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Alexandre Junca : Pensée et Hommage

lundi 4 juillet 2011 par AK Pô


Pensée

Il n’y a plus de jour ni de nuit. Sur le jour rôdent les ombres de la nuit, sur la nuit pleurent les lumières du jour, qui se sont tues. Rien ne respire. La ville est entrée dans un profond silence. La foule dense qui envahit ses rues est lourde de compassion. Les larmes vont à la mère, au père, à la famille. Les autres, que le chagrin étreint par effets collatéraux, marchent dans une même unité. Cette unité que le monde réel nous refuse par le nombre, par la si nombreuse individualité, l’égoïsme de chacun.

Je ne sais pas pleurer, mais j’ai appris à maudire. Maudire l’indicible. Et dans cette marche solidaire qu’à mon tour je suis, comme une ville dessine le désespoir des murs, gris, sombres, sous un ciel plus bleu que le plus réverbérant des lacs pyrénéens, comment est-ce possible de tant aimer la vie et de la briser ainsi. Ce n’est pas un verdict, le tourment d’une quelconque faute. C’est la réalité d’un monde, partout présent et à toute heure, d’un monde qui est le nôtre, dont nous portons la joie et le deuil, le soleil et la misère. Mais entre le soleil et la misère, le cheminement du criminel trouve sa sanglante piste.

Et de ceux qui sont morts tout en restant vivants il faut s’attendre à toutes les cruautés. Face à eux, nulle réponse. Des drogues pour les enfants soldats, des drones pour des guerres propres. De la peine, des bascules d’horreurs pour ceux, nous, qui n’y sommes pour rien, car nous valons bien l’absence qui crée leurs crimes, ici, sans doute commis par un déséquilibré, là-bas, pour sauver une paix intéressée.

Partout, à moindres frais, l’oubli des autres fera la part des uns. Il suffit de sacrifier sur l’autel la mort d’un innocent pour engager le cloutage de la liberté de peuples sans ombrages sur une croix analphabète. Réhabiliter la peine de mort, mettre des caméras partout, RFIDer les hommes, savoir identifier la pensée du moindre cervelet, et, en un même mouvement, détruire la liberté de penser, d’agir, de vivre simplement sa vie.

Parce qu’à quatorze ans, la vie a, soudain, servi l’irrémédiable tentation d’un pauvre diable appelé Mort. Comme hier et demain, partout.

 
 - par AK Pô

Marche de Respect  

En ce samedi après midi, je me suis rendu à Pau pour participer à la marche prévue en hommage au jeune adolescent Alexandre Junca .

Je suis Place d’Espagne, arrivé avec un peu d’avance, le temps est superbe et déjà les gens affluent de toute part .

Une foule cosmopolite s’amasse, les ballons et les fleurs passent de main en main, mais ce qui marque de prime abord est le faible brouhaha et l’absence de cris propres à tout rassemblement, à peine un léger murmure troublé par un bus ou une voiture qui passe .

Quelques dizaines de minutes s’écoulent, le temps au cortège de se mettre en place, puis de s’ébranler lentement, au rythme mesuré d’un recueillement partagé et du témoignage d’une solidarité qui se veut discrète et humble .

Haut dans le ciel céruléen, des points blancs et rouges s’élèvent, gonflés d’hélium et emportés par le vent, le soleil profite des haltes répétées pour buriner les visages et brûler les épaules dénudées .
Des véhicules ambulanciers se fraient un passage au travers de la cohue : certaines personnes plus fragiles nécessitent l’intervention des pompiers secouristes ...

Je pense en moi même, un peu incongrument, que le pauvre gamin pour lequel nous marchons n’aura plus jamais chaud .

Mais le besoin de dignité et de pudeur m’empêche de proférer le moindre mot ... d’ailleurs, que dire qui puisse calmer la peine, atténuer la douleur effroyable des parents, des amis ?

Autour de moi, peu de paroles à l’identique, et une sorte d’affabilité inhabituelle aux mouvements de foule semble spontanément resurgir .
Nous voila bientôt sur la Place Clémenceau, puis dans la rue Serviez, la boucle se referme vers les halles et la rue Galos, où sont déposées les gerbes de fleurs, à l’endroit où l’enfant avait laissé garé son vélo avant de disparaître .

Je me suis retourné auparavant, et sur toute la longueur de la rue semi-piétonne que nous avons empruntée, aussi loin que porte le regard, la multitude s’avance .
Je ne saurais dire combien nous sommes : trois mille, cinq mille, plus ? je ne sais ...

Qu’y a-t-il de plus expressif que le silence ?


- par Claudicus


MARCHE DE RESPECT 

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Votre commentaire



> Alexandre JUNCA : Pensée et Hommage
7 juillet 2011, par AK Pô  

Alexandre Junca, BB, pas Junqua ! smiley

> Alexandre Junqua : Pensée et Hommage
5 juillet 2011, par claudiqus  

Merci Bernard, pour la rectification apportée à la maladroite introduction, rédigée émotionnellement trop à la hâte ...

> Alexandre Junqua : Pensée et Hommage
4 juillet 2011, par l’ours du bois  

le silence s’impose !! pensées au proches

   
 
 
 
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