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MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...

lundi 24 janvier 2011


Le cinéma d’Art et essai de la rue Bargoin va refaire l’actualité de l’agglomération une fois de plus, mais ceci était tout à fait prévisible. Recherche argent désespérément est à l’affiche du Méliès, et pour longtemps.
Une Assemblée Générale Extraordinaire est convoquée pour le 29 janvier. Ordre du jour unique : augmentation des tarifs.

L’équipe présidée depuis deux ans par Fabien Simon avait pourtant des leçons à donner à ses prédécesseurs. On pouvait lire dans les colonnes du journal local faisant le compte rendu de l’AG 2009 une citation du Président : "En trois exercices le déficit devrait être absorbé"

Il y a encore très peu en juillet 2010, dans vos colonnes d’AP, Fabien Simon dressait un tableau idyllique : "Nous sommes en bonne voie avec une vraie fidélité et une vraie présence du public. Le cinéma est bien remis sur ses rails."

Inconscient ou incompétent ?

Quoiqu’il en soit, en deux ans, cette équipe à vidé les caisses (la trésorerie était de 253 000 euro au 1/1/2009), et se retrouve dos au mur.

Le déficit annoncé est de l’ordre de 100 000 euro par an. Pourtant le volume des subventions est significatif :

Subvention 125 000 euro (agglomération)

Subvention 23 000 euro (agglomération pour le festival des Pyrénées)

Quelques autres subventions diverses (Conseil Général, ...etc)

Subvention d’investissement environ 40 000 euro/an ( acquisition de droits à subvention d’investissement proportionnelle au chiffre d’affaire et redistribuée par le Centre National du Cinéma)

C’est donc environ 200 000 euro/an de subvention qui est attribuée au Méliès

On ne peut pas dire que le Président ait fait preuve d’une grande imagination en termes de gestion. Il a déjà augmenté ses tarifs, dès son arrivée et il propose lors de l’AGE de les augmenter encore ! Le tarif du ticket normal qui était à 5,80 euro début 2009 est passé à 6,50 en 2010 et passerait à 7,50 en 2011 soit 30% d’augmentation en deux ans !

Ce genre de démarche n’est pas acceptable pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, avec de tels tarifs, le Méliès serait très proche des tarifs du Mega CGR, et même plus cher que ceux du CGR Saint Louis. Sans compter les nombreuses promotions du CGR comme un tarif unique lundi et jeudi à 5,70 euro.

Le but de la subvention de l’agglomération est surtout de mettre le cinéma (la culture) à la portée de toutes les bourses. Cette proposition d’augmentation de tarif suicidaire commercialement est inacceptable moralement.

Il faut souhaiter que les adhérents refusent catégoriquement cette voie.

Ceci dit, cette augmentation inacceptable ne résoudrait en rien le problème de fond du Méliès. Elle permettrait une diminution du déficit de 20 000 euro, mais il resterait encore 80 000 euro de déficit chronique et ce, même une bonne année pour le cinéma comme cette année 2010...

La proposition faite pour essayer de combler le trou est : augmentation des subventions (de l’agglomération et des autres ?)

Facile, trop facile. On ne peut jouer ainsi avec l’argent du contribuable.

Il est assez incroyable de voir écrit dans le document envoyé aux adhérents par M. Simon dans la rubrique économies : " Il ne faut pas en espérer un résultat significatif car tous les efforts ont été déjà réalisés par l’équipe de professionnels"

Et pourtant, c’est là que se situe le problème principal et récurent du Méliès : la masse salariale.

Evidement, il ne faut pas attendre de ces "professionnels" qu’ils jettent un regard critique sur le fonctionnement de ce cinéma, modèle de gabegie, puisque auto-géré.

Il sera important que lors de cette AGE, Monsieur Simon présente aux adhérents l’évolution de la masse salariale ces dix dernières années. 

En effet, alors que les difficultés vont croissant, la masse salariale ne fait qu’augmenter, et d’une manière considérable, suite à une série d’embauches inutiles. Il faut rajouter que les salaires dans le cinéma et encore plus ici au Méliès sont élevés par rapport au niveau de technicité et du marché local.

On n’ose imaginer que nos élus lâchent une augmentation de la subvention pour une association si mal gérée. Ils devront se poser la question, pourquoi ce cinéma qui dégageait un solde positif d’environ 50 000 euro par an dans les années 2000 ( 46000 en 2003 et 62000 en 2004) a un déficit structurel de 100 000 euro par an en 2010.

La survie du Méliès passe par un maintien des tarifs à leur niveau actuel, le maintien de la subvention, et avant tout une optimisation importante de l’organisation du travail et de la masse salariale.

