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Frédéric MORANDO

lundi 8 juin 2009 par Bernard Boutin


Sa fonction officielle : Directeur Artistique Délégué. D’autres préfèrent le qualifier de « véritable cheville ouvrière » de l’OPPB. Ce sera les deux à la fois. Frédéric Morando « épaule » Fayçal Karoui depuis 3 ans. Rencontre avec Frédéric pour parler de sa mission. Passion et extrême densité de ses messages ! Tentative pour l’amener à parler de lui. Quasi échec ! L’homme est discret. Il parle surtout des autres et revient sans cesse à Fayçal. Un lien extrêmement fort et rare lie les deux hommes. De ce lien, naît le succès grandissant de l’OPPB. Merci Fayçal, merci Frédéric.

Alternatives-Paloises : Qu’est-ce que c’est qu’un directeur artistique délégué ?
Fédéric Morando : Cela sous-entend que le directeur artistique, c’est Fayçal mais comme il n’est pas tout le temps à Pau, il m’a confié la délégation. Il peut être à New York, à Pau mais aussi invité dans pas mal d’orchestres. Un directeur musical voyage beaucoup ce qui est passionnant pour lui mais aussi pour nous parce qu’il revient avec des expériences nouvelles, des idées d’œuvre, de solistes.

Quand il n’est pas là, c’est vous qui le remplacez.
Oui, mais je ne le remplace jamais au pupitre. J’ai une formation de musicien. J’ai dirigé des orchestres de jeunes. J’ai adoré faire cela mais je ne suis pas chef d’orchestre et je ne dirigerai jamais l’Oppb.

Et cela n’est pas objet de frustration...
Absolument pas. Je l’ai fait. J’ai beaucoup aimé le faire mais cela n’est absolument pas compatible avec mon métier aujourd’hui. Un directeur artistique doit réfléchir à 3 questions : Qu’est ce qu’on fait, avec qui et pour qui ?
Ce que l’on fait, c’est ce que l’on appelle communément la programmation. Qu’est ce qu’on va jouer ? Quel est le rapport entre les œuvres ? Quel est le rapport d’un concert à un autre ? Quel est le menu pour le public ? Qu’est de qu’on fait ? Nous devons être force de proposition vis à vis de Fayçal ?

Alors, il y a deux catégories. Il y a les concerts où Fayçal n’est pas là comme les concerts de Musique de Chambre. Dans ce cas, je suis force de proposition et c’est lui qui valide. Il y a les concerts qu’il dirige et où l’on travaille ensemble à ce qu’il a envie de diriger. Je peux lui proposer des « choses » que l’orchestre doit pouvoir jouer ou qu’il doit pouvoir diriger. Parfois, il me dit : « c’est encore trop tôt ou pour moi, ou pour l’orchestre ou pour les deux ». Je peux lui conseiller tel concerto avec tel soliste ou en contre partie il peut proposer tel violoniste russe qu’il vient de rencontrer. On travaille en binôme. J’apporte des pistes, j’ai des fichiers, je propose mais Fayçal est toujours décideur. J’ai des tableaux d’une vingtaine de pages appelé « Idées OPPB » qui pourrait représenter l’équivalent de 10 saisons mais que l’orchestre peut jouer maintenant ou plus tard. 

Comme j’ai joué à l’intérieur d’un orchestre, je connais la difficulté que représente une œuvre et je sais quand l’orchestre est prêt ou pas encore pour la jouer. Par exemple la « Mer de Debussy », on va la jouer en 10/11 mais avant il fallait qu’on joue la symphonie de Chausson, « Ma Mère l’Oye de Ravel », le Boléro, pas mal de musique française qui doivent être joué avant. L’année prochaine, on jouera la 5e symphonie de Tchaïkovski, ce sera la première fois . C’est celle par laquelle je pensai qu’il fallait qu’on commence.

Ça c’est qu’est-ce qu’on joue, ensuite il faut choisir avec qui, à quel moment l’orchestre va être capable de jouer cela, il y a des difficultés individuelles et collectives...

Et puis, pour qui ? C’est la partie « politique » de mon travail. C’est la plus grosse partie. Il faut séduire, surprendre, éduquer, divertir, étonner. C’est la partie intéressante. Quand on fait une saison, il faut qu’il y ait des tubes parce que l’on n’a pas 1400 abonnés en ne faisant que des choses inconnues, il faut qu’il y ait des nouveautés, de la musique contemporaine, des commandes, des compositeurs très peu joués. Tout un dosage à trouver grâce à beaucoup de travail d’écoute, de lecture...

Il y a des rythmes de travail...
Un concert que l’on joue en avril 2009, c’est un concert que j’ai programmé en mars 2008 et imaginé en novembre 2007. L’année prochaine, on fait un concert en mars, le 22, 23, 24 avec Nelson Freire. C’est 18 mois de boulot pour qu’il soit là dans des conditions financières que l’on peut assumer, dans un programme qui aille bien à l’orchestre, pour qu’on puisse aussi faire profiter la scène nationale à Tarbes de la venue d’un aussi grand artiste etc.

En fin 2009, il y a de nombreux concerts et de nombreuses œuvres représentées en peu de temps ? Comment faîtes-vous ?
D’abord, il y a 3 niveaux de concerts à Pau. La saison symphonique avec 9 concerts d’Octobre à Juin, 7 au Palais Beaumont qui sont triplés, un au Zénith, et un de musique sacrée à l’Eglise St Jacques et qui est doublé. Cela fait un concert par mois.
Ensuite, il y a la saison de Musique de Chambre soit 7 concerts au Théâtre St Louis d’octobre à avril. Pour le jeune public, il y a les concerts « Sons et Brioches » et pour finir il y a le concert de Nouvel An qui est doublé.

