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Arpenteurs sans limites n°70 : points de vue sur le gave de Pau

lundi 9 août 2010 par AK Pô


Les palois ont perdu un paysage (Autochtone Palois in forum des Patous Palois), je le concède. Que les platanes masquent la vue du gave depuis le boulevard, d’accord. Enfin, qu’il soit désormais impossible de les tailler d’une façon assez radicale, c’est-à-dire les étêter sur une hauteur de dix mètres environ, voire quinze, sans leur porter préjudice, en tant que non spécialiste, j’admets aussi (par la force de mon ignorance). Donc, demain, comme le plus abruti des motards (d’entre Vic et Rabastens de Bigorre, les autres n’y sont pour rien), j’achète une tronçonneuse et je les débite en rondelles.

Eh bien non. Pourquoi ?

Parce que si les palois ont perdu un paysage c’est à eux d’en créer de nouveaux, car il y a façon. Le problème n’est pas dans la vision unique du boulevard sur la chaîne des Pyrénées ; il réside dans le fait que le gave n’est nullement intégré à la ville, contrairement à Jurançon, ou Billère, ou Gelos vers le Prado (*) et la passerelle. Toute la rive droite est polluée par les voies ferrées, les bâtiments industriels (Sernam, etc) et une zone de friches industrielles dont l’empreinte met des années à s’effacer. Longer le gave dans ce secteur n’est pas possible.

Par contre, ces bâtiments (la gare avec son style désuet, son hall d’accès aux quais en charpente métallique, le bon gros béton de la Sernam qui fait le dos rond sur cent cinquante mètres) présentent des valeurs et aspects architecturaux non négligeables (on pourrait, par exemple, en peignant le toit de la Sernam en vert, y laisser brouter une centaine de belles vaches multicolores et bucoliques que les voyageurs regarderaient avec étonnement depuis leur TER brinquebalant).

Quant aux tribunes, la notion d’espace que donnera leur destruction en étonnera plus d’un (mais elle se situe au niveau du stade Tessier, alors, on tronçonnera une deuxième fois pendant que le train sifflera).

Platanes ou pas, l’avenue Heid (avenue de la gare) est un couloir à voitures. A pied, sur le trottoir sud (très peu emprunté), les broussailles et les voies de chemin de fer masquent déjà toute perspective, et les câbles des cateners n’offrent qu’aux fildeféristes une vue plongeante sur les eaux tourbillonnantes. Bien entendu, les palois ratiboiseurs pourront se fabriquer des échasses avec les branches hautes des platanes et traverser le gave à pied sec.

Donc, si la rive droite (dans sa partie urbaine allant grosso modo du pont de l’Ousse vers Bizanos au pont du XIV juillet) est non modifiable, mortifère et donc inopérante quant à la stratégie de renouer le lien essentiel du gave avec la ville, c’est aux palois d’envisager une solution radicale digne d’Henri Faisans, sans aucune villa anglaise à raser cependant, car notre A. Taylor is poor, now. Et puis, les édiles de la cité (costardisés dans des lames corbillardes de platanes) prendraient l’eau et échoueraient sur le prochain atterrissement électoral.

Bon, et d’un, je revends ma tronçonneuse pour participer financièrement à un projet crédible (le mien, of course). Deux solutions pour le prix d’une :

-  soit créer une passerelle piétons vélos fauteuils roulants en face du lavoir situé au pied du château (ou dans ce secteur, en reprenant les piles de l’ancien pont), soit dédoubler le pont de fer SNCF allant vers Oloron, ou s’amarrer dessus, avec, dans les deux cas, le problème du franchissement des voies ferrées, qui ne doit pas être techniquement insurmontable (il faudra rencarder Calatrava pour nous pondre un bon projet).

Une fois franchi le gave, finie la guerre des platanes bonjour la paix rêvée des villes : des champs s’offrent, des terrains de sport, du gazon, un camping, des recoins verdoyants pour se battre en duel à l’aube, promener les chiens, les gosses, bref des possibilités immenses de créer une ceinture ludique et festive qui aura deux accès complémentaires (les deux passerelles : Sud -château- et Est -stade d’eaux vives-). La partie sud du gave n’a besoin que de quelques débroussaillages et aménagements mineurs pour devenir une zone exceptionnelle, accessible aisément par les deux ascenseurs (château et CG) pour les citadins du haut (les feignassous qui traînent sur le boulevard). Il va sans dire que la vue de la ville depuis le gave pourra être classée par l’UNESCO.

