans une douleur indicible mais que si une solution existait pour éradiquer définitivement tous les risques de crimes ou de délits depuis que l’humanité existe, cela se saurait et aurait sans aucun doute été mis en œuvre.

Notre société est ainsi faite qu’elle comporte ses défauts et que sans se résigner à subir la folie de certains, il faut reconnaître que tout ne peut être évité. Une société lisse, sans aspérité où règnent une unité, une solidarité, un respect de tous, n’existe pas ; il vous faut l’admettre. Dire le souhaitable n’est pas envisager le possible.

Voilà, Monsieur Brasseur, la réaction que votre article m’a inspirée. En répondant ainsi j’ai le sentiment d’avoir agi pour lutter contre cette forme de récidive qui est celle des errements démagogiques.

Pau, le 18 décembre 2011

Par Joël BRAUD


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Votre commentaire



> Eh bien non Monsieur Brasseur !
19 décembre 2011, par pehache  

Joël Braud, vous avez perdu d’avance ! Vous faites appel à la raison, à une analyse rationnelle et "froide", avec un long texte argumenté, face à quelqu’un qui joue sur l’émotion et qui en deux coups de cuiller à pot a résolu le problème de la criminalité.

Face au portrait d’une adolescente sauvagement assassinée, vous ne pouvez que passer pour le salaud insensible de service.

> Eh bien non Monsieur Brasseur !
19 décembre 2011, par MM  

C’est bien votre article, M. Braud,qui est totalement extrêmiste et même totalitaire dans la mesure où vous n’êtes pas capable d’accepter une idée contraire à la votre. Quoi que l’on pense de la peine de mort, on peut admettre au moins l’idée que ce sujet puisse être débattu. A cet égard, dire que c’est hors débat parce que la loi ne l’admet plus est un non sens. Une loi peut être abrogée et c’est bien ce que l’on a fait pour celle qui reconnaissait la peine de mort. Votre verbe haineux, condescendant et bien pensant donnerait presque l’envie de soutenir le retour de la peine de mort pour le seul plaisir de vous contredire. Apprenez donc à respecter les opinions des autres.

  • > Eh bien non Monsieur Brasseur !
    19 décembre 2011, par Maximo  

    MM :

    A@P montre au contraire qu’elle respecte (trop ?) les opinions des autres en publiant l’autre article ET sa réponse (celui-ci).

    Cependant, vous avez raison sur un point, MM : il ne faut jamais dire que ce débat n’est plus possible parce que, en effet, ce qu’a fait une loi, même constitutionnelle, une autre loi peut le défaire mais surtout car ce serait baisser la garde face à la bête immonde et risquer de se faire surprendre sans avoir aiguisé ses armes. Et c’est autrement plus grave !!

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