La question touchait plutôt la méthodologie de travail...
Moi, je fais saison par saison. Les deux saisons qui s’imbriquent le plus sont la saison symphonique et la saison musique de chambre. L’année prochaine on va beaucoup visiter Robert Schumann qui a un répertoire 80% musique de chambre et 20% musique symphonique. L’idée est de faire un éclairage particulier sur ce compositeur dont on va fêter le bicentenaire de sa naissance. Quand on imagine la saison avec Fayçal, on se dit on va faire les 2 symphonies de Schumann en février/mars mais au milieu de ça on va faire un concert de musique de chambre spécifiquement Schumann dans le quel on va inclure un « Hommage à Schumann » de Kurtag, donc la vision d’un auteur contemporain hongrois sur son ainé.
Il y aura aussi du Chopin dans le concert car Chopin et Schumann ont beaucoup travaillé ensemble. C’est un grand puzzle à mettre en place. Il faut donc avoir le plus de recul possible car les choses bougent toujours au dernier moment.

Tout ces concerts que vous donnez en si peu de temps, vous les répétez comment ?
C’est très court ! C’est le propre d’un orchestre symphonique, d’un orchestre professionnel. C’est la grosse différence avec des amateurs. Pour les concerts qui commencent le jeudi au Palais Beaumont, les répétitions démarrent le lundi. Le planning est quasiment immuable, on fait 2 répétitions le lundi, 2 répétitions le mardi. Une répétition le mercredi soir avec le soliste qui arrive. Une générale le jeudi matin devant les scolaires puis on enchaine sur les concerts publics.

Ce qui permet cela, c’est le degré de professionnalisme. Les musiciens ont les partitions en amont, les travaillent, les connaissent déjà, souvent les ont déjà jouées mais jamais ensemble. On commence à reprendre quelques œuvres puisque l’orchestre a 6 ans et créer ainsi un « répertoire » mais le calendrier des répétitions est toujours le même. Il faut savoir que les répétitions cela a un cout car les musiciens sont payés.

Les musiciens arrivent très prêts. Pour le chef d’orchestre, son cahier des charges, c’est de monter l’orchestre en 3 jours. C’est dans cette énergie, dans cette « urgence » qu’il faut monter le concert.

Souvent on nous dit à propos du concert du jeudi soir « le jeudi soir vous devez être moins prêt que le samedi ». Ce n’est pas vrai. On est prêt à partir du jeudi ce qui n’empêche pas les 3 concerts d’être très différents.

Pourquoi ?
Tous simplement parce que les ambiances sont très différentes. Le jeudi soir, le public est celui qui est le plus ancien de l’orchestre. C’est notre première date de réabonnement. Les gens connaissent l’orchestre depuis 5, 6 ans. C’est un public très très proche. On le sent.
Le vendredi, c’est aussi un public proche. La moitié de la salle a un abonnement « concerto », celui des mécènes. Il varie plus. Il y a un noyau dur de fidèles et d’amis et des invités par les entreproses.
Le samedi, le public est plus mélangé avec plus de personnes âgées mais aussi plus de jeunes. Le concert qui est à 18 heures a ouvert vers ces 2 publics.

Frédéric Morando, cheville ouvrière de l’OPPB, cela signifie quoi ?
Il y a d’abord mon rôle par rapport à Fayçal. Mon travail, c’est d’être l’ombre de Fayçal et il n’y a pas d’ombre sans lumière. Le boulot de Fayçal, c’est d’être à la lumière. Son boulot, c’est d’être le fantastique chef d’orchestre que l’on connait au pupitre. Souvent on parle du très bon communicant, avant de parler du très grand musicien qui dirige partout dans le monde qui est très abordable et humble.
Tout mon travail, c’est de faire en sorte qu’il ait le plus possible de temps pour être au contact avec les partitions, les musiciens. Mais, c’est aussi le patron de l’orchestre ce qui implique des réunions avec la Mairie sur la politique culturelle à mener, c’est des réunions avec les partenaires, des réunions avec l’inspection académique quand on parle du projet éducatif... c’est tout cela que j’allège le plus possible dans l’emploi de Fayçal. Ça, c’est mon rôle par rapport à Fayçal.

Ensuite, comment ça marche l’orchestre ? Je ne suis pas tout seul. On est quand même sept. On a une équipe administrative avec deux personnes. On vient d’embaucher un directeur administratif. L’administration de l’orchestre est très lourde avec tous les contrats de travail, tous les marchés publics, tous les bons de commandes, toutes les notes à la Maire. Joelle Castets gère toute l’administration, aux côtés depuis quelques jours de Laurent Meissel que l’on vient de recruter.

On a une assistante, Fayçal et moi, Pascale Serrano qui est une fille absolument merveilleuse qui s’occupe de l’accueil du public au moment des concerts, de tous l’accueil téléphonique, de la permanence au bureau, de l’emploi du temps de Fayçal et moi, l’organisation générale des concerts, à quel moment arrivent les solistes, quand sont livrées les fleurs, où on mange après le concert, quel camion on a pour que les garçons puissent installer, désinstaller. Ça c’est pour Pascale. On a deux régisseurs, Jérôme et Cyril qui eux s’occupent de tous les effectifs de l’orchestre que je valide avec eux, des plans de scènes, de l’installation et désinstaller. Le boulot est énorme. On ne les voit jamais. Ils travaillent dans l’ombre. Sans eux, il n’y a pas de concert. Ensuite, on a un poste spécifique avec Valérie Artigas qui s’occupe du volet éducatif, « le cartable de Valérie » qui fait un énorme boulot en direction des scolaires puisqu’il y a une dizaine de projets pour la saison prochaine qui vont de la maternelle jusqu’au Lycée. On a aussi une personne qui travaille pour le compte de concerto dans les bureaux de l’orchestre. Sa mission, les relations avec les entreprises mais elle travaille aussi avec nous pour les relations avec les étudiants.