Le fidèle et bienveillant public du Méliès doit s’emparer de ce problème lors de cette AGE, et surtout, les financiers de l’Agglomération doivent imposer une gestion professionnelle à cette association.

Oui la culture cela a un prix, mais pas n’importe quel prix.

- par X L


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Votre commentaire



> MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
24 janvier 2011, par JPB  

Encore une affaire qui est tout sauf simple :

a) ne pas oublier que la fréquentation d’un cinéma dépend de l’offre de films : les CGR font aussi dans le film d’auteur et piquent des spectateurs au Mélies. Personnellement j’ai le sentiment que l’offre du Mélies propose aujourd"hui beaucoup de films peu connus et difficilement promouvables, en tout cas pas bien "vendus" par la nouvelle brochure, mal commode et trop petite.

b) concernant la masse salariale, le client n’a pas l’impression que le personnel soit plus nombreux : suppression de la deuxième caisse par exemple. Les salaires auraient-ils donc augmenté plus que nécessaire ?

c) personnellement je peux payer plus cher, mais je sais aussi que pour un grand nombre de personnes modestes, (et qui habitent au centre ville) le Mélies est un des seuls loisirs abordables

d) moi non plus je ne suis pas allé au festival : mal conçu, mal vendu, mal promu, et "voulant péter plus haut que le cul du Mélies".

> MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
24 janvier 2011, par Marc  

"Le but de la subvention de l’agglomération est surtout de mettre le cinéma (la culture) à la portée de toutes les bourses. Cette proposition d’augmentation de tarif suicidaire commercialement est inacceptable moralement."

A@P a mis cette proposition au vote. C’est une bonne chose.

Pour ma part, il me semble que ce n’est pas l’objet des subventions que de permettre de voir des films pour moins cher.

Il s’agit d’abord de permettre aux cinéphiles de voir des films ambitieux, exigeants, moins grand public et donc plus difficiles à amortir.

Un cinéma comme le Méliès joue son rôle quand il permet au public d’élever sa culture cinématographique.

Je ne verrais donc pas d’inconvénient à ce que le Méliès aligne ses tarifs sur le privé à condition que l’exigence de qualité soit maintenue.

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    24 janvier 2011, par pehache  

    A@P a mis cette proposition au vote. C’est une bonne chose.

    Faire un sondage c’est une bonne chose si il y a eu auparavant un véritable débat contradictoire, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.

    On a un seul son de cloche, celui de XL, et il aurait été bon au minimum d’entendre les arguments du président du Mélies.

    Puis d’en discuter sur le forum, et seulement ensuite faire un sondage.

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    24 janvier 2011, par pehache  

    Il serait bien que l’auteur de cet article, à défaut de s’identifier, dise quel rôle il a par rapport au mélies : simple spectateur ? Adhérent ? Membre du CA ?

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    25 janvier 2011, par pehache  
    Une réponse, peut-être ?

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    26 janvier 2011, par AB  

    Nous ne connaissons pas l’identité du pseudo "XL" mais il reçoit nos adresses e-mail...

    Reviens vite, Bernard, et mets un peu d’ordre dans la boutique ! ;-)

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    24 janvier 2011, par Rêveur des villes  

    Il sera important que lors de cette AGE, Monsieur Simon présente aux adhérents l’évolution de la masse salariale ces dix dernières années.

    Ce qui est public est en général beaucoup moins bien géré que ce qui est privé...

    Le fameux festival a coûté bonbon mais c’était, je crois, une idée chère au directeur... Personnellement, je n’y suis pas allé, le programme ne m’intéressant pas particulièrement.

    Le Méliès a ouvert un café... C’est bien gentil, mais ça coûte, et je n’y ai vu personne le soir.

    Certes, le programme est toujours bien.

    Mais, je crois qu’il faut faire gérer le Méliès par une entreprise privée, simplement. smiley

    Embaucher, embaucher : les collectivités et organisations publiques qui en découlent ne se gènent pas et se foutent bien des finances publiques. C’est même la course à la gagibie, à celui qui aura le plus de subventions, à celui qui pourra trouver un job pour le copain, pour l’électeur.

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    24 janvier 2011, par pehache  

    Mais, je crois qu’il faut faire gérer le Méliès par une entreprise privée, simplement.

    Une association est déjà une structure de droit privé, la transformation en entreprise ne changerait pas le fond du problème.

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    24 janvier 2011, par PJ64  
    En premier lieu,l’aglo aurait du se pencher sur le problème au moment de la construction de la médiathèque et inclure le cinéma à l’intérieur : On aurait eu un véritable outil culturel cohérent et bien encré dans le coeur de ville. Je sais aussi que de plus en plus de ville s’associe avec des groupes comme CGR pour faire des complexes mixtes, cinéma Art et Essai et tout public. Le Saint Louis pourrait tout à fait être adapté à ce genre de projet.

