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Université de Pau : report des examens, mais après ?

lundi 27 avril 2009 par Le Masque de Pau


Les examens de fin d’année à l’Université de Pau devront être reportés. Conséquence d’une année marquée par les blocages à répétition dus à la contestation contre la réforme gouvernementale, cette situation ne laisse t’elle pas planer un risque sur l’existence même de l’UPPA à long terme ? Et où sont les politiques locaux ?

On vient d’apprendre ce week-end que l’Université de Pau devra reporter sa session d’examen, puisqu’elle fait partie des 14 facs de France pour lesquelles le calendrier sera prolongé, bien que les cours aient désormais repris, et que l’on est actuellement en plein rattrapage.

C’est sûrement une solution de sagesse. En effet, si l’on avait validé les examens sur la base des notes du 1er semestre (comme certains le demandaient), cela serait en fait revenu à brader les titres ainsi acquis, à affaiblir les socles de connaissances et à dévaloriser l’image des étudiants auprès de leurs futurs employeurs potentiels, ce qui n’aurait finalement pas été un service à leur rendre.

Fruit de 4 mois de luttes et de mobilisation contre la réforme gouvernementale annoncée cet automne, cette situation va cependant désorganiser bon nombre d’étudiants. Notamment, ceux qui auront du mal à poursuivre leur cursus prévu ailleurs dès la rentrée prochaine, les étudiants étrangers qui ne pourront pas revenir chez eux aux dates prévues (certains, à Pau, viennent de l’autre bout du monde avec des billets d’avion achetés à l’avance), et tous ceux qui doivent embrayer sur un stage ou un job d’été déjà obtenu (à moins d’avoir le don d’ubiquité, ils seront devant un choix difficile voire financièrement douloureux).

On peut certes librement s’opposer à une réforme d’ailleurs contestable sur plusieurs points (et surtout, bien mal annoncée), mais il faut tout faire pour éviter de brader une filière de formation déjà mal en point sur certains points. Surtout quand le blocage n’est décidé que par 1.000 à 1.200 votants en moyenne sur 10.000 étudiants...

En effet, si l’on prend du recul, qu’observe t’on ?
L’Université française est multiple : quoi de commun les lettres et sciences humaines, les IUT, les facs de médecine et de pharmacie, les formations scientifiques, bien représentées à Pau par exemple, dont certaines de très haut niveau, et le monde un peu à part des juristes et des économistes ?
Cette diversité se retrouve dans le contraste des débouchés, et explique largement que la contestation n’a pas pris partout la même ampleur. Ce sont surtout les littéraires qui furent en pointe, conséquence d’un sentiment d’échec planant dès les premiers cycles surchargés, puis, d’une recherche d’emploi trop souvent synonyme de galère et de frustration une fois leur diplôme en poche. N’ayant souvent pour réelle perspective que les carrières de l’enseignement, le durcissement de leurs conditions d’accès et de rémunération les exaspère, à juste titre.
Mais beaucoup d’étudiants Français ne subissent ils pas l’éloignement (ou la coupure) entre l’Université et l’entreprise, qui dure depuis des décennies ? Pourquoi les autorités acceptent t’elles autant d’inscription dans des filières où les débouchés sont ils aussi peu nombreux ? La sélection du marché à la sortie est en effet d’autant plus féroce que les postes sont rares, et bien des secteurs sont dans notre pays dédaignés par les jeunes et les enseignants alors qu’ils sont encore créateurs d’emplois (mais, avec un cursus souvent plus pratique que théorique). D’autant que les facs françaises, plus dispersées et plus nombreuses que leurs homologues étrangères, ont individuellement bien moins de moyens...
Ce vieux débat, jamais vraiment réglé, revient ainsi surface ...

En fin de compte, les conséquences du blocage de l’UPPA risquent fort de se retourner encore une fois contre les étudiants, pour deux raisons au moins.
Avec la crainte, comme l’a récemment évoqué le Président Goût, de voir les effectifs baisser encore d’un millier à l’automne prochain (après une chute de 4.500 environ en 5 ans, soit le tiers des effectifs), c’est la pérennité future du site qui serait alors en question...