Une petite équipe. On est 8 pour 55 concerts. A Bordeaux, l’équipe administrative, ils sont 95 ! On est 8 mais très soudés, assez bien organisés et tous porteurs du projet avec beaucoup de fidélité et d’affection pour Fayçal. C’est comme ça que cela marche.

On parle beaucoup de Fayçal, et si Frédéric parlait de Frédéric...
Je suis musicien, professeur de violon, j’ai enseigné pendant 15 ans . J’ai d’ailleurs fait une grande partie de mes études avec Fayçal quand nous étions au Conservatoire de St Maur des Fossés.

Vous vous êtes croisés en classe...
La première fois que Fayçal a dirigé un orchestre, j’étais le violon solo. J’avais 17 ans, lui 19. Il était pianiste chez Catherine Collard, une très grande prof de piano. Un jour, elle lui a dit, à mon avis la chose la plus importante de sa vie : « le piano ne te donnera pas la carrière que ton caractère attend. Fait de la direction d’orchestre... ». Elle avait complètement perçu le personnage, c’est un très bon pianiste mais en piano, il n’aurait pas fait la carrière qu’il fait en chef d’orchestre. Il s’est mis a diriger un orchestre à 18 ou 19 ans au Conservatoire. Il a crée un orchestre de Musique de Chambre et j’étais dans l’orchestre à ce moment là. On a suivit nos études ensemble. On a monté un festival de jeunes à l’Ile de Ré. On a fait des trucs incroyables pour jouer un Requiem de Mozart. On conduisait le camion. Ça a fonctionné.

Après, je suis arrivé à Toulouse pour travailler à l’Orchestre du Capitole, c’est l’année où il a eu le prix de direction du Conservatoire de Paris. Le troisième cycle lui offrait deux ans auprès de Michel Plasson, on s’est donc retrouvés ensemble à Toulouse. Il a été alors invité pour diriger l’orchestre de Pau et André Labarrère lui a proposé le Directeur musical. Fayçal a posé quelques conditions pour rendre d’emblée viable son projet.

Frédéric n’était pas là ...
J’étais dans la réflexion à ce moment là mais pas pour le suivre. Je savais que tôt ou tard, on se retrouverait. Je travaillais officieusement à la conception des saisons. J’étais à l’orchestre du Capitole et j’enseignais au Conservatoire de Tarbes. Quand on a récupéré la saison de Musique de Chambre de Jacqueline Andrieu et que Fayçal a été nommé au New York City Ballet, il fallait quelqu’un de musicien dans l’équipe administrative pour tenir la maison en l’absence de Fayçal. J’ai donc été nommé à ses côtés il y a 3 ans et demi.

La machine est bien rodée, elle tourne bien. On pourrait souhaiter quoi maintenant ?
On a la chance d’avoir une municipalité qui s’inscrit pleinement à nos côtés. Nos idées pour l’orchestre tombent parfaitement en adéquation avec les idées culturelles de la ville. La politique de l’orchestre : « un service public au service de tous les publics ». La musique n’est pas que pour les riches, les vieux, les bourgeois, elle appartient à tout le monde. L’émotion musicale appartient à tout le monde. Ces grandes lignes là, ce sont les lignes de Fayçal depuis qu’il est né, c’est inscrit dans ses gènes. Fayçal vient d’un quartier de Créteil, quand il était gamin, il est tombé dans la musique classique, ses parents n’étaient absolument pas dans la musique. Fayçal et moi, on a une confiance absolue dans le pouvoir de la musique. Ce n’est pas nous, c’est la musique. Quand un concert est applaudi, c’est pas nous qu’on applaudi. C’est Beethoven, c’est Mozart, c’est Brahms. C’est ça que l’on doit porter au public. Ce qu’on peut souhaiter à l’orchestre de Pau, c’est d’être le plus possible auprès des gens. Pour y arriver, il faut une organisation qui tourne bien dans un territoire magnifique mais où il y a beaucoup de jachères culturelles à aller nourrir musicalement.
On n’est pas assez présent en milieu rural, auprès des étudiants, à la maison d’arrêt, à l’hôpital. Ce qu’on doit souhaiter à l’orchestre de Pau, c’est d’être le plus présent auprès du plus grand nombre de personnes, ceux qui nous attendent et ceux qui ne nous attendent pas.
Le plus gros public, même d’un point de vue commercial et économique, c’est ceux qui ne nous attendent pas. On peut ne pas aimer la musique classique, on peut ne pas aimer le foie gras ou les huitres. Le seul truc, c’est que notre boulot à nous, c’est de dire « assieds toi, juste un quart d’heure pour écouter un orchestre jouer une symphonie de Brahms »...

Côté salle, vous avez à Pau ce qu’il vous convient ?
Il manque une jauge entre 900 et 1500 places. 1500, c’est audacieux, 900 cela sera rapidement petit, 1200 serait l’idéal. Je crois qu’il faut beaucoup bâtir sur l’existant. Je ne pense pas que ni l’orchestre, ni Espace Pluriels, parce qu’on réfléchit beaucoup avec eux sur la construction ou l’adaptation d’une salle, souhaitent une construction de salle. On ne va pas faire une salle pour l’orchestre alors qu’on fait 3 concerts par mois. Il faut qu’on réfléchisse à autre chose. Qu’est-ce qu’on peut y faire ? Du théâtre, de la danse ? Pourquoi pas le Méliès sur des programmations spécifiques. Il y a des salles qui peuvent être réaménagées.
On a lancé avec Martine Lignières-Cassou l’idée d’une étude sur le Palais Beaumont. La salle actuelle fait 540 places. Avant la rénovation de 2000, elle faisait 900 places. On peut sans doute passer l’auditorium Alfred de Vigny à 900, 1000 voire 1100 places. Il faut juste savoir combien cela coute. Aujourd’hui, un auditorium ex-nihilo, c’est entre 15 et 25 millions d’euros. La municipalité, très clairement ne va pas mettre 25 millions alors qu’elle a la Médiathèque, l’ESAC , la piscine, plein de choses dans les tuyaux...

