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Quand les primes priment

mardi 6 juillet 2010 par Jean Paul Penot


Quand les primes priment

La décision d’attribuer aux préfets une prime d’efficacité pouvant se monter à 66.000 euros a suscité un émoi dans les médias et la population : une prime se montant à quatre fois le revenu d’un travailleur, c’est beaucoup ! Mais quels sont les autres aspects d’une telle mesure ?

Paraphrasant un slogan d’une campagne contre l’alcoolisme, on pourrait écrire : quand les primes priment, la démocratie trinque. Pourquoi ?

Passons sur le fait qu’il a été annoncé que les chasses à l’homme menées par certains préfets n’entreront pas en compte dans le calcul de ces primes ; seuls les naïfs goberont l’argument. La révocation d’un préfet après des manifestations lors d’une visite de M. Sarkozy montre que le pouvoir a bien d’autres moyens à sa disposition pour inciter à l’obédience et à la diligence. Mais les préfets, représentants de l’Etat dans les départements, n’ont-ils pas pour vocation de le servir ? Cette mesure ne trahit-elle pas un manque de confiance en leur mission ?

A moins que M. Sarkozy cherche plus que le service, mais la servilité. C’est ce que l’on peut se demander en constatant que ce système de primes a été récemment étendu aux présidents d’universités. La Conférence des Présidents d’Universités n’avait pourtant pas affiché ces dernières années une indépendance d’esprit outrancière. C’était sans doute encore trop. Une réflexion un peu libre d’esprit qui critiquerait la conception de la réforme de la formation des enseignants et sa mise en œuvre chaotique ferait de l’ombre. Tant pis si les candidats sont à la peine et si les élèves et les familles souffrent.

Dans les deux cas qui viennent d’être évoqués, l’allégeance est à peine voilée. Ainsi, la rapidité avec laquelle les mesures accompagnant la loi LRU si contestée seront mises en place par les présidents d’université sera prise en compte.

Il n’en est pas de même avec la prime d’excellence PES instaurée pour les chercheurs du CNRS. En principe, seule l’excellence scientifique serait prise en compte. Toutefois, l’arbitraire et l’opacité de la procédure, qui contournerait les instances représentatives qui travaillent sur la durée peut faire craindre le pire. Elle ne peut conduire qu’à l’exacerbation de l’individualisme, alors que bien souvent, la recherche exige un travail collectif.

Sous la royauté, le fait du prince pouvait vous conduire à la Bastille ou vous offrir une prébende ou un duché. Faut-il revenir à de telles pratiques ?

Jean-Paul Penot


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> Quand les primes priment
6 juillet 2010, par claudiqus  

des primes pour la recherche, j’applaudis smiley il n’y a qu’un seul prix Nobel attribué par catégorie .

par contre, je partage votre point de vue, Jean Paul, pour ce qui est des préfets . prime à la casse ? ça pourrait être le cas du notre, quand on se réfère à son grand humanisme .

on se rapproche un peu des avis favorables d’avancement ou des primes de résultat, distribués par leur hiérarchie aux agents de police qui donnent toute satisfaction en ratio de contraventions .

signe avant coureur d’appel à l’obédience, en effet !

> Quand les primes priment
6 juillet 2010, par pehache  

Elle ne peut conduire qu’à l’exacerbation de l’individualisme, alors que bien souvent, la recherche exige un travail collectif.

Quand un travail est collectif, je ne vois pas ce qui empêche d’attribuer collectivement une prime.

De toutes façons je ne vois vraiment pas le rapport entre le cas des primes préfets ou des présidents d’université d’une part, soupçonnables effectivement de récompenser la servilité, et le cas des primes pour les chercheurs d’autre part.

  • > Quand les primes priment
    6 juillet 2010, par Louis H  

    Tant qu’à comparer...

    Le préfet gagne moins que Monsieur Crémer le Directeur général des services de Pau. Alors au nom de quel principe devrait-on refuser le versement au préfet des P.A. d’une prime pour bons résultats ?

  • > Quand les primes priment
    6 juillet 2010, par Maximo  

    Chercher pour la gloire, c’est sympa. Mais, de temps en temps, améliorer son bifteck car on a contribué au progrès scientifique, c’est pas mal aussi. Êtes-vous sûr que votre sentiment, si altruiste qu’il m’en émeut, est partagé par tous ? On se plaint tant de l’état de la recherche, en France, pourquoi pleurer sur l’attribution de primes ? Elles devraient être réparties entre tous quelle que soit la valeur de chacun, du travail de chacun ?

    Allons... Le collectivisme est fini et bien fini. Redevenons sérieux. Et commençons par rénover ou reconstruire le CNRS, ruine administrative, tombeau de chercheurs creusé par des chercheurs.

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