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Liaison Lescar-Oloron : La position de Jean-Yves LALANNE

lundi 21 décembre 2009


En préambule j’affirme clairement que j’adhère :
•  à la volonté de soutenir l’activité économique des grands bassins d’emploi de notre territoire y compris celui d’Oloron
•  à la volonté de solidarité territoriale avec les vallées pyrénéennes, toutes les vallées pyrénéennes.
•  À la volonté de créer les conditions d’une coopération étroite avec l’Espagne

Ces objectifs sont les nôtres. C’est avec le choix des infrastructures à mettre en œuvre pour y parvenir, que nous ne sommes pas d’accord. C’est très précisément la méthode employée pour élaborer cette stratégie que nous dénonçons.

Les termes des déclarations récentes sont clairs : le Syndicat Mixte payerait un bureau d’ études pour synthétiser des études antérieures qui ne portent QUE sur le projet d’une nouvelle voie de type autoroutier. Sans vision globale de l’ensemble des moyens de déplacement disponibles entre Pau et Oloron, et ce, en totale contradiction avec la précédente délibération du conseil communautaire qui précisait la nécessité de faire une étude globale sur les déplacements.

Le Syndicat mixte payerait un bureau d’études pour réaliser toutes les études juridiques et financières concernant cette nouvelle voie. Il ne serait donc pas question de faire des études sur la pertinence de cette nouvelle voie. C’est bien clair, le choix est déjà fait, et on nous leurre avec des allusions subliminales.

Ce choix s’appuie sur le vieux projet de liaison autoroutière traversant les Pyrénées, l’axe E7. Un projet totalement inadapté aux besoins économiques, sociaux et environnementaux de notre territoire : agglomération de Pau, Vallée d’Ossau, Vallée d’Aspe et Bassin oloronnais, qu’il ne ferait que traverser sans l’irriguer.

Il faut au contraire favoriser les re-localisations de productions, favoriser les transports collectifs sur les grands trajets domicile-travail. 
Il faut ré-équilibrer les infrastructures en faveur du rail, développer le frêt afin de réduire les stocks roulants que sont les murs de camions qui occupent les autoroutes. 
Certes il y aura encore des routes mais notre département n’a pas besoin de que l’on en crée de nouvelles, surtout si elles ne servent pas directement le développement de notre territoire.

Je l’affirme, NON, il n’y pas de consensus général de tous les élus et de tous les experts. Des arguments contraires existent et ce ne sont pas les études juridico-financières qui vont y répondre.

RN134 :
→ La sécurisation de la RN134 redonnera sa fonction de desserte de proximité à cette voie.

Le caractère accidentogène de la RN 134 exige de lui accorder la priorité des financements. Aujourd’hui le risque est grand que les 80 millions budgétés par l’Etat pour cette sécurisation soient intégralement transférés vers le projet de nouvelle voie. (information communiquée par le Préfet à des conseillers généraux). D’ailleurs le maire de Buziet s’est inquiété publiquement de ce renoncement à la sécurisation. Des études ont été faites, elles doivent être présentées aux citoyens et aux élus des collectivités traversées. Les engagements de l’Etat doivent être tenus.

Pour ce qui est de la portion Gan-Pau : nous sommes au sein d’une agglomération. La vitesse est nécessairement réduite. Mais il faut étudier dans le cadre du plan de déplacement, un parking relais et des aménagements permettant de fluidifier le trafic en favorisant les transports collectifs. TCSP ou BHNS.

Enfin, cet aménagement améliorerait aussi la liaison avec la vallée d’Ossau que l’on a tendance à oublier. Pour le moment personne ne propose une voie nouvelle Pau-Arudy-Laruns ...

Voie ferrée :
→ Développer le ferroviaire c’est une réponse aux besoins industriels locaux.

La réouverture de la ligne Oloron-Canfranc coûterait 225 millions d’euros. Elle permettrait la liaison avec l’Aragon pour des trains de voyageurs mais aussi un volume de fret évalué par le gouvernement d’Aragon à 3 millions de tonnes par an. Ce projet est du court terme. Il dépend de la volonté des collectivités et de l’Etat. Raison de plus pour ne pas se disperser dans des études dispendieuses. C’est la seule solution permettant aux produits manufacturés des bassins d’Oloron et de Lacq d’être transportés en sécurité. Nous devons construire une plate-forme inter-modale permettant la traversée des Pyrénées. Une nouvelle voie routière (puis autoroutière) condamnerait ce projet.

De plus le Conseil régional d’Aquitaine va réaliser une étude (nécessaire celle-là) pour un train régional cadencé entre les bassins de Lacq et Bordes (de Puyoo à Nay) et de Pau à Oloron. Cette étude va s’inscrire dans le cadre du plan de cadencement des trains régionaux. Cela va reporter et sécuriser les déplacements en diminuant le nombre de véhicules sur la RN134 en particulier.

Une nouvelle voie est-elle nécessaire ?
Nous sommes nombreux à en douter. 12000 voitures / jour ne justifient pas une nouvelle infrastructure alors qu’il en existe déjà une. Pour en discuter sérieusement il faut que soient conduites DES ANALYSES COMPARATIVES DES SCENARII DE DEPLACEMENT.
Que fait-on à la place ? Il est affligeant que nous fassions des études au niveau régional en faveur du développement ferroviaire, puis au niveau départemental en faveur d’une nouvelle route, leur donnant ainsi une logique contradictoire. Ce mille-feuille est indigeste pour les citoyens et pour la planète.