Le Zénith, on ne peut pas faire différemment ?
Le Zénith, il y a 2 problèmes. Le premier est de nature acoustique. On ne peut pas tout y jouer. On peut y jouer de très grosses œuvres avec entre 80 et 110 musiciens mais on ne peut pas jouer une symphonie de Beethoven, de Mozart ou de Haydn, un concerto pour piano ou pour clarinette... ou alors dans une petite jauge de 1200 places dans une conque qu’il faut sans doute refaire parce la conque actuelle que nous avons testé n’est pas très performante en qualité de son, et pour un orchestre, le son est ce qu’il y a de plus important.

Un deuxième problème, c’est qu’un concert n’est pas seulement le moment où le chef d’orchestre est face au pupitre jusqu’au moment où l’on applaudit. Un concert, c’est aussi « je pars de chez moi, je vais dans un lieu ». Là, il s’agit de se garer dans un parking excentré, rentrer dans un lieu un peu froid, s’asseoir sur des baquets en plastique... on peut jouer n’importe où mais il y a un minimum de confort pour le public sur l’ensemble d’une saison. On y va 3 fois la saison prochaine mais je pense pas que cela soit la solution. Et puis, il y a sa situation très très à l’extérieur qui ne correspond pas à un projet de ville.

La conséquence en plus d’un « déménagement » au Zénith pour le Palais Beaumont serait sans doute catastrophique.

Pour finir, est-ce vous ne pourriez pas nous donner un moment très fort depuis que vous êtes à l’OPPB ?
Ma plus grosse émotion depuis que je suis à Pau, c’est la même chose pour Fayçal, ce n’est pas un concert, c’est une répétition lorsqu’on a joué au Stade des Bleuets le 7 juillet 2007. On a fait « Orchestral Urbain » où l’on a travaillé pendant 6 mois avec un quartier à monter « les tableaux d’une exposition » de Moussorgski avec des slammeurs, des rappeurs, des danseuses hip-hop, des graffeurs etc.
Le concert était le 7 et le 6 dans l’après-midi. On est passé à la répétition qui était mise en scène par Patrice Manuel, Directeur de la mission locale. C’était tous les gens du quartier de la Pépinière, des gens souvent brisés par la vie pour des questions d’emploi ou des questions sociales, qui avaient bossé pendant 6 mois la déambulation finale qui se faisait de nuit avec des flambeaux. On est passé avec Fayçal, vers 15h00 en plein soleil, alors qu’ils répétaient sur une bande et on a vu ces 120 à 150 personnes déambuler et on s’est dit à ce moment là que si on n’avait pas lancé cette idée, chaque personne ne serait pas à ce moment là en train de vivre ce qu’elle vivait.

Finalement, c’est ça la plus grosse responsabilité qu’on a. On nous fait confiance. On lance un projet, des musiciens professionnels en subissent les joies ou les désagréments, c’est une chose mais là, il y a un quartier qui se mobilise et qui garde de ce jour là, de ce concert là, une émotion particulière à vie. Là, c’est extrêmement émouvant...

L’importance du lien social semble primordiale. Vous avez d’autres projets dans ce sens ?
D’abord, on joue chaque année à la prison. On peut être plus, partout, tout le temps... Par exemple, à la Maison d’Arrêt, on va essayer de monter un atelier de percutions avec notre timbalière solo et les détenues femmes qui bossent pendant 6 mois et au bout, elles feront un concert ensemble.
Notre boulot, c’est ça aussi. C’est même essentiellement ça. A quoi sert un orchestre dans une ville ? On devrait se poser la même question par rapport à une équipe de Basket ou de Rugby ? A quoi cela sert en terme de tissus social, de fierté de la ville, de rayonnement de la ville. Donner du bonheur. Tout notre boulot est là.

Un dernier mot : les finances suivent-elles ?

La ville de Pau donne un million d’euros. Ce n’est pas une subvention mais un budget compensatoire puisque nous sommes un service de la ville. La région, c’est 30.000 euros, le département 15.000 euros et la DRAC 22.000 euros. On travaille énormément pour donner les clefs à Martine Lignières-Cassou et Hélène Lerou Pourqué pour que la région, le département s’engagent beaucoup plus. Pour la DRAC, on y croit moins vu les finances culturelles de l’Etat. Ils pourraient accompagner un peu plus. La région finance 6 % de l’orchestre de Bordeaux, nous, c’est 1,9% !
Tout le problème du développement de l’orchestre est là. La part de dotation de la ville en 6 ans est passé de 300.000 euros à un peu près un million d’euros. On sait que la ville pourrait nous accompagner jusqu’à 1,2 ou 1,3 millions mais il y a un moment où la ville ne doit pas aller plus loin. Elle doit dire à ses partenaires, département et région : « voilà l’outil que l’on a fabriqué à Pau depuis 6 ans grâce à l’audace d’André Labarrère et la pertinence de Martine Lignières-Cassou. Cet outil doit être partagé sur le territoire et pour cela les collectivités doivent être plus présentes et nous devons être plus présents à Oloron, à Tarbes, à Orthez. Pourquoi pas sur la Côte Basque ? Dans 2 ans, Aire sur Adour sera à 20’ de Pau... »

C’est à tout ça qu’il faut répondre.


- propos recueillis par Bernard BOUTIN


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Votre commentaire



> Frédéric MORANDO
13 juin 2009, par Paloise.  
Transparence .

J’attends toujours la réponse pour la saison passée car j’ai donné mon adresse . Combien de Palois figurent parmi les abonnés ?