Ensuite, ce sont surtout les familles Paloises les plus modestes qui souffriraient de ce recul, celles qui ne pourront se payer ni les formations financièrement élitistes que sont les Grandes Ecoles et les filières privées (et les préparations payantes pour y entrer), ni les études loin de Pau.

Comme cela a été évoqué lors de la dernière campagne municipale, le droit à une formation universitaire d’excellence à Pau est un véritable enjeu démocratique local - encore faut il que tous les acteurs en soient conscients, et que certains intervenants ne contribuent pas à attiser un feu sans fin, en se battant pour des causes bien éloignées du devenir des facs... Ce qui affaiblit l’UPPA affaiblit également les plus modestes.

Or, depuis le début de ces évènements, les responsables politiques locaux sont restés étrangement silencieux.
Pourtant, le campus Palois est situé au cœur de la Ville, et le titre de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour marque bien la territorialité de cette institution. Ce qui s’y passe, son avenir, les conditions de son développement concernent bien le Béarn tout entier, et au-delà...
L’UPPA, véritable atout pour la dynamisation de notre région, mérite que les décideurs politiques locaux s’intéressent publiquement à elle. Mais, jusqu’à présent, on entend surtout ...un silence assourdissant !


- par le Masque de Pau


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Votre commentaire



> Université de Pau : report des examens, mais après ?
28 avril 2009, par Parti Radical Pau Béarn  

Le silence assourdissant n’est pas de notre fait. Le 10 avril 09 nous avions rédigé le communiqué suivant, hélas peu relayé dans la presse locale.

"Situation d’urgence à Université de Pau et des Pays de l’Adour : Ne pas franchir le point de non-retour !

Quand on mesure les sacrifices et les espoirs qu’elle représente pour l’immense majorité des étudiants, rien ne mérite d’anéantir cette année universitaire.

Actuellement près de 8 000 étudiants participent à la vie de notre territoire. Nous devons prendre avec beaucoup de sérieux les déclarations alarmantes de M. Gout, Président de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, sur les dangers d’une diminution significative des effectifs pour les années à venir.

Ceux qui dans le blocage pratiquent la surenchère et l’agitation portent une immense responsabilité.

Notre territoire ne peut se passer de l’attractivité d’un pôle universitaire à la recherche de l’excellence.

L’organisation d’un « Grenelle » de l’université de Pau s’impose, il est temps d’afficher clairement le cap et des objectifs. Nous avons beaucoup d’atouts, des synergies avec des entreprises de premier plan et la bonne volonté des institutionnels, ne les gâchons pas !

Conscient du réel potentiel de l’UPPA, le parti radical appelle clairement à la reprise des cours attendue par une majorité."

Le Parti Radical Pau-Béarn

> Université de Pau : report des examens, mais après ?
28 avril 2009, par Perplexe  

"Ensuite, ce sont surtout les familles Paloises les plus modestes qui souffriraient de ce recul, celles qui ne pourront se payer ni les formations financièrement élitistes que sont les Grandes Ecoles et les filières privées (et les préparations payantes pour y entrer), ni les études loin de Pau." Alors là, je ne comprends pas. Les formations par les grandes écoles et les classes préparatoire coûtent cher à la nation, pas spécialement aux parents(excepté les écoles de commerce). En revanche, cette filière est sélective selon les origines sociales ce qui est fort différent, il suffit de relire "Les Héritiers" de Bourdieu et Passeron, Bourdieu éminent sociologue, ancien élève du lycée Louis Barthou.

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    28 avril 2009, par pehache  

    Tout à fait d’accord avec Perplexe : si la filière "classes prépas+grandes écoles" est effectivement élitiste (socialement mais aussi en niveau), elle est par contre financièrement très accessible.