- Une nouvelle voie désenclaverait-elle le bassin d’Oloron ?
Qui peut affirmer que la nouvelle voie n’aurait pas un effet dévastateur pour tout le commerce oloronais ?. La zone de chalandise de Lescar-Soleil aspirerait un grand nombre de consommateurs. Pour désenclaver ce bassin il faut rechercher en priorité à sécuriser la RN 134 et à développer le ferroviaire.

- Y a t’il un réel gain de temps ?
Gagner quelques minutes est un leurre. Il faut actuellement 40 minutes d’Oloron à Pau. N’oublions pas que l’arrivée sur l’agglomération paloise se ferait en réalité au niveau de Lescar ce qui nécessiterait de traverser tout l’ouest de l’agglomération. Dans ce cas il n’y aurait aucun gain de temps pour les usagers, sauf si on s’arrête à Lescar ! D’autant qu’un péage est prévu dans l’étude de la DDE sur laquelle s’appuie le syndicat mixte, et nous savons tous qu’un péage ralentit considérablement la circulation et crée des engorgements ponctuels. Le gain de temps dépend en réalité des points de départ et d’arrivée.

C’est un projet mort-né
Les 300 millions de la nouvelle voie seraient apportés par le département. Le Conseil général s’engagerait dans cette aventure alors qu’il veut réduire son aide aux communes, qu’il est étranglé par la baisse de ses recettes et qu’il peine à boucler son budget notamment à cause des nombreux collèges qu’il doit construire... ! 

Alors qui va financer ce projet ? Transférer la maîtrise d’œuvre à un PPP (Partenariat public-privé) serait encore plus coûteux à terme. Les grands groupes du BTP et les lobbies routiers y ont intérêt, pas les citoyens.

Enfin, ce serait une forme de double peine puisque le contribuable usager paierait une première fois au travers de ses impôts, puis une seconde fois en utilisant le péage. Prenons l’hypothèse d’un salarié qui prendrait tous les jours cette route, soit 200 jours par an à 3,50 euros le trajet. Cela lui coûtera
1 400 euros pour gagner ou perdre quelques minutes. Quel intérêt ?

Ce soir, ne vous trompez pas sur le sens de ce vote !
Payer 170 000 euros pour rien n’est pas acceptable. Les conseillers communautaires n’ont pas eu officiellement le rapport DDE de 2008, les conseillers généraux non plus. Nous n’avons pas eu de compte rendu écrit de la réunion du syndicat mixte. Nous n’avons toujours pas de cahier des charges justifiant les 4 millions de l’étude. Il y a un vrai problème de transparence dans la démarche.
 
Cette étude devrait coûter 4 millions d’euros et la nouvelle voie 300 millions, alors que le Grenelle de l’environnement avait semble-t-il condamné ce vieux projet, l’Etat donnerait sa caution ? Nous ne sommes pas prêts à signer ce chèque en blanc.

Ne votons pas sans savoir, sans contrôler. Nous n’avons pas été élus sur un tel programme.
J’invite les conseillers à voter contre cette délibération. Je vous invite à vous prononcer sur la base d’arguments tangibles et précis.
Nous sommes redevables des décisions que nous prenons auprès de nos électeurs, mais également auprès des générations futures. Qui pourrait comprendre qu’au moment du sommet de Copenhague, nous puissions voter en faveur d’un projet qui n’envisage que le tout routier, avec une nouvelle voie qui serait un formidable aspirateur à camions, et surtout un formidable producteur de CO2 pour nos vallées.

Je demande :
Que le syndicat réoriente son étude dans le sens de la délibération de l’Agglo, c’est-à-dire vers une étude globale des déplacements des biens et des personnes,
Que soit débattu avec les habitants, un plan de déplacements étendu au Béarn, favorisant les transports collectifs avec une priorité pour le ferroviaire,
Que les travaux de sécurisation de la RN 134 et que la réouverture de la ligne ferroviaire soient réalisés dans les plus brefs délais,
Que ces travaux et projets soient réalisés avant d’examiner l’hypothèse d’une nouvelle liaison.

   -------------------------------------------------

J’invite les citoyens, les élus, les associations à se fédérer pour continuer ce débat et agir :

- pour la sécurisation et la valorisation des liaisons ferroviaires et routières actuelles,
- pour que pensions autrement nos déplacements dès aujourd’hui
- Et pour une stratégie globale des déplacements.

Nous voulons offrir des moyens de déplacement économes, utiles et sûrs à nos enfants.


Le 11 Décembre 2009

Jean-Yves Lalanne
 


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> Liaison Lescar-Oloron : La position de Jean-Yves LALANNE
22 décembre 2009, par Ménido  

Bravo pour cet effort de cohérence si rare chez les élus béarnais ! On comprend mal en effet que l’on puisse défendre ce qui est évidemment un prolongement de l’autoroute Pau-Langon (un mur de camions au prix fort) tout en se prononçant pour la priorité au rail et aux transports en commun !

   
 
 
 
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