  • > Frédéric MORANDO
    14 juin 2009  

    Bonsoir,

    La répartition des abonnés : 55% de palois, 35% de l’agglo hors Pau, 10 % autres

    La fiscalité de l’agglo est comme vous le savez dépendante de la fiscalité de chacune des communes de l’agglomération. Il n’existe pas de 4ème colonne sur les avis d’impots locaux, propre à l’agglo. De plus, une étude, à la demande de l’orchestre et en concertation avec la ville va se faire dans les prochains mois pour justement redéfinir le territoire pertinent en terme de public et de financement. Cette étude se penchera également sur le statut de l’orchestre.

    J’espère avoir donné une réponse à votre question.

    Merci

    FM

  • > Frédéric MORANDO
    15 juin 2009, par pehache  

    La fiscalité de l’agglo est comme vous le savez dépendante de la fiscalité de chacune des communes de l’agglomération.

    Pas tout à fait, car l’agglo a bien sa fiscalité propre : elle perçoit directement la taxe professionnelle auprès de toutes les entreprises du territoire.

    De plus, une étude, à la demande de l’orchestre et en concertation avec la ville va se faire dans les prochains mois pour justement redéfinir le territoire pertinent en terme de public et de financement.

    Une étude ne me parait pas nécessaire pour conclure dès aujourd’hui qu’un tel orchestre est du ressort de l’agglo et non de la ville. Mais sur ce sujet comme sur de nombreux autres (sport pro, piscine de 50m...) il faudrait une volonté politique forte pour que l’agglo joue enfin son rôle. Sur tous les autres sujets (sport pro, piscine de 50m...), MLC n’a pas vraiment bousculé l’agglo pour que cette dernière les prenne réellement en charge à la place de Pau : il risque bien d’en être de même pour l’OPPB.

  • > Frédéric MORANDO
    24 juin 2009, par Paloise  
    Merci , M. Morando

    Je vous remercie pour la réponse et j’apprécie de savoir qu’une étude va se faire dans les prochains mois .

    Que l’ OPPB puisse continuer à enthousiasmer un maximun de personnes !

  • > Frédéric MORANDO
    9 juin 2009, par Paloise  
    L’orchestre de Pau .

    Oui, l’ OPPB est un orchestre magique et je viens de nous réabonner en espérant que de nouveaux Palois auront la joie de l’écouter .

    Il coûte un million à la ville de PAU .Pouvez-vous nous dire quel est le pourcentage de Palois qui profitent de ces extraordinaires concerts ? Merci et bravo !

  • > Frédéric MORANDO
    15 juin 2009  

    Eh bien, à la louche il y a 80.000 palois. Or il y a 1500 abonnés et très peu de places en vente à l’unité, et de toute manière, pas plus de 120.

    Ce qui fait donc 1.000.000 d’euros/an pour 1,85% pour 1,5 h de spectacle/mois

  • > Frédéric MORANDO
    8 juin 2009, par pehache  

    Le Zénith, il y a 2 problèmes. Le premier est de nature acoustique... ou alors dans une petite jauge de 1200 places dans une conque qu’il faut sans doute refaire parce la conque actuelle que nous avons testé n’est pas très performante en qualité de son,

    La coque symphonique du zénith, encore une des grandes réussites de Labarrère...

    Un deuxième problème, c’est qu’un concert n’est pas seulement le moment où le chef d’orchestre est face au pupitre jusqu’au moment où l’on applaudit. Un concert, c’est aussi « je pars de chez moi, je vais dans un lieu ». Là, il s’agit de se garer dans un parking excentré, rentrer dans un lieu un peu froid, s’asseoir sur des baquets en plastique... on peut jouer n’importe où mais il y a un minimum de confort pour le public sur l’ensemble d’une saison. On y va 3 fois la saison prochaine mais je pense pas que cela soit la solution.

    Tout dépend du prix ! Si il y a moyen d’obtenir une bonne acoustique et si la solution Zénith coûte beaucoup moins cher que la solution Beaumont, il n’y a aucune question à se poser : il faut choisir le zénith. Il faut savoir si les gens vont aux concerts pour écouter de la musique ou bien pour le prestige du lieu.

    Tout le problème du développement de l’orchestre est là. La part de dotation de la ville en 6 ans est passé de 300.000 euros à un peu près un million d’euros. On sait que la ville pourrait nous accompagner jusqu’à 1,2 ou 1,3 millions mais il y a un moment où la ville ne doit pas aller plus loin.

    1 million d’euros par an de la ville à l’OPBB, c’est déjà énorme ! D’accord, l’OPBB est une belle réussite saluée par pratiquement tout le monde, mais il faut reconnaître que c’est aussi une danseuse que Pau se paye là, une dépense de prestige... qui est discutable.

  • > Frédéric MORANDO
    8 juin 2009  

    Pehache,

    A propos du zénith : je parlais des deux principaux problèmes ; acoustique et qualité du lieu (sans d’ailleurs parler du prestige du Palais Beaumont). Financièrement, la solution "zénith" ne serait pas moins onéreuse, et bien sûr nous l’avons déjà évaluée car : 1- Il faut augmenter le nombre de musiciens de 50 à 70 minimun 2- l’installation d’une conque prend une journée et le démontage autant 3- Il faut sonoriser l’orchestre comme nous le faisons quand nous y jouons 4- Le tarif journalier, et c’est normal, vu la jauge est plus élevé que le Palais Beaumont.

    Le plus important, et vous avez sans doute déjà assisté à un concert de l’orchestre, est que l’on ne pas, sur l’ensemble d’une saison tout jouer au zénith.