    Par ailleurs, je n’ai jamais été d’accord avec l’argument de la proximité pour les familles modestes : cela revient à dire que l’on se satisfait que les étudiants de familles modestes restent scotchés à Pau par nécessité, alors que ceux de bonnes familles ont le choix d’aller où ils veulent. Tout juste si l’UPPA ne se crée pas ainsi son réservoir captif d’étudiants...

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    27 avril 2009, par doudou  
    UNIVERSITE DE PAU

    Moi je suis surpris de voir que l on envisage de faire des examens après tant de semaines ou les voyous se sont donnés rendez vous pour ne pas admettre que MME PECRESSE avait raison de présenter un tel monument pour que la FRANCE puisse avoir de vrais chercheurs enseignants qui veulent travailler aussi je suis désolé de dire que cela va etre des dipomes sans valeur aux yeux des entreprises qui voudront les employer aussi je suis vent debouit pour que les jeunes travaillent tout juillet et passent leurs examens en septembre car ils auront eu sept semaines de vacances

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    28 avril 2009  
    La France a parmi les meilleurs enseignants chercheurs d’Europe (1er rang) et du monde (4e rang, sources OCDE. Par contre, elle a le président le plus ridicule et le gouvernement le plus nul de la galaxie !

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    28 avril 2009  
    Les voyous ? Les jeunes étudiants ? Mais vous etes atteint de strabisme ! Les voyous, c’est Sarkozy, qui s’est augmenté de 140 %, Xavier Darcos condamné pour avoir divulgué les sujets de bac quand il était prof, les fraudeurs fiscaux sarkoziens, style Johnny Halliday et Doc Gyneco, le grand mamaouchi Tapie, les petites bourges nées avec des cuillères d’argent, comme la Pécresse, la clique du Fouquet’s ... Vivement le grand débarras : allez, cassez vous, pov’cons !

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    28 avril 2009  
    Vu le style, je suppose que vous êtes étudiant en lettres classiques !

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    30 avril 2009  
    Ben non ! je suis beaucoup plus près de la retraite !!!

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    30 avril 2009, par CHAUVRY  
    Il ne faut pas dire n’importe quoi : le niveau de nos enseignants chercheurs n’est pas ce qu’il pourrait etre , le degré d’innovation est plutot faible , le nombre de brevets par chercheur également et encore bien davantage si l’on considère le nombre de brevets exploités. Nous avons quelques points forts comme les mathématiques mais dans la plupart des domaines nous sommes des "suiveurs".En recherche il n’y a de place que pour les meilleurs dans chaque domaine . C’est pourquoi une petite université comme Pau s’est attachée avec un certain succès à développer un certain nombre de poles de compétence. Je crains que l’attitude irresponsable de quelques uns ne réussisse à anéantir ce travail de 20 ans et ne finisse par conduire à ramener l’ université de Pau à une université de deuxième rang, c’est à dire exactement à l’inverse de ce qui était espéré

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    30 avril 2009, par georges2  
    Vous allez être content car les cours se prolongeront d’une durée égale à la grève, les examens se passeront en suivant, donc normalement, avec une durée de formation justifiant la validité du diplôme ; tout cela, sauf en droit, où les étudiants se "démerdent" pour rattraper. Le rattrapage se fera trois semaines après, car "l’administration" refuse de prendre en charge se surcroît de temps et de travail ; les enseignants chercheurs que vous critiquez, vont donc être amenés à accepter de faire du secrétariat ! Ils sont non seulement de vrais enseignants chercheurs mais des administrateurs, secrétaires, comptables !!!

  • > Université de Pau : report des examens, mais après ?
    30 avril 2009  

    l’administration" refuse de prendre en charge se surcroît de temps et de travail

    heureusement. Encore que certains auraient voulu que le rattrapage des jours de grèves se fasse en heures sup !

    PS : sur ces enseignants-chercheurs-grévistes combien se sont réellement fait reconnaître comme grévistes (càd qui revendiquent de perdre leur salaire puisqu’ils n’ont pas travaillé) ?

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