Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Interview LGV de Michèle Alliot-Marie - Réaction d’Alain Rousset : « 3 contre-vérités ! »

vendredi 8 juillet 2011 par Courrier


Un communiqué de Presse de Monsieur Alain Rousset, Président du Conseil régional d’Aquitaine, daté du 8 juillet 2011

Interview LGV de Michèle Alliot-Marie - Réaction d’Alain Rousset :
« 3 contre-vérités ! »
 
Dans un entretien publié dans « Sud Ouest » ce jeudi 7 juillet 2011, Michèle Alliot-Marie énonce, à propos de la future ligne à grande vitesse, des contre-vérités qu’il me faut rectifier.
 
1 - « Entre l’utilisation de la ligne actuelle et une nouvelle ligne, on gagnera quelques secondes », affirme Mme Alliot-Marie.
C’est totalement erroné puisque d’après le dernier rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) publié en juin 2011, le gain de temps entre Bayonne et Saint-Sébastien est de 30 minutes de centre ville à centre ville, contre 1h30 aujourd’hui, et de 41 mn entre Bayonne et Hendaye.
 
Avec la LGV, ce sera une révolution dans les temps de parcours indispensable pour l’Aquitaine. Il faut en effet savoir que Marseille bénéficie aujourd’hui d’un meilleur temps de parcours vers Paris (3h12 en moyenne contre 3h17) alors que le trajet est de 1.000 km contre 600 km !
Dès 2017, Bordeaux sera à 2h05 de Paris et à partir de 2020 à 4h30 de Madrid contre 11h aujourd’hui, soit un gain de 6h30 !
 
C’est aussi un temps de trajet de 3h30 vers Bruxelles, ou 4h30 vers Londres. Et Bayonne sera à 1h de Bordeaux, à 30 minutes de Mont de Marsan, à 20 minutes de Saint-Sébastien ou encore à 55 mn de Vitoria ou de Bilbao... Avec le Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest, Bayonne sera à 3h00 de Paris !
 
Nous contribuons en même temps à relever un défi écologique car le TGV pollue 15 fois moins qu’une automobile, et une LGV est positive en termes de bilan CO² en 12 ans, c’est-à-dire qu’elle permet d’éviter plus d’émissions de carbone qu’elle n’en produit.
 
Côté espagnol, l’accord intervenu fin 2005 entre le gouvernement central et le gouvernement d’Euskadi va permettre de lancer rapidement le chantier de la ligne à grande vitesse qui mettra les villes de Vitoria, Bilbao et Irun à une demi-heure les unes des autres. Allons-nous dire à nos voisins espagnols, aux 50 millions d’habitants de la péninsule ibérique, que nous refusons ce progrès ? Nous ne pouvons pas continuellement tourner le dos à l’Espagne comme nous l’avons trop souvent fait au cours de l’histoire.
 
Mais raccourcir le trajet n’est pas le plus important dans cette affaire. La raison essentielle à la construction de la ligne nouvelle est que le trafic sur celle existante va être saturé dans quelques années. Tous les experts en conviennent. Le rapport remis récemment au ministre des transports par le CGEDD, un organisme non partisan placé sous la tutelle du ministère de l’écologie, vient d’ailleurs de le rappeler. Pour éviter l’asphyxie qui menace, il n’y a d’autre alternative que de construire une ligne nouvelle.
 
Il s’agit aussi de préserver la qualité de vie en pays basque. Si l’on veut développer le Ter Aquitaine, si l’on veut mettre fin au « mur de camions » qui prospère en Aquitaine, si l’on veut épargner aux milliers de riverains basques de la voie ferroviaire existante une pollution sonore qui deviendra insupportable avec la croissance du trafic de fret entre la France et l’Espagne, alors la réalisation d’une voie nouvelle s’impose. Prétendre que l’on peut multiplier les liaisons TGV et les transports régionaux avec la seule ligne actuelle n’est ainsi qu’une illusion.
 
En outre, le rapport du CGEDD est également très clair sur ce point : dans cette zone de la côté basco-landaise en plein développement, les acquisitions foncières constituent une urgence, et elles doivent être planifiées très rapidement. Si nous attendons encore, de nouvelles habitations seront construites pour être finalement très vite expropriées et détruites, avec ce que cela suppose en coûts humains et financiers. Aujourd’hui, une quarantaine d’habitations est concernée, mais elles pourraient bientôt être des centaines.
 