    A propos de la "danseuse". L’Oppb a vendu pour la saison 30.000 fauteuils et a permis à 9.000 enfants scolarisés à Pau et agglo et à 1.200 étudiants d’assister gratuitement à un concert, soit en tout 40.000 fauteuils. La part d’autofinancement de l’orchestre est de 400.000 euros, soit 35% du budget, ce qui est très élevé pour une structure de ce type. Il vous suffit de comparer avec d’autres orchestres. Connaissez vous les budgets d’équipements culturels ?(Conservatoire, Médiathèque, Musée) Connaissez vous l’importance en terme d’attractivité du territoire de la culture ? Selon vous, à partir de combien d’euros devient on une danseuse ?

    Je pense que Pau se doit d’être ambitieuse et modestement, je pense que l’Oppb y participe.

    Je serais ravi de vous voir à un concert, le mieux étant d’écouter.

    FM

  • > Frédéric MORANDO
    9 juin 2009  

    Je ne pense pas que M. PH aille souvent au concert. Aller à un concert est une expérience esthétique, sonore et visuelle, et le choix du lieu est bien entendu très important, non seulement pour ses qualités acoustiques mais aussi pour l’athmosphère qu’il dégage.

    Le Zénith n’est clairement pas fait pour voir et écouter un orchestre symphonique, et il serait bien triste que s’y déroule toute la saison.

  • > Frédéric MORANDO
    9 juin 2009, par GEO  
    Bien répondu Frédéric... Si l’on écoutait Pehache, on passerait son temps à compter ses sous et rien d’autre, on ferait constamment de l’utile comme les hommes préhistoriques de l’âge de la pierre taillée il y a plus de 60.000 ans... "Et l’homme ne serait pas devenu homo sapiens sapiens" c’est à dire civilisé, culturé, intelligent. Pehache fait partie de ces intégristes de la gestion qui passe leur temps à gérer les choses, toutes les choses, le chômage, la maladie, la culture et même la faim dans le monde, perdant ainsi toute capacité de révolte ou même d’émerveillement...Pehache c’est le triomphe de la froide mathématique sur la philosophie et la politique, c’est la vie modélisée, dénaturée, chiante.. Merci Fréderic de nous sortir un peu de cette non vie avec votre musique.

  • > Frédéric MORANDO
    9 juin 2009, par pehache  

    Quel belle tirade, GEO, j’en ai la larme à l’oeil ! Les esthètes, les purs, ceux qui ont tout compris de la vraie vie, contre les blèmes gestionnaires aux doigts crochus qui rôdent au clair de lune ! Vu comme ça c’est certain...

    Mais si vous pensez qu’il faut obligatoirement 1 million d’euros pour sortir de la "non-vie" et pour vous "émerveiller", c’est peut-être vous qui avez un problème, non ??

    Je suis fort désolé d’être très terre à terre, mais j’aime bien creuser certains sillons. Or je constate qu’à Pau on paye bien plus d’impôts locaux qu’ailleurs : le "surcoût" s’élève à 190€/an/hab., soit 15M€, excusez du peu ! On a bien fouillé ces derniers temps autour du sport pro, qui explique une bonne partie de cette somme, et je ne vois pas au nom de quoi on devrait s’interdire d’ouvrir le débat autour des sujets "culturels", dont l’OPPB.

    Je vois pas pourquoi l’OPPB serait un sujet tabou et pourquoi on ne pourrait pas se poser certaines questions : a-t’on les moyens de se payer un orchestre de ce niveau ? Ne pourrait-on pas avoir un orchestre très satisfaisant pour moins cher ? N’y a t’il pas un déséquilibre entre ce que reçoit l’OPPB et ce que reçoivent d’autres secteurs culturels à Pau ?

    Est-il scandaleux de poser ces questions ?

    Assister à un concert constitue une expérience esthétique complète, qui en appelle aussi bien à la vision qu’au son, ainsi qu’aux autres sens. Il va de soi que le Zénith n’est pas un endroit approprié pour des concerts d’un orchestre symphonique car il ne permet pas de créer l’ambiance et l’athmosphère requise. Que toute la saison de l’OPPB se passe au Zénith serait une grave faute.

    Oui je sais, les grands esthètes ont besoin de conditions exceptionnelles pour apprécier La musique. Ecouter une symphonie dans un hall de gare en lointaine banlieue nord, mais vous n’y pensez pas, très chère ! On n’a rien à voir avec le public de Lorie, tout de même ! Et j’aurais l’air de quoi avec ma robe de soirée, là bas ?? Enfin zut, quoi...

  • Lieu de concert
    10 juin 2009  

    Cher PH, ne vous laissez pas emporter. Il y a (encore) des gens qui vont au concert par amour de la musique, qui n’ont pas beaucoup de moyens et qui ne sont pas des snobs.

    Oui, une symphonie se voit et s’entend et mérite un certain décor. Oui, ce qui peut convenir à un spectacle de Lorie ou de Johnny n’est pas forcément adapté à un concert ce musique classique.

    Vous avez raison sur un seul point. La CDA devrait contribuer au financement de l’OPPB. Autrement, une double tarification devrait être mise en place afin d’avantager les Palois.

    Bien à vous.

  • Salle de concert
    9 juin 2009  

    Il est probable que PH n’aille pas souvent au concert. Assister à un concert constitue une expérience esthétique complète, qui en appelle aussi bien à la vision qu’au son, ainsi qu’aux autres sens.

    Il va de soi que le Zénith n’est pas un endroit approprié pour des concerts d’un orchestre symphonique car il ne permet pas de créer l’ambiance et l’athmosphère requise.

    Que toute la saison de l’OPPB se passe au Zénith serait une grave faute.

  • > Frédéric MORANDO
    9 juin 2009, par pehache  

    Un détail pour commencer : dans la plaquette 2008/2009 de l’OPPB je lis : "Depuis 6 ans, près de 30 000 enfants ont participé à des opéras, des concerts découverte, des ateliers culturels, des répétitions...". Ca fait donc 5000 par an plutôt que 9000. Ceci dit ces séances pour les scolaires (de même que les concerts dans la prison, à la fac, etc...) sont de très bonnes initiatives.