Si la cité de la Tannerie est bien retapée, qu’il n’y a pas de lotissement créé entre elle et le gave, et même si les terrains appartiennent à Gelos ( ?), il y a des possibilités de mise en valeur d’un ensemble global plus qu’intéressant : magistral.

Et les arbres vivront dans la ville des hommes.

-par AK Pô

06 08 10

(*) me revient en mémoire ce tableau de Goya : "la pradera de San Isidro", exposé au Prado


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> Arpenteurs sans limites n°70 : points de vue sur le gave de Pau
15 août 2010, par Autochtone palois  

AKPô, je lis tardivement ces points de vue sur le gave et, bien sûr, je réagis sur la manière dont notre arpenteur a tronçonné le mien.

Ce panorama du boulevard, labellisé en 1944 sous l’appellation "horizons palois" était composé originellement de 3 plans, le premier étant le gave, le second les coteaux, le troisième les montagnes.

Sous prétexte que ce premier plan est dégradé, il faudrait continuer à le cacher derrière le rideau de platanes, que l’on a laissé se former par mégarde ?

Plutôt que de revendre la tronçonneuse, il serait plus astucieux de commencer par couper les quelques platanes qui se trouvent à l’ouest du bâtiment du conseil général, sur l’avenue Jean Biray (pas Léon Heïd, qui est ailleurs). Je suis persuadé que la redécouverte partielle du gave en surprendra agréablement plus d’un, Palois ou touristes. Ce serait une premier étape de démonstration.

Par ailleurs, d’accord, une passerelle utilisant les piles du vieux pont situées en amont du pont du XIV juillet serait la bienvenue. Il y a déjà un certain temps que j’avais proposé cette idée (sur ce forum ou celui de patous palois, je ne sais plus), idée défendue depuis longtemps par un gélosien.

Bravo pour les photos.

  • > Arpenteurs sans limites n°70 : points de vue sur le gave de Pau
    15 août 2010, par Rêveur des villes  

    Moi non plus, je n’avais pas vu cet article. Couper les platanes, tous, oui, en point c’est tout smiley ! et d’abord, par pitié, les "spectres de Martine" à côté du funiculaire qui bouchent la vue sur les montagnes.

    L’esthétique de la voie ferrée, et voir passer le train depuis le bd ne me dérange pas au contraire, mais ça se discute. Il s’agit de remodeler le paysage. Couper les platanes, mais planter d’autres arbres à certains endroits, qui n’iraient pas au-delà d’une taille précise et qui cacheraient les choses moches (routes, parkings etc) tout en laissant la vue sur les belles choses (gave, montagnes, clochers de l’agglo S - qui devraient par ailleurs être mieux éclairés le soir - etc).

    L’équipe MLC n’a fait que 10% du travail. Sa vision est celle d’un escargot. Les positivistes diront que c’est mieux que rien.

    D’accord pour les passerelles et promenades.

  • > Arpenteurs sans limites n°70 : points de vue sur le gave de Pau
    15 août 2010, par AK Pô  

    Merci pour vos réponses (AP et RDV). Juste, pour blaguer :

    "Couper les platanes, tous, oui, en point c’est tout " (RDV)

    Faut-il lire "un point c’est tout" ou "en pointe c’est tout" ? smiley

  • > Arpenteurs sans limites n°70 : points de vue sur le gave de Pau
    16 août 2010, par Rêveur des villes  

    Nos édiles ne voient même pas l’intérêt du panorama depuis le bd, alors que très peu de villes en possèdent de tels, encore moins visibles depuis le CV.

    Etêter les platanes pour dégager partiellement la vue sur les Pyrénées. Voilà où s’est arrêtée la réflexion, leur vision aveugle. Je parle pas seulement de MLC mais de l’ensemble de la municipalité et de la classe politicienne.

    La vue sur la plaine de Soumoulou et celle de Nay sont également gâchées par des arbres du stade Tissié, comme le pic du Jer et son funiculaire au-dessus de Lourdes visibles de certains endroits du bd par temps clair.

  • > Arpenteurs sans limites n°70 : points de vue sur le gave de Pau
    16 août 2010, par Rêveur des villes  
    PS : pour abonder dans le sens de l’autochtone, sacré coup d’oeil pour les photos smiley

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