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La cigale et la fourmi

lundi 16 mai 2011 par Georges Vallet


Le naturaliste s’élève contre une interprétation erronée des comportements « insouciants » et « jouissifs », prêtés à la cigale ; « l’absence de solidarité et de pitié » pour les autres, de la fourmi ! La nature n’a pas de morale ni de jugements de valeur. Il faut manger sans être mangé et se reproduire ; la cigale a toujours fait pour le mieux, sinon, elle n’existerait plus. Enfin, n’en déplaise à M. Jean de La Fontaine., adulte ou larve, elle se nourrit exclusivement de sève, et rien d’autre ; ni mouches ni vermisseaux, pas plus de graines.
 
C’est souvent ainsi qu’on écrit l’histoire !

Par contre, le choix des insectes est intéressant car la cigale a un comportement individuel, alors que la fourmi a une vie sociale, donc collective.
Darwin a étudié et interprété la pérennité de ces deux modes de vie différents. La sélection naturelle s’applique à l’individu dans le premier cas, à la collectivité dans le second.

La traduction anthropique distingue :
Un collectif : Le monde des fourmis
• Réaliste et austère, esclave d’un travail contraignant pour tous, agressif vis-à-vis des autres, anonymat des individus, absence de liberté.
• Auto organisation, intelligence en essaim, puissance du groupe, travail de tous pour tous, égalité, protection de tous, sécurité, entraide, partage.
Un individualisme : La Cigale
• Exaltation du charme de la vie : poésie, lyrisme, plaisir, jouissance immédiate, liberté, insouciance :pour les mâles car, seuls, eux chantent !!!
• Risques, fragilité, inégalité, insécurité, dépendance de la générosité des autres.
Ces interprétations n’ont rien à voir avec les impératifs des comportements biologiques, mais sont très en phase, comme La Fontaine l’a voulu, avec les comportements culturels de l’homme de son époque. Sommes-nous différents ??

La traduction sportive est la défaite des « bleus » au mondial. Une équipe qui gagne est « fourmicompatible » ; elle est la fusion des talents individuels en un collectif solidaire, soudé, aux interrelations orientées vers la réussite du groupe, où la compétition n’est pas entre les joueurs mais avec l’équipe adverse.

La traduction politique définit :
= Les « pro cigale » émanation du « darwinisme social », source d’inégalités, de discrimination, de puissance et de profits individuels immédiats, aux dépens des autres, de crises, d’instabilité, de gaspillages physiques, biologiques, sociaux, culturels... Refus d’un Etat (collectif) dit « providence », sauf quand on veut des aides ou subventions (entreprises, banques, écoles privées, pêcheurs, agriculture...) Le totalitarisme de l’Etat est remplacé par le totalitarisme de l’argent. !
La Cigale impose à la fourmi, pour renflouer ses déficits, de lui donner son argent, pour continuer à chanter les louanges du monde des cigales. La fourmi doit travailler plus pour que la cigale gagne plus. De la devise des mousquetaires, il ne reste que « tous pour un » !
= La philosophie des « pro fourmi » repose sur le principe d’un Etat fort, donc un collectif puissant, par la concentration des moyens, la diversité, le partage, l’égalité, la coopération, de tous, l’empathie. L’individuel s’efface alors devant le collectif. C’est le vrai darwinisme.
C’est la devise des mousquetaires : « Un pour tous, tous pour un »

"Autonomie, communauté sont les deux plus profondes et complémentaires aspirations humaines : affirmation du "Je" en liberté et responsabilité, et celle de l’intégration à un "Nous" qui établit le rapport à autrui, en sympathie, amitié, amour." E.Morin.

« Le monde commun, c’est l’espace pacifié où les particularités se résorbent, où les intérêts particuliers capitulent devant une exigence collective minimale. État républicain, intérêt général, morale civique, laïcité. Service public au sens large » Jean-Claude Guillebaud Télé Obs 21/10/10

Dans notre organisme, l’ensemble de nos cellules a une remarquable potentialité spécifique et individuelle dont nos cellules, placées les unes à côté des autres ne seraient pas capables. Par contre, chaque cellule, polyvalente à l’origine du développement embryonnaire, perd toute indépendance, elle se spécialise et collabore, dans son intérêt, au fonctionnement harmonieux de l’ensemble, donc du collectif qui est devenu l’individu. Les cellules cancéreuses croissent et multiplient sans contrôle, comme dans l’ultralibéralisme, avec les résultats que l’on connaît !! La régulation naturelle « des marchés » ne s’opère pas souvent favorablement !!!! Il faut réguler, et encore sans succès assuré, par des contraintes thérapeutiques !!! L’accumulation des « richesses » et leur inégale répartition engendrent obésité, maladies cardiovasculaires, etc. Dans une société animale ou humaine, qui perdure, grossit et s’étend, il en est de même. Depuis le début de notre univers, le monde non vivant puis le vivant, le culturel ayant pris le relais, est passé de l’individuel au collectif. À chaque montée hiérarchique, le collectif apportait un plus à tous, mais chaque individu perdait, en contrepartie, de plus en plus de son autonomie. Un collectif durable est une symbiose. Toutes les sociétés animales existantes nous en offrent des exemples. Si le modèle « Europe » proposé a été refusé par beaucoup, c’est qu’à l’Europe égalitaire, solidaire, collective, puissante, souhaitée, on a substitué une Europe individualiste, de la compétition, du chacun pour soi.

Le « fourminisme » a vécu, « l’hypercigalisme » se décompose sous nos yeux.