    Concernant le chiffre de 30000 fauteuils vendus, il est un peu trompeur car la majorité des fauteuils est vendu aux abonnés (qui sont 1500). Le nombre de personne à qui profite l’OPPB n’est donc pas si élevé que ça.

    Et encore une fois la ville de Pau se retrouve à payer seule un "service" qui profite à toute l’agglo. Il serait normal que le million d’euros provienne de la CDA et pas de la ville.

    Quoi qu’il en soit, j’espère que les différentes solutions pour le futur lieu de concert de l’OPPB seront présentées aux palois, chacune étant chiffrée, avec avantages et inconvénients clairement exposés. Le seul obstacle indiscutable que je vois pour jouer régulièrement au Zénith, c’est si il était réellement impossible d’obtenir une bonne acoustique.

  • > Frédéric MORANDO
    10 juin 2009  
    Cher PH, soyez gentil, arrétez de couper systématiquement les cheveux en quatre. On sait que vous savez compter ! L’écart entre 5.000 et 9.000 provient sans doute simplement du fait que le nombre d’enfants concernés a connu un fort accroissment durant les dernières années. Vous feriez mieux de vous réjouir du fait que grâce à l’OPPB la plupart des enfants de Pau ont la possibilité de rencontrer un orchestre symphonique.

  • > Frédéric MORANDO
    10 juin 2009, par pehache  

    Cher PH, soyez gentil, arrétez de couper systématiquement les cheveux en quatre.

    Et vous, soyez gentil, arrêtez de faire des réponses qui n’ont pas lieu d’être : j’ai bien dit que cet écart de chiffres était un détail, et que je trouvais que ces séances pour les scolaires était de très bonnes initiatives. Que vous faut-il de plus ?

    L’écart entre 5.000 et 9.000 provient sans doute simplement du fait que le nombre d’enfants concernés a connu un fort accroissment durant les dernières années.

    Non. Vu le nombre de répétitions générales dans l’année et la capacité de l’auditorium palais Beaumont, 5000 est beaucoup plus réaliste que 9000.

  • > Frédéric MORANDO
    11 juin 2009  

    PH,

    La différence de chiffre entre 5.000 et 9.000 vient du fait que notre "offre" pédagogique n’est pas toujours la même d’une saison à l’autre. En l’occurence, cette saison, nous donnons un "concert découverte" le 26 juin devant 3.000 enfants au zénith. De plus, nous avons donné un conte pour enfants en mars 2009, "La tempête" d’Hervé Suhubiette, à 4 reprises, soit 520*4=2080. Le plus important, à mon sens n’est pas les chiffres, mais je les connais et peux tous vous les donner si vous le souhaitez. Juste, je serais très intéressé que vous répondiez à la question que je vous ai posé : A partir de quelle somme devient-on une danseuse ? Je vous invite à vous renseigner sur tous les orchestres de France, il y a des sites pour cela (comme celui de l’AFO). Quand à la question : Pau doit-il avoir un orchestre de ce niveau, je vous invite à étudier les dernières études sur l’attractivité des territoires en terme économique, touristique, etc...et l’importance de l’offre culturelle. Notre belle vue sur les Pyrénées doit être accompagnée de dynamisme et d’audace ? Non ?

    Merci pour votre capacité à polémiquer, j’aime beaucoup cela.

    Bien à vous,

    FM

  • > Frédéric MORANDO
    11 juin 2009, par pehache  

    Juste, je serais très intéressé que vous répondiez à la question que je vous ai posé : A partir de quelle somme devient-on une danseuse ?

    Je n’ai pas de réponse toute faite. Tout dépend des moyens de la ville, et du nombre de personnes à qui cela "profite".

    Je considère personnellement que quand on arrive à 1 million d’euros de subvention de fonctionnement (même si techniquement ce n’est pas une subvention) sur une ville de la taille de Pau, pour un public relativement réduit (du moins si on parle du public régulier que constituent les abonnés), on entre dans le domaine "danseuse". Belle danseuse peut-être, mais danseuse quand même.

    Quand à la question : Pau doit-il avoir un orchestre de ce niveau, je vous invite à étudier les dernières études sur l’attractivité des territoires en terme économique, touristique, etc...et l’importance de l’offre culturelle.

    Oui, mais on entend la même chose pour l’Elan Béarnais, pour le Grand Prix, etc... Et au final, pour soit-disant son image et son attractivité, Pau vit depuis longtemps au-dessus de ses moyens avec de nombreuses dépenses de prestige. L’OPPB est sans doute loin d’être la pire d’entre elles, mais pour moi il commence à en faire néanmoins un peu partie.

    Car si je comprends bien que les amateurs de musique "classique" soient ravis de l’existence de l’OPPB, les amateurs de danse, d’opéra, de théâtre, pour rester dans le domaine du spectacle vivant, ont-ils des raisons d’être aussi satisfaits ? Faudrait-il dépenser également 1 millions pour chacun de ces domaines (et d’autres), et le pourrions-nous ?

    En fait la question pourrait être : faut-il donner beaucoup à un domaine, ou bien répartir les efforts sur de nombreux domaines ? La dernière solution est certes moins prestigieuse.

  • > Frédéric MORANDO
    12 juin 2009  

    "- Juste, je serais très intéressé que vous répondiez à la question que je vous ai posé : A partir de quelle somme devient-on une danseuse ?
    -  Je n’ai pas de réponse toute faite. Tout dépend des moyens de la ville, et du nombre de personnes à qui cela "profite".

    si la danseuse profite à trop demonde, Messieurs, ce n’est plus une danseuse smiley

  • Le compte est bon
    12 juin 2009  

    Merci M. Morando de clouer ainsi le bec à PH qui cherche toujours la petite bête, quel que soit le sujet.