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    24 janvier 2011, par pehache  
    Entièrement d’accord avec PJ64 !

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    24 janvier 2011, par AB  

    Recherchez "Fabien Simon" et vous obtenez l’interview qu’il a donné à Bernard Boutin, paru le 19 juillet 2010. En été il n’y a pas beaucoup de lecteurs et cet interview n’a pas suscité beaucoup de commentaires.

    Monsieur Leclerc, le nouveau directeur, a visiblement obtenu la carte blanche de la part des services de la Culture de la Mairie... La masse salariale, la gestion d’un café, l’organisation d’un Festival International avec voyages, voyages...

    La Mairie est riche, la Mairie peut payer l’ardoise...

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    24 janvier 2011, par AB  
    J’ai lu cet été sur A&P que grâce à l’ex-Festival du cinéma français du Méliès certains arrivaient à doubler leur salaire grâce aux frais de déplacements. Je me demande si l’organisation du Premier Festival du Cinéma Internationale de Pau a coûté moins cher ?

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    27 janvier 2011, par Mathilde  
    Petites précisions : Les Rencontres du cinéma français n’étaient pas organisées par le Méliès. Il les hébergeaient. Elles étaient organisées par une association indépendante du même nom. Il n’y a donc eu aucun bénéfice pour le personnel qui n’était pas d’accord avec cette manifestation dirigée sur le plan artistique par leur ancien directeur. L’arrêt de ces rencontres leur est en partie due. Ces rencontres la dernière années ont drainé 5000 spectateurs en une semaine dont 3000 payant. Le prix des billets était laissé au Méliès. Cette manifestation était une véritable promotion du cinéma avec des films en avant première, un travail avec les scolaires, un relais dans la presse, une cinquantaine d’invités et une équipe de bénévoles qui assurait tous les déplacements (donc le personnel n’a pas pu avoir des frais de déplacements pendant cette manifestation).La gestion du Méliès par le passé n’était pas déficitaire alors que se passe-t-il ? Si le billet devait encore augmenter toute cinéphile que je suis j’arrêterai de fréquenter ce cinéma. Son rôle est d’être attractif et de permettre au public d’aller régulièrement au cinéma,d’autant qu’il est largement subventionné. Il est déjà plus cher que la majorité des cinémas d’art et d’essai de France alors soyons raisonnables et posons les vrais questions. Pourquoi ce déficit chronique ? Vu de l’extérieur c’est totalement incompréhensible. Dernier mot le Festival internationnal ne ressemblait à rien en dehors de l’occasion qu’il nous a donné de revoir quelques vieux films. Il n’y avait même pas de Pass, seulement des billets moins chers si achetés par 5. Il y a du boulot pour débloquer la situation..

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    27 janvier 2011, par Rêveur des villes  

    Merci pour ces subtilités... smiley Ce festival a coûté dans les 100 000 € à la communauté. Un peu cher pour une semaine, non... ? 20 € de subvention par place de cinéma... et maintenant le prix des places qui augmente.

    La mairie aurait dû dire "non". Trop cher, non mais oh... smiley

  • > MELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    28 janvier 2011, par AB  

    "...La Mairie aurait dû dire ’non’..."

    Cher Rêveur des villes, la Mairie est riche, la Mairie peut (et veut ?) payer...

  • > Les Rencontres du cinéma françaisMELIES : La gestion, c’est pas du cinéma...
    28 janvier 2011, par AB  

    Mathilde précise : "Les Rencontre du cinéma français n’étaient pas organisées par le Méliès. Il les hébergeait..."

    Si j’ai bien compris c’était le petit club de cinéma de la MJC Laü qui organisait ces rencontres.

    Si j’ai bien compris ce club de cinéma (association subventionnée par la Mairie peut-être ?) proposait ses activités au sein de la MJC Laü, généreusement subventionnée par la Mairie de Pau, en subventions directes et aussi avec une quantité d’emplyés "détachés par la Mairie", payés par la Mairie et travaillant donc à la MJC Laü.

    Si j’ai bien compris, ce club de cinéma de la MJC Laü organisait aussi les séances du Cinéma en Plein Air en été à Pau depuis quelques années, avec des subventions spéciales et le déployement des équipes municipales techniques pour installer le matériel dans les quartiers différents où avaient lieu dles projections.

    Why not ? Mais il me semble que les MJC et les autre Centres Sociaux devraient vraiment publier des bilans de leurs comptabilités détaillées pour que les Petits contribuables Palois Paupérisés puissent analyser ce qui se passe.

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