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L’homme peut être capable du meilleur comme du pire

vendredi 10 avril 2009 par Bernard Boutin


La Dépêche nous rappelle ce qui est fait pour le Saumon. Quel travail et plus efficace que pour l’ours !...

"La fédération de pêche a lancé son plan de restauration du salmonidé dans le Gave, il y a 6 ans. C’est une réussite totale.

« J’ai vu un saumon marsouiner dans le Gave ! », s’était exclamé, très ému, le président de la fédération de pêche, Jacques Ducos, lors de la cérémonie des vœux.

Il y a à peine quelques décennies, on venait de toute la planète pour pêcher le saumon dans le Gave. Navarrenx (64) accueillait même le championnat du monde de pêche au saumon. Et puis, il y a eu la pêche industrielle, les filets tendus en travers de l’Adour à son embouchure, il y a eu les grands travaux de barrages hydroélectriques, il y a eu aussi des abus écologiques à une époque où l’environnement n’était pas à la mode. Tout ceci a fait que le saumon a quasiment disparu du Gave.

En 2003, la fédération de pêche des Hautes-Pyrénées a décidé de lancer un plan de restauration du saumon sur le Gave. Dès 2004, elle a commencé à élever les petits saumons : les œufs étaient produits par des géniteurs de souche sauvage, gardés à la pisciculture de Cauterets, aujourd’hui pisciculture fédérale. À 3 mois, l’âge estimé raisonnable par les techniciens, 400.000 bébés saumons ont été relâchés, selon une technique maintenant bien rodée : les petits poissons sont enfermés dans de grandes poches plastiques, puis placés sur des rafts qui partent du pont de Vizens à Lourdes.
298 spécimens comptés par vidéo

Poche par poche, ils sont relâchés tout en douceur, dans des replats tranquilles et à l’abri du courant et des prédateurs. Cette technique de poches et de raft offre un double avantage : pas de stress pour les poissons et pas de souffrance.

Les trois années suivantes, 650.000 jeunes ont été relâchés par an. Au début, quelques pêcheurs râleurs ont trouvé l’idée très farfelue et ont exprimé une colère proche de l’indécence : « D’abord, ça marchera jamais ! Et puis, pourquoi les Hautes-Pyrénées devraient s’occuper du saumon qui, de toute façon, va descendre. Y’a que les PA qui vont en profiter ! ». Le discours a été maintes fois entendu. C’est faux sur toute la ligne. D’abord, le plan a marché, ave c une moyenne de 5 poissons adultes pour 1.000 alevins, ce qui est beaucoup. Ensuite, si effectivement le saumon redescend vers la mer, c’est pour mieux remonter ensuite, se reproduire sur le lieu de sa naissance, ici en l’occurrence de son lâcher. Le saumon va passer entre deux et quatre ans en mer, puis il revient. C’est exactement ce qui est en train de se passer, avec les premières remontées.

L’an passé, 298 saumons ont été comptés à la vidéo d’Artix. On peut estimer que le nombre est supérieur puisque quand l’eau est boueuse, la vidéo est aveugle, contrairement aux saumons qui, eux, continuent à passer.
pêche interdite

Ces remontées ne seraient pas possibles sans les gros efforts entrepris : par la fédé 65, d’abord ; par la fédé 64, ensuite, qui a largement contribué à la construction de passes à poissons sur les barrages qui posaient le plus problème : Artix et Baitgs-de-Béarn en sont équipés, Orthez est en pleins travaux. Que Jacques Ducos ait vu un saumon adulte se balader tranquillement entre Lourdes et Saint-Pé est donc largement réjouissant. L’an passé, des frayères avaient également été remarquées. Le signe d’une totale réussite. Ce n’est pas pour autant qu’on a le droit de le pêcher. Sa pêche est encore pour l’instant rigoureusement interdite et les sanctions encourues sont lourdes. Elles peuvent aller jusqu’à la confiscation immédiate du véhicule du braconnier, sans parler d’une amende faramineuse.

Alevinage. Une opération exceptionnelle sur le Gave de Pau.

650.000 bébés saumons Atlantique déversés dans le Gave de Pau en deux jours : hier matin, entre le site de Vizens à Lourdes et Saint-Pé-de-Bigorre, les fédérations de pêche des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques ont donné le coup d’envoi d’une opération d’alevinage exceptionnelle. Ces centaines de milliers d’alevins sont issues des écloseries des Hautes-Pyrénées et proviennent de plusieurs centaines de géniteurs de souche Adour, élevés à la pisciculture de Cauterets. Les parents de ces géniteurs sont tous des saumons sauvages qui ont grandi en rivière, un à deux ans, puis sont partis en mer et sont revenus en ayant survécu à la migration.

Grâce à la collaboration de l’association écolorado et de son responsable Roberto Larrieu, le lâcher d’alevins s’effectue en raft, « de manière à obtenir une qualité maximum d’alevinage », précise le président de la fédération de pêche des Hautes-Pyrénées, Jacques Ducos.

Les alevinages de saumons, qui coûtent près de 100.000 € par an, sont financés par l’institution Adour, la fédération de pêche des Hautes-Pyrénées, l’Agence de l’eau Adour-Garonne, la région Aquitaine et le conseil général des Pyrénées-Atlantiques."


Source : Site électronique de la Dépêche

Publié le 09/04/2009 08:28 - Modifié le 09/04/2009 à 10:22 | Cyrille Marqué.
Les saumons pyrénéens sont enfin de retour


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Votre commentaire



> L’homme peut être capable du meilleur comme du pire
10 avril 2009, par OTIN  

Malheureusement, ce sont les pêcheurs professionnels qui se servent les premiers dans l’embouchure de l’Adour en barrant quasiment le fleuve avec leurs filets dérivants.

  • > L’homme peut être capable du meilleur comme du pire
    13 avril 2009, par georges2  
    Tout à fait d’accord ; tout ce travail d’amélioration des potentialités de nos gaves ne peut se poursuivre sans une législation scrupuleusement respectée ; Entente avec les professionnels de la pêche pour qu’ils ne barrent qu’une partie des remontées ; c’est le même problème pour les truites de mer ou les anguilles. Surveillance étroite et mise en conformité des stations d’épuration municipales et industrielles. Réglementation sévère des arrosages, des rejets agricoles. Diminution ou adaptation des barrages , des enrochements, reconstitution des saligues, c’est-à-dire de tout ce qui favorise les niches écologiques de la faune et de la flore. Sinon, on dépense de l’énergie et de l’argent pour rien.

  • > L’homme peut être capable du meilleur comme du pire
    13 avril 2009  
    Oui, cher Georges 2, il faut veiller jalousement sur le précieux et fragile équilibre des éco-systèmes en anticipant sur l’évolution technologique car les erreurs se payent souvent 30 à 40 ans plus tard comme c’est le cas actuellement pour la pollution par les métaux lourds qui touche quasiment tous nos cours d’eau et même nos gaves. De plus il faudrait peut être se pencher sérieusement sur le réchauffement de nos rivières et sur le recul probable voire la lente disparition de certains salmonidés (truite fario et salmo-salar) qui exigent des eaux fraiches et oxygénées. Pourquoi, en effet, dépenser des fortunes pour remettre des espèces dans un milieu qui va devenir de plus en plus hostile pour elles ?...

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