Hypothèse explicative :
Noé, ne pouvant pas supporter toutes les misères du monde, a limité les flux migratoires des premiers réfugiés climatiques vers l’Arche. Il a reconduit aux frontières de cette Arche tous les « cigalofourmes ». Ces hybrides, minoritaires, pleins de « vigueur », fertiles biologiquement (c’est rare !), mais culturellement aussi, risquaient de perturber, par leurs idées nouvelles, les habitudes des habitants de l’Arche. Erreur ou faute ? Ils possédaient, réunies, toutes les qualités de la cigale et de la fourmi, sans en avoir les défauts. Cette voie, exclue, ne s’est jamais retrouvée depuis ! Noé ignorait sans doute que Dieu avait créé la biodiversité pour permettre la survie de l’homme !

- Par Georges Vallet


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Votre commentaire



> La cigale et la fourmi
16 mai 2011, par pehache  

Ces interprétations [de de La Fontaine] n’ont rien à voir avec les impératifs des comportements biologiques,...

Les vôtres n’ont pas grand-chose à voir avec non plus...

  • > La cigale et la fourmi
    16 mai 2011, par Georges Vallet  

    Merci infiniment, pehache, pour votre contribution constructive, elle complète utilement la carence de mes propos. Etant donné votre compétence dans le domaine des comportements biologiques, j’y suis très sensible.

    Au cas où vous n’auriez pas tout compris, mes objectifs n’étaient pas d’analyser les impératifs des comportements biologiques de la cigale et de la fourmi ; il est donc normal que mes propos n’aient pas grand chose à voir avec.

    Le titre , qui n’a pas été repris, était "la cigale et la fourmi ou les difficultés des relations entre l’individuel et le collectif, sujet qui m’apparaissait d’actualité.

  • > La cigale et la fourmi
    16 mai 2011, par pehache  
    Ca, j’avoue bien volontier que je n’ai pas compris où voulait en venir votre article, qui sautille entre la biologie, la sociologie, la politique, l’économie, et la mythologie, à base d’analogies sauvages que même La Fontaine aurait hésité à faire.

  • > La cigale et la fourmi
    17 mai 2011, par Georges Vallet  
    Si La Fontaine avait eu conscience de la complexité, je suis certain qu’il n’aurait pas hésité.

  • > La cigale et la fourmi
    17 mai 2011, par pehache  

    Aller chercher chez les fourmis ou chez les cigales des justifications au collectivisme ou à l’individualisme chez les humains n’a pas beaucoup de sens.

    Après ça on pourrait aller chercher chez les oies la justification de la fidélité à vie, ou chez les lapins la justification du dskisme.

  • > La cigale et la fourmi
    17 mai 2011, par claudiqus  
    Houla, Pehache ! ça penche un peu vers Ici Paris, là ... smiley

  • > La cigale et la fourmi
    18 mai 2011, par Georges Vallet  

    pehache

    Aller chercher chez les fourmis ou chez les cigales des justifications au collectivisme ou à l’individualisme chez les humains n’a pas beaucoup de sens"

    Justifications, bien sûr que non, ce n’est pas parce que les fourmis sont collectivistes et les cigales individualistes que les hommes le sont !

    Par contre, cela a du sens de comparer ces deux façons d’être, aussi bien dans l’univers et dans le monde vivant, de la cellule à la mondialisation, pour, peut-être, en tirer des réflexions et des conséquences sur notre gestion de la vie humaine qui, elle, actuellement imposée, est sociale donc collective.

    L’unique objet de mes préoccupations dans ce texte, je le répète, était d’ouvrir une discussion sur les relations conflictuelles qui ont toujours existé, entre l’individuel et le collectif ; c’est l’objet de fond des oppositions entre le darwinisme et le darwinisme social, entre les philosophies de la gauche et de la droite. Immense débat pluridisciplinaire par excellence qu’il n’est pas indifférent d’aborder, de réguler sans doute, quand on voit le développement "démentiel" de l’individualisme actuellement.

    Quand au DSKisme, permettez-moi de ne pas rentrer dans le débat ! Quoiqu’il ne soit pas étranger à cet individualisme ci-dessus mentionné !

  • > La cigale et la fourmi
    19 mai 2011, par claudiqus  
    L’individualité est essentielle à l’épanouissement, le collectif est essentiel à la société ... mais ça n’a rien à voir avec la gauche ou la droite ! je préfère un individualiste humaniste à un collectiviste fonctionnalisé .. smiley

  • > La cigale et la fourmi
    16 mai 2011, par claudiqus  

    En somme, cher GV, si l’Homme ne s’était inspiré de la nature, il n’eût inventé grand chose !

    > La cigale et la fourmi
    16 mai 2011, par Alphonse  

    Merci à Georges Vallet, et au rétablissement de la vérité sur les cigales et les fourmis.

    Même si, à la lecture de son texte, j’ai dû courrir au "dico" pour savoir ce que voulait dire "anthropique", et tenter de suivre les savants développements de ce Monsieur !

    Ma conclusion, c’est qu’un naturaliste en général, et Mr Vallet en particulier, ne doivent pas s’ennuyer dans la nature quand ils s’y trouvent seuls. Jean de La Fontaine, sans doute aussi, ne s’y ennuyait pas non plus lorsqu’il y composait ses fables. Quant à moi, lorsque je suis seul dans la campagne, j’y appelle et me récite volontiers les fables du bon La Fontaine ! Et je remercie mes maîtres de la III ème République de me les avoir apprises. Tant pis si notre fabuliste national a ré-écrit l’Histoire des cigales et des fourmis sans le souci de respecter leur véritable identité.

       
     
     
     
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