    Et bravo pour ce que vous faites. PH compare des choses qui ne peuvent être comparées. L’OPPB non seulement offre de la belle musique aux amateurs mais aussi permet à des générations de palois de s’y initier. Il ne s’agit certainenement pas d’une danseuse (d’autant plus que l’OPPB ne propose pas de ballet).

    PH a raison sur un seul point. La communauté d’agglomération devrait contribuer à l’OPPB, et pas seulement les habitants de Pau.

  • > Le compte est bon
    12 juin 2009, par pehache  

    Merci M. Morando de clouer ainsi le bec à PH qui cherche toujours la petite bête, quel que soit le sujet.

    Oui, et bien pendant des années, pour ne pas dire pendant des décennies, personne n’a cherché de petite bête à un certain Labarrère (en tous cas, ceux qui auraient voulu n’avaient pas d’endroit pour s’exprimer), qui cultivait l’opacité totale à la mairie. Résultat : des aberrations financières à la pelle dues à la folie des grandeurs du grand homme.

    Alors aujourd’hui que nous disposons d’internet et de sites comme A@P, où en principe tout le monde peut s’exprimer, permettez qu’on cherche publiquement les petites bêtes. En cherchant les petites bêtes aujourd’hui on évitera peut-être les abbérations de demain.

    Quelle est votre conception de la démocratie ? Que le citoyen doit donner un chèque en blanc aux élus ? Qu’une fois qu’il a reçu la parole "officielle" de la mairie, il n’a besoin de la discuter ? Qu’il n’a pas à s’intéresser aux détails ? Que l’on gère pour lui et que c’est forcément toujours dans son intérêt ?

    Quand j’apprends que la participation de la mairie à l’OPPB est passée de 300.000€ à 1M€ en 6 ans, et au vu des pratiques passées à la mairie dans tout ce qui est "prestige", je m’inquiète légèrement pour l’avenir en me demandant si on ne pourrait pas se retrouver dans 6 ans avec un orchestre à 3M€ par an (car Pau le mérite bien), et ce malgré les propos à priori rassurants de FM. Ce n’est pas légitime ? C’est un sujet tabou ?

    Il ne s’agit certainenement pas d’une danseuse (d’autant plus que l’OPPB ne propose pas de ballet).

    Justement, vous évitez soigneusement de répondre à cette question : faut-il aussi une troupe de théâtre permanente, un ballet permanent, un opéra permanent, etc, etc... ? Qui recevraient chacun 1M€ aussi bien sûr. Si la réponse est non, pourquoi ?

    PH a raison sur un seul point. La communauté d’agglomération devrait contribuer à l’OPPB, et pas seulement les habitants de Pau.

    Je précise quand même : à condition que cela vienne en remplacement du financement de la ville, et non pas en plus. Et que cela ne donne pas lieu au tour de passe-passe habituel, qui consisterait à le prendre sur la dotation reçue par la ville de la CDA.

  • > Le compte est bon
    12 juin 2009  

    Il ne s’agit certainenement pas d’une danseuse (d’autant plus que l’OPPB ne propose pas de ballet).

    il a pourtant sa ballerine smiley

  • > Frédéric MORANDO
    12 juin 2009, par Metronome  

    L’emballage administratif autour de l’OPPB me gêne car tout n’y figure pas. Il faut ouvrir les comptes. 1 million d’euros au budget, mais quid du reste. Je me considère comme mélomane (versé uniquement sur le Classique), et je suis sur ma faim et même gêné, quand on nous explique toutes ces assez mauvaises raisons pour utiliser tant d’argent municipal

    Avec le flou pour ne pas dire l’opacité on souhaiterait des éléments comme, qui gère l’orchestre et avec quelle délégation, budget total, nb de personnes dans et autour de l’OPPB, retombées financières des tournées à l’extérieur du Béarn, salaires des dirigeants, coût des "musiciens invités", coût du remplacement du Chef (empêché parce que en déplacement à New York). Après en période de reflexion sur les finances attribuées aux entités "participant à la renommée de Pau"on pourra apprécier si c’est une gestion raisonnable et respectueuse du sentiment des gens pour qui chaque euro d’impôt doit avoir une justification claire

    nota : ne connaissant pas toutes les finesses paloises je ne sais comment interprêter le propos rapporté de M Morando qui aurait dit à peu près "on pourrair changer ... mais en passant de 50 musiciens à 70". Etait-il sérieux ?

  • > Frédéric MORANDO
    17 juin 2009, par floflo  
    Je n’ai rien d’interessant ni de pertinent à dire, mais je voulais quand même mettre un message smiley J’adore quand c’est vous qui faites les rencontres monsieur Morando (surtout le vendredi !) car on apprend des choses qui n’ont pas toujours a voir avec le programme du concert et c’est cool. J’espere qu’on aura le plaisir d’assister à d’autre exposés sur des compositeurs (haydn qui reçoit un coup de fil ! :D ) Allez voir l’oppb c’est comme allez voir des amis et c’est vraiment un bonheur ! "La musique est le plus court chemin d’un coeur à un autre" et c’est grâce à vous, à Fayçal Karoui, à l’oppb , à tous que c’est possible ! Merci !

  • > Frédéric MORANDO
    8 juin 2009, par Nadir  

    Bravo pour votre excellent travail de diplomate, vos mots sont si bien choisis ! A quand la politique ?

     ;-)

    > Frédéric MORANDO
    8 juin 2009, par Thierry Bubenicek  
    Félicitation !

    Félicitation pour tout le travail que vous avez fait et pour tout ce que vous faites ! Nous vous souhaitons de réussir tous vos projets pour le bon plaisir aussi de nos oreilles ! Merci pour votre engagement !

       
     
     
     
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