2 - Selon Mme Alliot-Marie, je souhaiterais « une ligne nouvelle pour que Bordeaux soit à deux heures de Paris et à deux heures de Madrid ».
Si Mme Alliot-Marie avait étudié de près le projet, elle saurait qu’une fois l’ensemble des lignes à grande vitesse réalisé, côté français comme côté espagnol, Madrid sera - dans le meilleur des cas - à 4 h 30 de Bordeaux, et non à 2 heures. Ce sera un progrès considérable dont je me satisfais volontiers.
 
3 - Madame la députée avance aussi que la gare de Bayonne sera la grande perdante de la mise en service de la future ligne à grande vitesse.
Rien de plus faux. Qu’on en juge : Réseau Ferré de France (RFF) a retenu pour la desserte future 13 allers-retours (AR) quotidiens entre Paris et Bayonne - avec arrêt à Bordeaux - et autant entre Bayonne et Toulouse ; 19 AR entre Bayonne et Pau ; 43 AR entre Bayonne et Dax, et 38 AR entre Bayonne et Saint-Sébastien. Où est le déclin de la gare de Bayonne ?
 
Au final, je suis convaincu que la LGV représente une opportunité pour les habitants du pays basque et le développement de leur territoire qui gagnera en attractivité. Prétendre le contraire, c’est faire faire preuve de mauvaise foi.
 


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> Interview LGV de Michèle Alliot-Marie - Réaction d’Alain Rousset : « 3 contre-vérités ! »
16 juillet 2011, par cassandre  

(suite)un prix de billet innatractif pour le plus grand nombre qui continuera avec sa voiture n’aura donc que peu d’incidence. Par contre, quand on apprend que la SNCF est le premier transporteur routier de France et que de plus en plus de TER sont remplacés par des minibus ...Le fret est passé de 60% dans les années 50 à 10%. Donc les Basques ne doivent pas être trop dérangés par les trains. Par contre, le mur de camion ... Et p’têt que les Basques n’ont pas envie de se voir envahis ...

  • > Interview LGV de Michèle Alliot-Marie - Réaction d’Alain Rousset : « 3 contre-vérités ! »
    17 juillet 2011, par Peyo  

    quand on apprend que la SNCF est le premier transporteur routier de France et que de plus en plus de TER sont remplacés par des minibus ... Mauvaise interprétation Cassandre .

    C’est un transfert de marchandises-train vers marchandises-route, où les filiales Geodis "opérateur global" en récupèrent une toute petite partie.

  • > Interview LGV de Michèle Alliot-Marie - Réaction d’Alain Rousset : « 3 contre-vérités ! »
    16 juillet 2011, par cassandre  

    1) il est prouvé que les espérances de trafic et de rentabilité de ces grandes infrastructures ferroviaires sont surestimées, lisez le rapport Pébereau réalisé en 2005. Et il est prouvé que les coûts sont toujours sous-estimés ... 2) Vu notre situation économique, est-il vraiment sage de dépenser 8 milliards d’€ pour faire gagner, au mieux, 1 heure à quelques pékins ? Au mieux car combien de trains réaliseront ce temps ? Seuls ceux qui ne s’arrêteront nulle part ... 3) Une LGV avec un billet inabordable pour le plus grand nombre n’arrivera pas à diminuer significativement les émissions de carbone

    > Interview LGV de Michèle Alliot-Marie - Réaction d’Alain Rousset : « 3 contre-vérités ! »
    9 juillet 2011  

    Habituellement on trouve que RFF et SNCF sont trop optimistes dans leurs prévisions de traffic.

    Aujourd’hui M. Rousset en perd son esprit critique et prend ces chiffres pour "argent comptant" ! La vérité selon RFF ... puisque ça permet de dénoncer les "contre-vérités" de MAM.

    Si M. Rousset reprend à son compte cette prévision de 19 AR [quotidiens] entre Bayonne et Pau est-il prêt à y miser 10 € (de son argent personnel, pas celui du CR) ? .

  • - Réaction d’Alain Rousset : que de contre-vérités !
    10 juillet 2011  

    Ah mais... C’est que ça lui coûtera beaucoup plus que 10 balles ET de son argent se poche ET de ses/nos économies régionales 19 A.R. Pau-Bayonne et... 43 Bayonne-Dax, 38 Bayonne -SS (et pas que des TGV, évidemment) et... le reste : car on ne va pas favoriser à ce point la Côte sans faire de même pour Agen, Périgueux, Sarlat, Mont-de-Marsan, Libourne, Arcachon, Urt, Aire sur l’Adour, Bazas, Langon et Soumoulu. En oublie-je ? Ah, oui : BEDOUS !

    C’est bien la région qui paiera ! Et les 10 balles d’impôt pris sur notre argent de poche à tous n’y suffiront pas

  • > Interview LGV de Michèle Alliot-Marie - Réaction d’Alain Rousset : « 3 contre-vérités ! »
    8 juillet 2011, par GODIN  
    Ambition politique locale

    ......Ou une ambition politique locale puisque le national lui a echappé !MAM fait de la desinformation pour accrediter le refus politique et populiste de la lgv

       
     
     
     
    Les rubriques d’A@P
    Citoyenneté
    A compte d’auteurs
    "Arpenteurs sans limites"
    "Les sorties de Michou"
    "Un samedi par semaine - tome 2"
    "Un samedi par semaine - tome I"
    Au ras du bitume
    Enquêtes
    Evasion
    Maréchaussée Paloise
    A@P.com
    Courrier d’e-lecteurs
    Hommes et femmes d’ici !
    Opinion
    Portraits, Entretiens
    Tribune Libre
    Humeurs
    La Charte d’A@P
    Le défouloir !
    Les cartons
    Les cartons mi-figues mi-raisins
    Les cartons rouges
    Les cartons verts
    Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
    Vu dans la presse
    ”Les Causeries d’A@P”
    Détente
    Loisirs
    Spectacles
    Economie
    Aéroport Pau-Pyrénées
    Enjeux
    Enjeux environnementaux
    Enjeux européens
    Enjeux sociétaux
    Grand Pau
    Lescar
    Billère
    Gan
    Gelos
    Idron
    Jurançon
    La CDA Pau-Pyrénées
    Lons
    Point de vue
    Grands projets
    "LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
    BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
    Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
    Nouveau complexe aquatique de Pau
    Nouvelle voie routière Pau-Oloron
    Nouvelles Halles de Pau
    Pau
    Du Côté des Quartiers
    La vie
    Une idée pour la ville
    UPPA
    Politique
    Forums des Partis
    Politique locale
    Politique régionale et nationale
    Territoires
    Aragon
    Béarn
    Bigorre
    Espagne
    Europe, Monde
    Pays Basque, Euskadi
    Pyrénées
     
       
     
      Envoyer à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)



    [ Imprimer cet article ]
     


     
    Autres articles

    Barreau LGV Béarn-Bigorre : Halte à la DOUBLE PEINE
    LGV : La Grande Vidange
    "LGV des Pyrénées" : l’exemple de la LGV Poitiers-Limoges
    LGV des Pyrénées : Raccrochez les wagons !
    Desserte LGV Béarn-Bigorre : Le point de vue du syndicat CGT des cheminots des Hautes-Pyrénées
    LGV Béarn-Bigorre : on commence enfin à compter...
    Barreau Mont-de-Marsan-Pau-Tarbes : TDIE ne croit pas dans sa faisabilité financière
    Lu sur le site d’EITB - Y’a-t-il encore un conducteur dans le projet LGV ?
    "LGV des Pyrénées" : Ça bouge !
    Lever de rideau sur la "LGV des Pyrénées" !
    Pyrénées Presse - LGV : copie à revoir selon Forces 64
    Eltb : Les anti-LGV demandent de lever le flou avant le flouze
    Sud-Ouest : TGV Tours-Bordeaux : Vinci réclame 60 millions d’euros de plus à RFF
    6/4/2011 : LE PRINTEMPS DU CANFRANC ?
    5/04/2011 - Sud-Ouest : Réouverture de la ligne Pau-Canfranc : l’espoir venu du ministère
    1/04/2011 : Intervention de Martine Lignières-Cassou au Parlement, réponse de Thierry Mariani Secrétaire d’Etat aux transports
    Dans la presse - LGV Béarn : des choix en 2013 chez Pyrénées Presse
    Dans la presse - Pau-Canfranc : Alain Rousset entrevoit le bout du tunnel
    Dans la presse : Et si la LGV allait en Béarn ?
    LGV Béarn-Bigorre : Lettre ouverte à un élu absent



    [ Haut ]
     

    Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

    Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises